La crise financière en 10 pages
Par Elessar le mardi 7 avril 2009, 10:34 - c'est pas nous qui l'avons dit - Lien permanent
Petit post dans le style de Marginal Revolution (sauf que eux ont un rythme de publication légèrement supérieur au notre).
Je suis tombé sur le texte suivant, de Martin Hellwig. La meilleure vulgarisation de la crise financière que j'ai pu lire, à la fois claire (pas évident, vu les produits financiers concernés) et intelligente (i.e. pas de sur-simplification).
Des explications de la crise financière pour les non-initiés, il y en a pléthore sur le net et ailleurs. Mais elles sont presque toutes soit simplistes ("on a prêté aux américains pauvres, ils ne remboursent plus, donc c'est la crise"), souvent avec un but idéologique à peine caché, soit se noient dans les CDO, MBS CDS et autres dettes mezzanines super-senior. Ce texte évite ces deux écueils en faisant honneur à l'intelligence de son lectorat. A lire.
Petite remarque perfide pour finir. La version longue a été présentée aux Pays-Bas, où le "discussant" était Gerrit Zalm, ancien ministre des finances (pendant plus de 10 ans) des Pays-Bas. Ça fait rêver, non, un ministre des finances capable de comprendre la littérature académique et débattre avec des universitaires ? Pendant dans ce temps, en France, on a Christine Lagarde ...


Commentaires
Merci pour le conseil de lecture.
Pour information, aux Pays-Bas toujours, entre 1998 et 2002, l'équivalent de leur ministre de la Culture (http://www.iue.it/Personal/Rickvand...) était lui aussi capable de comprendre la littérature académique et de débattre avec des universitaires.
Sinon, sauriez-vous si l'intéressant site Tanstaafl-fr est (malheureusement) définitivement fermé ?
En simplifié je préfère la version Dean Baker :)
http://www.prospect.org/csnc/blogs/...
D'autant plus que son papier d'aout 2002 a deja tout bon sur les conséquences :
http://www.cepr.net/index.php/publi...
Il suffit de d'actualiser les chiffres de son papier par le haut de 2006-2007, en 2002 on etait deja en bulle mais loin du sommet.
Merci pour le lien, c'est effectivement très bon.
A Laurent Guerby : avez-vous entendu parler de la notion de taux d'intérêt? Voire de taux d'intérêt réel? De capitalisation? Si les loyers suivent l'inflation et si les taux d'intérêt réelsà 30 ans baissent de 5%, la valeur d'un logement augmentera mécaniquement de 75% à 100% environ suivant le niveau de départ desdits taux d'intérêt. Prenez un cours de finance pour débutants, ça doit bien exister.
petite remarque en passant : pour connaître vaguement le cv de Laurent (avec qui je suis par ailleurs rarement d'accord), je trouve la remarque de henri un peu drôle...
:)
Moi non plus je ne trouve pas que l'explication de Martin Hellwig soit la meilleure, elle ressemble beaucoup à ce que dénonce Dean Baker au début de son texte, je trouve qu'Hellwig pourrait être le sujet de la phrase suivante "Richard Cohen is continuing the stream of excuses for the financial media's failure to warn of the economic crisis".
Je me permettrait aussi de renvoyer Hellwig au texte suivant aussi http://www.ft.com/cms/s/0/5d5aa24e-... et en particulier pour le début de ses explications à la phrase suivante "equity bubbles (as in 2000) have proved to be mild; debt bubbles are vicious." Lorsque Hellwig pour appuyer son propos se permet de comparer numériquement les pertes des banques dans la crise actuelle à la baisse de la valorisation des actions en 2000, disons le clairement il se fout de notre gueule.
Lorsqu'il explique qu'on ne devrait pas obliger les banques à évaluer leur actifs au prix du marché quand celui-ci coule, il oublie opportunément qu'un grande partie du problème est que cela ne posait aucun problème aux banque d'évaluer leur actifs, et donc leur possibilités d'investissement, les bonus distribués, au prix du marché lorsque celui était complèment déconnecté de la réalité mais vers le haut. Visiblement ce qui plairait aux banques est un système de cliquet : on ne prend en compte que la hausse, jamais la baisse.
Enfin lorsqu'il dit que les actifs immobilier n'ont pas tant baissé, juste 30%, il ignore que ce chiffre global cache les cas nombreux de maison qui ne valent plus rien, dont les banques doivent même payer pour se débarasser, et qu'il y a très forte corrélation entre avoir accordé un prêt subprime et découvrir que la maison couverte par le prêt est dans ce cas.
Il ignore aussi les conséquences de la pratique très répandue aux Etats-Unis du prêt hypothécaire, càd quand la valeur de la maisson augmente on obtient un nouveau prêt basé sur sa nouvelle valeur, du coup des années après l'achat et malgré le down-payment, malgré les années de remboursement d'emprunt, le montant dû à la banque est quand même égal à la valeur de la maison au plus haut du marché, et supérieur à ce qui avait été prété au départ.
Du coup j'ai craqué et j'ai arrêté rapidement de lire ce texte, il n'est pas le seul à être rempli d'approximations, mais elle me paraisse franchement à sens unique.
Sinon Lagarde en tant que ministre de l'économie est certainement décevante, mais nous avons déjà eu pire à ce poste que quelqu'un qui peut afficher à son CV qu'il était membre du conseil de surveillance d'ING. Le problème avec Lagarde n'est pas réellement celui de la compétence, mais résulte majoritairement de choix politiques délibérés, en faveur des lobbies.
Pour les membres de ma famille qui en sont restés à la petite BD idiote, j'aurais eu besoin d'une version en français.
Je ne vois pas non plus en quoi il y a de quoi s'esbaudir.
- Même ceux qui attribue aux subprimes un rôle dans la crise financière sont conscients qu'ils n'ont pu jouer qu'un rôle "déclecheur" (ie qui a permis de révéler l'existence asez généralisée d'actifs surévalués)
- le faible poids du montant total de ces subprimes "pourris" ne sauraient les dédouaner, puisqu'on connait les effets de leviers qui jouent sur cette base.
- les interdépendances présentées abusivement par Martin HELLWIG comme une source alternative de la crise sont pourtant totalement intégrés et mises en avant dans l'analyse de ceux qui pointent le rôle des subprimes!!!!!
Des subprimes avec les effets de leviers et des interdépendances et vous avez là le cocktail déclecheur de la crise.
Une fois que c'est parti c'est la réaction en chaine: on regarde de plus près dans les comptes et on s'aperçoit qu'il y a bien d'autres actifs "pourris"/surévalués par application des règles IAS/IFRS et la ... ? ... mansuétude" des agences de notations
Crise des subrimes : une explication simple pour ceux qui essaient encore de comprendre.
(inspiré d'un blog)
Alors voilà,
Me Ginette a une buvette à Bertancourt, dans le Nord (ch'ti).
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses très fidèles clients, tous "alcoolo", et tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Me Ginette voit augmenter sa fréquentation et,
en plus, elle peut même augmenter un peu les prix de base du "calva"
et du ballon de rouge.
Ses créances deviennent assez importantes, mais elle tient (toujours/encore)
Max, jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui,
pense que les "créances" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Me Ginette
(il ignore ou pas qu'il a des dettes d'ivrognes comme garantie).
Au siège de la Banque, des "Traders" avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre, non sans expliquer que ces "actifs"
ont en réalité, 10 fois leur valeur annoncée : c'est sans danger..
La Banque récolte ainsi (n) fois la créance de Me. Ginette.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous, mais sur-côtées à chaque transaction (les ardoises des "alcoolo" de Me Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de plus de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les "alcoolo" du troquet de Bertancourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes ..
La buvette de Me Ginette fait faillite,
Max a été viré, les "traders" ne sont pas inquiétés,
pas plus que le grands "pontes" de la Banque.
Maintenant je lance le jeu de piste :
OU EST PASSE LE POGNON ?
le premier qui trouve a gagné !
c'est juste pour dire que le lien du document n'est plus le même (http://www.coll.mpg.de/sites/www.co...)
cdt.
Le juste milieu entre le CAPITLAL et SOCIAL.
Le premier finance et second travail.
OU EST PASSE LE POGNON ?
C'EST TOUTE LA QUESTION.C'EST UN AVERTISSEMNT AVANT LA CATASTROPHE.