Il a ainsi déclaré à un parterre de chefs d'entrerprise (qui n'en peuvent mais... il aurait tout aussi bien pu s'adresser au Syndicat national des quaterbacks latinos) que les Etats-Unis n'ont pas besoin d'un dollar trop faible, et qu'une grande économie doit avoir une grande monnaie. Sous-entendu : l'Europe est une petite économie, et a besoin d'un euro trop faible.
Il persiste : Ce n'est pas seulement une question pour vous, c'est aussi une question pour nous que la valeur du dollar - décidément, il a bien assimilé qu'un taux de change nécessitait DEUX monnaies (cf ce post). Vous avez une main-d'oeuvre de qualité, des entreprises extraordinaires, vous n'avez pas besoin d'un dollar trop faible. Votre technologie, votre savoir-faire, ça suffit. Sous-entendu : la main-d'oeuvre européenne est improductive et sous-qualifiée, nos entreprises sont pourries, c'est pas du jeu, je vais le dire à ma mère. On omettra poliment de noter le déficit extérieur américain, puisque le président français a dit que "ça suffisait" (il doit avoir raison, il est président de la république, quand même, merde).
Décidément en forme, il affirme que Nous, on aime l'Amérique (euh ?... qui, "nous" ?..) mais on aime une Amérique qui est fidèle à ses valeurs. On aime la grande Amérique, celle qui sait donner l'exemple, on aime l'Amérique qui soutient les créateurs, pas les spéculateurs - mais qui parle de spéculation ?.. Y a-t-il un complot d'Etat pour spéculer à la baisse sur le dollar ? S'il fait allusion à la Fed, il faudrait savoir, car il n'a pas cessé de critiquer la BCE en lui conseillant de prendre la Fed en exemple.
Et enfin, bouquet final : On aime l'Amérique qui croit au libre échange mais à la concurrence loyale, pas à la concurrence déloyale. On aime l'Amérique qui favorise la compétition, mais la compétition à armes égales. Suite logique du propos énoncé précédemment : ça veut dire "vous êtes meilleurs, donc c'est pas du jeu, donc il faut déprécier notre monnaie car, comme chacun sait, une économie ne se porte bien que si elle a un excédent commercial, et comme on est trop des buses pour faire comme nos voisins allemands, ben on veut attacher un boulet au pied de Carl Lewis parce que il court plus vite et que du coup c'est de la concurrence déloyale".
Je ne sais pas ce qui est le plus insupportable dans ce discours : le cirage de bottes de la "Grande Amérique", l'ingérence dans la politique monétaire d'un Etat souverain étranger, la paresse et l'avilissement dont il fait preuve au nom de l'Europe (on est des merdes et on va pas se casser le cul, suffit de déprécier l'euro), la puérilité de l'argumentation "c'est pas du jeu", couplée au foutage de gueule "le dollar faible c'est pas bien pour vous, mais l'euro faible c'est bien pour nous"... Son propos est, comme à l'accoutumé, d'une ignorance et d'une vulgarité crasses