L’ISF n’existe pas, et il est efficace
Par Elessar le mercredi 17 janvier 2007, 10:42 - réflexions ou tentatives - Lien permanent
Titre provocateur pour un débat surréaliste. A en croire le discours d’une certaine droite dite libérale et décomplexée, l’ISF serait une véritable exception française, une imbécilité économique sans nom qui ferait massivement fuir les capitaux à l’étranger, un bloc granitique symbole de l’immobilisme français. C’est tout faux, et une petite mise au point s’impose.
Déjà, vus les chiffres en jeu, le problème semble plus d’ordre psychologique qu’économique. Mais même économiquement, il n’est pas clair du tout que l’ISF soit un impôt « idéologique » économiquement absurde. Peut-être même le contraire. Il n’y pas de grandes différences entre l’ISF et un impôt sur les rendements du capital, et les différences qu’il y a pourraient bien plaider en faveur de l’ISF.
Pourquoi ?
Petit exemple illustratif. Prenons un chanteur de rock au hasard,
Jean-Philippe S. Il a une fortune de 10M€ investie à 10% avant impôts. Le pays
S, horrible prédateur des impôts des autres, n’impose pas la
fortune mais seulement les revenus du capital, mettons à 10%. Le pays F,
terre de jalousie, n’impose pas les revenus du capital, mais
le capital lui-même, à hauteur de 1%. Où vaut-il mieux habiter payer
ses impôts ? Un petit calcul vous dira que c’est kif-kif : dans le
pays S , JPS payera 10M€*10%*10%=100k€ d’impôts. Dans le pays F, ce sera
pareil : 10M€*1%=100k€.
Payer un pourcentage de pourcentage (i.e. un impôt sur un rendement) ou un pourcentage (i.e. un impôt sur une fortune), ce n’est jamais qu’une multiplication de plus ou de moins, ça ne change rien d’un point de vue conceptuel. D’où la première partie du titre : l’ISF n’existe pas. Plus précisément, il n’existe pas en tant qu’impôt hautement exceptionnel et original que seule une France marxisante et inculte en économie pourrait inventer. L’ISF et l’imposition des rendements du capital, en moyenne, c’est le même principe, et tous les pays imposent le capital d’une façon ou d’une autre. Et le fait qu’il y ait les deux impôts en France ne change rien au raisonnement. S’il y a à la fois l’impôt de 10% sur le rendement et un ISF de 1%, JPS payera (en moyenne) 200k€. d’impôts. Ce qui compte, c’est le montant de l’impôt, pas la formule mathématique.
Et ce n’est pas l’ISF en tant que tel qui pourrait faire fuir JPS. Il songera à déménager si ailleurs, on le fait payer (en moyenne) moins que 200k€, mais il se fiche de savoir si cet impôt moindre est calculé sur la base de sa fortune, des rendements de celle-ci ou de l’age du capitaine. Donc si on veut avoir un débat sur l’imposition idéale du capital en France (très bonne idée), il faut regarder en même temps tous les impôts qui frappent le capital. Parler de l’ISF de façon isolée n’a pas de sens. Et si on veut baisser l’imposition du capital (très bonne idée aussi) , il faut baisser l’impôt qui a les effets les plus délétères (on dit « distorsifs » en franglais économique). Et cet impôt pourrait bien ne pas être l’ISF.
Re-pourquoi ?
Vous aurez sûrement remarqué l’expression « en moyenne » qui traîne de façon un peu lourdaude dans les paragraphes précédents. C’était pour être précis, car il y a une petite différence conceptuelle entre imposer le capital et imposer les revenus du capital. On impose les revenus réalisés et non les revenus attendus « en moyenne ». Et les revenus réalisés peuvent très bien être de 5% ou de 15%, voire négatifs, selon la sagacité de l’investisseur et la fidélité de son conjoint. Et là, l’impôt payé sur les rendements n’est plus le même, bien sûr. Avec un rendement de 5%, on ne paye plus que 50k€ d’impôts, et avec un rendement de 15%, on paye 150k€. Evidemment, dans le cas de l’ISF, on paye 100k€ dans tous les cas.
A première vue, cette nuance ne semble pas importante, puisque JPS prend sa décision de déménager avant de connaître les résultats de ses investissements; il ne sait pas s’il aura 5% ou 20% de rendement, il sait seulement qu’en moyenne, il aura 10%, et que donc il payera en moyenne le même impôt dans les deux pays. Il ne peut pas savoir à l’avance quel pays lui sera le plus avantageux.
Pourtant, la nuance est de taille. Car JPS peut choisir quel type d’investissement il va faire. S‘il est très averse au risque, il peut investir en visant un rendement de 5%, qu’il aura quasiment à coup sur. S’il est plus flambeur, il peut miser sur des start-ups et des investissements risqués. Il aura peut-être 25%, peut-être –5%. En moyenne (i.e. en espérance), le rendement sera bon, plus de 10% (un économiste dira que le marché le récompense pour sa prise de risque), mais ça peut mal tourner. Les différentes fiscalités vont influencer ce choix. Difficile de dire dans quel sens (je n’ai pas trouvé de résultat théorique concluant, mais je suis preneur), surtout qu’il y a mille et une exceptions et règles de calculs bizarres. Mais il ne me semble pas évident du tout qu’un impôt forfaitaire sur les gains du capital (ce qu’est l’ISF, au fond) ne soit pas un bon choix pour promouvoir la prise de risque, par exemple.
Surtout que l’ISF a deux avantages majeurs. Il est assez difficile, conceptuellement et encore plus en pratique, de définir les concepts de « revenu » et de « rendement », surtout quand on commence à étudier des investissements exotiques, quelquefois uniquement créés pour des raisons d’optimisation fiscale (exemple technique : prendre les deux côtés d’un hedge, ce qui économiquement n’est pas très utile mais peut l’être fiscalement, si les deux côtés sont traités différemment par le fisc). Définir un capital, c’est plus facile. Donc imposer le rendement offre bien plus de moyens d’ « optimiser » son impôt, pour qui a les moyens de se payer un fiscaliste, que l’ISF. De plus, en économie, on aime bien les impôts peu distorsifs. En très court (ça mériterait une note, Bernard Salanié est expert), on aime les impôts qui influent peu sur le comportement des gens (sauf pour les taxes pigouviennes, mais c’est un autre sujet). Et quoi de mieux qu’un très léger impôt (1%) à assiette bien large sur un gros truc (le capital) qui ne bouge pas ? L’assiette est large, donc peu de comportement d’évitement, le taux marginal (1%) sur un gain de capital est très bas, donc peu de barrières à l’investissement, et on ne déménage pas si facilement son capital. D’où la deuxième partie du titre : l’ISF est efficace.
Qu’on arrête donc avec le baratin sur l’ISF impôt « idéologique ». Les riches et le MEDEF n’ont rien contre l’idéologie, quand elle leur sert. Non, plutôt, c’est la facilité et l’ efficacité de l’ISF qui, amha, énervent tant une partie de l’électorat de l’UMP. Un impôt difficile de gruger et difficile à éviter, c’est sûr, ça ne plait à personne qui le paye. Mais c’est ce qu’il y a de mieux pour la collectivité. Si seulement on pouvait le débarrasser de toutes les niches ridicules (liste non exhaustive : les actions, les biens professionnels, les oeuvres d'art, les droits de propriété artistique ou industrielle etc.) pour en faire autre chose qu’un impôt sur l’immobilier.
Conclusion : vive l’ISF et …. votez Bayrou !
Je suis partisan d’une réforme de l’ISF, d’une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 €, sans plus aucune niche défiscalisée, sans exemptions, mais à taux léger. (ici)
LSR


Commentaires
Si je peux me permettre un angle legerement différent je dirais que l'ISF (comme la plupart des impots en France) est discriminatoire. Dans un pays socialisé au niveau de la France la vrai richesse est la valeur de vos droits sociaux qui n'est taxée ni a l'IR ni a l'ISF. La vrai richesse du couple R&H par exemple est la certitude de toucher un cash flow confortable jusqu'a leur mort. Ceci n'est pas taxé. Si vos revenus sont aléatoires et que votre capital (comme tout capital) est la pour compenser ce risque, alors vous etes taxé.
En fait tout le systeme fiscal de ce pays privilégie la vie pepere sans prise de risque; je conseille donc a ma fille une carriere de prof d'Université (plus quelques piges de journalistes).
Merci pour cette explication très claire. A propos des incitations sur le choix du niveau de risque, j'ai l'impression que l'ISF décourage la prise de risque, car un impôt proportionnel aux revenus réduit la volatilité du revenu après impôt (ce qui plaît à quelqu'un qui est averse au risque), ce que ne fait pas un impôt forfaitaire.
Bon article. Une remarque tout de même :
Le fait de savoir qu'on devra payer 1% sur son capital peut, contrairement à ce que vous dites, donner envie de trouver un placement à rendement sûr, même s'il est faible, de façon à être certain de pouvoir payer cet impôt.
En effet, inflation + ISF = 2,5% cette année par exemple. Donc j'ai intérêt à placer mon argent à 4,5% nets plutôt qu'à prendre le risque de ne pas gagner assez pour couvrir ces 2,5%.
D'autre part, la prise de risques en matière de placement peut être bénéfique ou néfaste pour la collectivité. Bénéfique quand elle favorise le développement des activités nouvelles, néfaste quand elle nourrit la spéculation et la pression imposée aux entreprises de dégager des rendements inatteignables.
Le rendement nécessaire pour payer l'ISF est plus élevé que taux ISF+ inflation, car souvent une bonne partie de la fortune n'est pas placé, ex: le chalet de Jean-Philippe.
Bonjour,
bien qu'inventée par les socialo-communistes, l'ISF est moins distorsive qu'une taxe sur les revenus du capital parce que c'est une taxe "forfaitaire", chère aux économistes.
Promeneur : le chalet de JPS est placé, contrairement aux apparences : ce qu'il lui rapporte correspond tout simplement à la valeur locative de ce chalet.
@Merlin: A peu près tous les impôts sont discriminatoires.
Par ailleurs, la certitude de toucher un cash flow n'est certes pas taxé (le cash flow lui-même, oui), mais ce cash flow est aussi plus bas que si SR et FH avaient acceptés un cash flow incertain, par exemple dans le privé. Les fonctionnaires "payent" leur sécurité de l'emploi en acceptant des salaires plus bas. Un article récent (avec un titre assez trompeur) de Telos en parle.
@Jo, tibo et Pascal Salin (le vrai ? quel honneur !):
J'ai eu initialement le même réflexe que Pascal Salin (ISF=impôt forfaitaire, donc bon), puis celui de Jo et tibo (impôt sur les rendements=diminution de la variance, donc bon). Les deux raisonnements semblent a priori justifiés par l'intuition économique (en tout cas, la mienne), mais mènent à deux conclusions radicalement opposées. Après plus ou moins mure réflexion, j'en suis venu à la conclusion que ce n'est pas clair du tout. Attention, le reste est un peu technique.
D'un point de vue dynamique, l'ISF n'est pas forfaitaire, puisqu'il est perçu chaque année. Un investisseur sait donc qu'il aura à payer l'ISF demain sur les gains qu'il fera aujourd'hui, et ce avant d'investir. Dans un simplissime modèle avec agent représentatif sans risque idiosyncratique, l'ISF et l'impôt sur les rendements, c'est la même chose. Ils ont chacun un effet distorsif sur la décision d'épargner, mais pas sur le type d'investissement (il n'y en a qu'un seul d'optimal). Si on rajoute du risque idiosyncratique non diversifiable, les deux impôts jouent toujours sur la décision d'investir (plutôt que consommer), mais aussi sur les types d'investissement. Quel impôt promeut quels investissements, et qu'est ce qui est souhaitable ? Quels seront les niveaux d'investissement dans les deux cas ? Quels effets sur la croissance ? Je n'en sais rien. Ajoutez à cela les effets d'équilibre général sur les prix des assets, et vous aurez compris ma perplexité. Si un modèle théorique concluant existe, je suis preneur. Sinon, je le tiens, mon article ;-)
LSR
Avec tout le respect que je vous doit (a) la structure tres progressive de l'IR fait que seul (disons) 2% des Francais le paye réellement ce qui est d'ailleurs la raison pour laquelle toute baisse d'IR ne favorise que ceux qui le paye, donc les riches (b) ce que l'enquete de Telos dit est que le pouvoir d'achat a baissé en terme réel pas qu'ils sont payés moins que les autres. Ce qui peut etre le cas pour les hauts fonctionnaires (sur une base brute avant primes, charges et impots) mais pas pour le fonctionnaire moyen.
Sinon vous avez raison, le problème n'est pas l'ISF mais le cumul d'impôts et de charges de toutes sortes dans la plus grande opacité et sans aucune logique autre que de plumer un maximum d'oies avec un minimum de piaillement. Ce qui permet d'utiliser l'ISF et l'IR comme un impôt que seul les "riches" doivent payer ce qui traduit une facon de concevoir la vie en collectivité de facon plutôt antagoniste.
Autre remarque : l'ISF est un impôt extremement pénible, car la déclaration de l'actif et du passif au fisc est longue et fastidieuse. Surtout le passif, à cause des innombrables dettes envers... l'URSAFF! Le principale problème ce n'est pas le montant, mais le nombre d'heures perdues. Et ne parlons pas des cas où, l'administration suspectant une fraude, il faut faire une déclaration complète sur les cinq dernière cinq années. Quand on ne s'y attend pas et qu'il faut retrouver tous les documents, c'est le cauchemar. On pourrait calculer la perte que représente ce travail en multipliant le temps passé par le salaire horaire du contribuable en question. Je serais loin d'être étonné, si en ajoutant les fonctionnaires contrôlant le tout, on découvre que cet impôt détruit plus qu'il ne rapporte. Ce qui ferait un rendement assez ridicule.
Belle analyse !
Le risque en cherchant à limiter cet impôt est que le manque à gagner soit compensé par une hausse de la taxation des facteurs les moins mobiles (travail par exemple)...
http://egocognito.over-blog.com/
@ à quoi ... dimanches: Les dettes de l'URSAFF, la compta devrait avoir ça, non ? Sauf pour des cas rares, je ne suis pas convaincu que les formulaires de l'ISF soient si longs à remplir. Remarquez, on peut doubler les taux de l'ISF pour rentabiliser votre travail, si vous voulez :-). Plus sérieusement, l'ISF rapporte 3 milliard d'€, je doute que ça coûte la même chose en fonctionnaires (à 50k€ coût de travail annuel moyen, ce qui est large, ça en ferait quand même 60 000)
@ ecocognito: Pourquoi serait-ce mauvais ? C'est une question sérieuse: taxer un facteur moins mobile, c'est tout bénef, non ?
LSR
Un impôt avec une assiette large, facile à calculer et très peu progressif, j'en connais un : la TVA.
D'ailleurs, ils me semble que les allemands essaient cette stratégie. Pourquoi aller chercher plus compliqué ? Cela aurait de plus l'intérêt de faire méerger une stratégie de coordination fiscale plutôt bienvenue en europe.
Plumer: Relisez donc Colbert et sa définition de l'impôt efficace. Sans compter qu'il ne me semble pas que la France soit un pays tres efficace dans l'utilisation de l'argent public.
Dire que 50% des français payent l'IR est une vaste plaisanterie lorsque 50% de cet impôt est payé par 4% de ceux qui le payent. Bon mais ca permet de noyer le poisson.
Je rejoins Passant sur la TVA qui a le merite de la transparence et d'avoir fait ses preuves au Danemark, mais la transparence est la derniere chose que l'on recherche dans ce pays.
@Merlin : La question de l'efficacité de l'utilisation de l'argent public est un problème tout sauf clair et tranché. Par ailleurs, la fiscalité optimale a fait quelques progrès depuis Colbert...
Par ailleurs, le principe de l'impôt sur le revenu est précisément d'être progressif. Pour tout impôt significativement progressif, une grande part des recettes sera prélevée sur un petit nombre. Cela n'invalide donc en rien l'argument voulant que 50% des français le payent, d'autant moins qu'en proportion du revenu, il représente une somme non-négligeable au niveau du revenu médian (à peu près 800 euros annuels pour un revenu mensuel net de 1400 euros).
Concernant la TVA, elle a précisément le défaut de ne pas être progressive, puisqu'elle ne pèse que sur la consommation, et pas sur l'épargne. Or, on sait depuis Keynes que le taux d'épargne progresse plus vite que le revenu.
@ leconomiste: La progressivité, c'est l'équivalent de l'immaculée Conception? Il semble la France soit a la pointe du dogme en la matiere, vieux pays catholique probalement.
Quand a la proportion du revenu le revenu median (que je vois baisser de plus en plus au fur et a mesure) paye 1/2 mois ce qui me parait non significatif alors que le 1% des revenus qui paye 30% de l'impot total payent plus de 3 mois de revenu.
Que l'on dise que les revenu eleves payent plus d'impots car ils tirent plus de benefices de la societe et la qualite des institutions me parait acceptable, mais cela peut etre atteint meme par un impot degressif sur le revenu. Je n'ai rien contre un impot transparent eleve et faiblement progressif, par exemple comme au Danemark ou 40% des contribuables le payent au taux maximal de 62.9%. Si les Danois sont content, c'est bien, ils ont tous les elements necessaires pour juger de la bonne utilisation de leurs deniers. Je remarque d'ailleurs que la qualite du debat democratique et son pragmatisme sont meilleurs dans les pays du Nord pour cette raison. En France on brasse beaucoup d'idées génereuses, forcement genereuses, car on fait mal le lien entre la depense et la recette (et sa provenance).
Quelques remarques interessantes ici.
http://www.lemonde.fr/web/article/0...
Bernard Salanié a écrit un article sur Telos-EU sur le sujet :
http://bsalanie.blogs.com/economie_...
Ce qui m'amuse dans le débat médiatique c'est le niveau effectif de l'ISF, autour de 1000-2000 euros pour des ménages politiques plutot aisés et au patrimoine essentiellement foncier.
Personne n'a pensé a regarder quels étaient les taxes foncieres et d'habitation sur ce même patrimoine, a mon avis c'est beaucoup plus elevé que cet ISF :). Jusqu'a 5-6 millions d'euros je dirai.
@LG: la réponse a votre question est a chercher plutôt au niveau de 2 millions d'Euros voire en dessous soit un bel appartement Parisien dont les taxes habitation + foncière vont être de l'ordre de 4-5000€.
L'ISF de Corinne Lepage me parait plus représentatif de ce que pourrait etre l'ISF de nos candidats si une grande part de leur rémunération réelle n'avait pas été constituée d'avantages en nature liés a leurs fonctions. Celui de JMLP semble tres tres faible.
Je sais l'occasion de ce billet que j'approuve entièrement :-) pour dénoncer un mensonge courant selon lequel "seule la France" aurait cet impôt, ou encore "seules la France et l'Espagne". À la connaissance du "Monde" (article il y a quelques mois) c'est aussi le cas, parmi les seuls pays de l'UE15, de la Finlande, la Grèce, le Luxembourg et la Suède. Les Pays-Bas l'ont remplacé en 2001 par ... un prélèvement assis sur les revenus "théoriques" du capital et équivalant à un impôt sur la fortune au taux de 1,2 % ... LSR appréciera !
Ce qui est vrai, c'est que le taux maximum français (1,8%) est le plus élevé après celui de l'Espagne (2,5%), à mon avis ce taux est proche de la spoliation puisque c'est le revenu, hors inflation, d'un placement sûr (bons du Trésor ...).
L'ISF existe bel et bien et il est inefficace. C'est bel et bien un impôt idéologique. Pourquoi nier ces réalités?
Voici quelques pistes de réflexion:
1) L'ISF existe et tout le monde n'est pas égal devant cet impôt. Ceux qui le payent s'en rendent bien compte:
- C'est le seul impôt qu'il faut calculer soi même. C'est à dire qu'avec exactement le même patrimoine, deux personnes peuvent payer un impôt très différent suivant leur niveau ... d'honnêteté. Sans compter tous ceux, toujours plus nombreux, qui devraient théoriquement déclarer et qui font les morts (d'après certains économistes, il seraient entre 200 000 et 300 000). Pour ceux qui ont un patrimoine complexe et diversifié, remplir la déclaration d'ISF peut prendre facilement une journée.
- C'est un impôt sur une richesse souvent virtuelle. Si votre appartement franchit le seuil des 760 000 euros, vous payez l'ISF et si sa valeur redescend en dessous de ce seuil vous ne le payez plus mais alors pourquoi l'avoir payé précédemment? Faudrait-il que l'Etat rembourse le trop perçu?
- Les niches fiscales comme les oeuvres d'art, les forêts, etc. ne sont accessibles qu'aux plus riches. On en arrive au paradoxe que plus on est riche moins on paye d'ISF.
Hallucinant!
- C'est un impôt qui porte sur des sommes qui ont déjà payé l'impôt que ce soit l'IR, les droits de succession, la CSG l'impôt sur les plus-values etc... Il s'agit donc d'une double imposition. On est vraiment pas loin de la spoliation.
- C'est un impôt qui revient tous les ans. Et c'est bien là toute sa perversité. Les taux apparemment faibles (0,55% - 0, 75% et jusqu'à 1,80%) s'appliquent au même patrimoine d'année en année. Par exemple, une portion donnée de patrimoine dans la tranche des 1% se voit prélevé de 11% au bout de 10 ans et de 22% au bout de 20 ans d'ISF. Si dans le même temps ce patrimoine ne rapporte pas (résidence principale, résidence secondaire ou autre), on comprend que sur la durée cet impôt apparaisse quasi-confiscatoire à ceux qui y sont asujettis.
2) L'ISF est un impôt idéologique. Il a été mis en place par la gauche (IGF) puis supprimé par la droite avant d'être à nouveau rétabli par la gauche. Presque tout le monde à droite, Sarkozy le premier, est persuadé que cet impôt est une erreur qui nuit à la compétitivité de notre pays. Seulement, personne n'a le courage de le supprimer car tout le monde se souvient de la déconfiture de la droite aux élections legislatives qui ont suivi sa suppression.
- En Allemagne, l'ISF (son équivalent allemand) a été déclaré inconstitutionnel car spoliateur. A moins de penser que les allemands sont fous, cela devrait au moins en faire réfléchir certains.
- Le bouclier fiscal est une tentative évidente d'alléger l'ISF de certains mais il est loin de résoudre tous les cas et a pour principal effet d'ajouter de la complexité à la complexité.
C'est une mesure extrêmement hypocrite qui ne fait que corriger partiellement certains excès.
3) L'ISF est inefficace. Son bilan économique est même catastrophique.
Je laisse la parole à l'économiste Christian Saint-Etienne, membre du Conseil d’Analyse Economique (ancien Commissariat au Plan)
"En quinze ans, plus de 10 000 chefs d’entreprise de taille moyenne ou moyenne-grande (celles qui font cruellement défaut à notre pays aujourd’hui) sont partis, avec quelques centaines d’artistes et de sportifs, délocalisant entre 70 et 100 milliards d’euros de capital productif. Cela nous a probablement coûté entre 0,2 % et 0,3 % de croissance par an depuis dix ans. L’ISF rapporte environ 3,2 milliards, déduction faite des frais de collecte, mais si les 70 à 100 milliards de capitaux expatriés « travaillaient » en France, ils rapporteraient de 6 à 7 milliards d’euros d’impôts. Le gain apparent de 3 milliards de recettes d’ISF est une perte réelle nette du même montant. Sans compter la perte cumulée d’un demi-million d’emplois productifs."
La messe est dite.
Conclusion
Il est malheureux que les deux seuls hommes politiques qui proposent de supprimer l'ISF sont Le Pen et de Villiers.
En l'absence de mieux, je me rallierai aussi à la proposition de François Bayrou qui a le mérite d'aller dans le bon sens.
@FrédéricLN: Tu approuves :-) ? M'en voilà fort aise, mais guère surpris. Attends que je fasse un petit billet sur
l'esclavage des jeunesle service civique ...Merci pour le très informatif petit tour d'horizon européen, j'aurais du y penser lors de la rédaction de mon billet.
@Francois d:
Quelques éléments de réponse:
- Tous les impôts sont idéologiques dans un certaine mesure, puisqu'il faut bien décider qui paye et qui ne paye pas. Mon billet tentait d'expliquer que l'ISF ne l'est pas forcément plus que les autres, et peut-être moins.
- Etre égal devant l'impôt, c'est être égal devant les règles qui fixent qui va payer, pas avoir tous la même somme à payer.
- Je ne vois pas où est le pb de le calculer soi-même. Tricher est interdit, et on déclare bien soi-même ses revenus aussi.
- La valeur d'un appartement n'est pas virtuelle. On paye quand il vaut plus que €750 000, on ne paye pas quand il vaut moins. Pareil pour les actions, etc.
- Les niches sont un scandale, en effet.
- La double imposition des revenus du capital est un pb plus large, voir à ce sujet la note de B. Salanié. Tout ce que mon billet cherche à dire, c'est que quitte à imposer le capital, l'ISF pourrait bien être une solution simple et efficace. Faut-il taxer le capital ? C'est une autre question.
- L'ISF revient tout les ans ? Les revenus du capital aussi ! Et les résidences rapportent bel et bien, voir le commentaire d'Antoine.
- Comme je l'ai expliqué dans mon billet, l'ISF tout seul ne peut pas être "catastrophique", il faut regarder la taxation du capital dans son ensemble. Est-elle "catastrophique" ? Faut voir. Le capital choisit de venir en France si c'est rentable, net d'impôts. Il ne me semble pas que le manque de capitaux soit une source majeure des pb en France aujourd'hui. De plus, comme je l'explique, si on décide de baisser les impôts sur le capital, ce n'est pas forcément l'ISF qu'il faudra toucher en premier.
- le CAE n'est pas du tout l'ancien commissariat au plan.
LSR
"- Je ne vois pas où est le pb de le calculer soi-même. Tricher est interdit, et on déclare bien soi-même ses revenus aussi."
=> Les revenus, c'est très facile à mesurer à l'euro près.
La valeur d'un patrimoine, beaucoup moins: sans tricher sciemment deux personnes peuvent aboutir à des évaluations très différentes d'un même patrimoine immobilier. Il peut facilement y avoir un écart de 20%.
"- L'ISF revient tout les ans ? Les revenus du capital aussi ! Et les résidences rapportent bel et bien"
=> Il n'y a PAS de revenu du capital sur une résidence principale ou une résidence secondaire (ZERO, NADA, RIEN, QUE DALLE!). Il est clair que la plupart des personnes qui payent l'ISF depuis quelques années ne possèdent que leur logement principal et éventuellement une résidence secondaire.
=> Les revenus immobiliers sont déjà taxés au titre de l'IRPP. Sans parler de l'impôt foncier qui est de plus en plus élevé. Et, encore une fois, l'ISF ne taxe pas les revenus du capital, il ne taxe que la valeur estimée du patrimoine.
=> la progression des loyers n'a pas du tout suivi la hausse de l'immobilier. Les rendements locatifs n'ont jamais été aussi faibles. Sur Paris on est aux alentours de 3,5% Brut. Une fois les charges du propriétaire, l'IRPP et la taxe foncière payés, on aboutit à un rendement net largement inférieur à 2%. Avec l'ISF qui passe derrière à 1% ou plus, il ne reste quasiment rien. Dans certains cas même, le solde est négatif! Quand je parle de spoliation...
"Tout ce que mon billet cherche à dire, c'est que quitte à imposer le capital, l'ISF pourrait bien être une solution simple et efficace. Faut-il taxer le capital ? C'est une autre question."
=> Taxer le capital est une abbération qui a pour seul effet de faire fuir les capitaux au profit des pays limitrophes (Belgique, Suisse, Luxembourg). Il faut taxer les revenus du capital (à un taux raisonnable), c'est tellement plus sensé.
=> La taxe sur le capital immobilier porte déjà un nom: c'est la taxe foncière.
Par rapport à l'ISF, cette taxe a au moins deux grands avantages:
- elle est payée par tous ceux qui possèdent un bien qu'ils soient français ou étrangers.
- son calcul est réalisé par l'administration => égalité
=> Bref, la Taxe Foncière suffit pour l'immobilier.
Il faudrait donc logiquement retirer tout l'immobilier de l'assiette de l'ISF pour ne laisser que les capitaux mobiliers (Actions, Obligations, Assurance vie, etc.). Mais là encore, l'impôt le plus juste est l'impôt sur la plus value qui est déjà l'un des plus élevé d'Europe.
Conclusion: l'ISF est bel et bien un impôt idéologique et contre-productif qui n'a qu'un seul résultat: l'appauvrissement de la France. Ce que dit Christian Saint-Etienne (voir mon post plus haut) est éloquent à ce sujet. Alors arrêtons le massacre.
François d. : Pas de revenu du capital sur une résidence principale ? Tiens donc ? Combien vous faudrait-il pourtant payer pour y habiter si vous n'étiez pas le propriétaire de ladite résidence ?
@leconomiste => ben voyons! Il ne s'agit en aucun cas d'un revenu. Mais cette remarque me permet de préciser le point suivant : actuellement, vu le faible rendement de l'immobilier, il est souvent beaucoup plus intéressant d'être locataire que d'être propriétaire.
La preuve? : j'ai vendu le deux pièces que je possédais et j'ai placé l'argent sur des SCPI. Les revenus nets de ces SCPI couvrent environ 90% de mon loyer pour un appartement de superficie double dans le même immeuble! Et encore mon calcul ne prend pas en compte toutes les économies de charges liées à la propriété (frais d'entretien de la copro et Taxe foncière). Donc, si le prix de la location était la référence, il est clair que la valeur des biens immobiliers à déclarer à l'ISF devrait être bien inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui (abbatement de 20% compris) et il y aurait peut-être deux à trois fois moins de foyers assujettis à l'ISF...
Mais bon, je crois surtout que pour percevoir la réalité de l'absurdité de l'ISF, il faut ... le payer.
C'est mon cas. Bien sûr, je paye beaucoup plus d'IRPP que d'ISF mais l'ISF c'est surtout :
- passer une journée par an à estimer ce que je dois payer (au détriment du temps passé pour mon entreprise)
- calculer la valeur de son patrimoine immobilier en essayant d'être honnête mais sans se tirer une balle dans le pied (bonjour l'exercice!).
- avoir le sentiment désagréable d'être pointé du doigt comme étant un "sale riche qui doit payer".
- une folle envie de tout plaquer pour aller rejoindre des amis déjà installés en Belgique et d'investir mon argent là bas. Ceci induirait au passage quelques chômeurs de plus en France (nounou, employés de ma petite société) et quelques uns de moins en Belgique.
Mais pour le moment je reste en France car je pense que l'ISF n'en a plus pour très longtemps face à la concurrence fiscale européenne ou à une future harmonisation fiscale européenne. Le bon sens économique devrait finir par l'emporter. Enfin j'espère...
Soit, mais le bon sens économique, est-ce de considérer comme normal qu'un entrepreneur domicilie son entreprise aux Pays-Bas, sa fortune en Belgique, ses placements au Luxembourg, tandis que ses salariés français et clients français ont des enfants à éduquer, des maladies à soigner, etc. ?
Je veux dire par là : doit-on suivre le bon sens économique jusqu'au dumping absolu et à l'abolition de l'Etat ?
C'est bien pour cela qu'il faut une harmonisation fiscale au niveau européen.
Et il y a fort à parier qu'une telle harmonisation conduirait à la suppression pure et simple de l'ISF. D'ailleurs, cela faciliterait bien le travail de certains élus pétochards qui pourraient dire hypocritement: "c'est pas nous, c'est l'Europe qui a supprimé l'ISF".
Sinon, à partir du moment où la liberté de circulation des personnes et des biens existe, nous allons entrer dans un jeu de concurrence fiscale de plus en plus féroce entre les états. Et il est clair que la France risque de ne pas en sortir vainqueur.
@Francois d
Je ne comprends pas très bien l'intérêt de venir dire le contraire de ce que je dis, sans argumentation économique. Ce blog n'est pas un défouloir pour assujettis à l'ISF. Voir à ce sujet éconoclaste. Il y a quelques vérités en économie auxquelles vous n'échapperez pas, que ça vous plaise ou non.
- Les résidences occupés ont un rendement: le loyer qu'on ne paye pas. Antoine vous l'a dit, léconomiste vous l'a dit, je vous le redis. L'INSEE appelle ça les loyers imputables. Inutile de revenir dessus, même en majuscules.
- Ce qui détermine la rentabilité du capital (et donc son choix de localisation), ce sont tous les impôts qui le frappent, considérés dans leur ensemble. L'ISF à lui seul n'est pas "trop haut" ou "trop bas", ça n'a pas de sens. Ce sont les impôts sur le capital (ISF, IS, IR sur les revenus du capital, CSG, ...) dans leur totalité qui sont trop haut ou trop bas.
- Contrairement à ce qu'on pense, un revenu est plus difficile à estimer qu'un capital. L'expérience personnelle n'est pas un guide en la matière.
- Taxer le capital ou taxer les revenus du capital, c'est la même chose. C'est un des buts de mon billet.
LSR
@FrédéricLN
Le "bon sens" physique explique ce qui va se passer si tu laisses tomber un verre. Les conséquences sont désagréables, mais il ne viendrait à personne l'idée de vouloir nier les lois de la gravité. Pareil, le "bon sens" économique ne dit pas ce qui est normal, mais ce qui va se passer si on met on place un certain système fiscal. Le billet de B. Salanié montre d'ailleurs qu'on est loin du dumping fiscal, Johnny notwithstanding.
LSR@Elessar
Je ne suis pas là pour me défouler. Ce n'est pas mon état d'esprit.
Mon propos est juste d'informer sur la réalité de l'ISF et d'essayer de faire comprendre au plus grand nombre en quoi cet impôt est contre-productif et anti-économique.
Je suis malheureux que mon pays incite les plus riches, souvent les plus talentueux, à s'expatrier. Si vous ne comprenez pas que cela se fait au détriment de tous, je ne peux plus rien pour vous.
C'est un peu léger de dire que je n'apporte pas d'arguments économiques. Je cite notamment un économiste réputé qui est d'ailleurs sur la même longueur d'onde que beaucoup d'autres.
A lire votre article, vous avez une approche purement comptable, voire mathématique du sujet. C'est ignorer une composante essentielle de l'économie qui est le facteur psychologique des acteurs impliqués. Tant que vous ne regarderez que l'aspect comptable vous passerez à côté du sujet.
Vous pourrez toujours dire que JPS à tort de partir, il partira quand même. comme tant d'autres...
"Contrairement à ce qu'on pense, un revenu est plus difficile à estimer qu'un capital. L'expérience personnelle n'est pas un guide en la matière."
=> Là il faudrait développer car ça dépasse l'entendement.
"Taxer le capital ou taxer les revenus du capital, c'est la même chose. C'est un des buts de mon billet".
=> Non, ce n'est pas la même chose. Voyons! Ce ne serait la même chose que si les revenus du capital étaient uniformes et fixes. L'ISF taxe à un même taux fixe des capitaux qui ont des natures très différentes et qui offrent des rendement très divers. Des capitaux qui rapportent 10% par an s'accomodent beaucoup plus facilement de l'ISF que de l'immobilier qui ne rapporte que 2 ou 3% réels.
Pour terminer, je reprendrais en partie le titre de votre article :
"L’ISF n’existe pas ... pour ceux qui ne le paient pas"
Je sais c'est trivial mais c'est quand même à méditer pour éviter de tomber dans une certaine facilité.
Si les plus talentueux partent (ce qui reste à prouver, les chiffres en la matière étant souvent fantaisistes), ce serait plutôt à cause des impôts sur les salaires. Citer un économiste, ce n'est pas apporter un argument économique. Et la citation (hors de son contexte, que je ne connais pas) n'est pas très convaincante. Ce n'est pas parce que les propriétaires ont déménagé que le capital productif est parti. De plus (bis repetitas), ce n'est pas l'ISF qui pose problème (ou pas) mais la totalité des impôts sur le capital.
Je ne vois pas en quoi mon approche serait comptable, encore moins mathématique. Je parle d'incitation, de distorsions, enfin que des notions économiques. La psychologie compte assez peu pour les grosses sommes, le capital va là où c'est le plus rentable. Et je n'ai jamais dit que JPS avait tort (ni raison) de partir, il fait ce qu'il veut. J'essaie de comprendre pourquoi.
La différence entre l'ISF et l'impôt sur les revenus du capital est effectivement celle que vous soulevez. Mais (deuxième partie du billet), ce n'est pas clair du tout que l'ISF soit moins efficace. Voir aussi ce commentaire, plus technique.
"Contrairement à ce qu'on pense, un revenu est plus difficile à estimer qu'un capital. L'expérience personnelle n'est pas un guide en la matière."
=> Là il faudrait développer car ça dépasse l'entendement.
Je répète: l'expérience personnelle n'est pas un guide en la matière. C'est en parlant à des experts en finances publiques et en taxation que je me suis rendu compte que le concept de revenu n'est pas facile du tout à théoriser, ni à définir légalement (pour les besoins de l'impôt). Définir et trouver la valeur d'un capital n'est pas évident non plus, mais apparemment plus facile et moins sujet à des tentatives d' "optimisation". D'où, à mon sens (le but de ce billet), la réelle détestation de l'ISF.
"L’ISF n’existe pas ... pour ceux qui ne le paient pas"
Et l'eau, ça mouille. Je ne comprends pas cette conclusion.
LSR
A l'évidence nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde.
Avez-vous vu l'émission l'Arène de France hier soir sur France 2?
Le thème en était: "Les Riches ont-ils raison de quitter la France?"
Les interventions de Renaud Dutreil, de Daniel Hechter et d'un maire Belge notamment étaient éloquentes.
Bonne continuation.
J'ai un problème avec l'ISF: il rapporte moins de 3 Md d'euros, a 1,5 % la fortune totale des français serait de 450 Md d'euros. Ce chiffre est ridiculement faible, d'ou viennent les fuites, et ne jettent-elles pas un doute sur la validité de cet impot.
@Gf: Beaucoup d'exceptions et de niches, et ne pas oublier le seuil de 750k€.
LSR
Bonjour,
la résidence principale et résidence secondaire doivent être exonérés de l'I.S.F. par contre si ces biens sont vendus , donc profit, il serait imposé une taxe au moment de la vente
Tout bien qui n' apporte pas de profit pécunier y compris véhicule personnel ( bien indispensable à la vie quotidienne ) doit être exonéré de l'ISF