Do it yourself
Par VilCoyote le lundi 22 janvier 2007, 12:42 - c'est pas nous qui l'avons dit - Lien permanent
Une interview de Nicolas Sarkozy dans Le Monde : morceaux choisis.
Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d'euros aux Français : 2000 euros rendus aux Français par foyer et par an
C'est vrai ça, détruire l'argent des impôts commençait à devenir pénible... Je ne conteste pas le fait que l'efficacité des dépenses publiques soit largement améliorable, au contraire. De là à dire qu'une baisse des impôts est équivalente à "rendre" l'intégralité de cette somme aux français, ce qui supposait qu'on leur volait et qu'on le dilapidait entièrement, il y a comme un sophisme.
Je propose donc que les entreprises ne payent pas de cotisations sur les heures supplémentaires (...) Songez qu'un salarié rémunéré au smic qui fera 4 heures supplémentaires par semaine augmentera son revenu de près de 2000 euros par an. (...) Et l'Etat y trouvera son compte car, lorsque les salariés ont plus de pouvoir d'achat, ils consomment davantage, et les recettes de TVA augmentent.
Alors, deux choses :
- de nouveau, l'Etat y est présenté comme un organisme vivant et cupide qui
cherche la rentrée fiscale comme une fin en soi (c'est tout juste s'il ne nous
parle pas de profits).
- cotisations sociales et impôts sont mis dans le même sac, comme s'ils étaient versés au même organisme et servaient à la même chose. Donc retenez bien que sous Sarkozy 1er, la TVA servira à financer les retraites et les allocations chômage.
Je veux une France où chacun puisse accéder à la propriété et propose que l'on puisse déduire 100% des intérêts d'emprunt contracté pour l'acquisition de son logement de son impôt sur le revenu. Il n'y a aucune raison qu'on paie des impôts sur les intérêts qu'on verse.
Reformulons la logique de cette phrase : il est illégitime que je sois imposé sur la partie de mon revenu que je dépense pour acquérir un bien. Pourquoi pas. Dans cette logique, on pourra donc déduire de sa déclaration d'impôts l'intégralité des sommes qu'on alloue à notre consommation - car je ne vois pas en vertu de quoi l'investissement immobilier (l'accès à la propriété) devrait être considéré comme un besoin plus fondamental que l'achat d'une voiture, d'un écran plat ou de trois kilos de pâtes.
Il faut supprimer la surprime imposée aux malades qui empruntent
Et la surprime d'assurance aux jeunes conducteurs, et aux pratiquants d'activité à risque, etc... Interdire aux assureurs d'évaluer et taxer le risque, c'est une innovation intéressante.
Le reste de l'article contient d'autres points plus ou moins contestables, mais ça reste bien bas dans l'ensemble.


Commentaires
"Songez qu'un salarié rémunéré au smic qui fera 4 heures supplémentaires par semaine augmentera son revenu de près de 2000 euros par an."
Bizarre comme chiffre : je lis sur le site de l'Insee que le SMIC horaire brut est de 8,27 euros. En multipliant ça par 4 heures et 48 semaines, ça fait 1587 euros brut. Et donc encore moins en net.
Quelques remarques supplémentaires:
- Effectivement, si réduire de 4 points, c'est "rendre aux français", pourquoi s'arrêter à 4 points ? De l'ambition que diable ! Abrogeons les cotiz, tant qu'on y est !
- Vil: "cotisations sociales et impôts sont mis dans le même sac"
Vu que les impôts servent entre autre à boucher les trous des organismes sociaux, c'est pas complètement faux (mais je veux bien croire que ce n'est pas ce raisonnement là que faisait le petit Nicolas)
- Vil: "il est illégitime que je sois imposé sur la partie de mon revenu que je dépense pour acquérir un bien"
Non, il a dit "intérêt", pas "remboursement". En pcp (càd, s'il sait ce qu'il dit et ne confond pas tout), seule la partie "intérêts" de ton remboursement mensuel serait déductible. C'est néanmoins idiot. Les Pays-Bas le font, et c'est une horreur. Ca mériterait sûrement un billet entier, mais c'est un cadeau énorme aux banques et aux riches.
D'abord, pourquoi on ne payerait pas d'impôts sur les intérêts ? C'est un service (la location d'argent) comme un autre, non ?
LSR
La campagne devient presque drôle... Le problème est que personne ne s'intéresse à son fond !
Voir ici : http://egocognito.over-blog.com/art...
@Pascal : N'oubliez pas que les heures supp' sont majorées.
@LSR : wep, j'ai fait un raccourci de semi-mauvaise foi - enfin les intérêts qu'on rembourse restent une part du revenu qu'on consacre, d'une certaine façon, à sa consommation.
@Pascal : n'oubliez pas que les heures supp' sont majorées.
@LSR : certes, mais les intérêts que je verse sont, d'une certaine façon, une partie de mon revenu consacrée à la consommation. Alors pourquoi cette partie-là, et pas une autre... ou en tout cas pourquoi que sur l'immobilier ?
Sans aggressivité aucune, je ne comprends pas très bien la nature de l'objection.
Si le citoyen électeur s'imagine produire plus par lui-même qu'en délégant cette responsabilité à l'état, quel est le problème, du point de vue économique, s'entend ?
Passant : le citoyen électeur (ignorant) ne produit pas d'éducation, ni de défense, ni de routes, enfin pas de service public ou de biens collectifs. L'objection est que présenter l'impôt comme un vol ("on vous a pris 4% pendant des années, on va vous les rendre") ne tient pas debout... Enfin je ne suis pas sûr de comprendre votre objection à vous ;-)
Théoriquement que la dépense soit étatisée ou non ne change rien a condition qu'elle soit efficace. Pratiquement, hors bien collectif, il me parait plus prudent de faire confiance a l'individu pour prendre soin de ses propres intérêts, plutôt que de laisser ce soins aux politiques et administratifs dont les intérêts ne sont pas obligatoirement alignés. D'autant plus que le contrôle et l'évaluation ne paraissent pas faire partie de notre culture politique.
VilC: Merci pour votre réponse : je pense (..j'espère..) avoir compris ce qu'était un bien public pur, mais il semble simplement que trouver une définition peu contestée de ces biens publics purs posait bien des questions. Par exemple, dans une économie où la préservation de la ressource en eau, la qualité de l'air, la production de nourriture est confiée au marché, en quoi l'éducation (ou la défense, la justice, la police), dont une société peut se priver bien plus durablement que d'eau ne pourrait être confiée aux mêmes instruments de régulation que la fourniture d'eau et de nourriture ?
Passant : la fourniture d'eau et de nourriture peuvent être facturées individuellement. Ce sont des biens facilement excluables (l'individu qui ne paie pas ne peut pas en profiter). Pour la défense et la police (la justice est une autre question, et l'éducation n'est pas un bien public mais tutélaire), il est impossible d'empêcher un individu d'en profiter s'il ne le finance pas. Seul l'Etat peut donc fournir ce genre de biens et services (l'éclairage public en est un autre), en les finançant par des prélèvements obligatoires. Sinon, tout le monde adopterait un comportement de passager clandestin (on compte sur les autres pour payer à sa place, et on profite quand même du service fourni) et le service ne serait pas produit.
Mais... sans vouloir sembler pinailleur, il me semble qu'on peut facilement exclure quelqu'un de la protection policière (pas forcément totalement, mais on peut penser par exemple au cas des étrangers en situation irrégulière). Plus clairement, il ne me semble pas plus difficile d'interdire à quelqu'un d'accéder (facilement) à l'eau que de l'empêcher de bénéficier d'une (bonne) protection policière. Par ailleurs, une bonne partie de ce que le citoyen considère comme étant de la protection policière est assurée par des services municipaux, éventuellement complété par l'action de services de protection privés (pour les transports de fond ou la sécurité des grands magasins, par exemple).
Par ailleurs, ne pensez-vous pas que l'eau assainie ou l'air respirables sont, eux aussi, des biens tutélaires ?
Concernant la police, l'essentiel de son travail est de l'ordre de la prévention (rondes, etc.). Je bénéficie donc du fait que la police passe dans mon quartier. Cette protection n'est pas excluable individuellement.
Concernant l'eau pure ou l'air, ce ne sont pas des biens tutélaires. Un bien tutélaire est un bien tel qu'un planificateur social complètement bienveillant voudrait voir consommer en plus grandes quantités par les individus que ce que ces individus décideraient spontanément eux-mêmes (les devoirs pour les enfants, par exemple), ou au contraire moins que ce qu'ils voudraient consommer (tabac).
Bravo, tu es un des seuls à relever les conneries de NS, la presse dort toujours sur ses deux oreilles...
En fait il suffit de se rendre compte que la France est le pays le plus taxé au monde (tva, impots sur les sociétés, impots personnels), et l'un des moins bien équipé du monde occidental.
Il y'a quelques fuites dans la baignoire fiscale et un rendement bien plus médiocre que dans le privé! C'est pour cette raison que l'on peut réduire le budget étatique. Ca c'est plus qu'objectif comme constat!