Good for me, bad for you
Par VilCoyote le mercredi 7 novembre 2007, 14:32 - grosse fatigue - Lien permanent
A l'occasion de sa première visite officielle à Ztazinis, notre jogger de
président frustré de la police a fait de son mieux pour se mettre au niveau
intellectuel (réputé particulièrement bas) de son homologue ricain. Le résultat
est encourageant (ou décourageant, ça dépend comment on voit la
chose).
Il a ainsi déclaré à un parterre de chefs d'entrerprise (qui n'en peuvent
mais... il aurait tout aussi bien pu s'adresser au Syndicat national des
quaterbacks latinos) que les Etats-Unis n'ont pas besoin d'un dollar trop
faible, et qu'une grande économie doit avoir une grande monnaie.
Sous-entendu : l'Europe est une petite économie, et a besoin d'un euro
trop faible.
Il persiste : Ce n'est pas seulement une question pour vous, c'est
aussi une question pour nous que la valeur du dollar - décidément, il a
bien assimilé qu'un taux de change nécessitait DEUX monnaies (cf ce
post). Vous avez une main-d'oeuvre de qualité, des entreprises
extraordinaires, vous n'avez pas besoin d'un dollar trop faible. Votre
technologie, votre savoir-faire, ça suffit. Sous-entendu : la
main-d'oeuvre européenne est improductive et sous-qualifiée, nos entreprises
sont pourries, c'est pas du jeu, je vais le dire à ma mère. On omettra poliment
de noter le déficit extérieur américain, puisque le président français a dit
que "ça suffisait" (il doit avoir raison, il est président de la république,
quand même, merde).
Décidément en forme, il affirme que Nous, on aime l'Amérique (euh ?...
qui, "nous" ?..) mais on aime une Amérique qui est fidèle à ses valeurs. On
aime la grande Amérique, celle qui sait donner l'exemple, on aime l'Amérique
qui soutient les créateurs, pas les spéculateurs - mais qui parle de
spéculation ?.. Y a-t-il un complot d'Etat pour spéculer à la baisse sur le
dollar ? S'il fait allusion à la Fed, il faudrait savoir, car il n'a pas
cessé de critiquer la BCE en lui conseillant de prendre la Fed en
exemple.
Et enfin, bouquet final : On aime l'Amérique qui croit au libre
échange mais à la concurrence loyale, pas à la concurrence déloyale. On aime
l'Amérique qui favorise la compétition, mais la compétition à armes
égales. Suite logique du propos énoncé précédemment : ça veut dire
"vous êtes meilleurs, donc c'est pas du jeu, donc il faut déprécier notre
monnaie car, comme chacun sait, une économie ne se porte bien que si elle a un
excédent commercial, et comme on est trop des buses pour faire comme nos
voisins allemands, ben on veut attacher un boulet au pied de Carl Lewis parce
que il court plus vite et que du coup c'est de la concurrence déloyale".
Je ne sais pas ce qui est le plus insupportable dans ce discours : le
cirage de bottes de la "Grande Amérique", l'ingérence dans la politique
monétaire d'un Etat souverain étranger, la paresse et l'avilissement dont il
fait preuve au nom de l'Europe (on est des merdes et on va pas se casser le
cul, suffit de déprécier l'euro), la puérilité de l'argumentation "c'est pas du
jeu", couplée au foutage de gueule "le dollar faible c'est pas bien pour vous,
mais l'euro faible c'est bien pour nous"... Son propos est, comme à
l'accoutumé, d'une ignorance et d'une vulgarité crasses


Commentaires
Dans un autre registre, j'aime bien le “Vous êtes bordés par deux océans. Si le niveau monte, ça vous concerne autant que nous”. (cité chez Corine Lesnes)
Bah : c'est parce qu'il est président que ça vous emmerde qu'il soit con ? Perso, je ne me suis jamais senti ni concerné ni tenu par les conneries de nos politiciens, élus ou non.
Il parait qu'un président, il en faut un : parce que sinon, malaria, peste et sauterelles s'abattront sur la France : regardez les belges : 120 jours sans gouvernement et... nulle catastrophe n'est arrivée. Mais vous trouverez toujours des hordes de petits bourgeois pour vous prédire les pires misères dès lors que vous prétendez que les élections ou les gouvernants ne servent à rien et que le meilleur président possible est toujours le plus innoffensif, donc, le moins instruit, le moins imaginatif, le plus borné et le plus prévisible possible.
Après bon, puisqu'il faut bien voter pour éviter de passer pour un sociopathe, moi, je vote toujours pour le plus con du lot. Et si vous y réfléchissez bien, c'est toujours le plus con qui gagne. Et c'est tant mieux comme ça. Imaginez que deviendraient nos libertés si on se mettait à avoir des gouvernants compétents et efficaces !!
C'est sans doute pour ça qu'ils lui ont fait une standing ovation?
Je peux suggérer un petit lien détente entre deux réflexions intenses ?
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