Tibet : l’étrange combat
Par Antoine B. le vendredi 5 décembre 2008, 02:21 - réflexions ou tentatives - Lien permanent
Au nom de l’UE, Nicolas Sarkozy reçoit le Dalaï Lama, profitant de l’occasion pour s’affirmer comme un dirigeant suffisamment fort pour résister à la pression de la puissance chinoise.S’il est parfaitement respectable de faire savoir à l’Etat chinois que l’UE se passe de son avis sur les personnalités qu’elle reçoit, on peut être en revanche dubitatif devant ce choix de faire du cas tibétain une cause symbolique. La Chine a, entre autres, deux problèmes qu’il convient de bien distinguer.
Le premier, c’est son Etat : autoritaire, violent, dirigiste, hostile à tout progrès des libertés individuelles, politiques et religieuses. La grande majorité des chinois a toutes les raisons d’être mécontente de ce régime.
Que faire, vu d’une démocratie libérale, pour aider les ressortissants d’une dictature ? Il y a plusieurs doctrines, des plus interventionnistes qui considèrent que l’on peut imposer de force un changement de régime, car la démocratie, la liberté, l’Etat de droit et les droits de l’homme, quand on y goûte, on devient accroc, aux plus isolationnistes, qui estiment qu’il ne faut pas chercher à imposer nos valeurs à d’autres civilisations. Entre les deux, on admet généralement qu’il est important de tenir un discours intransigeant. D’une part, pour faire honte aux dirigeants en question sur la scène internationale (mouais…). D’autre part, pour être entendu par la population concernée. On peut penser que, d’une manière ou d’une autre, les chinois entendent les messages critiquant la brutalité de leur régime. Entendre ce genre de messages peut les inciter à s’opposer ou les encourager s’ils le font déjà. Or, l’angle privilégié par lequel on attaque le régime chinois n’est pas celui de sa brutalité vis-à-vis de sa population, mais un sujet sur lequel on prend la population chinoise à rebrousse-poil : le Tibet.
Car le Tibet est un autre problème chinois, qu’il convient de bien distinguer du premier. Certes, lorsque l’armée chinoise intervient contre des moines tibétains, elle fait la preuve de son peu de respect pour la personne humaine. Mais c’est le cas au Tibet comme ailleurs. Fondamentalement, la question tibétaine n’est pas différente de toutes les situations dans lesquelles une région périphérique d’un grand pays réclame son indépendance ou son autonomie. Le Tibet en Chine, c’est l’Ossétie du sud en Géorgie, le Kurdistan en Iraq et en Turquie ou l’Eelam Tamoul au Sri Lanka. Or, dans ce genre de situations, il y a deux constantes : 1- la situation est souvent trop complexe pour désigner le camps des gentils et le camps des méchants, et 2- la population de l’Etat central est généralement irritée dans son patriotisme quand elle voit qu’une partie du corps national se désolidarise du tout.
Ces deux points sont remarquablement vrais dans le cas du Tibet. Pour le 1-, les rapports entre le Tibet et l’empire chinois ont toujours été ambigus, celui-ci apportant son soutien administratif et militaire à une autorité religieuse dont elle reconnaissait la légitimité. Dans ces conditions, les défenseurs de la cause tibétaine peuvent expliquer que les troupes de Mao ont envahi un pays indépendant en 1950, tandis que d’autres, à l’instar de Jean-luc Mélenchon, rapprochent cette invasion de la guerre en Vendée pendant la révolution Française, en faisant une affaire sino-chinoise.
Autre élément de complication : selon la définition que l’on retient de ce qu’est le Tibet, celui-ci peut représenter une partie substantielle de la superficie chinoise.
Par ailleurs, on peut être sceptique devant l’idée que l’instauration d’une théocratie au Tibet serait un facteur de progrès des droits de l’homme et de la démocratie.
Le point 2-, pour sa part, est très important dans le cas tibétain. C’est pour cette raison qu’il est important de distinguer le problème posé par la brutalité du régime chinois de la question tibétaine. Car, quoi qu’ils pensent de leur gouvernement, les chinois n’ont pas du tout envie de se voir dépossédés d’une partie de leur territoire. Il y a peut être des centaines de millions de chinois qui rêvent de démocratie, et qui aiment entendre des messages de soutien contre la dictature qui les fait souffrir, mais qui se sentent insultés quand ils entendent l’occident s’époumoner aux cris de « free Tibet ». Lorsque, quelques semaines avant les jeux olympiques, des extrémistes tibétains organisent des pogroms en assassinant des commerçants dont le seul tort était d’être chinois, l’armée chinoise, qui n’est pas tendre d’habitude, est intervenue avec la barbarie qu’on imagine. L’occident s’insurge alors contre la « répression », fournissant ainsi au régime chinois de quoi soigner sa communication interne et sa cohésion nationale. Car une justice respectueuse de l’Etat de droit aurait été moins expéditive, aurait assuré le droit de la défense, aurait permis un procès équitable, mais elle aurait néanmoins, et c’est heureux, réprimé de tels meurtres. Voilà donc le message que les média officiels chinois ont fait passer à leur opinion : « voyez ces extrémistes qui ont massacré des chinois ? Eh bien sachez qu’ils sont défendus par l’occident qui s’insurge de ce que nos militaires soient allés ramener l’ordre ». Et lorsque le citoyen chinois cherche à s’informer ailleurs que dans les média officiels, il voit qu’effectivement, l’occident n’est intéressé que par la liberté du Tibet.
Soyons bien clair : mon argument n’est pas démographique. Il ne s’agit pas de dire que les tibétains ont tort parce qu’ils sont moins nombreux que les chinois. Je m’étonne juste de ce qu’on se mette à dos plus d’un milliard de chinois en défendant une cause dont le bien fondé est peu évident, alors qu’on pourrait s’attirer leur sympathie en défendant leur liberté, au moins en paroles. L’explication est peut-être que la motivation des défenseurs de la cause tibétaine est moins la promotion des droits de l’homme que la fascination ésotérique qu’inspirent à des occidentaux désenchantés des moines qui parviennent à trouver leur équilibre intérieur en s’emmitouflant dans des draps jaunes et en faisant « hooooom » toute la journée.
Pour les défenseurs de la modernité, en revanche, il me semblerait opportun de remplacer le « free Tibet » par un « Free Hu Jia ».


Commentaires
Bien sur qu'il ne faut pas se leurrer, un, le Tibet n'a jamais été une nation indépendante, deux il n'a jamais été une démocratie. Avant l'arrivée des chinois la plus grande partie du "peuple tibétain" était constituée de féodaux, caste de serfs pauvres et affamés.
Mais le Tibet a valeur de symbole, celui des droits de l'homme, et son leader possède une aura internationale comme en son temps Nelson Mandela. Car le Dalaî Lama représente lui aussi une valeur exemplaire et symbolique bien plus importante que son rôle de leader indépendantiste qu'il n'assume pas.
All, c'est tout le sens de mon billet : pourquoi diable fait-on du leader d'une région séparatiste détesté par 1 milliard de chinois le symbole de la lutte pour la liberté de ce même milliard de chinois ? Il y a un truc qui cloche.
Je ne comprends pas tres bien d'ou vient l'impression que le Tibet est le symbole de l'oppression de la liberte des Chinois dans son ensemble ? Personellement, je n'ai jamais eu cette impression. Il y a une fascination assez naive pour le Tibet de la part de gens qui n'y connaissent souvent pas grand chose, rendant la cause particulierement attirante en Occident; mais je me demande si l'engouement general pour le Tibet n'est pas avant tout une influence assez forte venant de certaines elites - celles qui se sont massivement interessees au boudhisme apres la 2e guerre mondiale aux US, et plus tard ailleurs. Ces personalites ont ete influencees en grande partie par la diaspora tibetaine, suite a l'invasion de la Chine communiste.
Concernant la lutte pour la liberte des Chinois, je ne suis pas certain du role a adopter pour les democraties liberales. Deja, je suis loin d'etre convaincu que la majorite des Chinois souhaite un changement de regime. Le regime communiste me semble assez habile dans son utilisation du patriotisme, et de son positionnement vis a vis des barons locaux incarnant la bureaucraite corrompue. Surtout, historiquement, je ne vois que bien peu de democraties ayant ete imposees de l'exterieur avec succes, non ? Comme exemple d'etat avec une coherence territoriale assez vieille, le Japon est le seul pays qui me vienne en tete.
(Je m'excuse, mon commentaire est a la limite de la lisibilite avec le manque d'accent)
David, je ne pense pas non plus que la majorité des chinois souhaitent un changement de régime. En revanche, un assouplissement sur quelques questions comme la liberté d'association, d'expression, voire la liberté religieuse (pour les tibétains mais également pour les musulmans) serait sans doute du goût de la plupart d'entre eux.
Je ne suis pas d'accord avec ton dernier commentaire Antoine. Au contraire si le gouvernements chinois réagit aussi vivement en ce moment, c'est bien parcequ'il sait que de plus en plus de monde commence à réellement souhaiter un changement de régime :
http://caichongguo.blog.lemonde.fr/...
Pour une confirmation que la corruption ordinaire est de moins en moins acceptée :
http://chine-perspective.com/index....
Le gouvernement chinois je crois joue ses dernières cartes, l'empoisonnement des bébés avec le lait mélaminé était une énorme goutte dans un vase très, très plein, et l'histoire chinoise est remplie d'exemple comme quoi un gouvernement qui déçoit le peuple est généralement renversé dans la violence.
Ce qui n'empèche que les français sont stupides d'insister toujours, avec autant d'œillères sur le reste de la situation chinoise, sur un de rares points maintenant où le gouvernement chinois n'a aucune peine à être soutenu par son peuple.
Mais un assouplissement a-t-il des chances de se realiser au travers de pressions politiques exterieures ? Puisque c'est un peu ca la question en filigrane du post, si je comprends bien ?
Les reussites de pressions puremement economiques et politiques en faveur de la democratie sont rares (Afrique du Sud peut etre ?), et dans le cas de la Chine, le rapport de force est totalement a son avantage. De plus, je vois mal les etats occidentaux pousser tres loin le bouchon: je doute par exemple que les Etats-Unis voient d'un bon oeil les poussees separatistes du Xinjang.
@jmdesp: je pense que l'exercice a vite ses limites, mais aux vues de mes propres frequentations, je ne vois pas d'exasperation generalisee vis a vis du regime. Vis a vis des personalites politiques, oui, mais le regime communiste, pas vraiment.
Pour ce qui est des revoltes du peuple decu, meme si le regime actuel est loin d'etre recommendable, l'histoire de la chine communiste a connu des periodes autrement plus sombres sans changement de regime pour laisser croire a un boulversement. Si changement il y a, je ne trouve pas que l'histoire recente aura ete particulierement eclairante.
Un bon blog sur le sujet Chinois :
http://twofish.wordpress.com/
Sur le Tibet :
http://twofish.wordpress.com/catego...
En particulier, a ne lire qu'un billet :
http://twofish.wordpress.com/2008/0...
"Que faire, vu d’une démocratie libérale, pour aider les ressortissants d’une dictature ?"
Refuser le commerce avec ces nations au profit de l'aide directe, nationaliser les actifs des citoyens de ce pays (qui sont invariablement les profiteurs de la dictature), refuser l'accès au territoire national aux citoyens de ce pays (ceux qui voyagent étant nécessairement les profiteurs de la dictature) et des sanctions dissuasives pour les nationaux qui transgresseraient ces interdictions.
@passant : ma réponse à cette question (en gros : "personne ne le sait vraiment") tranche avec la précision de la vôtre. Le problème, c'est que les embargos, on a déjà essayé (cf Iraq et Cuba), ça ne marche pas.
Les sanctions pécunières pour les contrebandiers n'ont pas vraiment été essayées. Le retrait du droit à la propriété pour les tyrans et les marchands complices pareillement. Pourtant, ce n'est pas à un économiste que je me risquerais à expliquer le caractère particulièrement incitatif d'une menace de déchéance du droit individuel à la propriété.
Dans le cas de l'Iraq, le choix de collaborer avec le pouvoir était explicite dans le programme "pétrole/nourriture" puisqu'il exigeait que l'Iraq non seulement continue à produire, mais livre.
De mémoire un embargo au départ militaire puis ensuite économique a finalement bien marché contre le régime raciste d'Afrique du Sud, par rapport a ceux que tu cites il etait certes plus mondial : pour Cuba seuls les USA pratiquent un embargo (mais avec des lois "extra territoriales") et pour l'Iraq personne ne l'appliquait vraiment.
Bref, dans les faits ...
Oui, mais le cas sud-africain est très différent du cas chinois : 1) l'embargo ne coûtait presque rien, 2) il n'était pas si difficile de créer un consensus international contre l'apartheid, 3) la société sud-africaine se préparait depuis des années à la fin de l'apartheid.
Difficile de transposer ça au cas chinois...
Deux points du développement au moins me semblent contestables:
D'une part, "l'appartenance" du Tibet à la Chine (concept au demeurant étrange que cette "appartenance" d'un peuple à un autre !) est justifiée par les Chinois au prix d'une interprétation de la notion d'empire qui est une mystification. Il suffit de se donner la peine de consulter les travaux d'historiens sérieux ou de chercheurs du CNRS pour le comprendre. Alors , en citoyens responsables, reconnaissons le droit international qui dit que la Chine intègre le Tibet dans ses frontières, mais cessons de tenter de justifier ce qui est historiquement injustifiable.
En second lieu, la politique tibétaine de l'actuel gouvernement chinois n'est pas forcément appelée à durer (elle était par exemple plus intelligente et conciliante du temps de Deng). De plus en plus de voix s'élèvent, dans les milieux intellectuels chinois et jusqu'au sein du PCC, pour en changer, dans un sens plus respectueux de l'identité tibétaine (Cf par exemple encore récemment la pétition du "groupe des 303"). C'est sur eux qu'il faut se baser pour juger le peuple chinois, pas sur les excités parfois stipendiés qui éructent sur Internet. L'actuel gouvernement chinois n'étant pas éternel, aidons en effet les démocrates chinois à donner à la Chine de demain une vraie respectabilité et une autorité morale (pardon, je reprend les propos de ce dalaï lama que vous n'appréciez pas, l'homme qui dit Om et qui ne dit pas que ça - notons au passage que le bonhomme ne fascine pas que des Occidentaux, mais aussi beaucoup, beaucoup de Chinois !). Qu'on le veuille ou non ici et là, et surtout dans les milieux d'affaire, la question du Tibet existe et la question de la démocratie en Chine ne saurait l'escamoter, ainsi que l'admettent volontiers les plus éclairés parmi les intellectuels chinois.
Et surtout, par pitié, ne ridiculisez pas les défenseurs des droits de l'homme (qu'à certaines époques, on a appelé en France Résistants) puisque c'est grâce à eux que nous avons, vous et moi, cette liberté que certains voudraient refuser au peuple tibétain.
Concernant l'hypothèse d'une rupture des relations commerciales avec la Chine, deux remarques :
1) Tout ce qui est fabriqué en Chine est fabriqué ailleurs. Et pas forcément pour beaucoup plus cher qu'en Chine. Avec la dépression sensée prochainement venir, une rupture des relations commerciales est plus aisée qu'il n'y parait.
2) Reste qu'effectivement l'inverse est aussi vrai. La Chine n'a pas forcément besoin de "nous".
@ Bernard Grandjean :
""l'appartenance" du Tibet à la Chine (concept au demeurant étrange que cette "appartenance" d'un peuple à un autre !) est justifiée par les Chinois au prix d'une interprétation de la notion d'empire qui est une mystification"
Oui, comme c'est toujours le cas dans des cas similaires, et en général dans les deux camps, d'où ma phrase : "la situation est souvent trop complexe pour désigner le camps des gentils et le camps des méchants"
"Et surtout, par pitié, ne ridiculisez pas les défenseurs des droits de l'homme (qu'à certaines époques, on a appelé en France Résistants) puisque c'est grâce à eux que nous avons, vous et moi, cette liberté que certains voudraient refuser au peuple tibétain."
Merci infiniment pour ce commentaire qui illustre parfaitement le propos de mon billet. Je fais un texte pour dire que le problème, en Chine, ce sont les atteintes aux droits de l'homme, et qu'il est important de ne pas confondre ce problème là avec la question nationale tibétaine qui est distincte. Je finis le texte en question par un appel à libérer Hu Jia, militant des droits de l'homme incarcéré par le régime chinois. Mais comme je ne m'associe pas à la lutte pour l'indépendance du Tibet, vous estimez que ça fait de moi une sorte de collabo (rapport à votre parenthèse) qui veut ridiculiser les défenseurs des droits de l'homme. cqfd.
"Difficile de transposer ça au cas chinois..." Oui sans doute : je reagissais juste a "les embargos ca ne marche pas" comme nouvelle loi economique :).
Ok, disons : c'est souvent contreproductif :-)
Dans le cas des pays africains essentiellement exportateurs de ressources naturelles, par contre....
Je réagis assez tardivement à ce texte, lui-même assez tardif par rapport aux événements du Tibet.
Les événements du Tibet ont été vus en Occident, comme une manifestation d’indépendance. Pour ma part, je suis loin d’en être convaincu. D’après ce que j’ai cru comprendre, il y a eu un lynchage plus ou moins spontané de commerçant Hans. Ce lynchage a coïncidé avec des émeutes en Egypte et ailleurs concernant la hausse du prix des denrées alimentaires.
Je crois qu’il ne faut pas mélanger la cause conjoncturelle (hausse du prix du pain) et les interprétations plus ou moins intéressé qui transforment des émeutes de la faim en aspiration à l’indépendance.
Il y a eu ensuite une répression assez sauvage du gouvernement chinois. Mais tout a fait en adéquation avec ce qui se fait (malheureusement) dans le reste de la chine quand des paysans manifestes. Sur ce point, beaucoup de chinois m’ont renvoyé à la gestion des émeutes des banlieues en 2005. En France, nous ne tuons pas nos manifestants, mais nous les arrêtons, les réprimons et les jugeons.
Je ne réagis par sur le fond, car je connais pas du tout le Tibet mais là, je tique:
"En France, nous ne tuons pas nos manifestants, mais nous les arrêtons, les réprimons et les jugeons."
Ben ouais, c'est toute la différence, non ? Ou pour vous (ou vos interlocuteurs chinois) Tienanmen et les émeutes de 2005, c'est kifkif ?
LSR
S'il est vrai que les deux problèmes sont differents je reste persuadé que s'élever contre les atteintes aux droits de l'homme au tibet n'est pas incompatible avec une dénonciation des pratiques gouvernementales chinoises en général. Si nous sommes capable de faire la distinction je pense que les Hans le peuvent aussi malgré leur patriotisme, qui, si l'on s'interroge, est en partie fabriqué. Il est vrai que l'attention portée au tibet est particuliere et intense, pour de multiples raisons déjà évoquées, et que l'asymétrie avec les autres régions du onde est grande. Mais la contestations des atteintes aux droit de l'homme doit se faire au nom même de ces principes a visée universelle. Si je soupçonne les contestations occidentales de s'inscrirent dans un contexte geopolitico-économique liant relations avec l'Inde (rôle de la chine dans le cachemire, maoïstes au népal etc) et crainte d'une montée en puissance de la chine en asie du sud est je leur reproche surtout de s'inscrirent dans un discours occidental profondément ambiguë: la distinction et la légitimité des binômes terrorisme/antiterrorisme, séparatisme/antiseparatisme n'est toujours pas faîte tout comme les modalités d'action et de réaction a ces problèmes. Que ce Soit d'ailleurs d'un point du vue politique ou philosophique, et ce de facon particulierement voyante depuis au moins septembre noir. Enfin je voudrais remarquer ce reductio ad hitlerium qui aurait fait sourrir jaune Strauss. Enfin le problème de l'imposition de la démocratie par l'extérieur ou par les embargos posent de nombreux problèmes a la fois éthiques et pratiques. L'exemple du japon n'est d'ailleurs pas réellement valable. La démocratie japonaise, sous des formes occidentalisée fonctionne de façon tres différente. La cellule de base est ici la famille et non l'individu et la continuite politique est un exemple des plus frappants. Ces différences d'appréciations sont fondamentales et sont visible a travers d'autres domaines tel que l'organisation des entreprises etc qui s'intègre a un éthique sociale, morale et du travail bien distincte mais capable de synthèse.