De la relativité générale monétaire
Par VilCoyote le lundi 16 juillet 2007, 23:45 - c'est pas nous qui l'avons dit - Lien permanent
Rencontre Sarkozy / Merkel ce lundi; la chancelière allemande insiste sur l'importance de l'indépendance de la BCE. Le président français n'ose pas contredire, et précise subtilement :
Le problème n'est pas la valeur de l'euro mais la valeur des autres monnaies.
Donc ce n'est pas l'euro qui est trop fort, non. L'euro est à sa juste valeur, mais les autres monnaies sont trop faibles. Notre président a ajouté que ce diagnostic (pragmatique, bien entendu) constituait un "point d'accord" entre la France et l'Allemagne. Si c'est vrai et que les allemands ne savent pas non plus ce qu'est un taux de change, on est mal barrés.
Petite précision. Hypothèse : 1€=1,37$; pour Sarkozy, ce n'est pas "1€" qui est trop fort, c'est "1,37$" qui est trop faible. Donc il ne faut pas établir la parité à 1,37€=1,37$, puisque l'Euro est à sa juste valeur, selon lui. En revanche, il faut l'établir à 1€=1$, puisque le Dollar est trop faible.
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Ben non, ça ne veut rien dire. La valeur internationale d'une monnaie n'a de sens que comparée à une autre. Ce qui compte est le rapport entre leurs valeurs respectives, leur valeur relative; peu importe leur valeur absolue.
Sarkozy fait une nouvelle fois preuve de son ignorance des mécanismes
fondamentaux de l'économie. Mais peu importe, fi de ces théories
fumeuses ! Soyons pragmatiques et ne dévaluons déprécions pas
l'Euro, fierté européenne.
Au fait, vous connaissez la différence entre un pigeon ?


Commentaires
Ayant entendu la conférence de presse, j'étais presque certain que cette phrase de notre président à tous allait faire l'objet d'un article moqueur ici. :D
"La valeur internationale d'une monnaie n'a de sens que comparée à une autre."
Je ne voudrais pas paraître pinailleur, mais, pour la plupart des citoyens qui ne peuvent recevoir en contrepartie de leur travail que de la monnaie, la monnaie a évidemment une valeur aussi objective que leur travail.
Proposez aux travailleurs d'être payés en pétrole, or, blé ou cuivre et peut-être alors leur regard sur la monnaie changera.
@Passant : j'avais commencé par écrire "la valeur d'une monnaie n'a de sens que comparée à une autre", puis j'ai rajouté "internationale" car la valeur d'une monnaie (tout court) peut très bien diminuer "de façon indépendante" (dire "dans l'absolu" serait faux), relativement aux biens et services qu'elle permet d'acquérir. Vous aurez évidemment reconnu l'inflation.
Bref, la monnaie peut avoir une valeur objective, mais pas absolue (elle est toujours à rapporter à ce qu'elle permet d'acquérir, que ce soit des biens ou une autre monnaie).
Il faudrait alors peut-être tout simplement expliquer à Nicolas Sarkozy qu'à défaut de pouvoir créer de l'inflation ou imprimer des billets à répandre sur toute le France par avion, il lui suffirait de demander aux banques de distribuer du crédit à tours de bras à tout le monde (ou faire emprunter massivement l'état) pour faire baisser la parité entre l'euro et "les autres monnaies" ?
Sous-entendu, qu'il suffirait d'augmenter le déficit budgétaire de la France pour rendre les "autres monnaies" moins faibles, par exemple, en embauchant des fonctionnaires.
Savez-vous que, sur l'année écoulée, l'Euro s'est déprécié vis-à-vis de la roupie indienne, du bath thailandais, du real brésilien, du dollar australien et de la couronne norvégienne ? Oui, vraiment, "le problème n'est pas la valeur de l'euro mais la valeur des autres monnaies". Il est temps que la banque centrale européenne réagisse : on ne va quand même se laisser marcher sur les pieds par ces monnaies fortes.
Et puisque personne ne s'est hasardé à une réponse à la question posée, je tente : "aucune, elle pèse 1€/km".
Pas mal, Gizmo. Ce n'était pas la réponse attendue par le jury, mais la bonne volonté et l'inventivité de la candidate lui valent une mention Bien. Vous noterez au passage le pragmatisme du jury.
On notera d'ailleurs avec quelque amusement que, parmi les pays en voie de develop. dont les populations subissent de plein fouet un péril vital du fait de la hausse des cours des produits agricoles, ne figurent que des nations à monnaie faible (l'exemple le plus emblématique étant celui du Mexique).
D'où ma conclusion : "la monnaie faible tue, surtout les plus pauvres".
D'ailleurs, connait-on un seul pays à monnaie forte dans lequel les pauvres crèvent de faim ?
Sur le blog de Gizmo, on disserte de la commission de 6 experts pour conseiller l'Elysée. Même Baverez et Godet décriés par Gizmo, pourront surement aider notre marathonien à progresser dans cette discipline compliquée.
Peut-être vaut-il mieux compter sur Bolloré pour ça.
J'ai mieux : une chose simple http://www.singleglobalcurrency.org... !
Trop fort !
La résurrectin du Bancor.
Mais qui sont ces "SGC members" ?