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lundi 15 février 2010

Chômeur à Dreux ou opérateur à Szekesfehervar : on ne sait que choisir...

L'usine Philips de Dreux ferme. Les restructurations du tissu économique sont la condition douloureuse mais nécessaire de son efficacité - j'en ai déjà parlé ici, et je vous renvoie également à ce billet d'Ecopublix ou encore cet article du Monde.

Je ne vais donc pas revenir sur l'aspect économique de la chose, mais sur cette remarque du délégué CGT : "Philips propose aux salariés, des postes d'opérateur à Szekesfehervar, en Hongrie, en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue hongroise. C'est vraiment se moquer du monde."

Cela peut paraître choquant, mais la proposition de Philips répond à une obligation légale (Code du travail, L1233-4) confirmée et étendue par la jurisprudence. Si Philips avait des propositions de reclassement en France, elle serait obligée de les faire en priorité (obligation de loyauté : elle ne peut pas les pourvoir immédiatement avec de nouveaux embauchés). Et si elle ne fait pas les propositions de reclassement sur des établissement du groupe à l'étranger, le juge décidera que les licenciements ne relèvent pas d'un "motif économique", car l'entreprise n'a pas fait tous les efforts (...) d'adaptation.

La CGT peut donc s'indigner (la proposition faite est en effet indécente), mais elle doit s'en prendre au législateur qui oblige l'entreprise à de telles pratiques, et non à Philips.

vendredi 29 janvier 2010

Ne tirons pas sur l'élastique

On parle beaucoup en ce moment de la réforme du programme de sciences économiques et sociales (SES) en seconde. Denis Colombi y a consacré deux billets, Vous pouvez consulter le nouveau programme ici.
Alors non, ce programme n'est pas parfait (le(s) programme(s) actuel(s) non plus, très loin de là : la lutte des classes en terminale, c'est un peu daté, mais personne ne se plaint), le volume horaire hebdomadaire (1h30) est sans doute bien juste pour approfondir les choses comme elles devraient l'être. Mais rien ne justifie l'hystérie collective qui s'est emparée de mes distingués collègues (oui, je suis prof de SES, pour ceux qui avaient zappé), qui invitent au rejet en bloc du programme en criant à l'endoctrinement néolibéral de nos têtes blondes, alors que jusqu'à présent l'indépendance et l'esprit critique de la discipline étaient garantis par la lecture régulière d'Alternatives économiques. Personnellement, je défends ce programme.

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