"Je veux qu'au lieu de payer des pré-retraites on aide les entreprises qui restent en France à se développer", a-t-il dit lors de la visite d'une fonderie, Le Creuset, qui fabrique des cocottes en fonte émaillée exportées à 90%. "C'est-à-dire que je veux une stratégie offensive et pas une stratégie défensive."

Oui, c'est l'attaque des cocottes-minutes. On va gagner la guerre économique à coups de casseroles !

Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP a déclaré qu'il voulait que les entreprises qui ont reçu des subventions et quittent la France "rendent ces subventions".

Et si on arrêtait tout simplement de subventionner des industries en déclin qui n'ont aucun avenir en France? Ca fait un joli paradoxe du clientélisme, ça. "On vous donne des sous pour que vous votiez pour nous, mais vous vous barrez, du coup on passe pour des cons, alors rendez-nous notre pognon".

Il a d'autre part estimé qu'il fallait en finir avec la "naïveté", tant vis-à-vis des Etats-Unis que dans le cadre des négociations commerciales internationales.

C'est bon, on est devenu lucides en bloquant les négociations internationales, ne vous en faites pas M.le ministre-candidat.

"Les Américains ont décidé l'année dernière d'une fiscalité plus favorable pour les produits fabriqués aux Etats-Unis que pour les produits fabriqués ailleurs. Pourquoi on ne le ferait pas ?" a-t-il expliqué. "On nous demande de faire la concurrence avec des entreprises et des pays qui ne respectent aucune règle environnementale, aucune règle sociale, aucune règle morale", a-t-il poursuivi. "Eh bien, il n'y a qu'à taxer les importations dans ce cas, parce que sinon ça revient à faire la compétition avec des boules de pétanques dans les poches."

The popular view that free trade is all very well so long as all nations are free-traders, but that when other nations erect tariffs we must erect tariffs too, is countered by the argument that it would be just as sensible to drop rocks into our own harbours because other nations have rocky coasts - J.Robinson.

Par ailleurs, on ne va pas redire une douze millième fois qu'il est absurde d'exiger de pays en développement d'avoir les mêmes standards sociaux et environnementaux que des pays qui ont deux siècles de croissance d'avance sur eux, mais... si finalement, on va le dire.

L'ignorance économique la plus crasse, la démagogie et le populisme sont donc bien enracinés dans la campagne, sans surprise. Tant pis, la stupidité risque d'en sortir vainqueur. Tant mieux, ça va alimenter mes billets.

Source : Le Monde