L'usine Philips de Dreux ferme. Les restructurations du tissu économique sont la condition douloureuse mais nécessaire de son efficacité - j'en ai déjà parlé ici, et je vous renvoie également à ce billet d'Ecopublix ou encore cet article du Monde.

Je ne vais donc pas revenir sur l'aspect économique de la chose, mais sur cette remarque du délégué CGT : "Philips propose aux salariés, des postes d'opérateur à Szekesfehervar, en Hongrie, en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue hongroise. C'est vraiment se moquer du monde."

Cela peut paraître choquant, mais la proposition de Philips répond à une obligation légale (Code du travail, L1233-4) confirmée et étendue par la jurisprudence. Si Philips avait des propositions de reclassement en France, elle serait obligée de les faire en priorité (obligation de loyauté : elle ne peut pas les pourvoir immédiatement avec de nouveaux embauchés). Et si elle ne fait pas les propositions de reclassement sur des établissement du groupe à l'étranger, le juge décidera que les licenciements ne relèvent pas d'un "motif économique", car l'entreprise n'a pas fait tous les efforts (...) d'adaptation.

La CGT peut donc s'indigner (la proposition faite est en effet indécente), mais elle doit s'en prendre au législateur qui oblige l'entreprise à de telles pratiques, et non à Philips.