Rigueur méthodologique
Par VilCoyote le vendredi 28 novembre 2008, 16:53 - insolite - Lien permanent
Le cabinet Gfk a mené pour les éditeurs de vidéos et les maisons de disque
une étude destinée à évaluer
l'ampleur du piratage en France. Conclusion : en 2007, 833 280 000
titres de musique et 235 200 000 titres de vidéo ont été téléchargés. De quoi
appuyer de façon spectaculaire la campagne de désinformation et de
lobbying abject protection de la création artistique menée par lesdites
majors. D'autant plus que l'étude est d'une honnêteté intellectuelle et d'une
rigueur méthodologique à toute épreuve, comme nous l'explique le responsable de
Gfk, Laurent Donzel :
On fait appel à la mémoire de l'intéressé, et les interviewés minimisent
souvent le poids réel du téléchargement. Ils ne veulent pas l'avouer. Pour
compenser, on extrapole et on multiplie les résultats par
douze.
On a qu'à faire pareil avec les chiffres de la croissance.


Commentaires
Je ne comprends pas bien ce que veut dire le journaliste du monde quand il ajoute : "De quoi donner aux opposants de nouveaux arguments." :-)
bonjour,
Voir ici : http://www.numerama.com/magazine/11...
La multiplication par 12 c'est pour obtenir un chiffre annuel semble t'il. Ce qui pose quand même plusieurs question:
- Quid de la méthode (d'écriture et de clartée) journalistique ?
- Quel est donc la véritable méthode d'extrapolation ? multiplication par 13 ? 42 ?
- Quid de la variabilité saisonnière dans les téléchargement? (saison des séries ? vacances ? saison des blockbusters ? Noel ?) Peut on vraiment obtenir un chiffre annuel en multipliant simplement par 12 ?
Bon, je suis pas sur que ca puisse changer mon opinion sur la qualité de l'enquete :)
En ne commentant que ce chiffre, tu commets déjà une bourde. Tu sous-entends que le volume du "piratage" a une quelconque importance pour les ventes de CD et de DVD. La doxa est construite sur ce triptyque :
1- Les téléchargements se substituent à la vente de disques.
2- Le volume de téléchargement détermine l'ampleur de ce problème.
3- Pour pallier à l'insécurité économique et juridique, il faut des lois et des taxes sur les FAI.
Or :
- 1 n'a fait l'objet d'aucune démonstration – c'est le propre même d'une croyance doxique, elle a la force de l'évidence (celle d'une corrélation en l'occurrence).
- 2 dépend de 1 et pose d'autres questions de methodologie (équivalence un titre téléchargé = un titre de manque à gagner, contrôles pour les téléchargements répétés, possession du disque, mesure du volume, distribution du volume par utilisateur -- j'imagine un skew gigantesque).
- 3 est une demande d'avalisation par les pouvoirs publics d'un mécanisme simple d'accumulation de la rente (constriction du domaine public à son profit, création de niches redistributives vers ses intérêts propres).
Bref ce n'est pas si simple.
@Fr. : euh, ça s'adresse à qui ton commentaire ? Parce que moi je n'ai rien sous-entendu du tout hein, surtout pas que les chiffres du piratage expliquent quoi que ce soit... et Florent non plus, il me semble.
Problème de manque d'élasticité de l'offre à mon avis : une fois formés, les jeunes ayant obtenu leur diplôme de pipeau d'entreprise sont bien forcés de le rentaliser sur le marché en travaillant pour qui veut bien d'eux : ici, les sociétés d'ayant-droits.
Concrètement, à part fermer les filières de formation de pipeauteurs professionnels, je ne vois pas très bien quoi faire.
"Pour compenser, on extrapole et on multiplie les résultats par douze."
Scandaleux. Tout le monde sait très bien que cette extrapolation est ridicule et outrageusement surestimée. C'est par 11 qu'on doit multiplier.
Un bon article sur le sujet avec un superbe schema animé "avec adopi apprends l'economie" en prime :
http://fr.readwriteweb.com/2008/11/...
"On a qu'à faire pareil avec les chiffres de la croissance."
ça s'est fait, depuis, on a trouvé plus subtil.