Bien évidemment, l'idée de "compétition internationale" est du pipeau, comme Krugman, éconoclaste et d'autres l'ont déjà expliqué bien mieux que je ne le pourrais. De plus, on peut parfaitement décider de travailler moins et gagner moins, ça ne pose aucun pb de "competitivité". On exportera moins, donc on importera moins, on sera un peu plus pauvre matériellement et on aura plus de temps libre. Est-ce un bon choix et est-ce au gouvernement de l'imposer ? Je n'en sais rien, mais il n'y a point d' "aberration économique". Comme quoi le MEDEF ne cite la science économique que quand ça l'arrange.

Ségolène Royal a donc une occasion en or de briller tout en démontant un des arguments les plus répandus contre les 35h. Que nenni, elle sort à son tour une bétise encore plus grosse et explique, après avoir plus ou moins critiqué les 35h durant la campagne interne du PS, qu'en fait, pour réduire le chômage, il faudrait encore plus réduire la durée du travail (c'est faux, bien entendu). Donc, élue, elle fait quoi des 35h ? Mystère. Si j'ai bien compris, elle donne le choix à plus de gens de travailler plus tout en réduisant la durée du travail pour réduire le chômage. Et le beau crémier en plus, mais ça, ça ne nous regarde pas ...

Le reste est du même accabit:

"Les exonérations de charges sociales, on peut les ré-examiner, à condition (...) que se soient des entreprises qui sont dans la compétition internationale"
Traduction: Subventionnons la consommation de produits français à l'étranger par une aggravation du déséquilibre des comptes sociaux. Ah ouais, ça en jette moins tout de suite ...

"Le libéralisme, c'est le désordre"
C'est triste à entendre dans la bouche de qqun de gauche, car c'est un argument classique des conservateurs. En court, craigant ce que que les classes "dangeureuses" pourraient faire de leur liberté, ils ont toujours argué en faveur d'un "ordre moral" où chacun avait sa place, soit grâce à dieu, soit pour le bien de la nation, soit etc. Laisser à chacun le soin de donner sens à sa vie et faire ses choix en fonction de ce sens, ça ne leur a jamais plu. A Ségolène Royal, apparement non plus.

"Les salariés motivés, c'est le premier ressort de la croissance économique"
Et moi qui croyait que c'était le progrès technique !

"Car ce sont les CDI qui sont le plus attachés à l'entreprise, les plus productifs et les plus agiles"
C'est bien connu que les entreprises favorisent les CDD et interimaires en première embauche car ils adorent les salariés déloyaux, peu productifs et balourds.

S. Moati: "Est-ce qu'il y a certains (hauts) salaires qui sont des incitations à la violence ? "
S. Royal: "Oui"
Qu'on pende Zidane et JP Pernaud ! Plus sérieusement, ça veut dire quoi ? Que quand il y aura moins de riches mais toujours autant de pauvres, les choses iront mieux ? Je n'ai jamais compris le statut de Saint Graal de "la lutte contre les inégalités" dans la gauche (voire la classe politique entière) française. La lutte contre la pauvreté, certes. L'égalité des chances, pourquoi pas. Qu'on s'appuie plus sur les riches que sur les pauvres pour ces dépenses, soit. Mais appauvrir les riches en tant que but politique, j'ai du mal a y voir autre chose que de la jalousie.

Je n'ai cité que quelques bétises relevées durant ce "débat". Dur de faire une critique constructive de son programme, elle est bien trop lisse et superficielle.

Il se fait bient tard, je m'arrête là !

LSR