Un article de la Tribune au titre surprenant annonce :

La libéralisation du commerce n'a pas profité aux pays les plus pauvres.

"On vous l'avait bien dit", seraient tentés de commenter les anti-alter-mondialistes. Sauf qu'en lisant l'article, l'info fait... comment dit-on... pshitt !

Commentant un propos de Lionel Fontagné du CEPII, expliquant que la libéralisation ne suffit pas (qui dit le contraire ?), l'auteur de l'article ajoute :

Comment les États d'Afrique subsaharienne, dont la part dans le commerce mondial a été réduite de moitié au cours des deux dernières décennies, pourraient-ils tirer parti de la libéralisation, comme espère bien le faire une nation émergente comme le Brésil, déjà premier exportateur de sucre, de soja... ?

Autrement dit, de "la libéralisation du commerce n'a pas profité aux pays les plus pauvres", on passe à "une hypothétique libéralisation à venir ne profiterait pas à l'Afrique". Pourquoi ? Parce que l'Afrique n'est pas insérée dans le commerce mondial. Ce qui est sûr, c'est qu'en effet, l'Afrique commerce peu avec le reste du monde, et qu'elle est très pauvre. A la question posée par ce journaliste manifestement débutant en économie, je réponds donc : les avantages comparatifs.

Plus loin, il est expliqué que les gains à attendre de Doha, estimés par la Banque Mondiale entre 250 et 620 milliards de dollars, sont estimés seulement entre 32 et 126 milliards par Lionel Fontagné. Encore une fois, quel rapport avec le titre qui évoque le passé ? Passons. Quels sont les arguments conduisant à diminuer cette estimation ?

" Il a tout d'abord fallu prendre en considération les différents systèmes de préférence " (Tout sauf les armes...) qui accordent déjà à certains PED un accès aux marchés des pays riches libre de droits de douane ou à droits faibles

Autrement dit, les gains à attendre ne sont pas si forts, car le commerce est déjà relativement libéralisé.

Bilan de l'article : un titre au passé, annonçant qu'une libéralisation n'avait pas profité aux pays pauvres, un contenu au futur annonçant qu'une libéralisation ne profiterait pas tant que ça aux pays pauvres car ils commercent déjà beaucoup avec l'étranger. J'ai un pote qui a un bac ES et un BTS force de vente, je vais lui conseiller de postuler pour écrire des articles d'économie à la Tribune, ça ne peut pas être pire.