Time sure flies...
Par VilCoyote le mercredi 28 mai 2008, 15:33 - réflexions ou tentatives - Lien permanent
Un nouvel exemple de discrimination tarifaire (oui, j'aime bien ça), cette
fois dans le transport aérien...
Un Paris-Johannesbourg (je prends cette exemple pour avoir fait récemment le
trajet, mais on ne devrait pas avoir de mal à en trouver d'autres) peut se
faire (entre autres) soit avec une escale à Dubai (avec Fly Emirates), soit en
direct (avec Air France).
En classe prolo éco, le vol A/R direct coûte en ce moment dans les
1000€, le vol avec escale dans les 650€. Pourtant, le trajet direct est
beaucoup plus court et consomme donc moins de kéro, et l'escale à Dubai
(aéroport hallucinant, soit dit en passant) occasionne des taxes
supplémentaires. Le coût du trajet direct est donc inférieur à
celui du trajet avec escale, mais son prix est supérieur (on
supposera que les services à bord sont comparables, ce qui ne me paraît pas
irréaliste)...
Normal : le trajet direct s'adresse à ceux qui sont prêts à payer bien
plus cher pour voyager vite (environ 10h de vol), le trajet à escale s'adresse
aux clodos modestes fonctionnaires de mon genre qui cherchent à
voyager le moins cher possible et sont prêts à accepter le désagrément d'un
trajet de 24h avec 10h d'escale si ça peut leur faire économiser 350€.
En classe affaire, le vol direct Air France coûte 3700€ et le vol avec escale
Fly Emirates 3500€... Pourquoi cette faible différence (5%) entre les deux par
rapport aux 35% de différence en classe gueux éco ? Les
passagers qui choisissent la classe affaire ont déjà une forte disposition à
payer, leur décision serait donc peu affectée par une différence de prix plus
élevée : si la classe affaire Emirates était à 2400€ (-35%, comme en
classe France d'en bas éco), peu de passagers qui avaient décidé de
voyager en classe affaire se seraient tournés vers cette compagnie, puisque
leur élasticité-prix (pardonnez l'abus de langage) est faible. Sachant que les
passagers ayant une forte disposition à payer se tourneront de toutes façons
vers le vol direct Air France, Emirates concentre la compétitivité-prix de son
offre sur les passagers de classe éco, dont on se demande d'ailleurs ce qu'ils
vont aller foutre à Johannesbourg au lieu de boire des Pastis en battant leur
femme.


Commentaires
Il reste l'hypothèse tout à fait crédible que les taxes d'aéroport à Dubai soient négatives.
Il faut cesser de refuser certaines hypothèses, comme celle selon laquelle Dubaï serait en fait une base créée par une race extra-terrestre hyper-intelligente venue du fond de la galaxie maitrisant la technologie de synthèse du pétrole grâce aux champs connoïdaux, exclusivement émis par les troupeaux humains drogués au vin rouge de mauvaise qualité et conditionnés par le visionnage consécutif de trois navets bollywoodiens.
Rhôôô, le mec élastique qui slapète pour nous dire que si ce blog est comateux, c'est parce qu'il flies jusqu'à Jo'burgh...
@Gizmo : beuuuh non même pas, c'était en décembre. Le comatage bloguesque c'est parce que Belgo est otage du FLNC dans une bergerie désaffectée du maquis corse, et parce que j'ai rien d'intéressant à dire. Même pas ce post, mais j'avais 10mns à tuer.
Pssst... vous avez oublié faquin, miséreux, assisté, kislevto, maraud, et prof...
Même expérience bientôt pour un Francfort-Marseille (avec des tarifs toutefois légèrement plus bas bien que la différence reste proportionnellement la même, ce qui indique de ma part probabilistement parlant - à calculer avec la formule de Bayes - une prolitude ou une avaricieuserie plus marquée que chez vous).
La raison que je vois à l'écart dérisoire de tarif en classe affaires selon les compagnies, c'est que la demande des hommes d'affaires est peu élastique, ou au moins qu'elle est franchement rigidifiée par les programmes de fidélité des compagnies, FFP pour Frequent Flyer Program. Le businessman habitué à Emirates ne se posera pas de questions, au jour de faire France-Sudafriquie par les airs : s'il veut accumuler des "miles" pour permettre à sa fifille et ses copines de partir à l'oeil à New York en juillet, il DOIT voler sur Emirates. Et de toute façon ce n'est pas lui qui paye, donc les 200$ de plus....
Le coût du trajet n'est pas uniquement le salaire des PNC, le prix du kéro, les taxes aéroportuaires / de contrôle en route et l'usure de l'avion. Il faut aussi compter sur l'amortissement de l'appareil, qui est d'autant plus pénalisant que l'avion reste longtemps au sol. D'ailleurs, est-ce vraiment les deux mêmes appareils qui effectuent les deux trajets ?
Wow, un blog intéressant et drôle. Je vais peut être changer d'avis sur l'Internet mondial...
Heu... Le tax free de Dubai vaut bien 10 heures d'escale, non ? Parce qu'ainsi, aux 350 € économisés sur le vol vont s'ajouter les "gains" du tax free. Gains, c'est un point de vue, si vous aviez l'intention de toute façon d'acheter un appareil photo ou un ordinateur portable de folie, c'est certain. Sinon, ça se discute !
Et si l'aéroport et la compagnie aérienne étaient liés ? Les gains de l'un compensant les pertes (plutôt les moindres gains) de l'autre ?
Facile : le kérosène est moins cher à Dubai, près du lieu de production. Donc on fait un demi plein, on va à Dubai, on refait un plein de kerosène pas cher, puis on termine. Donc le cout total est plus faible.
On doit même pouvoir optimiser la quantité de kéro au départ de Paris pour arriver cuves quasi-vides à Dubai.
Non on ne peut pas arriver cuves quasi-vides à Dubai à cause des différentes réserves (remise de gaz, hyppodrome d'attente, 5% de route, etc...).
Et pour l'idée du kérosène moins cher à Dubai, si je me donnais la peine de faire des fouilles archéologiques dans mes cours de limite d'utilisation / conduite du vol, je pourrais vous dire que votre idée porte un nom. Il y a un coefficient qui mesure, si je me souviens bien, la rentabilité de la tonne de kéro embarquée avant le vol (quelque chose comme "prix du kéro au dépar" moins "prix du kéro à l'arrivée / "surcout liée à la tonne supplémentaire")