« Pour les banques, on trouve des milliards... »
Par Antoine B. le mercredi 22 octobre 2008, 19:03 - General - Lien permanent
Petit coup de gueule. L’idée qu’il existe une asymétrie entre l’empressement de nos Etats à mobiliser des centaines de milliards d’euros pour sauver des banques et leur incapacité à en trouver quelques milliards pour des causes plus nobles telles que la lutte contre la pauvreté est en train de se répandre dans l’opinion. C’est bien compréhensible. Comment ne pas être choqué quand on entend dire : « on débloque 300 milliards pour les banques en 2 jours, alors qu’il suffirait de 6 milliards pour éradiquer la faim dans le monde ! ». Ce qui est moins compréhensible, c’est que les média semblent peu enclins à expliquer ce qu’il y a d’erroné dans ce genre de discours. Il y a pourtant trois erreurs qu’il faut souligner :
1. La première erreur concerne des ordres de grandeur. Ce n’est pas la plus importante, mais quand même. D’après ce rapport récent de la banque mondiale, 1,4 milliards de personnes vivent avec moins de 1 euro par jour. Les discours selon lesquels 6 milliards d’euros permettraient de réaliser des merveilles en matière de lutte contre la pauvreté semblent donc bien optimistes : 6 milliards par an représentent en effet 6 euros par pauvre et par an, soit 6/365 = 0,016. Même pas 2 centimes. Si l’on voulait donner ne serait-ce que 50 centimes par jour à chaque individu gagnant moins de 1 euro par jour, 1) ça resterait quand même modeste (qui accepterait de vivre avec 1,5 euro par jour ?) et 2) ça représenterait quand même 255 milliards par an, ce qui n’est pas négligeable. Cela ne signifie certes pas que rien ne doit être entrepris (et d’ailleurs des choses sont entreprises), mais il est malhonnête de perdre de vue les ordres de grandeur, en laissant croire que 6 milliards suffiraient à faire des exploits. Mais, me dira-t-on, même 255 milliards, ça reste moins que les différents plans de sauvetage européens et américains. D’où le point 2.
2. La deuxième erreur concerne la périodicité des sommes en jeu. Lorsque le plan Paulson prévoit d’allouer 700 milliards de dollars au renflouement du système bancaire, il ne prévoit pas de dépenser cette somme chaque année ! Il s’agit d’un plan de crise, comme un pays peut en adopter de manière exceptionnelle, en cas de force majeure. Naturellement, si une telle crise se produisait chaque année, la capacité de l’Etat américain à débloquer 700 milliards de dollars à chaque fois serait sans doute moins évidente. A titre de comparaison, les 255 milliards d’euros annuels qui permettraient d’accroître de 50 cents par jours le revenu des 1,4 milliard d’humains les plus pauvres correspondraient aux revenus annuels d’un capital de 5'100 milliards d’euros placé à 5%. Une somme importante malgré tout.
3. Last but not least, la troisième erreur est une confusion entre une dépense et un investissement. Il faudrait être bien naïf et surtout fermer les yeux sur l’impact limité de l’aide au développement de ces 50 dernières années pour considérer cette aide comme un investissement. C’est une dépense éthiquement souhaitable, mais une dépense. La différence entre une dépense et un investissement est fondamentale : après avoir effectué une dépense, je suis moins riche qu’avant. Si je dépense 20 euros dans un restaurant, je m’appauvris de 20 euros. En revanche, lorsque je dépense 20 euros en achetant une obligation d’état, je ne m’appauvris pas. Je transforme une créance de 20 euros sur mon banquier en une créance de 20 euros sur l’Etat, ce qui ne modifie pas ma situation patrimoniale. Si, par contre, j’ai dû emprunter ces 20 euros pour pouvoir acheter ladite obligation, alors j’ai contracté une dette de 20 euros chez mon banquier, et j’ai acquis une créance de 20 euros sur l’Etat, ce qui, une nouvelle fois, ne change rien à ma situation patrimoniale. Il se trouve que les milliards consacrés au sauvetage du système bancaire sont destinés à réaliser non pas des dépenses, mais des placements, qu’il s’agisse de recapitalisation ou de rachat de créances douteuses. L’Etat emprunte pour réaliser ces investissements. Il devient donc à la fois débiteur et créancier. Certes, ces investissements ne sont pas sans risque, et nul ne peut affirmer aujourd’hui qu’ils se traduiront par des gains et non par des pertes. Toutefois, alors que des gains ne sont pas à exclure, des pertes de 100% de la mise sont pratiquement inenvisageables. Ainsi, le chiffre pertinent, pour évaluer le coût de l’opération, n’est pas la somme investie, mais l’espérance mathématique des pertes générées par ces investissements, sachant qu’ils pourraient bien générer des gains et non des pertes.
Enfin, bien que ne s’agisse pas à proprement parler d’une erreur, il ne faut pas perdre de vue que l’enjeu n’est pas en soi de sauver des banques, mais d’éviter qu’une crise du crédit ne provoque une récession qui serait préjudiciable à tous, et à commencer par gens les plus fragiles (travailleurs précaires ou peu qualifiés, chômeurs…).
Que ce billet ne soit pas mal interprété : le propos n’est pas de nier que telle ou telle ONG pourrait réaliser des actions éminemment positives avec quelques milliards d’euros par an. Il n’est pas non plus de contester qu’au delà des pétitions de principes, les gouvernements des pays riches soient réticents à contribuer à l’effort de solidarité internationale. Il s’agit juste de dénoncer 1) l’erreur que l’on commet en comparant ce qui n’est pas comparable et 2) la naïveté des propos qui laissent entendre qu’il suffirait de trois fois rien pour régler tous les problèmes liés au sous-développement dans le monde.


Commentaires
"Si je dépense 20 euros dans un restaurant, je m’appauvris de 20 euros" : woh, malheureux !! Tu t'ENRICHIS puisque tu consommes un repas dont tu estimes la valeur au moins égale à 20€... ;-) Sale mercantiliste qui mange ses billets de banque, va !
A part ça, je plussoie abondamment.
Dans le cas du plan américain, tout ou partie des 700 ou plus MM€ aurait aidé les débiteurs à payer leur dette, maintenant par ailleurs le marché immobilier: pourquoi ne pas avoir choisi cette voie? Socialement plus équitable, économiquement aussi efficace?
Well pour abonder dans le sens de l'article, dans ce cas il se serait agit d'une perte seche.
L'etat aurait a la rigueur pu dire : nous remboursons ce qui reste de votre emprunt mais nous gardons la maison, ce qui est un investissement ( et est le sens du plan Paulson ). Pourquoi donc aider directement les banques, c'est assez simple : cela revient au meme et c'est plus simple a controler.
Je suis un peu choqué par votre article.
Il ne s'agit pas d'éradiquer la pauvreté mais la faim. C'est à dire de faire en sorte que des enfants, car ce sont les premiers touchés, ne meurent plus de faim.
Vous pouvez faire tous les raisonnements que vous voulez. Mais à partir du moment où des centaines de millions d'hommes vivent aisement et quelques dizaines de millions meurent de faim chaque année, il est moralement injustifiable qu'il y ait des objectifs plus prioritaires. Nous ne sommes plus dans l'optimisation économique mais dans le sens que nous voulons donner à notre vie.
bah moi je ne suis spécialiste de rien mais il me semble de les estimations de M. ziegler par exemple faisaient plus référence à 38 milliards d'€ par an sur 5 ans pour réduire la faim dans le monde, et il ne s'agit pas de donner 50 cents en plus à tous les pauvres mais bien d'investir.
Ce qui m'amène à votre second point, non investir pour lutter contre la faim ou la pauvreté n'est pas une perte sèche mais bien un investissement ! Je ne vais pas développer ici, d'autre le feraient et l'ont déjà fait mieux que moi, mais comme tous les économistes vous avez, il me semble, tendance à ne pas prendre en compte tous les couts et en même temps nier la valeur de certains investissements à long terme, et/ou indirect.
Il me semble évident que sortir des millions de personnes de la pauvreté aura un impact à long terme sur l'économie qui ne peut être que positif même si difficilement calculable...
@ prince2phore
"Il me semble évident que sortir des millions de personnes de la pauvreté aura un impact à long terme sur l'économie qui ne peut être que positif même si difficilement calculable..."
Soyons cyniques : et si cet impact se était négatif, en fin de compte...
@frederic : "Il ne s'agit pas d'éradiquer la pauvreté mais la faim. C'est à dire de faire en sorte que des enfants, car ce sont les premiers touchés, ne meurent plus de faim."
Pour me faire comprendre, j'applique votre raisonnement à cet extrait de votre commentaire. Cet extrait me choque, car je ne comprends pas pourquoi vous ne voulez sauver que les enfants. Et les autres ? Par ailleurs, pourquoi parler de la faim uniquement, en laissant de côté d'autres fléaux tels que la maladie ou l'illettrisme ? Il y a deux façons complémentaires de réduire la pauvreté : l'aide et le développement. S'il n'y avait que 10 millions de pauvres dans le monde, l'aide suffirait. Comme il y en a entre 1 et 2 milliards, l'aide reste utile, mais elle ne peut visiblement pas suffire. La conséquence est que quelles que soient les sommes que vous allouez à l'aide, vous pourrez toujours dire, à juste titre, qu'on ferait des choses très utiles avec encore 10 milliards d'euros en plus. Au final, si l'aide devait être massive, elle conduirait, comme vous le dites, à établir des priorités. Par exemple, il faudrait que nous ayons des maisons moins grandes, des voitures moins puissantes, que nous voyagions moins, etc. Ce que je ne comprends pas, c'est que l'on mette dans le lot des choses auxquelles on devrait renoncer pour augmenter l'aide internationale des recapitalisations des banques, dont le coût est inconnu, pourrait être un gain, et sera de toutes façons nettement inférieur aux sommes investies, sachant que ce renflouement est destiné à éviter une crise économique qui créerait du chômage et de la pauvreté.
@prince2phore : "investir pour lutter contre la faim ou la pauvreté n'est pas une perte sèche mais bien un investissement"
Attention ! Je n'ai pas dit que c'était une perte sèche, j'ai dit que c'était une dépense. Or, une dépense peut parfaitement générer un gain, et lorsque la personne qui dépense est rationnelle, c'est le cas. Pour reprendre une image célèbre, on peut opposer le fait de donner du poisson au fait d'apprendre à pêcher. L'histoire de ces 60 dernières années montre que les pays qui 'apprennent à pêcher' (qui se développent) apprennent tous seuls, et que si l'on sait à peu prêt donner du poisson (ce qu'il faut continuer à faire), on est beaucoup plus mauvais profs de pêche. Autrement dit, l'aide à la lutte contre la faim génère un gain, car elle sauve des vies, et, accessoirement, elle aide les donnateurs à soulager leur conscience, mais elle se transforme rarement en développement. Et, en tout état de cause, elle ne crée évidemment pas de richesse pour le donnateur, en tout cas rien de comparable avec la dépense. Si vous donnez aujourd'hui 20 milliards à la lutte contre la faim, ça ne vous rapportera pas 21 milliards l'an prochain, ce qui est bien normal : ce n'est pas le but ! Et, naturellement, ça ne signifie pas qu'il ne faut pas le faire. Ca signifie juste qu'il faut comparer cette somme à d'autres dépenses, et certainement pas à des investissements.
En même temps, si au lieu de dépenser 20 € dans une OAT je les ai investis dans des actions (parce que sur le long terme, les actions blablabla), par exemple de Lehman Brothers, ben... j'aurais mieux fait d'aller au resto, non ?
Le raisonnement est séduisant, sans doute vrai d'un point de vue scientifique ignorant l'humain, mais c'est un raisonnement de défenseur d'un sytème d'exploitation bien établi, sous couvert d'analyse froide de l'économie c'est un raisonnement de classe dominante
"Enfin, bien que ne s’agisse pas à proprement parler d’une erreur, il ne faut pas perdre de vue que l’enjeu n’est pas en soi de sauver des banques, mais d’éviter qu’une crise du crédit ne provoque une récession qui serait préjudiciable à tous, et à commencer par gens les plus fragiles (travailleurs précaires ou peu qualifiés, chômeurs…)."
En gros, on va éviter aux occidentaux de se retrouver au chômage, dans la merde, dans la rue, mais de toute façon pour ceux qui crèvent déjà avec 1$ par jour, passer à 50c ne changera rien vu qu'ils continueront à crever la gueule ouverte.
Donc autant éviter à mes voisins de devenir chomeurs..... comme ca ils ne viendront pas piller le frigo.
Les autres, ils sont loin, l'état s'occupera de les tenir à distance.
Merci les économistes
@marre : pour ce qui vous concerne, vous savez remarquablement économiser votre temps en ne lisant pas les articles que vous commentez...
Chacun comprend qu'éradiquer la pauvreté dans le monde n'est pas un objectif atteignable à court ou à moyen terme. Personne ne peut dire que nous y arriverons un jour.
Par contre, avec 20 milliards d'euros par an, vous sauvez quelques dizaines de millions de vie chaque année. C'est largement à notre portée.
C'est une dépense et pas un investissement ? Oui, et alors ?
C'est récurrent ? Oui, tout comme les vies que vous sauvez.
C'est de l'assistanat ? Oui, mais c'est un impératif moral. Et rien n'empêche de faire en plus de l'aide au développement.
Il y a des effets pervers ? Oui, mais oserons nous les mettre en balance avec des vies humaines ?
Je comprends et je partage votre "petit coup de gueule" si il s'adresse à ceux qui rêvent d'une redistribution généralisée qui sortirait l'humanité de la pauvreté.
Mais ne l'appliquons à ceux qui meurent de faim. Et soyons du coté de ceux qui luttent pour ces dépenses économiquement injustifiables.
Doit on aller plus loin ? Donner plus pour lutter contre l'illetrisme, la maladie, la pauvreté ? Bonne question ... mais à chaque post suffit sa peine.
@Frederic : "C'est une dépense et pas un investissement ? Oui, et alors ?"
Et alors rien, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas l'entreprendre, ça veut juste dire qu'il ne faut pas comparer son montant à celui d'un investissement.
J'aime ces commentateurs qui peuvent dauber sur le billet, maintenant que LEURS dépôts en banque sont bien garantis par l'Etat grâce au plafond de garantie des prêts interbancaires.
ON aurait aimé savoir ce qu'ils auraient écrit si cette garantie n'avait pas été consentie (avec les suites logiques : chute du crédit et disparition des liquidités --> non pas récession mais DEPRESSION). Bon, évidemment, il faut vivre dans l'Europe du début du 21ème siècle pour se payer le luxe de se foutre royalement d'une telle éventualité.
Apparemment, pour "marre", "prince" et "frédéric", critiquer ne serait-ce que 5% du discours mièvre débité à longueur de journée et dénoncé dans le post qui fait l'objet de ces commentaires vous assimile au camp du mal : "peu importe que ce que vous dites soit vrai ou faux. C'est MAL."
Allez, c'est bientôt Noël, je vais vous faire plaisir : j'aime me vautrer dans la fange fasciste et fumer des barreaux de chaise en regardant des gens mourir de faim. J'aime l'injustice, la guerre, la maladie et les inégalités. J'adore ça. Contents?
perso, ce qui me choque, c'est qu'on fait un cheque en blanc aux banques pour reprendre les petites habitudes qui ont conduit à la crise. Vu comme ça, c'est bien de l'argent foutu par la fenetre. Surtout si les banques font quand meme faillite... ce qui risque bien d'arriver.
C'est pas à coup de milliards de dollars qu'on réduira la misère (je suis d'acc avec vous, et je n'aime pas ce bon sens catho qui considère qu'il suffit de donner aux bonnes oeuvres pour lutter contre la misere et l'exploitation). ça passe par une refonte du système, et donc ça implique de revenir sur notre mode de vie occidental qui gaspille les matières premières et accapare 85% des ressources de la planete. Et ça, ça ne se fera jamais dans l'état actuel du système économique. Donc signer un cheque en blanc à ceux qui nous ont précipité dans la crise me parait illégitime. Si on ne peut vraiment pas se permettre de laisser les banques s'effondrer, alors il faut exiger des contreparties.
Il va sans dire que je souscris à votre billet (contrairement à quelques commentateurs qui préfèrent toujours l'explication en 45 secondes de leur 20h préféré).
Je rajouterais même qu'une bonne part des milliards est injectée en liquidité dans le marché interbancaire par les banques centrales ce qui ne signifie pas qu'ils sont jetés par la fenêtre mais plutôt que cela facilite la capacité des banque à emprunter.
Et puis une autre bonne part sert certes à recapitaliser les banques, mais dans une perspective libérale les états pourront toujours tenter de faire du profit en revendant leurs prises de participation au capital des banques, et dans une perspective interventionniste (comme le préconise coatl) cela permet à l'Etat de renforcer le poids de la collectivité dans le fonctionnement du système bancaire, système qui rappelons le est tout simplement indispensable à toute activité économique.
Il était très bien ce billet, continue comme ça ;-)
c'est presque beau ces catéchismes libéraux au petit pied ! c'est simple, on va vous expliquer, soyons raisonables et sérieux, assez de mièvreries. et bien entendu le sempiternel faux effrayeur du petit bourgeois fourvoyé dans l'angélisme fait irruption : "j'aime la guerre, l'injustice..." que c'est pratique...
préalable au démontage du foutage de gueule :
vouloir , comme ça, tranquillement, hop hop hop, laisser en parallèle un problème structurel ponctuel symptôme d'une problématique bien plus articulée par d'autres soubassements que x ou y milliards de x ou y monnaie et la récurrence de systèmes historiques et politiques qui produisent des cloaques permanents sur lesquels nous nous enrichissons depuis deux siècles est une aberration, voire une falsification intellectuelle de la plus haute engeance. agiter soudainement un hochet devant l'enfant qui pleure parce qu'il s'est coincé le doigt dans la porte depuis deux heures et dire "vous voyez, ce hochet ça n'est pas ça qui va le rendre heureux. auriez-vous des boules quiés ?"
c'est marrant vous me paraissez aussi ridicules que les ceusses qui paradaient il n'y a pas longtemps encore sur les ondes pour nous vanter le système qui aujourd'hui montre qu'il n'est pas plus fiable qu'un autre. ils sont toujours là. rien ne les a fait s'excuser ou s'amender. non, tout s'explique : agitez -moi ces boules quiés et mettez donc un hochet sur la plaie de l'enfant, si, si, ça marche...
prendre du recul, ou plutôt faire semblant d'en avoir, tss, tsss, écoutez on va vous expliquer. expliquer quoi ? quelque chose que vous ne compreniez pas il y a 6 mois ? vous y comprenez quelque chose vous ? vous vous raccrochez , thèse antithèse synthèse, à vos 3 (la magie du chiffre 3 !) arguments 3 c'est irréfutable. comme la sainte trinité, la niña , la pinta et la santa maria. donc vous n'y comprenez^pas plus goutte que moi et les autres. mais bon, c'est rassurant de se rassuere en se disant que 150 milliards divisés par 3, 65 et multipliés par 10 puissance moins 15 ça fait ce que vous dit la calculette. jodeeerr ! quelle maestria. vos savez manier une calculette.j'avoue ne pas avoir la fibre mathématique. donc je trouve ça très beau tout ces chiffres. y ahora qué ?
moi je dis : bon vent les vrais faux pas dupes.
mais lisez quand l'article de lordon dans le monde diplomatique. vous verrez qu'il y a plus fort que vous (pas lordon, il est d'une insignifiance abyssale à votre niveau d'arguties, je parle des ceusses qui s'amusent avec la porte en disant à ceusses qui s'inquiètent que l'enfant fait un caprice).
salutions
ludo
C'est rigolo tous ces gens, partout, qui passent autant de temps à écrire de longs commentaires hors-sujet en s'énervant tous seuls...
c'est bien vrai.
plus triste est de constater que des gens les lisent.
ludo
T'inquiète pas, c'est mon métier, j'ai l'habitude des paquets de copies HS... Et pis bon, j'ai beau n'être que colocataire/squatteur ici, je fais un peu de gardiennage aussi.
Si les placement d'Etat sont une si bonne affaire il devrait y avoir quelques groupes privés pour faire des opérations de ce genre, en particulier chez les concurrents du même secteur !
Soit l'État est plus doué dans ses choix d'investissement et là temps mieux pour lui, soit il ne l'est pas et dans ce cas il sauve à prix d'or des bras cassés avec l'argent des prudents et des prévoyants.
Dans tous les cas je trouve paradoxal de le voir SPECULER avec l'argent du contribuable quand il passe sont temps à condamner ceux qui le font avec le leur.
@Laissez-faire : Antoine n'a pas dit que ces placements étaient une bonne affaire, il a dit qu'ils ne perdraient pas toute leur valeur. Si vous dites ça à un groupe privé, il va sans doute faire la gueule. Et les éventuels profits réalisés au cours de l'opération ne seraient qu'un effet secondaire, l'objectif principal (sinon unique) étant de renflouer les banques. Autrement dit, on estime qu'on DOIT investir cet argent, et on se dit que ce serait cool de pouvoir en récupérer une partie une fois qu'il aura rempli son office. Si c'est là votre vision de la spéculation et de ce qu'un "groupe privé" pourrait avoir envie de faire lui-même...
Les gens ne sont pas si bête que le post d'Antoine le laisse entendre (pardon).
Les 360 milliards d'euros (320 pour les garanties de prêts interbancaires et 40 pour pour d'éventuelles recapitalisations bancaires) ne sont qu'un épiphénomène, une illustration de ce qui finit par être globalement inacceptable. Ils témoignent très ponctuellement d'une société qui marche sur la tête. Dit autrement sa démonstration est juste mais là n'est pas le problème. Ce que comprennent les gens et ils ont raison c'est qu'au travers de cet exemple on découvre que la fonctionnement globale de la mondialisation et notamment de l'économie financière a des priorités que ne répondent pas (plus?) à l'intérêt général. Une illustration, les chiffres justes que vous présentez comme nécessaires pour une aide récurrente à la pauvreté mondiale ne sont pas du tout à la hauteur du total des plans de soutien déclenchés par tous les gouvernements. OK vous avez raison. Mais QUE REPRESENTENT-ILS PAR RAPPORT AU TOTAL DES REVENUS FINANCIERS RECURRENTS MONDIAUX? Une paille! Et pourtant dans tout son "cynisme" (cher à certains ici) le monde de la finance l'ignore et défend becs et ongles son opulence. Quitte à appeler au secours l'Etat (et donc la collectivité) quand les problèmes surgissent. Chacun ses valeurs.
Je pense que les commentateurs qui rappellent la faim dans le monde et l'aide qu'on devrait donner pour l'éradiquer, devraient insister sur le fait qu'il y a de plus en plus d'enfants qui meurent de faim. En Afrique par exemple, il y en a certainement plus qu'ils y a 2 ou 3 siècles
Au passage, il pourraient ainsi expliquer pourquoi et comment l'arrivée des occidentaux s'est finalement traduite par une augmentation rapide de la population de ce continent
Les mécanismes de développement ne sont pas ds mécanismes simples et ils sont même souvent contre intuitifs comme le dit souvent Alexandre Delaigue
Mais il est vrai que certains préféreront toujours les idées simples qu'on peut proférer en 10 secondes que chercher à comprendre comment cela marche