Rappel des faits :

-         En campagne pour le non au référendum sur le TCE, Jean-Luc Mélenchon, se croyant non filmé, s’exprime en ces termes :

"Les nouveaux entrants... qu'ils aillent se faire foutre. Les Lituaniens ?... T'en connais un, toi, de Lituanien ? Moi, j'en connais pas !"

-         Plusieurs mois après les événements, loin de présenter ses excuses, il justifie sur son blog ses propos, en expliquant que les lituaniens ont une politique xénophobe à l’égard des russophones de Lituanie. Toute injure à leur égard se voit ainsi légitimée.

-         Damien, de Largo Desolato, relève les erreurs de son argumentation, que l’on peut résumer de la façon suivante : il confond la Lituanie avec les autres Etats baltes. Comme Damien prend soin de glisser un Trackback dans le blog du sénateur, on s’attend soit à une contre-argumentation soit, enfin, à des excuses pour ses propos racistes. Rien ne vient jusqu’à ce que…

Nouveau développement : comme le révèle Damien aujourd’hui, le lâche a purement et simplement éliminé de son blog toute référence à cette histoire, ainsi que le Trackback initial vers Largo Desolato. Pas d’excuses, plus d’explications puisqu’il a compris que ses précédentes n’étaient pas valables, et pourtant… pas d’exclusion du PS en vue. La xénophobie est-elle soluble dans le socialisme à la française ?

Faites passer le message…

Add le 12 mai à 2h50 : Précisions au sujet de ce post, suite à des commentaires.

-         Le premier reproche que j’adresse à Jean-Luc Mélenchon, ça n’est pas :

·        D’avoir voté « non » au TCE.

·        D’avoir estimé que le niveau de vie des salariés français ne devait pas être sacrifié sur l’autel de l’élargissement de l’Union Européenne.

·        D’avoir dit « les lituaniens, je n’en ai rien à foutre »

C’est d’avoir dit :

·        "Les nouveaux entrants... qu'ils aillent se faire foutre. Les Lituaniens ?... T'en connais un, toi, de Lituanien ? Moi, j'en connais pas !"

Je sais, ça se ressemble beaucoup. Mais malgré cette ressemblance, il y a une différence énorme entre « je n’en ai rien à foutre » et « qu’ils aillent se faire foutre ». Dans le premier cas, il ne s’agit que d’une façon un peu triviale de témoigner de son indifférence, dans le second cas, c’est une injure.

-         Dans un second temps, ce qui m’indigne, c’est qu’à la différence de ce qui vient de se passer au sujet des propos injurieux de George Frêche sur le pieds noirs, il n’y a eu ni excuses de Mélenchon ni polémique au sein du parti socialiste. Rappel : le PS n’est pas le Front National, et n’a pas vocation à le devenir. Le PS a fait de l’antiracisme un thème majeur, au moins depuis les années 1980. On aurait pu s’attendre au minimum à une condamnation un peu plus ferme en interne. Ca ne s’est pas produit, probablement parce que les socialistes mainstream sont terrorisés à l’idée de passer pour des social-traîtres en s’attaquant à la gauche du parti. C’est presque une question de structure mentale. On associe tellement « gauche » et « antiracisme » qu’une personnalité très à gauche est forcément insoupçonnable de racisme. On n’aurait, et c’est bien heureux, jamais toléré de tels propos sans excuses de la part d’un homme du centre ou de la droite, pour ne pas parler, bien sûr, de l’extrême droite.

-         Dans un troisième temps, il a voulu s’expliquer. Eût-il été difficile de plaider la maladresse ? Il aurait pu dire qu’il ne s’agissait, en fait, que des dirigeants lituaniens qu’il envoyait se faire foutre, et non du peuple lituanien. Ca n’est pas ainsi qu’il s’est expliqué. Il a, au contraire, justifié son attaque en proférant deux accusations erronées au sujet des lituaniens. Or, d’une part, si elles avaient été vraies, ces accusations n’auraient aucunement justifié qu’il parle globalement des lituaniens en disant : « qu’ils aillent se faire foutre ». D’autre part, elles étaient fausses. Cela dit, jusque là, je me contentais de trouver ça affligeant, mais je n’évoquais pas l’affaire sur ce blog.

-         Dans un quatrième temps, et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, d’où mon billet, il fait disparaître de son blog toute référence à l’affaire. Faut-il qu’il soit à ce point orgueilleux pour ne pas accepter de reconnaître ses erreurs ? Passerait-il, à son tour, pour un social-traître s’il se décidait enfin à présenter ses excuses ? Au lieu de cela, il noie le poisson, en espérant qu’on ne lui en parlera plus, et en faisant disparaître des propos compromettants. La méthode est honteuse ! En revanche, il semble qu’il ait tenu des propos similaires sur canal plus quelque temps après le référendum. Il se pourrait donc bien qu’il y ait quand même une trace de ces propos quelque part. Mais ce qui met en colère, c’est qu’il nous mette dans une situation où c’est sa parole contre la nôtre. A la limite, poussé dans ses retranchements, il pourra toujours nier avoir écrit ce qu’il a écrit, ce qui sera un mensonge, mais comment le prouver à présent ?