Il faut laisser crever la Camif
Par VilCoyote le vendredi 31 octobre 2008, 18:03 - réflexions ou tentatives - Lien permanent
Ségolène Royal, désormais à l'aise dans son numéro de pseudo-gauche d'opposition démago anti-capitaliste (bien que son vainqueur lui donne du fil à retordre de ce côté là), est allée soutenir les salariés de la Camif - enfin les futur ex-salariés, étant donné la liquidation judiciaire de leur entreprise. Morceaux choisis :
Vingt millions d'euros suffiraient pour sauver la Camif, ce n'est rien
face aux 10,5 milliards d'euros débloqués par Nicolas Sarkozy pour soutenir les
banques.
Celle là malheureusement, j'ai peur qu'on l'entende pendant encore un bon
moment : chaque fois que quelqu'un / une entreprise / une association / un
lobby va avoir besoin de pognon, il va dire que c'est dégueulasse qu'on ne lui
donne pas, étant donné ce qu'on a "donné" aux banques. D'ailleurs je ne
comprends pas pourquoi on ne me donne pas 5 petits millions d'euros, c'est tout
ce que je demande... ce n'est rien comparé aux 10 milliards des banques, allez
siouplé, à vot' bon coeur, c'est pas comme si c'était votre argent...
C'est insupportable, les salariés se retrouvent sur le carreau à cause de
patrons qui gagnent des centaines de milliers d'euros
Ségo 1 - 0 Sarko. Besancenot commence à se faire dessus. Bon, en faisant
semblant de prêter attention à une déclaration aussi dénuée de fondement...
même en supposant que les pertes du groupe soient exclusivement dues à la
cupidité de gros types à bretelles, hauts de forme et cigares qui rient
grassement en signant le licenciement de 800 personnes, on ne peut s'empêcher
de tiquer sur la différence entre les 20 millions d'euros annoncés plus haut,
et les centaines de milliers d'euros des patrons annoncés ici.
Mais le meilleur reste à venir :
Interrogée sur la viabilité d'un secteur comme la vente à distance, elle a
déclaré que "toutes les entreprises peuvent être sauvées...".
C'est vrai. On peut tout à fait sauver la Camif, de même qu'on peut sauver les
fiacriers ou les scribes ou les maisons de disques. Reste à savoir
si c'est une utilisation optimale des deniers publics. Mais bon, la question ne
se pose pas, hein, puisqu'on a donné 10 milliards aux banques... on en est pas
à 20 millions près. Suite de la phrase précédente, apothéose :
...il y a des possibilités de développement comme le commerce
équitable.
Ou la charcuterie, aussi. C'est bien la charcuterie. Sérieusement, cette phrase
ne veut rien dire. On dirait une copie de seconde qui n'a rien compris au cours
mais essaie à tout prix de recaser une expression qu'il a retenue au
passage.
Bref, sauver la Camif ne sert à rien. Son modèle économique était voué à
disparaître, les différentes tentatives pour renouveler l'offre ont été mal
pensées (des armoires normandes à 6000€ ?!?) et ont échoué, la concurrence
acharnée de la vente en ligne (beaucoup plus spécialisée, riche et compétitive)
ne lui laissait aucune chance. Autrement dit, une entreprise inadaptée à la
demande et inefficace va disparaître, au profit d'entreprises mieux organisées,
qui offrent davantage de produits, à des prix moindres, avec des délais de
livraison plus rapides... Pourquoi vouloir gaspiller des ressources à maintenir
sous respiration artificielle un secteur en déclin, qui ne sert plus à
rien ? C'est un joli cas de destruction créatrice, moteur de croissance
(voir ce
billet chez Ecopublix).
Alors, pourquoi cet acharnement ? Pour les salariés, bien sûr.
L'économiste ne cherche pas à nier ou minimiser la détresse de ces personnes
qui perdent leur emploi. Mais plutôt que de protéger des emplois (lire
"injecter des millions pour maintenir la Camif sous respiration artificielle"),
il faut protéger les personnes. Les accompagner dans leur reclassement, leur
mobilité géographique (Niort, c’est une ville de 70 000 habitants. Ca va
être dur de trouver du travail pour autant de gens, dit un salarié :
pourquoi ne pas bouger ? Parce que la mobilité a un coût, et qu'il faut
aider les chômeurs à l'assumer), leur requalification, faire en sorte que cette
période de chômage soit la moins douloureuse possible.
Le chômage est une composante essentielle de la croissance, dans la mesure où
il permet d'allouer le facteur travail de façon optimale, en le déplaçant des
secteurs où il est peu efficace vers ceux où il sera plus productif - et donc
où il créera davantage de richesses. Pour plus de développements sur ce sujet,
voir
Le chômage, fatalité ou nécessité ?.
Bref, il faut laisser crever la Camif, mais ça ne veut pas dire qu'il faut
laisser crever ses salariés.
(PS. Vous noterez que Le Monde, dans sa grande sagesse, a classé cet article dans la catégorie "La crise financière". Bientôt ils y mettront aussi les défaites du PSG et la météo).


Commentaires
Je ne vois aucun commentaire sous cet article. C'est bien dommage. C'est ce genre de billet qui me font mourir de rire. Traitons ces sujets par la dérision. En rire avant d'en pleurer.
Va falloir que je vienne ici plus souvent. ;-)
Bon courage et encore merci !
Je me faisais la même réflexion en écoutant sa péroraison. Elle me faisait penser aux "ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas" de Bastiat. Hélas le problème est la : les citoyens dans leur majorité voient les emplois "sauvés" qui sont localisés et identifiables et pas ceux qui auraient été créés par des concurrents pour s'emparer des parts de marché de la CAMIF et encore moins les effets économiques favorables en terme d'efficacité, qui sont plus difficiles à identifier.
Bref la méthode française pour préserver l'emploi : prendre l'argent la ou il est utilisé efficacement pour subventionner des entreprises inefficaces. Comment prendre la farine du boulanger pour la donner au maçon ...
Enfin, il y a quelques chances qu'elle ne soit pas écoutée. Mais maintenant que Badinguet est devenu entièrement bonapartiste cela ne m'étonnerait guère qu'il la suive...
Le problème, M l'économiste, c'est que pour ces salariés-là, le parachute n'existe pas. Dans un monde parfait, où le salarié serait effectivement soutenu, formé, et surtout pas obligé de revendre sa voiture et sa maison pour survivre, vous avez raison. Dans le monde réel, c'est Royal qui a raison. 800 emplois, par les temps qui viennent, particulièrement dans le commerce de biens d'équipement, particulièrement dans cette région, ça ne va pas se trouver demain. Donc la solution est à trouver maintenant.
Les banques ont fait n'importe quoi, on les refinance et c'est normal. La CAMIF, dont tout le monde se fout, peut crever. L'argent économisé sur le sauvetage de la CAMIF permettra de compenser les frasques d'un trader incontrôlé de la Générale ou d'ailleurs.
Juste pour la réflexion, quand on sort un poisson de l'eau, il lui faut trois minutes pour crever. Un salarié privé de son emploi, combien en moyenne? Biens sûr, il n'a qu'à - partir - se reconvertir - prendre un CDD sous-smiqué à temps partiel - aller faire l'immigré dans un pays riche - Il n'est donc pas obligé de crever tout de suite, lui, il peut prendre son temps.
@Phil : je n'ai pas dit que le monde était parfait, au contraire. Je dis qu'au lieu de démagogiser sur le sauvetage des emplois, on ferait mieux de gueuler pour que les chômeurs soient mieux accompagnés qu'aujourd'hui - parce qu'effectivement, c'est loin, loin d'être fait de façon satisfaisante et efficace.
Quant aux banques, on les sauve parce qu'elles vont continuer à servir à quelque chose. La Camif, il ne faut pas la sauver non pas parce qu'on s'en fout, mais parce que sa survie ne servirait à rien (et accessoirement parce que de sa survie ne dépend pas le fonctionnement de l'ensemble de l'économie mondiale).
Vous me parlez de "monde réel" : je vous dis qu'il ne faut pas se contenter d'un pis-aller contre-productif (sauver la Camif), mais oeuvrer pour améliorer la façon dont on considère et traite le chômage (et les chômeurs...). Le monde réel, ce n'est pas seulement "ce qu'il est", mais aussi et surtout "ce qu'il devrait être" (en restant réaliste, et "ma" proposition n'est pas farfelue).
ah c'est une bonne idée ça , comme métier je veux dire :
chômeur mieux accompagné qu'aujourd'hui toute sa vie.
parce que dans la vraie vie, les coyotes de ton "estirpe" mais appartenant à la meute au-dessus, bien au-dessus c'est vrai, quasiment génétiquement identiques mais beaucoup plus carnassiers, c'est l'inverse qu'ils préconisent (m'sieur dassault par exemple récemment, risquophile patenté à haute teneur en népotisme ):
le chômeur faut surtout pas l'accompagner, le tranquiliser, le former, l'aider, l'émanciper, l'indemniser...plus que ça et moins encore.
sinon , quand le futur chômeur n'aura plus peur de son futur chômage, comment va-t-on exploiter ce qui fait le ferment du moteur de l'économie productrice : la peur de perdre son emploi ?
humm ?
luis
@ luis : c'est connu, les patrons sont tous des porcs assoifés de richesse, prêts à réduire l'Humanité entière en esclavage pour gagner un peu plus d'argent...
Bon sinon dans la vraie vie, celle que les gens vivent vraiment, je suis totalement d'accord avec l'article de VilCoyote (j'irais même jusqu'à dire que j'ai les fesses qui font bravo mais enfin, sur un blog d'économistes ça serait d'une vulgarité que je ne saurais me permettre...). J'avais entendu quelques paroles de Ségolène Royal à la télé concernant la CAMIF, ça m'avait déjà choqué, mais autant de conneries c'est carrément hallucinant... Surtout ça : "Interrogée sur la viabilité d'un secteur comme la vente à distance, elle a déclaré que "toutes les entreprises peuvent être sauvées..."". De mémoire y'a bien un pays où on a fait ça, en 4 lettres : U, R, S et S...
La gauche française est vraiment mal en point, pour en arriver à de telles absurdités...
Est-ce que si je vais dans une région touchée durement par le chômage pour y créer mon entreprise, que j'y emploie 300 personnes pour creuser des trous et 300 pour les reboucher, je toucherai des allocations ? Est-ce que Ségolène Royal voudra sauver ma boîte ? Est-ce que j'aurais toute la gauche derrière moi ?
Pourquoi SR ne demande pas ces mêmes 20 millions d'euros (soit près de 27 000 euros par salarié) pour payer une formation dans un autre secteur / financer les frais de déménagement ? J'ai calculé que cela représente 3000 heures de SMIC, soit 20 mois de temps plein.
@ os : d'abord un peu de biolo niveau cp/ce1 . un porc n'est pas carnassier mais omnivore comme toi. mais paradoxalement c'est une assez bonne définition du patron dont je parle : il se nourrit de la peur même d'être lâché par le système que l'ouvrier, ce seul vrai créateur de richesse, pérennise. d'ailleurs il me semble que les réflexions des piètres économistes tournent un peu autour de cela ces temps derniers. ensuite, les copains de notre vraie vie, ceux qui ont monté leur entreprise, qui ont souvent embauché et rarement débauché ou alors avec une empathie rejoignant leur propre considération d'un désarroi vécu comme un échec commun, ces dits "patrons" qui sont juste au départ nos pote ou nos rencontres, ces types que tu côtoies dans la vraie vie et qui ne touchent pas plus que toi au bout du compte, qu'ont-ils à voir avec la camif ?
tiens, un petit pb à résoudre : ok super, faut se résoudre à bouger, souvent, changer, être "réactif", ne pas hésiter à "rebondir"...commnt qu'y font ceux qu'on met en ce moment au chômage partiel pour ralentissement d'activité pour cause conjoncturelle ? ben , ils attendent peinard que tout ça redémarre, super, sont contents y zont pas besoin de penser à se reclasser, déménager, " rebondir". meeerde, tf1 pour passer le temps ça leur suffit pas. gougnafiers qui veulent aure chose : des livres, du théâtre, du ciné, de la vraie cuisine, du bon pinard, une vie associative (tiens un petit billet sur le travail dominical que je t'envoie deux trois scuds, ça serait bien), de la poésie dans les chais, de la réflexion et le temps qui va avec, ... t' en foutrait moi !
les autres, les patrons de la vraie vie et qui sont les vrais fusibles du système, auxquels implicitement il est fait je suppose référence il serait bienvenu de ne pas les metttre dans le même sac que les éternels cyniques dont tu n'as même pas idée de ce qu'ils peuvent penser de notre infinitésimale présence dans la chaîne de l'exploitation. je crois que tu confonds les omnivores, les carnassiers et les charognards.
quant aux pitreries de la ségo, je suis étonné que des libéraux qui seraient éclairés daubent encore sur ses propos. un complexe oedipien mal digéré ?
ségo , quelle aubaine pour les fossoyeurs de la voir débarquer !
dans la vraie vie, les patrons dont je parle ne voudrait même pas qu'elle fasse semblant d'avoir une ombre de pensée pour eux et leurs salariés s'ils se retrouvaient confrontés à des difficultés. la ségo al carajo. y que nos deje en paz.
luis
Faut vraiment que j'aie du temps à perdre pour répondre à ces inepties... je m'y refusais, mais bon, c'est tellement facile.
-"L'ouvrier", seul créateur de richesse : étant donné leur poids relatif et celui de l'industrie, l'expression paraît pour le moins hasardeuse.
-Le "gentil patron" que vous décrivez ironiquement est justement celui qui à l'origine se rapproche le plus de celui de la Camif, qui se voulait une coopérative plus qu'une entreprise.
-Les causes des licenciements sont diverses; le fiacrier ne perd pas son emploi parce que les gens se déplacent moins, mais parce qu'ils se déplacent autrement et de façon plus efficace. C'est pareil pour la Camif. Votre "problème" est donc hors sujet dans le cadre de ce billet.
-Les "libéraux" ?... vous voulez dire, les "non collectivistes" ? Dans ce cas je veux bien m'y ranger. Sinon ce n'est jamais qu'une ineptie de plus.
Il serait beaucoup plus aisé de laisser crever la CAMIF si l'on daignait en passant laisser tant d'autres organisations sectaires mais surtout inutiles partager son sort. Je pense par exemple à ces labos de recherche tournant en rond depuis cinquante ans, ces syndicats confits, ces inspections spécialisées comme celle consacrée à l'innovation pédagogique apportée par l'informatique dans l'enseignement du sport, ainsi que tous ces comités théodules, parmi lesquels le Sénat, le Conseil Economique et Social, etc.
Avec une Elisabeth Tessier docteur es-socio aux frais de la République, on peut bien sauver une CAMIF : on en est plus à un gâchis d'argent public près.
inepties, hors sujet, facile, du temps à perdre, je m'y refusais, description gentille...mr coyote est prof ?
en tout cas il y a de la logorrhée de corrigeur de copies, là.
aahhh, renvoyer ses contradicteurs en les barrant d'un 2 sur 20. quel pied !
les fiacriers : ils disparaissent ? par enchantement ? c'est pas plutôt leur fonction qu'on déplace ailleurs parce qu'elle coûtera moins cher à l'entreprise qui "crée" ces fonctions ? les hommes qui endossaient la fonction sont déshabillés pour engueniller d'autres exploités sous des cieux plus...intéressants pour l'employeur. et le véhiculé s'en tape. mais j'avoue qu'après chômeur mieux accompagné toute sa vie, fiacrier c'est bien aussi.
ouvrier et industrie : ben aujourd'hui tout salarié est un ouvrier. faudra s'y résoudre. d'ailleurs c'est même pas moi qui ait inventé ce concept : l'industrie du disque, du cinéma...alors.
libéral. si c'est au sens de thomas paine, alors je veux bien m'y ranger. et même en tant que collectiviste.
luis
ps : ceci dit, je trouve ce blog plutôt intéressant. tiens j'aurais eu des choses à dire sur le coñazo de la carte scolaire, par exemple.
allez, salut.
Disons que quand les commentaires portent sur autre chose que ce qui est dit dans le billet, qu'on déforme ses propos et qu'on les oriente pour servir ses lubies idéologiques, j'ai du mal à rester serein dans ma façon de répondre.
Là encore, ce que vous dites ne répond pas à mes propos. J'ai dit que les fiacriers avaient disparu parce qu'on avait trouvé un moyen plus efficace, plus rapide et plus accessible de se déplacer. Maintenant si, comme vous l'insinuez, les gains de productivité sont facteur d'appauvrissement parce que le vilain patron s'approprie tout... je ne peux plus rien pour vous, à part vous inciter à aller péter des métiers à tisser avec Ludd. Quant au véhiculé, il fait tout sauf s'en taper. On va vous faire faire Marseille-Paris en fiacre, et la SNCF n'aura même plus à essayer de vous faire préférer le train.
Ensuite, si vous utilisez les abus du langage courant pour justifier vos propos... Le vendeur Décathlon travaille pour "l'industrie du sport" donc il est ouvrier, c'est ça ? Ben non... enfin il est d'usage de le classer chez les employés. L'infirmière salariée d'une clinique travaille pour "l'industrie de la santé", donc ouvrière ? Allons, allons.
tiens juste pour savoir si vous allez titrer : "il faut laisser crever mobuzz" (ce n'est pas une agence de fiacriers, je vous rassure)
http://fr.techcrunch.com/2008/11/05...
et je crois que je ne comprends pas ce que vous comprenez dans ce que vous me faites présumer ne pas comprendre.
mon propos n'était pas la camif en particulier (d'ailleurs je ne cite jamais cette entreprise dans mes billets d'incompréhension), j'interviens sur les solutions apportées au chômage conséquent à une cessation d'activité ou à une liquidation ou à un reclassement, ou à une délocalisation ou à une fermeture...je trouve que , du coup, les bons sentiments c'est vous qui les manipulez. allez hop , ya ka dire : "pourquoi ne pas bouger ? Parce que la mobilité a un coût, et qu'il faut aider les chômeurs à l'assumer), leur requalification, faire en sorte que cette période de chômage soit la moins douloureuse possible." mais c'est très beau et très bien tout cela mais dans la vraie vie des vrais chômeurs de multiples vrais chômages, c'est quand un peu plus complexe, difficile et souvent moins "harmonieux" que cela. sinon la proposition est , à mes yeux, excellente.mais elle souffre d'être balancée comme si c'était simple, et pof on n'en parle plus. c'est pourquoi j'ai posé d'autres problématiques dues à un multiplicité de chômages. au fait,à combien estimez-vous le "matelas" de chômeurs (dont on change régulièrement les plumes, ça va j'ai compris ) nécessaire pour la croissance ? et ce matelas , si on regarde les usa , où il est faible, que cache-t-il comme autres réalités dans un pays comme celui-là ?
sur thomas paine vous ne m'avez rien répondu.
mes salutations.
luis
Je n'ai jamais dit ou voulu dire que c'était une solution magique et facile à mettre en oeuvre. Je dis juste qu'il me paraît plus constructif de chercher des moyens d'accompagner efficacement les chômeurs, au lieu de vouloir à tout prix les maintenir dans des emplois improductifs (ce qui de toutes façons fera appel à une utilisation de ressources publiques, qui tant qu'à faire, seraient mieux employées à chercher à réallouer cette main d'oeuvre qu'à l'entretenir indéfiniment à creuser et reboucher des trous parce que "ça crée des emplois"). Donc non, ce n'est pas simple, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas chercher dans cette direction au lieu de balancer des discours démagos comme Royale.
Je n'ai pas de chiffres à vous donner quant au "buffer" optimal de chômeurs... ça dépend du rythme du changement économique. Une économie hyper-dynamique qui innove constamment aura un plus grand nombre de chômeurs de transition. Une économie qui évolue peu n'aura pas besoin de réallouer souvent sa main d'oeuvre. Quant à ce qu'il cache... sans éluder la question, je vous invite à lire "La fin des privilèges" et "Le chômage, fatalité ou nécessité". Pour répondre rapidement, l'idée est que le chômage ne doit (ne DEVRAIT) pas être redouté car il ne serait qu'une période de transition, avec une forte compensation financière permettant de chercher sereinement et efficacement un nouvel emploi. Cette idée n'implique donc pas de "précarité" au sens où on l'entend aujourd'hui, c'est à dire s'accompagnant d'insécurité économique.
Alors bien sûr, c'est facile à dire, et beaucoup plus difficile à faire, mais encore une fois, ce n'est pas en se contentant de pis-aller qu'on va faire progresser les choses. L'économiste a des choses à dire là-dessus (pas moi, mais voir les ouvrages recommandés), il paraît sage d'au moins écouter ce qu'il a à dire.
Quant à Paine, si vous me donnez sa définition, ça m'évitera de Googler pour combler mon ignorance et je pourrai vous répondre.