Ne sortant de sa torpeur à intervalles réguliers que pour dire et faire des conneries, notre Président sortant entend bien garder le rythme jusqu'au bout. Là, salon de l'agriculture oblige, il fait une envolée lyrique protectionniste magistrale en clouant Mandelson au pilori sur la question agricole.
Je voudrais pouvoir vous donner des mocreaux choisis, mais c'est un festival de haut niveau. On retiendra quand même Mandelson ne cesse de vouloir donner d'avantage alors qu'en contrepartie les Américains n'ont manifesté aucune intention de faire les moindres concessions sur le plan agricole (...) ni les pays émergeants sur l'industrie et les services (argument somme toute classique qui considère que le libre-échange n'est bénéfique que s'il est bilatéral, ce qui est l'occasion de rappeler une nouvelle fois la phrase de J.Robinson : The popular view that free trade is all very well so long as all nations are free-traders, but that when other nations erect tariffs we must erect tariffs too, is countered by the argument that it would be just as sensible to drop rocks into our own harbours because other nations have rocky coasts.
Et surtout cette phrase qui m'a laissé pantois, bouche bée, les bras ballants, estomaqué et sidéré : Cette espèce de manie qui caractérise la réflexion, si on peut appeler ça la réflexion, c'est plutôt une ambition du commissaire Mandelson de vouloir à tout prix trouver une solution dans la négociation. C'est vrai ça : qu'est-ce que c'est que cette manie mégalomaniaque de vouloir négocier lors de négociations commerciales? Surtout lorsqu'on est commissaire européen au commerce? Il faut que Mandelson comprenne que son rôle est de quitter la table des négociations en claquant la porte au bout de cinq minutes sans rien proposer, sinon on va se faire avoir par les ricains et les niaquoués.
Les mots me manquent pour qualifier le non-sens, la stupidité, l'incohérence, la débilité de cette phrase exceptionnelle que même Bush Jr. en forme n'aurait jamais sortie. Comme le disait Jules de ''Diner's room'' il y a peu, j'aimerais en savoir davantage sur celui qui détermine, pour trois mois encore, la stratégie nucléaire de la Nation.