On entend nombre de chefs d'entreprise se plaindre que "l'été c'est la déprime" - à part ceux qui travaillent dans le secteur du tourisme, bien sûr. Du coup, ils ferment aussi à cette époque, et l'activité économique semble se morfondre. Mais comme on ne fait pas de l'économie avec des impressions, voilà de quoi accréditer cette thèse : tous les ans (ou presque), en juillet, le niveau général des prix baisse. Pas de beaucoup, certes, de l'ordre de 1 à 3 dixièmes de point d'indice... mais quand même! Sans surprise, le regain d'activité touristique estivale ne compense pas la dépression des autres secteurs (le tourisme ne représente qu'environ 8% du PIB selon le ministère du tourisme).

Autre donnée qui ressort des séries de l'INSEE : le mois de mars (parfois février, parfois avril) est régulièrement le mois qui enregistre la hausse des prix la plus forte. Frénésie dépensière liée au retour des beaux jours ? Reprise d'activité suivant les mois de consolidation budgétaire nécessaire après les folies de Noël ? Le mois de janvier et sa tendance générale déflationniste pourrait confirmer cette hypothèse, sans oublier l'effet des soldes (qui expliquent aussi la déflation juilletiste). A propos de Noël, on notera que le mois de décembre n'enregistre pas de hausse des prix exceptionnelle, contrairement à ce qu'on pourrait croire.

Rien de bien nouveau, en somme, mais si la BCE tombe sur ces stats, on verra peut-être M.Trichet proposer 12 semaines de congés payés et l'interdiction du printemps pour combattre l'inflation.