Laurent Fabius, invité de ripostes sur France 5 ce dimanche, a expliqué que s’il était aux responsabilités, il plaiderait pour la mise en place d’un nouveau Bretton Woods, en réaction à la crise que traverse le monde de la finance. L’omniprésent Bernard Marris a tenu un propos similaire à la télévision ces derniers jours (j’ai oublié de quelle émission il s’agit).

Je dois être un peu simplet, mais je peine à comprendre le sens de cette incantation. Pour rappel, les accords de Bretton Woods ont eu deux effets :

1- L’apparition de deux institutions internationales, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

2- La fixité des taux de change entre devises, l’étalon étant le dollar.

Pour le 1-, il n’a échappé à personne que ces deux institutions existent déjà. Faut-il les recréer ? En créer de nouvelles ? Pour le 2-, je m’étonne que l’on puisse considérer un régime de changes fixes comme une réponse à la crise actuelle. D’abord parce celle-ci n’a rien à voir avec une crise des taux change : elle est liée à la surestimation de certains actifs. Ensuite parce qu’en cas de crise, la fixité des taux de changes est un facteur d’instabilité liée aux spéculations sur les dévaluations. Doit-on rappeler ce que la crise qu’a vécue l’Argentine au début de ce millénaire doit à son système de changes fixes avec le dollar ?

Si un lecteur sait ce qui m’échappe dans cette référence à Bretton Woods, les commentaires lui sont ouverts.