Sur l'excellent blog de Jean Quatremer, un entretien avec Jean Pisani-Ferry:

Un choc pétrolier, c’est un prélèvement extérieur sur le revenu national. Ainsi, en 2007-2008, la totalité des augmentations de revenus générées par la croissance dans l’ensemble de la zone euro va être absorbée par l’alourdissement la facture pétrolière. Si on répercute la hausse du pétrole dans les salaires, cela veut dire qu’on refuse de payer ce prélèvement. Mais ça n’est pas possible. On entre alors dans une spirale inflationniste et, à la fin, on ne gagne rien en terme de revenu parce que l’inflation est un jeu de mistigri à l’intérieur d’une économie qui ne change rien au fait que le prix d’une ressource venue de l’extérieur a augmenté.

Amen. L'entretien dans son ensemble est très intéressant, bien au dessus du niveau affligeant d'analyse ("inflation contre croissance" et blablablablabla) qu'on trouve (presque) partout. A lire. Dommage que je n'ai pas plus de temps, il y a des choses vraiment intéressantes à écrire sur cette montée des taux.

J'ai d'ailleurs du mal à conclure: finalement, il est pour ou contre, Pisani-Ferry ? J'ai l'intuition qu'il est plus critique qu'il ne veut le dire explicitement. Son poste à Bruegel doit l'autocensurer un peu amha. A la fin, il botte un peu en touche, en déviant vers la nécessaire coordination des politiques budgétaires et un rôle accru de la commission (dans tes rêves, hélas ...).

LSR