En vrac
Par Antoine B. le samedi 24 avril 2010, 02:36 - divers - Lien permanent
- La Banque mondiale libère ses bases de données sur le développement. Jusqu'à peu, ça coûtait quand même 100 euros par an !
- Richard Baldwin nous explique que la mondialisation, c'est pas du tout comme avant, mais que c'est quand même fondamentalement pareil.
- On nous signale l'ouverture du blog L'observatoire des idées :
"L'observatoire des idées a pour objectif d'échanger entre
chercheurs, étudiants et professionnels sur des questions de société, qu'il
s'agisse d'économie, de droit, d'histoire, de politique ou de sociologie. Nous
recherchons un maximum d'échanges et des contributeurs réguliers sur le blog
afin de monter un véritable "observatoire" des idées et des initiatives
nouvelles pour proposer un regard différent sur les questions
d'actualité." Ah ben... c'est un slogan qui frappe moins que "le seul blog
véritablement optimal" ! Bonne chance à eux.
- Je twitte (un peu).
- Les éconoclastes ont sorti leur second bouquin (oui, je sais, vous savez...). Comprendre est le meilleur moyen de dissiper ses angoisses. Une nouvelle attaque des cognitivistes contre les freudiens ? Je ne sais pas si vous en sortirez moins froussards, mais moins ignares, c'est certain.
- Quelqu'un pourrait-il dire à tout le monde que la Grèce n'est pas une banque ? Diamond-Dybvig, c'est pas pour les finances publiques ! (add: cf précisions dans le deuxième commentaire)
- A ce sujet, Krugman expose 6 réponses à la question de savoir quelle réforme mettre en oeuvre pour éviter la prochaine crise, dont une qu'il fait sienne : étendre la règlementation bancaire à tout ce qui emprunte court pour prêter long. (c'est moins sexy que de pendre le dernier trader avec le dernier parachute doré...)
- Esther Duflo rocks !


Commentaires
La Grèce n'est pas une banque. Oui, mais ce qui est inquiétant, c’est qu’on ne connaît toujours pas le nombre de centaines de milliards d’euros qui seront nécessaires pour sauver la Grèce.
Ce qui est inquiétant, c’est la phrase prononcée par un dirigeant européen à propos de la dette publique grecque : « Avec la Grèce, les chiffres changent tout le temps. »
On ne peut rien planifier à partir du moment où tous les chiffres de la dette publique grecque ne sont pas connus.
Le seul économiste qui a tenté de faire ce calcul, c’est à ma connaissance Nicolas Barré, et lui-même a conclu que la dette publique grecque ne pouvait être chiffrée qu’AU MINIMUM :
« il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »
http://www.lesechos.fr/info/inter/0...
Si nous acceptons ce chiffre d’ AU MINIMUM 300 milliards d’euros d’ici 2015, la situation commence déjà à s’éclaircir. La Grèce aura besoin d’au minimum 300 milliards d’euros d’ici 2015 : nous pouvons maintenant planifier ce qui va se passer :
les Etats européens ne pourront pas sauver la Grèce du défaut de paiement.
Je n’ose même pas imaginer ce qui se passera ensuite pour la dette publique du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de la France, etc.
Je propose donc aux dirigeants du G20 de tirer les conséquences de cette réalité :
les dettes publiques des Etats occidentaux ne pourront jamais être remboursées.
Je suggère donc aux dirigeants du G20 de choisir entre quatre possibilités :
1- L’inflation.
2- La guerre.
3- La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).
4- Le défaut de paiement de tous les Etats du G20, annoncé à la fin du prochain G20 : « A partir d’aujourd’hui, nous arrêtons de payer nos dettes. Nous remettons les compteurs à zéro. Merci encore. Au revoir. »
Attention : je n'ai pas dit "la Grèce n'est pas une banque donc ses problèmes ne sont pas graves", bien au contraire. Ce que je dis, c'est qu'il y a quelque chose de bien particulier dans l'activité bancaire qui fait qu'on peut sauver le système bancaire juste en montrant qu'il y a plein de liquidités disponibles et en renflouant les fonds propres pour éviter des ventes massives qui auraient un effet pro-cyclique. Une fois le sauvetage effectué, on peut retirer ses billes (et le sauveteur peut en gagner au passage). Le discours ambiant tend à comparer le "plan européen de sauvetage de la Grèce" à ce qu'on a fait pour les banques. Or, là, les choses sont différentes : la Grèce ne redoute pas un bank run ou des défauts de paiement de la part de ses débiteurs. Elle a banalement trop d'engagements pour que ce soit soutenable. C'est donc bien pire que le problème des banques, et comparer les deux types de plans n'a pas beaucoup de sens. Le simple fait de prêter de l'argent à l'Etat Grec à un taux privilégié allège un peu le poids de ces engagements, mais en termes d'ordres de grandeur, c'est peanuts, et ça ne règle pas le problème des engagements structurellement insoutenables.
"Elle a banalement trop d'engagements pour que ce soit soutenable. C'est donc bien pire que le problème des banques, et comparer les deux types de plans n'a pas beaucoup de sens."
En constatant que les engagements de la Grèce ne sont que le reflet de ceux des banques qui ont consenti à lui prêter tant et pour si peu, je peine à voir la différence.
S'il faut faire une comparaison avec la crise immobilière, il ne faut pas comparer l'Etat Grec aux banques qui ont accordé des crédits douteux, mais aux personnes à qui elles ont accordé ces crédits. Et je ne dis pas ça pour chipoter : ça rend stérile toute comparaison des sommes allouées au sauvetage des banques à celles consacrées à sauver la Grèce.
Je ne suis pas un spécialiste de Freud (suffisamment quand même pour trouver Onfray idiot, mais ça, c'est pas très compliqué) et je n'ai pas encore lu le nouveau bouquin de nos collègues blogueurs, mais chez Freud, c'est la compréhension des origines de ses névroses qui permet de s'en libérer non ?
Vous allez peut-être me trouver terre à terre, mais j'ai du mal à considérer les plaies d'argent comme de simples traumas psychologiques. Du moins, tant qu'il se trouvera une majorité de mes concitoyens pour prendre l'argent au sérieux, ok... : moi, perso, j'm'en carre : mais j'ai comme l'impression que mes concitoyens prennent leurs revenus au sérieux.
Là le débat dépasse mon domaine de compétences. Disons que l'idée que mieux comprendre les questions économiques qui font peur permet d'avoir un rapport plus apaisé à ces questions me fait penser à cette définition des thérapies cognitives : La thérapie cognitive agit sur les pensées du patient présentant une distorsion cognitive (par exemple, une peur excessive d'être contaminé par une maladie pourra être combattue par une information sur la maladie en question et l'appréciation des risques réels).
(Source)
Antoine B.: D'un point de vue psychologique, on remarquera que la principale motivation des individus à faire des études, cotiser et aller bosser n'est pas la poursuite de leur propre intérêt, mais l'angoisse pour son propre avenir. Retirez-là et vous ferez disparaitre le problème.
arf... quels salauds ces éconoclastes ! A cause d'eux, personne n'aura plus peur de rien, et ce sera le début de la décadence :)
C'est pas chez les néo-classiques qu'on s'interroge à haute voix pour savoir comment qu'il se fait-il donc que les sociétés libertariennes réelles sont vachement moins riches que les sociétés pas libertariennes avec éducation obligatoire, ABS, airbags, freins à disque et réserves fractionnaires ?
Ben voilà on a trouvé : les sociétés non-libertariennes expriment par leur complexité les phobies de leurs membres. Pour mieux dormir la nuit, ils se convainquent que tout leur fatras institutionnel est vachement important, mais ils flippent quand même. Mais ils sont riches !