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lundi 15 février 2010

Chômeur à Dreux ou opérateur à Szekesfehervar : on ne sait que choisir...

L'usine Philips de Dreux ferme. Les restructurations du tissu économique sont la condition douloureuse mais nécessaire de son efficacité - j'en ai déjà parlé ici, et je vous renvoie également à ce billet d'Ecopublix ou encore cet article du Monde.

Je ne vais donc pas revenir sur l'aspect économique de la chose, mais sur cette remarque du délégué CGT : "Philips propose aux salariés, des postes d'opérateur à Szekesfehervar, en Hongrie, en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue hongroise. C'est vraiment se moquer du monde."

Cela peut paraître choquant, mais la proposition de Philips répond à une obligation légale (Code du travail, L1233-4) confirmée et étendue par la jurisprudence. Si Philips avait des propositions de reclassement en France, elle serait obligée de les faire en priorité (obligation de loyauté : elle ne peut pas les pourvoir immédiatement avec de nouveaux embauchés). Et si elle ne fait pas les propositions de reclassement sur des établissement du groupe à l'étranger, le juge décidera que les licenciements ne relèvent pas d'un "motif économique", car l'entreprise n'a pas fait tous les efforts (...) d'adaptation.

La CGT peut donc s'indigner (la proposition faite est en effet indécente), mais elle doit s'en prendre au législateur qui oblige l'entreprise à de telles pratiques, et non à Philips.

lundi 8 février 2010

Collabos

Cette manie qu'ont les employeurs (et leurs syndicats) de parler de "collaborateurs" à propos de leurs salariés est d'une hypocrisie peu commune. Ce sont les communiqués des restaurateurs sur la baisse de la TVA qui m'ont mis la puce au poteau rose (sic) : et qu'on va "recruter des collaborateurs", et que "les collaborateurs bénéficient de hausses de salaires", et gnagnagna. Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde.

Collaborer, étymologiquement, ça veut dire travailler avec, oeuvrer ensemble à un but commun. Quiconque a regardé un peu comment fonctionne une entreprise (et particulièrement la restauration) voit bien que les salariés travaillent pour leur patron, et non pas avec. Ah oui et la collaboration, c'est par définition à double sens, donc le salarié doit vous dire que son patron est en fait son collaborateur, lui aussi. Ben voyons.

Attention, ne voyez rien de gaucho dans mes propos : c'est parfaitement normal qu'un salarié soit subordonné à son employeur - c'est même à ça qu'on le reconnaît. Mais pourquoi cette hypocrite négation du lien de subordination à travers cette appellation pseudo-méliorative de collaborateur ? Que veut-on nous faire croire ? Ca ressemble fort à un avatar du management Bisounours, tout le monde travaille main dans la main, d'égal à égal, à cette magnifique aventure humaine qu'est l'Entreprise moderne.

Ah et, Jean-René, mon cher collaborateur, vous penserez à passer à la compta, je me vois dans la douloureuse obligation de mettre fin à notre collaboration.