Alleeeeeeez l'Oooooèèèèmeuuh
Par VilCoyote le vendredi 8 janvier 2010, 14:25 - General - Lien permanent
(Edit - 9 janvier : OBO m'a
mis la pression, du coup je complète le relevé initial, mais peut-être en
oublie-je encore).
Marseille, grand visionnaire devant l'éternel (mais 11 points derrière
Bordeaux),
dans le Monde... Florilège.
La reprise financière est déjà en cours. Depuis mars 2009, les Bourses
ont gagné plus de 50 %, du jamais-vu depuis 1933 ! La reprise économique
va donc suivre. C'est le sens de l'histoire.
Si les Bourses ont tant augmenté, c'est parce qu'elles s'étaient effondrées de
manière tout aussi importantes...
Entre septembre 2008 et mars 2009, le CAC 40 est passé de 5900pts à 2400pts
(baisse de 60%). En remontant à seulement 3900pts aujourd'hui, ça représente
une hausse de 60%... Bref, une faible augmentation en valeur absolue se traduit
par une forte augmentation relative quand la valeur de départ est faible;
normalement, on sait ça en fin de seconde, et on évite d'en tirer des
conclusions sur le sens de l'histoire en liant de façon aussi mécanique et
abusive la remontée des cours boursiers au niveau de la croissance et de
l'emploi. On a reproché aux journaux et à la télé de faire toutes leurs unes
sur des graphiques de bourse qui se cassent la gueule en arrière plan d'un
trader qui se prend la tête dans les mains en froissant une feuille;
manifestement, ils ne sont pas les seuls à réduire l'économie à un indice
boursier.
Cette crise est in fine d'une singulière banalité. Selon les cycles repérés
au milieu du XIXe siècle par l'économiste Clément Juglar, une crise arrive tous
les sept à dix ans.
On est content d'apprendre que l'augmentation du chômage mondial de 25%, la
croissance nulle ou négative des pays développés et le quasi-effondrement du
système bancaire international sont d'une "singulière banalité" et
correspondent tout simplement à un cycle des affaires auquel tout le monde
s'attendait avec sérénité.
Demain, la question ne sera pas de savoir si l'on fera 1,5 % ou 2 % de
croissance du PIB mais de savoir comment financer les retraites et la santé de
la génération du baby-boom.
Autrement dit : La question ne sera pas de savoir si on créera
davantage de richesses, mais de savoir où on trouvera les richesses pour les
utiliser à satisfaire les besoins. Vous ne voyez pas la différence ?
Normal, mais la formulation marseillaise permet de se la jouer "économiste
proche des préoccupations du monde réel et détaché du fétichisme des chiffres
de la croissance". Ou de passer pour un con, suivant à qui on s'adresse.
Nous assistons à une remise en cause profonde de la société de
consommation. Le consommateur commence à prendre conscience de l'absurdité de
ce modèle et des gaspillages qu'il engendre. La revente de cadeaux de Noël sur
eBay en est une illustration anecdotique mais manifeste. L'idée de travailler
plus, pour gagner plus, pour consommer plus est dépassée.
Alors la revente sur eBay des cadeaux de Noël est un signe de la remise en
cause de la société de consommation ?.. Si on devait y donner un sens, ce
serait plutôt l'inverse : ça veut dire que les gens ne respectent plus le
caractère sacré du don (Marcel Mauss inside), qui permettait de faire subsister
des relations sociales en dehors de la sphère marchande; au contraire, ils
n'hésitent pas à liquider un cadeau (qui, d'un point de vue non-consumériste,
est censé se suffire à lui-même, car "c'est l'intention qui compte") pour
acquérir avec le cash un bien utile. Si ça ce n'est pas de la
consommation...
On va se tourner vers une industrie à plus forte valeur ajoutée vers des
secteurs innovants, dans le domaine des énergies renouvelables et des nouveaux
matériaux par exemple.
Ah, la forte valeur ajoutée, on ne s'en lasse pas. C'est Krugman qui, dans
Pop Internationalism (p.29), montrait qu'on assimilait sans cesse (et à
tort) "secteur innovant" et "secteur à forte valeur ajoutée" : les
industries du tabac ou du raffinage (fortement utilisatrices de capital) sont
bien plus créatrices de valeur ajoutée que celles, pourtant plus glamours, des
high-techs..
L'Industrie a toujours un avenir, elle représente et représentera toujours
de l'ordre de 10 % à 15 % du PIB.
Rien n'est moins sûr. L'essentiel de la croissance se fait aujourd'hui par les
services. Il est donc au contraire probable que le poids relatif de l'industrie
dans la richesse nationale va diminuer au profit des services. L'industrie
manufacturière représentait 24% du PIB en 1981, 14% en 2006 (la faute aux
socialistes, sûrement !). Pour en déduire que sa part "sera toujours entre 10
et 15%", il faut soit avoir les bobolles sacrément bien accrochées, soit avoir
le cerveau sacrément embrumé par les fumigènes et le stand de merguez du
Vélodrome.
Je ne sais pas ce que Marseille a foutu au mercato, mais c'est mal barré pour
prétendre au titre de champion. Quoique...


Commentaires
Oh conng! Marseille me laisse sans voix... Quel beau défilé d'âneries en ce début d'année! Bonne année et tous mes voeux, en espérant que la rigueur économique passera l'hiver (je n'en suis pas sûr après la lecture du monde)..
Merci Laurent, meilleurs voeux à vous, et bon courage au milieu de vos ours bretons.
Pour la rigueur économique, on n'en a pas vu depuis le tournant de 1983...
Voilà ce que devrait faire Marseille s'il était un historien économiste digne de ce nom :
http://www.pse.ens.fr/document/wp20...
Bon, le problème, c'est qu'Hautcoeur, il a pas choisi le bon club
http://www.lequipe.fr/Football/Foot...
Bonne année, Vil, et faites attention, les supporteurs de football en ce moment, ça a la santé fragile...
Gizmo, je ne vois pas ce que vous avez contre l'ASSE... http://www.dailymotion.com/video/x5...
Bonne année à vous, et comme je constate que l'alerte orange a été levée dans le Loiret, c'est sans remords que je vous raccompagne à la porte, où vous a menée tout droit et irrémédiablement votre dernière phrase.
Le problème vient-il du journal qui continue à l'interroger ou de l'interviewé?
Si seulement Marseille avait la sagesse de suivre les conseils de Barbara :
http://www.youtube.com/watch?v=S13t...
tiens au fait sur la remontée de la bourse
dans le supplément éco du monde, il disait qu'une nouvelle bulle spéculative était en train de se former
cela a pu contribuer a la remontée du cac 40 non?
@Henri : il est probable que la remontée des cours soit en partie déconnectée de l'évolution des résultats des entreprises, oui (de même que leur effondrement avait sans doute été exagéré par rapport à leurs difficultés réelles). C'est ce qui rend ridicule l'affirmation "La reprise économique va donc suivre. C'est le sens de l'histoire".