Nos vies valent plus que leurs profits
Par VilCoyote le jeudi 10 mai 2007, 17:52 - réflexions ou tentatives - Lien permanent
Au-delà du slogan neuneu bien pensant de la LCR se cache une vraie question : la vie a-t-elle un prix ? La réponse est (pour l'économiste) évidemment positive, et il n'y a rien de cynique dans une telle affirmation.
Nous passons notre temps à évaluer la valeur de notre propre vie. Quand on renonce à s'équiper d'une alarme incendie, on estime que la probabilité de perdre la vie dans l'incendie de sa maison est assez faible pour qu'on accepte de prendre ce risque, réalisant ainsi une économie monétaire. Quand on pratique un sport à risques, on met dans la balance la probabilité d'y laisser la vie et le plaisir qu'on a à le pratiquer. Quand on fume, on sait qu'on échange quelques mois de vie contre la jouissance du goût de la Gitane maïs. C'est donc quotidiennement que nous nous livrons à des calculs coût/avantage où le risque de perdre la vie représente le coût.
Le cas est plus délicat quand la vie est celle d'autrui. Une collectivité locale qui renonce à faire un aménagement routier qui éviterait moult accidents (cf.les nombreux morts au Maroc, dont on a fait grand bruit il y a peu, en raison du guet-apens permanent que représente le réseau routier local). Se pose donc la question du coût d'opportunité de l'utilisation de toute ressource. En achetant un écran plat, je renonce à donner 900€ à MSF et empêche ainsi des enfants d'être traités contre le paludisme; certains vont en mourir. Ou bien je prive Handicap International de ressources qui auraient pu leur faire enlever quelques mines antipersonnel. Ou bien... Certes, ce choix ne nous est pas proposé directement, mais quand bien même quelqu'un nous exposerait ces alternatives à l'achat du téléviseur, il est probable qu'on s'en tiendrait au plaisir de regarder Rambo III en WS 16:9 Dolby surrond 5.1 THX, et tant pis pour le paludisme.
Cela fait-il de nous des êtres immoraux? L'économiste n'aime pas trop qu'on lui parle de morale, ce n'est pas son domaine, ce n'est pas à lui de décider ce qui l'est ou pas. On peut cependant avancer que, dans la mesure où nous ne sommes pas responsables du paludisme, il n'est pas de notre devoir d'y remédier (malgré les campagnes de culpabilisation souvent menées par les ONG). En revanche, ce cas pose un problème en termes d'optimalité parétienne : soit je donne mes 900€ à MSF, mon bien-être se dégrade (on me prive de mes ressources) et celui des enfants africains s'améliore (ils sont protégés contre le paludisme). Soit je garde mes 900€, mon bien-être s'améliore (je vois Rambo III sur grand écran au lieu de ma lucarne pourrie) et celui des enfants africains se dégrade (ils chopent le palu et meurent). Quel que soit le choix d'allocation des ressources, un des deux agents va voir sa situation se déteriorer. La question semble insoluble, et en vérité ne se pose pas... Sinon on pourra objecter que ces 900€ donnés à MSF auraient pu l'être à Handicap, et qu'en évitant quelques cas de paludisme j'ai été responsable de plusieurs amputations et de licenciements chez Philips (non, pas celui de la courbe, il a deux "l" lui) pour n'avoir pas acheté de télé. C'est bien le principe du coût d'opportunité : on aurait pu faire n'importe quoi d'autre avec ces 900€, et il n'appartient qu'à leur propriétaire de décider du meilleur usage à en faire (exceptée la part des impôts, où les méchants planificateurs croient savoir mieux que nous).
La vie (la nôtre et celle des autres) a donc clairement un prix (ou un coût), défini par chacun d'entre nous en fonction de sa propre échelle de valeurs. Edward Norton dans Fight Club en propose une fort jolie estimation :
J'étais technicien de rappel en usine, mon métier consistait à appliquer une formule mathématique. Une voiture neuve construite par ma société roule aux alentours de 90km/h. Le différentiel arrière se bloque. La voiture se crash et prend feu avec toute la famille à bord. Question : Faut-il déclencher un rappel de ce modèle ? Prendre le nombre de véhicules concernés "a", le multiplier par le taux probable de défaillance "b", puis multiplier le résultat par la moyenne des sommes qu'on a été condamné à verser "c". "a" multiplié par "b" multiplié par "c" égal "x", si cet "x" est inférieur au coût d'un rappel, on ne fait rien.


Commentaires
Wouw, c 'est courageux. Bonne chance par avance, je suis sûr qu'il va y avoir des commentaires marrants. A part ça:
Il serait intéressant d'étudier dans quelle mesure nous opérons des choix collectifs (ou alors dans lesquels le gouvernement choisit pour nous) qui conduisent à privilégier une politique qui a un moins bon ration coût / morts évitées mais est plus porteuse politiquement (la sécurité dans les avions au lieu de la lutte contre les maladies respiratoires, quelqu'un?).
Par ailleurs, on peut s'amuser à démonter empiriquement et théoriquement l'argument implicite du slogan de la LCR. "Nos vies valent plus que leurs profits" -> si l'on assume que cela implique un retour à un système dans lequel les profits ne participents pas de la vie économique, on doit pouvoir remonter... loin. En oubliant au passage que le système capitaliste est, empiriquement, celui qui a permis au plus grand nombre de pays une plus importante croissance économique, améliorant au passage la santé, les conditions de vie, les libertés individuelles, et j'en passe.
De plus, d'un point de vue plus théorique, les effets immédiats d'une hypothétique "fin des profits" correspondrait, si je ne m'abuse, à une baisse importante de l'investissement qui aurait des conséquences assez riantes sur les entreprises, ie le niveau de vie de leurs salariés nouvellement au chômage, ie leur santé, ie leur vie. En assimilant le profit à une spoliation plutôt qu'un élément nécessaire du fonctionnement de l'entreprise, consubstantiel de sa survie, la LCR fait une omission aussi facile que péremptoire.
Combien à parier cependant que face à une alternative entre continuer à tenir ce discours et un investissement égal en temps en faveur des causes de décès sous-dotées par les politiques publiques, les représentants de la LCR conserveront le premier?
Dans la formule de Norton/Fight Club, "c" va connaitre une croissance hyperbolique au fur et à mesure des condamnations rendues après les accidents de différentiel arrière sur le même modèle de voiture ; les juges américains n'ont pas peur de rajouter des zéros aux indemnités à verser à la victime. Il vaut mieux a mon avis changer le paramètre "c" en : "moyenne des sommes qu'on va être condamné à verser" et là ça se complique, aboutissant à un prix de vie... Inestimable.
Dans les transports routiers, pour l'analyse coût-bénéfice des projets d'infrastructures (d'autoroute), on utilise en France la valeur de 1 000 000 d'euros par vie sauvée. En Europe, les valeurs choisies selon les pays sont entre 0,5M et 1,5M d'euros. Les études estiment ce genre de valeur en observant ce que révèlent les choix de faire tel dépense pour sauver tant de vies dans tel carrefour dangereux. D'autres partent des salaires qui ne sont pas percus sur le temps de vie statistiquement raté.
Ce qui est intéressant, au-delà du prix du blessé grave ou du blessé leger, c'est que c'est valeur est noitoirement plus élevé dans les transports collectifs. Les voyageurs n'ayant en effet pas autant de choix sur les risques pris.
La circulaire en vigueur est consultable sur le site du ministère de l'équipement et le fond du problème est traité dans ce fameux rapport de Boiteux et Baumstark (voir l'annexe 6 sur ce point) qui date déjà de 2001, le temps passe vite...
http://www.equipement.gouv.fr/
http://lesrapports.ladocumentationf...
On pourrait aussi dire:
(Version révolutionnaire-éclairée) Que "leurs profits" coûtent si cher à la Sécu en accidents du travail qu'effectivement le coût marginal du profit exprimé en vies humaines est défavorable...
(Version libérale-Bruecknerienne): Que les 900€, mieux vaut les investire daans une PME africaine qui fabrique des écrans plats pour favoriser le développement, réduire l'incidence du paludisme, et augmenter ses chances d'acheter, in fine, un écran plat à 500€ made in Africa, tout en touchant 12% de dividendes ad vitam aeternam de la part du prochain Daewoo...
Qui dit mieux?
Techniquement les ménages et les pouvoirs publics ne font pas de profits au sens financier du terme implicite dans le slogan de la LCR, les exemples ne sont donc pas adaptés.
Lorsqu'une entreprise developpe un nouveau produit elle fait un calcul de rentabilité et la question est alors quelle est le choix que cette entité fait entre ses profits anticipés et le surcout eventuel, donc profit potentiellement plus faible, de mesures visant à reduire le risque pour les vies humaines venant du produit. Il y a bien un choix entre profit financier amoindri et vies humaines.
Les cas médiatisés sont pour la plupart des situations ou : 1/ l'entreprise connaissait parfaitement les risques; 2/ l'entreprise a activement caché ces risques au régulateur et au public (parfois même en poursuivant en justice ceux qui essaient de rendre la chose publique) et 3/ le surcout engendré par le correctif est très faible par rapport aux profits du produit.
Le cas du jour est Perdue Pharma qui vient de plaider coupable et doit payer une amende de 600 millions de dollars :
http://www.latimes.com/business/la-...
Le produit a causé autour de 7% des visites aux urgences annuelles pour intoxication médicamenteuse aux USA (36 000 visites sur ce produit).
Le régime actuel propriété intellectuelle est bien sur une très forte incitation a ce genre de comportement très couteux pour le bien être global.
En l'occurence, le raisonnement proposé par Fight Club est erroné : ou, plus exactement, n'est valable que tant qu'il n'existe pas de raisonnement établissant un lien de causalité entre une cause donnée restant à découvrir et l'ensemble des "accidents de voiture" considérés.
D'ailleurs, le chantage qu'exerce dans la suite du film l'expert automobile (menace de révéler le fait que la cause réelle d'une série d'accidents que nul n'a identifié comme étant tous la conséquence d'une cause connue de l'employeur de l'expert) ne fonctionne que parce que l'employeur de l'expert est longtemps parvenu à convaincre cet expert de préférer le silence (et son propre intérêt au vu des éléments dont l'intéressé pensait à cet instant disposer) à la révélation (qui est normalement /généralement l'intérêt collectif).
Donc, le coût d'une vie n'est pas, dans le simple cadre de la théorie Fightclubesque, directement calculable[*] à part de l'étude d'un phénomène dépassant le cadre de l'expérience individuel, du moins, dans une société plus organisée qu'une anarchie.
[*] comprendre : approximable par une relation polynomiale entre coût d'une vie et somme des montants que tel fournisseur a été condamné à payer en justice.
Sinon, pour tenter d'élargir le débat, juste pour signaler un des mes articles favoris chez un des mes auteurs favoris :
http://www.joelonsoftware.com/items...
"Quand on renonce à s'équiper d'une alarme incendie, on estime que la probabilité de perdre la vie dans l'incendie de sa maison est assez faible pour qu'on accepte de prendre ce risque, réalisant ainsi une économie monétaire. Quand on pratique un sport à risques, on met dans la balance la probabilité d'y laisser la vie et le plaisir qu'on a à le pratiquer. Quand on fume, on sait qu'on échange quelques mois de vie contre la jouissance du goût de la Gitane maïs. "
Cette théorie de la décision est une des bases de l'économie, elle sert à représenter les choix des personnes en termes de calculs coûts-bénéfices. Mais, elle n'a en fait aucun début de commencement de valeur scientifique. Les expérimentations montrent au contraire que nous n'avons pas une bonne perception des probabilités ou que nous ressentons différemment certains risques indépendamment de leur importance. Ceci rend impossible le fait de définir le "prix" d'une vie. Affirmer le contraire exige une preuve qui pourrait consister à calculer ce prix et montrer ensuite que tous les choix effectués correspondent à ce prix. Sinon, on se trouve dans le cas d'une affirmation gratuite.
Finalement, le slogan de la LCR, qui relève, sans doute, en effet, d'une diabolisation du profit peut-être compris d'une autre façon(même si ce n'est pas volontaire), comme un rejet de l'économisme dont ce billet est un bel exemple.
@Beurk :
- c'est quoi, l'économisme ?..
- les problèmes que vous évoquez ont été largement abordés par les économistes (Simon pour n'en citer qu'un).
Le problème n'est d'ailleurs par de fixer objectivement le prix d'une vie, mais plutôt de déterminer le prix que chacun lui accorde, que cette estimation soit erronée ou non n'était pas mon sujet.
"abordés" ne veut pas dire "réglés".
Si on suit la logique de Beurk, Il est impossible de definir le prix d'une canette de coca bien froide, puisque les gens sont prets payer plus pour l'obtenir lorsqu'ils ont soif, qu'il fait chaud, et qu'il n'y a pas d'autre choix disponible que lorsqu'ils sont chez eux, peinards, la clim allumee (c'est mal) et le frigo bien rempli.
C'est la difference entre prix et 'willingness to pay', en quelque sorte.
Enfin en fait c'est peut-etre effectivement inexact de parler du prix de la vie, puisqu'il n'y a pas de marche de la vie, et qu'on ne peux pas vendre ou acheter une vie. (Ce serait chouette, tiens, de pouvoir s'acheter un 1-up un peu a la Mario Bros et tout).
Ne serait-il pas plus juste de parler de 'valeur' de la vie?
A beurk:
c'est très facile comme objection. Le type de preuve auquel tu fais référence semble de nature non scientifique, mais quasiment exacte! et évidemment, ceci n'est pas possible. aucun économiste ne va affirmer pouvoir produire un tel type de preuve, et ce n'est par ailleurs pas l'objectif de l'économie.
l'économie se trouve justement à cheval sur des domaines pour lesquels on ne saurait exiger de preuve au sens de science exacte: lorsqu'on fait des prédictions dans un domaine épistémique vague avec des outils qu'on développe le plus précis possible, on est condamné à raisonner en termes de fourchettes, ou de tendances chiffrées.
Trop facile de cracher sur les économistes. Ceux-ci s'attaquent à des problèmes typiquement sociaux et si ils ne reviennent pas avec des solutions clef en mains, alors ils seraient coupables "d'économisme"? A ce rythme, si on veut cracher sur les économistes, il faudrait, pour être cohérent, prendre violemment à partie les sociologues, les psychologues et les anthropoloques.
On ne peut donc pas parler d'affirmation gratuite. Mais plutôt, de tentative de bonne foi. Et il y a un monde de différence.
On peut se poser aussi la question de la finalité des 900 € destinés à MSF. Si ça se trouve, les 900 € serviront à payer le vol d'un médecin qui chopera une gastro arrivé au pays en détresse et ne pourra pas agir. Bref il aurait mieux valu un écran plasma. Donner 900 € ne signifie pas forcément avoir le retour qu'on s'imagine. Le coût d'opportunité ne devrait être appliqué qu'à des biens et services effectifs et vérifiables pour avoir un sens de comparaison. La question devrait être plutôt "Avec la certitude que 900 € permettrait de sauver une vie, est-ce que je préfère l'écran plasma?" Bien sûr la certitude est purement théorique, mais se l'imaginer permet d'avoir une meilleure approximation du coût qu'on donne à la vie d'autrui.
Provocations gratuites d'universitaires mises à part, qu'est-ce qu'un prix ?
Un prix est un montant pour lequel un acheteur ou un vendeur se substitue théoriquement à un autre dans une transaction donnée. Dans le cas de la vie, normalement, chacun ne peut être que vendeur.
Peut-on trouver un prix en contrepartie duquel quelqu'un veut bien, dans l'absolu, mourir à la place de quelqu'un d'autre ?
Un prix ? C'est un multiplicateur de Kuhn-Tucker, voyons :-)
Antoine B.: Je pars chercher la balle qui vient de sortir du stadium, mais, un jour, je reviendrai !
@ Antoine B. : Ah non !
Un multiplicateur de Kuhn-Tucker, c'est une utilité marginale divisée par un prix. Un consommateur a autant de multiplicateurs de Kuhn-Tucker qu'il a de contraintes, en général une seule (son budget). Le multiplicateur de Kuhn-Tucker indique le "shadow price" de cette contrainte, i.e. l'utilité marginale d'enfreindre juste un tout petit peu la dite contrainte.
Un ratio de prix (seuls les prix relatifs ont un sens, sauf éventuellement en économie monétaire) fixe les termes de l'échange de deux biens. Leur prix, quoi :-)
Tu passes à Paris en juin ?
LSR
Elessar : Ah si ! Tu ignores Negishi ?
un équilibre walrasien peut être retrouver en maximisant une somme d'utilités pondérées sous contrainte de ressource pour chaque bien. Le prix correspond au multiplicateur associé à chaque bien.
Je serai peut être dans la capitale en juin, j'en saurai plus dans les jours qui viennent.
Question théorique du neuneu de passage : Qu'est-ce qui incite à croire que le point d'équilibre des marchés est aussi un optimum de Pareto d'une part (quelles sont les assertions qu'il faut faire pour établir cette concordance ?), et comment fait le plannificateur bienveillant pour identifer cet optimum de Pareto en particulier parmi les différents possibles ?
Heu : Pour la première question, il y a des conditions pas très restrictives, je crois sur la continuité des fonctions d'utilité. Pour la seconde question, le planif' cent' tatonne en modifiant le vecteur des pondérations jusqu'à ce qu'il retrouve un vecteur de multiplicateurs qui sature la contrainte de budget de chaque individu, laquelle dépend de ses dotations factorielles initiales.
Est-ce qu'un neuneu peut en gros considérer que "continuité des fonctions d'utilité" est équivalent à "possibilité d'utiliser un système de prix (pour refléter l'utilité)", et donc, un ensemble de vendeurs et acheteurs respectivement substitutables entre eux comme parties de contrats ?
Par ailleurs, existe-t-il un algorithme que peut suivre le plannificateur pour "tâtonner" ? Ou plutôt, sait-on à quelles conditions existe-t-il un algo ?
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la première question. Le système de prix ne reflète pas "l'utilité", mais les rapports d'utilités marginales à l'équilibre. Quant à savoir si les agents sont interchangeables, je ne vois pas trop ce que ça veut dire.
Concernant les algorithmes, en fait, la méthode de negishi a justement pour but de fournir un algorithme pour simuler l'équilibre d'une économie de marché (au delà du fait que, perso, ça a révolutionné ma vision de ce qu'est un prix). La question serait plutôt de savoir à quelle condition ces algorithmes convergent, et là, comme ça, à froid, j'en sais rien.
Ah, ouais, Negishi ... le truc qui vient à la fin du semestre de micro et que j'ai manifestement encore moins compris que je ne le pensais. Apparemment, ça vaudrait la peine que je m'y remette.
Donc je me suis fourvoyé, dont acte.
RdB à Paris ?
LSR
Google ne (me semble pas) ramener pas grand chose concernant "Negishi". Une suggestion de lien ?
@lsr: si c'est le dernier mercredi du mois, je n'y serai pas.
@Passant : sur le net, comme ça, ça va pas être facile. Orientez vos recherches vers le "second théorème du bien être", essayez ici. Si vous le comprenez (c'est peut être déjà le cas), alors comprendre la méthode de Negishi devient facile, et l'interprétation des prix comme des multiplicateurs de kuhn tucker finit par sauter aux yeux.
Merci pour ces renseignements, qui aident effectivement à s'orienter, et notamment m'ont permis de mettre le doigt sur :
http://supportscoursenligne.science...
et notamment :
http://supportscoursenligne.science... (~p.30)
En théorie je ne suis pas sûr, mais en pratique cet article du New York Times montre qu'en temps de guerre certaines vies on effectivent un prix... pas toujours élevé.
http://www.nytimes.com/2007/05/16/o...
Peut-on calculer le prix d'un organe transplantable ? Je suppose que oui : alors, pourquoi ne pas demander au receveur de dédommager le donneur (ou ses héritiers, ou l'état, ou m'en fous qu'importe) à hauteur du prix supposé de l'organe ?
pour ma part ça me laisse de marbre
Je découvre ce blogue qui va très probablement m'apprendre beaucoup de choses ! Comme la très grande majorité de mes concitoyens, j'ai peu de culture économique. C'est, dans une société où le champ économique tend à s'autoproclamer indépendant et a le pouvoir de réaliser cette autonomisation malheureuse, un désastre. Mais aussi combien d'économistes - les vrais, pas les commentateurs des pages Business de nos quotidiens qui sont à l'économie ce que la majorité des journalistes politiques sont au politique: des spécialistes du people - s'attellent-ils à la tâche de vulgariser, sinon leur savoir (car j'entends que l'économie n'est pas une science), du moins leurs concepts, leur vocabulaire, leurs hypothèses de travail ?
@dj: mmh, mais d'où viendrait cette obligation des économistes de faire de la vulgarisation? On rencontre souvent l'attitude (je ne dis pas que c'est la votre) "l'économie, je n'y comprends rien, c'est la faute aux économistes" tandis qu'en physique, par exemple, une matière autrement plus difficile, on n'entend jamais cette critique. Le devoir des économistes, c'est de faire ... de l'économie tout comme le devoir des physiciens ou des biologistes est de faire de la physique et de la biologie. On demande aux biologistes de trouver des vaccins (par exemple), pas d'expliquer comment ça marche aux non-professionnels. Pareil, amha, pour les économistes.
Le débat "l'économie est-elle une science?" est sans intérêt, c'est une question de définition du mot "science". La question intéressante est épistémologique: comment le savoir/la science économique se construit-il/elle ? Quels sont les processus de validation et d'invalidation de théories économiques ?
LSR
Je vous remercie de votre réponse, qui ne me satisfait pas du tout. Certes, vous avez raison, il serait stupide de culpabiliser les économistes au titre qu'ils ne vulgarisent pas leur savoir: nous faisons tous partie d'une même société, et si la diffusion du savoir et des connaissances (qui m'est chère, étant futur bibliothécaire) ne se fait pas aussi bien en provenance de telle partie du champ académique que depuis telles autres, la responsabilité doit être selon moi partagée par tous les acteurs du champ. En d'autres termes, si personne ne vous oblige à vous expliquer, vous n'êtes pas réprimandables. Mais vous avez tord: le physicien, le chimiste, parfois jusqu'au mathématicien vulgarisent (c'est-à-dire font passer certains acquis et certains mots dans la culture générale, libre ensuite aux et aux autres de se cultiver). Plus encore, la vulgarisation scientifique a été pendant longtemps (environ 1850-1960) un des principaux pilliers du marché éditorial !! Plus récemment, les dessins animés du type "Il était une fois l'homme", les émissions du type "C'est pas sorcier", etc, assument avec un succès inégal une fonction vulgarisatrice.
Celui qui longtemps ne vulgarisa pas, c'est le médecin. Car le toubib ne construit pas tant une science qu'il ne l'a pratique (à la limite, on pourrait dire qu'il la construit en la pratiquant: les diagnostics, l'étude des réactions psy des patients, etc). Le médecin de Molière est un peu l'économiste de nos temps (je force le trait, et au fond je suis un gentil garçon). En revanche, nos médecin s'expliquent un peu plus. Je sais grosso modo comment marche un antibiotique, et je sais très grosso modo comment on a pu arriver à penser l'antibiotique. J'ai une connaissance rudimentaire de ce que sont un anticorps, la fièvre, une érection. Je ne sais pas vraiment quel est l'impact sur l'économie français d'un euro fort ou faible, d'une bourse forte ou faible. Et pire: je ne sais pas du tout comment les économistes, qui apparement produisent des discours contradictoires, peuvent ou ne peuvent pas fonder leurs arguments. La Wikipedia aide un peu, mais on est loin du compte.
"Le débat "l'économie est-elle une science?" est sans intérêt, c'est une question de définition du mot "science". La question intéressante est épistémologique..."
Pardonnez-moi, mais soit je ne vous comprend pas parce que vous faîtes référence à un débat interne très mal formulé, soit vous ne maîtrisez pas votre vocabulaire. La question "l'économie est-elle une science ?" est en effet par excellence la question épistémologique que l'on peut poser à l'économie.
"Le devoir des économistes, c'est de faire ... de l'économie". Certes, personne ne le conteste, mais ce "devoir" (comme vous dîtes) est infuffisant. Cela me fait penser à certains propos que j'entends beaucoup dans mon entourage professionnel: "le devoir d'un conservateur du patrimoine est de conserver le patrimoine, pas de le rendre accessible". Seriez-vous heureux si je vous interdisais d'entrer au Louvre, dans toutes les églises antérieures à 1920, d'avoir accès aux livres antérieurs à 1950, etc, au titre que mon "devoir" est de "faire de la conservation" ? Mais une telle attitude de la part des économistes est à la limite plus grave. Car les propositions théoriques, conceptuelles, etc, faites par eux sont omniprésentes dans les média et dans le discours politique, deux lieux fondamentaux de la Démocratie. Combien de fois par jour se dit-il "croissance", "dette" ? Du point de vue politique - direz-vous qu'on demande aux hommes politiques de faire de la politique, pas de vulgariser ? - les citoyens semblent aujourd'hui confrontés à une alternative qui surgit inmanquablement depuis, allez, les premiers états généraux (fin du XIIIe siècle, règne de Philippe le Bel, naissance hésitante de la fiscalité française). La composante économique de cette alternative (plus d'Etat, moins d'Etat) est centrale: n'avons-nous pas le droit d'être éclairés ? J'entends par là, non pas qu'on nous dise avec des mots qui ne sont pas simples mais simplistes, "il faut faire cela, c'est évident". Mais qu'on nous explique un peu, comme vous le dites si bien, "quels sont les processus de validation et d'invalidation de théories économiques".
Bien cordialement,
DJB
Par ailleurs, rares sont les physiciens à se prononcer es-qualité sur les slogans de la LCR. Ou sur les publications économiques, d'ailleurs.
@dj: votre commentaire mérite une réponse construite. Je suis un peu débordé en ce moment mais je vous réponds dans quelques jours.
LSR
Admettons qu'un agent bienveillant et omnipotent alloue idéalement les ressources à l'origine pour que le marché atteigne spontanément son optimum souhaitable parmi les possibles, par exemple à l'aide d'un internet crieur de prix. Supposons encore que nous échappions à Nash (solidité des équilibres suboptimaux). Que faire de Sonnenschein ? (même un optimum à l'équilibre est instable) : faut-il rebooter régulièrement l'économie ?
@j'pige pas tout mais j'me soigne : une bonne façon de piger plus pourrait consister à apprendre qu'il existe d'autres économistes que Bernard Guerrien, pour comprendre que le théorème de Sonnenschein n'intéresse que lui, et pour de bonnes raisons.
Auriez-vous une proposition de document qu'un amateur puisse lire définissant ce que représente la notion d'"agent représentatif" dans les modèles neo-classiques ?
(Il y a l'air d'y avoir des choses payantes à ce sujet proposées sur les sites d'aide aux devoirs, mais bon... un document plus accessible me conviendrait davantage)
@Sel : non, désolé, j'ai rien sous la main. Pour faire court, l'agent représentatif c'est la version formalisée de ce que l'on appelle "les gens" dans la discussion économique courante. Par exemple, quand vous dites "bah, dans les années 30, les gens, ils n'avaient pas d'argent, donc ils ne consommaient pas assez !", si vous voulez représenter ce phénomène dans un modèle économique, il sera plus simple de le faire en considérant que tous les "gens" en question sont identiques du point de vue des points intéressants cette question (productivité, demande de monnaie, préférence travail-loisir, etc). Comme ça, quand ils sont tous identiques, on peut les remplacer par un agent unique, dont le comportement sera l'agrégation de ceux de tous les gens.
"Quand on renonce à s'équiper d'une alarme incendie, on estime que la probabilité de perdre la vie dans l'incendie de sa maison est assez faible pour qu'on accepte de prendre ce risque, réalisant ainsi une économie monétaire."
Et quand une entreprise bénéficiaire, pour réaliser davantage de profits, choisit de fermer une usine pour la délocaliser, l'ouvrier qui se retrouve au chomage n'aura plus les moyens d'acheter l'alarme-incendie en question (il n'aura donc meme pas à y renoncer).
Et les nouveaux employés, habitants du Jenesaizou, qui seront payés au strict minimum n'auront, eux aussi, pas plus les moyens d'acheter cet alarme-incendie.
Pour ma part, je ne comprends pas ce slogan comme une critique des profits en soi, mais une critique d'entreprises qui font déjà des profits et qui pour en faire encore plus, choississent de dégrader les conditions de vie de leurs employés, encourageant par là-même, leurs concurrents à faire de meme pour pouvoir suivre la guerre des prix qui va suivre.
Ce qui par ailleurs, est précisément en train de se produire...
Bien sur, Besancenot ne pourra rien y faire, pas plus que n'importe quel autre etre humain d'ailleurs; il s'agit d'un processus économique que j'imagine inéluctable. Mais pour autant que je sache, Besancenot (du moins pour l'instant) ne pense pas devenir un jour Président de la République, il veut se faire le porte-voix des citoyens qui votent pour lui. Ces personnes, oui, pensent que le capitalisme n'est pas indépassable, qu'il n'est pas la finalité et la cause de tout ce qui compose notre civilisation et qu'il est peut-être temps de promouvoir d'autres valeurs que celles de la croissance infinie, de la rentabilité et de l'hyper-consommation.
Je partage donc le point de vue de beurk pour dire que ce slogan traduit plutot d'un rejet de l'économisme (i.e. tout vouloir voir à travers le prisme de l'économie) que d'une diabolisation des profits en soi.
Il peut certes etre compris comme une condamnation de l'immoralité des marchés mais aussi, ce qui me semble bien plus pertinant, de l'a-moralité (ça existe ce mot?? :)) des marchés.
Condamnation bien légitime (je n'ai pas dit forcément exact mais légitime) quand on constate aujourd'hui la préeminence de l'économie sur le politique et sur les dérives auxquelles cela conduit dans des tas de domaines (écologie, génétique, pharmaceutique, agricuture, militaire...).
Ce "slogan neuneu" (serait-ce du mépris?) pose donc bien plus de question que la question du "cout de la vie" tiré de manuels d'économie.
@Bobbygre :
- on ne va pas redévelopper une énième fois les effets des délocalisations, dont on ne voit (et médiatise) que les effets négatifs, sans jamais les rapporter à leur juste proportion et sans jamais leur opposer les contreparties positives. (voir ici par exemple : http://obouba.over-blog.com/ pour plus d'infos sur le sujet).
- le discours qui se veut humaniste en rejetant la croissance (et éventuellement le capitalisme) est une nouvelle neuneuterie. On peut si on veut (et je veux bien!) parler d'une meilleure distribution des richesses, bien sûr, mais quoi qu'on fasse, le problème de la production des richesses se posera toujours - c'est pour ça que l'accusation "d'économisme" est tout aussi neuneu : dès qu'on parle de création, distribution et répartition des richesses (donc notamment de réduction des inégalités, de coûts pour l'environnement, etc) on parle PAR DEFINITION de l'économie.
- comme tu le dis, les marchés sont Amoraux - et non pas immoraux : on ne peut pas taxer une institution désincarnée d'immoralité. Ce sont les joueurs, pas le jeu, qui peuvent être immoraux - sur le sujet, voir Comte Sponville : http://www.amazon.fr/capitalisme-es...)
Merci beaucoup pour ces éléments.
Existe-t-il un modèle néo-classique du marché du travail (employant ou non la notion d'agent représentatif) ? Sinon, comment les néo-classiques se représentent-ils généralement le marché du travail ? Une URL à suggérer ?
Le neuneu récidive.
-Pour les contreparties positives, tu iras expliquer ça à l'ouvrier qui s'est fait virer de sa boite aprés x années de bons et loyaux services, à ramener de bons bénéfices juteux pour les actionnaires.
Une délocalisation sert toujours à faire grimper les bénéfices en économisant, notamment, sur les salaires. Donc, une partie moindre de l'argent généré par l'entreprise sera reversé à ceux-là même qui produisent la richesse. Tu auras beau retourner la question dans tous les sens... Et si encore, les bénéfices servaient à de nouveaux investissements, on pourrait se consoler; mais force est de constater que la tendance actuelle va à accroitre les revenus des actions, à racheter ses propres actions pour faire grimper les cours ou à racheter celles d'autres entreprises dans un vaste mouvement de concentration. Autant d'argent en plus qui circule dans les circuits de la bourse et autant en moins qui circule dans les porte-monnaies.
- Je t'invite à lire d'autres auteurs que ceux qui pensent comme toi. Entre le pic pétrolier à venir (d'ici 2010-2015 au plus tard), la surévaluation inquiétante du dollar (qui va de pair avec l'état catastrophique de la balance commerciale américaine), la déconnexion inquiétante entre la sphère réelle et la sphère financière, et tout simplement la suréavluation générale des cours boursiers, la vérité c'est que nous sommes probablement au devant d'une crise comparable à celle de 1929 (probablement bien pire en réalité). Tout simplement parce que, quand le taux d'inflation est de 3%, le taux de croissance de 2% et que la bourse grimpe de 50%, la prospérité est une pure illusion (je cite quelqu'un là, mais je sais plus qui désolé). Donc, parler de décroissance, parler de réduire notre consommation (dans tous les domaines) serait bien au contraire un discours responsable. Puisque de toute façon, c'est ce que nous allons être amené à faire de façon brutale d'ici quelques années.
- nous sommes donc d'accord sur le fait que les marchés sont amoraux; et donc trouves -tu normal que l'on confie par exemple le marché des médicaments à une entité qui aura pour seul but de faire de l'argent? Ne vois-tu pas les déviances que cela va entrainer (et entraine déjà!!) Trouves-tu normal qu'alors que, pour la première fois de l'humanité, nous sommes en mesure de produire suffisament d'aliments pour nourrir toute la planète, nous préférons laisser le marché de l'agriculture sous les règles de l'économie libérale (entrainant gaspillages d'un coté et pénuries de l'autre)? Dans nos pays riches, les agriculteurs sont déjà quasiment des fonctionnaires (par le biais des subventions et autres mesures d'aides en cas de mauvaises récoltes ou de catastrophes naturelles). Que l'état prenne le controle de cette branche, qu'il fixe les prix et point barre. Les prix vont augmenter? peut-être et alors? Peut etre qu'il serait bon de réaliser que nous ne payons pas notre nourriture à son vrai prix. Peut etre consommerons nous plus raisonnablement, et que l'on pourra s'acheter moins de fringues made in china à la fin du mois (ça fera moins de cargos en provenance de Chine, et moins de pollution :));
Enfin, je m'écarte totalement mais tout ça pour dire qu'en tant que citoyen (et je ne pense pas être le seul), je suis révolté par le fait que la course à la croissance soit à peu prés la seule perspective que l'on ait à nous offrir. Personnellement, je ne suis pas riche (je gagne environ 1200 euros par mois) mais ma richesse est ailleurs que dans mon porte monnaie, dans ma bagnole ou ma paire de baskets et je ne m'effraie pas à l'idée que la France soit moins riche ou perde son rang de 5ème puissance économique. Je m'effraie bien plus de voir les profits du cac 40 exploser et la misère augmenter. Et j'adhère donc à ce slogan.
Et je me désole de voir toujours autant de mépris dans ta réponse. Si je me permets de poster ici, c'est précisément parce que j'ai comme l'impression que vous ne parlez qu'entre gens qui etes d'accord alors je voulais apporter un peu de débat, un peu de contradiction; d'abord, parce que ce que vous avez à dire m'interesse et parce que j'ai eu la prétention de croire que vous pourriez être interessé par ce que pouvez penser des gens qui adhèrent à ce slogan, que, par ailleurs, vous critiquez.
"Pour les contreparties positives, tu iras expliquer ça à l'ouvrier qui s'est fait virer de sa boite" : voilà, c'est exactement le problème du discours anti-délocalisation : on ne s'intéresse qu'aux cas individuels. Evidemment que le licenciement est un drame personnel, mais la solution réside dans l'accompagnement de ces individus, pas dans une sclérose de l'économie pour protéger des corporations.
"Autant d'argent en plus qui circule dans les circuits de la bourse et autant en moins qui circule dans les porte-monnaies" : la bourse n'est pas un circuit fermé; elle sert avant tout de moyen de financement aux entreprises, malgré les dérives spéculatives qui peuvent nuir à son fonctionnement.
"Entre le pic pétrolier à venir (d'ici 2010-2015 au plus tard)" : ah, le "pic pétrolier"... ça pète comme expression. Avec les scénarios de Mad Max qui l'accompagnent, ça fait recette, c'est sûr. Je t'invite à jeter un oeil là-dessus : http://www.johnkay.com/regulation/4...
"la surévaluation inquiétante du dollar" : ça inquiète qui, et pourquoi ? Explique, siteuplé.
"la suréavluation générale des cours boursiers" : sur quoi te fondes-tu pour conclure à une surévaluation ? Ca ne sent pas trop la bulle spéculative en ce moment (le marché de l'immobilier ne t'inquiète pas ?)
"nous sommes probablement au devant d'une crise comparable à celle de 1929" : c'est ce que me disait ma fleuriste ce matin...
"Tout simplement parce que, quand le taux d'inflation est de 3%" ...oubliant elle aussi que la crise de 29 était déflationniste.
"la prospérité est une pure illusion" : David Copperfield battu à plate couture, je n'y ai vu que du feu. Les Indiens aussi. Et plein d'autres.
"je cite quelqu'un là, mais je sais plus qui" : René, du PMU en bas ?
"donc parler de décroissance serait un discours responsable" : oui, responsabilisons les Indiens.
"trouves -tu normal que l'on confie par exemple le marché des médicaments à une entité qui aura pour seul but de faire de l'argent" : non, le marché ne peut pas tout faire. Oui, l'intervention d'autorités régulatrices est nécessaire. Le développement des médicaments génériques va dans ce sens.
"nous préférons laisser le marché de l'agriculture sous les règles de l'économie libérale" vs "les agriculteurs sont déjà quasiment des fonctionnaires" : faudrait savoir.
"Que l'état prenne le controle de cette branche, qu'il fixe les prix et point barre" : z'ont essayé du côté de l'Oural, paraît que ça marche super bien.
"je ne m'effraie pas à l'idée que la France soit moins riche; je m'effraie bien plus de voir la misère augmenter" : hé hé hé... Moins de richesse, moins de misère, ça claque comme slogan ça aussi. Vaudrait pas mieux parler de répartition des richesses (donc "d'économisme", boouuuh) ?
"Et je me désole de voir toujours autant de mépris dans ta réponse" : y faut pas, n'y vois rien de personnel. C'est juste que c'est agaçant de devoir combattre toujours les mêmes préjugés, les mêmes idées fausses (ne t'en déplaise).
"je voulais apporter un peu de débat, un peu de contradiction" : il nous semble malheureusement que ton discours est bien souvent le discours "du peuple" (non péjoratif), et que c'est nous qui tâchons d'apporter la contradiction, à l'aide des conclusions des analyses économiques, histoire d'enrichir et d'éclairer le débat (dans la mesure de mes modestes moyens).
"j'ai eu la prétention de croire que vous pourriez être interessé par ce que pouvez penser des gens qui adhèrent à ce slogan" : mais je le suis, sinon je n'aurais pas pris le temps de te répondre.
Vil et LSR (j'ose cette familiarité) : je vous sens chiffons dans vos commentaires. L'approche des vacances ? la fin de la fin de la thèse ? Quand même, une petite remarque, histoire de faire du bruit avec mes petits doigts, sur "les économistes, cela fait de l'économie, comme les physiciens, cela fait de la physique, il n'est pas écrit dans le contrat qu'on fasse de la vulgarisation" : justement, à la différence des physiciens ou des chimistes qui peuvent valoriser leurs recherches par des brevets, rien de tel pour les économistes. La principale valorisation de nos recherches, c'est l'enseignement (sous toutes ses formes, y compris la vulgarisation dans un blog) et la participation à l'action publique. [PS. N'empêche, optimum, c'est pas equilibrium, Pareto, c'est pas Walras, et babaorhum, c'est pas Econpublix]
Giiiizmooooo : ben moi je suis chiffon structurel, faut pas chercher d'explication ;-) Ceci dit, breveter les conclusions des recherches en économie, ça peut être une idée rigolote. Chaque fois que le gouvernement prendra une mesure appuyée sur ces travaux, paf ! Envoyez les brouzoufs !
Allez sur ce je vais sortir le transat et le jaune.
C'est les élections municipales, et ce slogan ressurgit sur les murs de nos villes.
A quand une refonte du slogan, moins neuneu et plus responsabilisant :
Leur vie valent-elles mieux que nos profits ?
C'est ça le sens politique : engager sa propre liberté dans le sens d'un intérêt général, qui n'est pas systématiquement la résultante naturelle de la somme des intérêts particuliers.