Left for dead
Par VilCoyote le mercredi 22 octobre 2008, 21:57 - insolite - Lien permanent
Lu sur le Monde.fr :
En Grande-Bretagne, Keynes fait un retour en force. (...) Downing Street
fait appel à l'économiste né à Cambridge pour rassurer les
Britanniques.
Bon, on ne va pas faire au journaliste l'insulte de croire qu'il pense qu'il
est toujours vivant, mais sa formulation est ambiguë, et les gens peu versés
dans la chose économique risquent de l'interpréter ainsi. Bref, ce n'est pas
bien grave; s'ensuit la description de tout le pognon qui va être foutu
par les fenêtres utilisé pour relancer la demande / soutenir l'économie /
créer des emplois (si si, les porte-avions, les JO, toussa, ça crée plein
d'emplois; il y a même un projet de creuser des milliers de trous dans les
campagnes, puis de les reboucher; on estime que ça créerait au moins 35 000
emplois). Evidemment, ça va creuser la dette publique, mais c'est pas grave
parce qu'elle est pas élevée (environ 40% du PIB). Ce qui nous amène à cette
magistrale conclusion de M.Darling (chancelier du jeu de petits chevaux)
:
Je veux éviter que nous nous retrouvions dans la position que les
gouvernements ont adoptée dans le passé, qui est de faire face à un problème
immédiat en sacrifiant ce dont le pays a besoin dans le futur.
On passera sur le fait que dire "moi, quand j'augmente la dette publique,
c'est pas grave parce qu'elle était faible, donc je pense aux besoins des
"générations futures" (oui, les mêmes qui nous font chier depuis vingt ans
avec le développement durable... à force, elles vont devenir actuelles, ces
générations futures) est con étrange.
Mais on se délectera d'un discours "keynésien" qui conclut en disant qu'il
faudrait peut-être penser au long terme plutôt que de donner la priorité au
problème immédiat. Ce pauvre Keynes est probablement bien heureux d'être arrivé
au
long terme.

