Déflation juilletiste et autres variations saisonnières
Par VilCoyote le samedi 17 février 2007, 18:49 - insolite - Lien permanent
On entend nombre de chefs d'entreprise se plaindre que "l'été c'est la
déprime" - à part ceux qui travaillent dans le secteur du tourisme, bien sûr.
Du coup, ils ferment aussi à cette époque, et l'activité économique semble se
morfondre. Mais comme on ne fait pas de l'économie avec des impressions, voilà
de quoi accréditer cette thèse : tous les ans (ou presque), en juillet, le
niveau général des prix baisse. Pas de beaucoup, certes, de l'ordre de 1 à 3
dixièmes de point d'indice... mais quand même! Sans surprise, le regain
d'activité touristique estivale ne compense pas la dépression des autres
secteurs (le tourisme ne représente qu'environ 8% du PIB selon le ministère du tourisme).
Autre donnée qui ressort des séries de l'INSEE : le mois de mars (parfois février, parfois
avril) est régulièrement le mois qui enregistre la hausse des prix la plus
forte. Frénésie dépensière liée au retour des beaux jours ? Reprise
d'activité suivant les mois de consolidation budgétaire nécessaire après les
folies de Noël ? Le mois de janvier et sa tendance générale déflationniste
pourrait confirmer cette hypothèse, sans oublier l'effet des soldes (qui
expliquent aussi la déflation juilletiste). A propos de Noël, on notera que le
mois de décembre n'enregistre pas de hausse des prix exceptionnelle,
contrairement à ce qu'on pourrait croire.
Rien de bien nouveau, en somme, mais si la BCE tombe sur ces stats, on verra peut-être M.Trichet proposer 12 semaines de congés payés et l'interdiction du printemps pour combattre l'inflation.


Commentaires
Peut-être aussi faudra-t-il prévenir Mr Trichet du fait que l'intégration des marchés a un effet déflationniste, et donc, que toute pause dans la construction européenne est inflationniste, mais aussi, donc, incidemment, que la construction européenne est mauvaise pour la croissance.
Ha, ha, just serious
la poussé inflationniste de mars a une raison simple : les négociations commerciales pour l'année à venir entre la distribution et ses fournisseurs se déroulent en janvier-février, donc les hausses de prix sont répercutées en mars