Ah... ouf ! Nous voici rassurés. La France n'est pas techniquement entrée en recession. Au lieu d'une baisse de 0,1% attendue, le PIB a connu une hausse de 0,1% au troisième trimestre. Pour ceux qui se demanderaient ce que signifie une entrée technique en recession, la réponse est : rien du tout. La recession, c'est tout simplement une situation dans laquelle le revenu national baisse. Comme on a l'habitude de raisonner en termes annuels mais qu'on évalue le PIB à un rythme trimestriel, on estime qu'il serait trop injuste de parler de recession, un mot qui fait peur, si l'on n'observait une diminution du PIB que pour un seul trimestre. Donc, on (je ne sais savais trop qui avant que Markss m'apprenne en commentaire que ça vient du NBER) a décrété que pour parler de recession, on attendrait deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. D'autant qu'une baisse ponctuelle peut être, dans certains cas, une correction après un trimestre anormalement bon. Si je suis un défenseur habituel des statisticiens de l'INSEE, je dois à l'honnêteté de dire que les estimations du PIB ne peuvent pas être assez précises pour être fiables à + ou - 0,1 point sur un trimestre. La seule conclusion que l'on puisse tirer des chiffres de la croissance est que la France est plutôt sur un rythme de stagnation que de récession, ce qui, vu le contexte, est plutôt une bonne nouvelle. Ajoutons tout de même que si l'on raisonnait en termes de croissance par habitant, on serait en recession, puisque la population augmente.