Les coupures d'électricité viendraient d'une surcharge du réseau dû à une utilisation simultanée d'un grand nombre d'utilisateur. Dans ces conditions, l'action d'un usager isolé n'a aucun effet sur le fonctionnement du réseau. Si vous décidez de ne pas regarder la télé et de couper le lave-linge, ça n'aura aucun effet sur les risques de coupure, puisque les comportements de tous les autres usagers sont indépendants du vôtre : peu importe ce que vous faites, si tous les autres ont décidé d'allumer leurs appareils électriques comme d'habitude, le réseau pètera. De même (à l'inverse), si tout le monde se décide à rester dans le noir, ce n'est pas votre allumage de la télé et du PC qui fera péter le réseau.

La vieille réplique "oui mais si tout le monde fait pareil..." est toujours aussi juste et dénuée de toute pertinence (comme le notait Landsburg dans The armchair economist à propos du vote : "si les isoloirs volaient, on pourrait s'en servir pour aller sur la Lune". Voir aussi le chapitre 8 de Sexe, drogue et économie). En effet, il n'y a aucune raison pour que votre comportement agisse d'une façon ou d'une autre sur celui du reste de la société, et donc dans tous les cas les conséquences globales de votre comportement sont nulles : quoi que vous ayez fait, le résultat aurait été le même si vous ne l'aviez pas fait (sauf si vous êtes juste la goutte d'eau qui met le feu au poudre, étant le dernier français de la journée critique à devoir prendre la décision d'allumer un appareil électrique : si vous le faites, tout pète).

"Limiter SA consommation d'électricité" n'évitera donc pas les coupures. Ah, le paradoxe de l'action collective a de beaux jours devant lui, quand la lumière sera revenue.