Numérologie
Par Antoine B. le vendredi 14 novembre 2008, 12:30 - General - Lien permanent
Ah... ouf ! Nous voici rassurés. La France n'est pas techniquement
entrée en recession. Au lieu d'une baisse de 0,1% attendue, le PIB a connu
une hausse de 0,1% au troisième trimestre. Pour ceux qui se demanderaient ce
que signifie une entrée technique en recession, la réponse est : rien
du tout. La recession, c'est tout simplement une situation dans laquelle le
revenu national baisse. Comme on a l'habitude de raisonner en termes annuels
mais qu'on évalue le PIB à un rythme trimestriel, on estime qu'il serait trop
injuste de parler de recession, un mot qui fait peur, si l'on n'observait une
diminution du PIB que pour un seul trimestre. Donc, on (je ne
sais savais trop qui avant que Markss m'apprenne en
commentaire que ça vient du NBER) a décrété que pour parler de recession,
on attendrait deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. D'autant qu'une
baisse ponctuelle peut être, dans certains cas, une correction après un
trimestre anormalement bon. Si je suis un défenseur habituel des statisticiens
de l'INSEE, je dois à l'honnêteté de dire que les estimations du PIB ne peuvent
pas être assez précises pour être fiables à + ou - 0,1 point sur un trimestre.
La seule conclusion que l'on puisse tirer des chiffres de la croissance est que
la France est plutôt sur un rythme de stagnation que de récession, ce qui, vu
le contexte, est plutôt une bonne nouvelle. Ajoutons tout de même que si l'on
raisonnait en termes de croissance par habitant, on serait en recession,
puisque la population augmente.


Commentaires
Et comme disait mon prof de macro, 0,1% c'est quand même des centaines de millions d'euros!
"je dois à l'honnêteté de dire que les estimations du PIB ne peuvent pas être assez précises " Je crois que le chiffre officiel du PIB n'est publié que 3 ans après, les chiffres données ces jours-ci par l'INSEE pour 2008 étant une estimation faite a partir d'un échantillon d'entreprises.
Si, on sait qui l'a dit: c'est la méthode de datation des récessions du NBER. (qui lui même précise que ce n'est qu'une indication, pas une définition formelle).
Si cela peut nous éviter un plan de relance par bombardement massif d'argent dans l'économie, réjouissons-nous en et prions pour que ça dure.
"Ajoutons tout de même que si l'on raisonnait en termes de croissance par habitant, on serait en recession, puisque la population augmente."
D'apres l'INSEE la croissance de la population française entre janvier 2006 et 2007 (1 an) est de 0.624% (0.577% entre janvier 2005 et 2006), la croissance du PIB du dernier trimestre en annualisé est de 0.555% (0.138% sur le trimestre), et la croissance Q3 2007-Q3 2008 est de 0.578%.
Bref c'est du proche de zero en PIb par habitant, positif ou negatif suivant la mesure courante de la population et l'interpolation choisie.
A noter que la croissance en nominal dernier trimestre en annualisé est de 1.835% (0.455% sur le trimestre) et que la croissance norminale Q3 2007-Q3 2008 est de 2.60% d'ou un role majeur de l'evaluation de l'inflation, qui comme chacun sait est evaluée dans l'opacité la plus totale (et sans aucune raison si ce n'est du corporatisme primaire).
Ça alors... en rédigeant ce court billet, je me suis dit "tiens, ça fait longtemps que j'ai pas eu de nouvelles de Laurent". Tout va bien pour toi ?
Oui ça roule pour moi dans le Sud Ouest. Et de ton coté ?
Ben diable ! Je suis dans le Sud Ouest aussi !
Raté, ce n'est pas le NBER qui l'a dit, et c'est très clair :
"The NBER does not define a recession in terms of two consecutive quarters of decline in real GDP. Rather, a significant decline in economic activity spread across the economy, lasting more than a few months, normally visible in real GDP, real income, employment, industrial production, and wholesale-retail sales"
Les deux trimestres consécutifs, c'est bien une convention anglo-saxonne qu'on a importé en Europe, mais on ne sait pas d'où ça vient... Pire que le mystère de la chambre jaune...
Je passe sur Toulouse le mercredi 26 novembre, sinon je suis sur Castres. Binouze ?
Verveine !
Whatever :) Contactes moi par courriel si tu as une dispo.
Faux et archi faux : la récession c'est le ralentissement du PIB (taux de croissance en baisse mais pas négatif) .
réponse de A.B. : Désolé, c'est vous qui vous trompez. Renseignez vous.
suite de mon post (toujours sur la définition de la récession)
1) d'une part la définition du NBER n'est pas "deux trimestres consécutifs de baisse du PIB"
mais la suivante :
"The NBER does not define a recession in terms of two consecutive quarters of decline in real GDP. Rather, a recession is a significant decline in economic activity spread across the economy, lasting more than a few months, normally visible in real GDP, real income, employment, industrial production, and wholesale-retail sales"
source : http://www.nber.org/cycles.html (en bas de page)
2) sur la définition de la récession en France, je maintiens ma position : récession = baisse du taux de croissance = ralentissement .
commençons par E. Universalis : "Le terme de récession désigne un certain type de conjoncture. Il caractérise, dans le mouvement général de l'activité économique, une phase de ralentissement succédant à une phase d'expansion. À la différence de la dépression, la récession n'implique pas une chute apparente et durable des indices du niveau de l'activité "
source : http://www.universalis.fr/encyclope...
jetez aussi un coup d'oeil sur une source de référence lexicographique comme le CNRTL et le trésor de la langue française (Atilf) qui citent quelques noms bien connus :
"C. − ÉCON. Ralentissement de l'activité économique d'un pays, caractérisé par une diminution de l'investissement et une augmentation du chômage, mais n'affectant pas nécessairement le mouvement des prix (d'apr. Barr. 1974). Au printemps de 1949, on se préoccupait encore de réduire l'inflation quand la Federal Reserve reconnut une récession âgée de quelques mois et se mit à octroyer plus largement le crédit (Perroux, Écon. XXe s., 1964, p. 545). Si le processus de ralentissement prend un caractère cumulatif et n'est pas enrayé, la récession peut déboucher sur une véritable dépression présentant alors tous les aspects d'une crise (Bern.-Colli Extr. 1976).
Prononc.: [ʀesεsjɔ̃], [-se-]. Étymol. et Hist. 1. 1864 « retrait progressif » (C.r. de l'Ac. des Sc. t. 58, p. 408); 2. 1949 astron. (Nouv. Lar. univ.); 3. 1954 écon. (J. Morand, France-Observateur, 6 mars, p. 14 ds Rey-Gagnon Anglic.). Empr. au lat. recessio « action de s'éloigner par une marche en arrière, de se retirer », dér. de recedere (v. récessif). Cf. aussi l'angl. recession, att. dep. le xviie s. (NED) et dont l'empl. en écon. (1929 ds NED Suppl.2) est prob. à l'orig. du sens 3."
sources : http://www.cnrtl.fr/definition/réc...
ou http://atilf.atilf.fr/
Bien à vous et bravo pour votre site.
« action de s'éloigner par une marche en arrière, de se retirer »
une sorte de dérivée négative quoi :-)
"une sorte de dérivée négative quoi :-) "
condition nécessaire mais pas suffisante ;-)