La République des Blogs, j’ai toujours vu ça comme la grand-messe des blogueurs importants, courtisés par les politiques et les média classiques, le rendez-vous incontournable des gens qui comptent dans la blogosphère, le grand meeting un peu bobo de la nouvelle démocratie directe. Comme j’étais de passage à Paris pour quelques jours, j’en ai profité pour assister à la cinquième édition, qui se tenait près des Halles ce mercredi. « A nous deux Paris ! ». Et là, surprise[1], période de fêtes oblige, il n’y avait pas foule. Comme en plus je suis arrivé tard et parti tôt, je n’ai pas pu rencontrer un tas de gens que je pensais rencontrer à l’occasion. Notamment et sans exclusive : je suis arrivé trop tard pour voir Versac. Comme il était en vacances dans le Sud, je n’ai pas pu rencontrer ce dangereux chaviste de Guerby. Comme je suis parti trop tôt, je n’ai pas pu aller dire à Damien, qui était là, tout le bien que je pense de ses regrettés blogs Samizdjazz et Largo desolato (je ne peux même plus faire de lien). Idem pour Dirty Denys. Etc.

Et pourtant, je dois dire ne pas avoir regretté le déplacement. La discussion est allée bon train avec Jules de Diner’s Room, Verel, Emmanuel (seule tête connue de moi jusqu’ici) et Elessar, que je rencontrais pour la première fois, ce qui a d’ailleurs donné lieu à cet échange cocasse à mon arrivée :

« Bonjour, je m’appelle Antoine, je contribue à optimum

- Moi aussi »

(certains croyaient à une blague)

J’ai rarement autant entendu parler d’optimisation (optimisation fiscale, optimisation matrimoniale, optimisation de carrière…), et dans mon cas, ça n’est pas peu dire. Je garde de tout ça, en vrac, une comparaison pas bête entre la sociologie Corse et le film « A nous les petites anglaises », une critique assez convaincante de l’économie comportementale (que je laisse à Elessar le soin d’exposer en détail si le cœur l’en dit), une vision assez sombre de l’enseignement public en banlieue (c’est pas original, mais n’empêche), un « Dutch dream » d’économiste (il paraît que les économistes sont écoutés aux Pays-Bas), l’idée que le célibat n’est pas toujours une hérésie fiscale, et un calembour de toute beauté sur des canapés en promotion (ou quelque chose comme ça). Le tout agrémenté de d’un Jazz manouche honnête, dont la présence m’a semblé avoir un ratio avantage/coût supérieur à 1, bien que ça ne soit pas l’avis de tous.

Je ne serai sûrement pas à la prochaine, la RDB de janvier pourra reprendre sa frénésie habituelle.



[1] En fait, ce n’était pas une surprise, car la faible fréquentation était déjà largement annoncée, mais c’est pour l’effet de style.