Les manifestants français sont-ils des dieux en économie ?
Par Antoine B. le mardi 25 avril 2006, 01:16 - Lien permanent
Oui, à en croire Laurent Guerby. Il s’appuie, pour étayer cette idée, sur un tableau indiquant que le taux d’emploi rapporté à l'ensemble des hommes de 25 à 55 ans n’est pas beaucoup plus faible en France que dans d’autres pays développés. Je ne conteste pas ces chiffres, qui émanent de l’OCDE, mais je me demande quel rapport Laurent peut bien établir entre ces données et les compétences en économie des manifestants français.
J’aurais vu le rapport si les manifestants avaient explicitement dit qu’ils refusaient d’échanger un peu plus d’emploi contre un peu moins de protection au motif qu’il n’y a pas de problème d’emploi en France. Sauf qu’ils n’ont jamais dit ça. Et pour cause ! Il y a bel et bien un problème d’emploi en France. Seulement, il n’apparaît pas dans cette donnée particulière qu’est le rapport (emploi des hommes de 25 à 55 ans)/(population totale des hommes de 25 à 55 ans).
D’abord, en restant sur cette catégorie de population, si le taux d'actifs occupés est un critère pertinent à bien des égards pour évaluer le taux d’utilisation des capacités de production d’un pays, il a le défaut de masquer le problème dont il est question quand on parle de lutte contre le chômage, à savoir : le chômage. Laurent précise, à juste titre que celui-ci est de 7,4% en France contre 4,6% aux USA pour cette catégorie de la population. Mais, selon lui, ça n’est pas important, ce qui compte c’est que sur 100 hommes de 25 à 55 ans, 13,3 ne travaillent pas en France, contre 13,7 aux USA. Il en conclut, avec Jérôme à paris, que la vie est vraiment belle en Europe. Or : 1) Dans un marché du travail dual comme le marché Français, les temps partiels et les CDD font partie du problème de l’emploi. Laurent mentionne le problème, mais il l’élude. 2) Parmi les 13,**% qui ne travaillent pas, seule une partie a un problème d’emploi. Il s’agit essentiellement des chômeurs et des ex-chômeurs découragés. Je n’ai pas de données me permettant de comparer le taux de chômeurs découragés en France et ailleurs, bien que je suppute qu’il soit corrélé positivement au taux de chômage et aux minima sociaux, et donc probablement assez élevé en France. A part ça, les non-chômeurs qui ne travaillent pas n’ont pas de problème d’emploi, puisqu’ils n’en cherchent pas. Certains sont rentiers, pas à plaindre. D’autres sont en prison, beaucoup aux USA. Eux sont à plaindre, en tout cas certains, mais pas pour des problèmes d’emploi. Certes, on peut penser que les personnes sociologiquement les plus touchées par l’incarcération sont également les plus touchées par le chômage. Donc si le taux d’incarcération américain descendait au niveau du taux Français, le taux de chômage des « libérés » serait supérieur à la moyenne américaine. Peut être serait-il de 10% ? De 15% ? Certainement pas de 100% en tout cas. Que la société américaine soit plus violente que la société française, c’est vrai, c’est triste (bien que ça soit en voie d’amélioration), mais ça n’a rien à voir avec l’emploi. On peut en dire autant des handicapés dont le statut leur permet de vivre sans travailler. Si les règles permettant aux handicapés de ne pas travailler au Royaume Uni étaient plus strictes, les handicapés les moins touchés, qui seraient exclus du système d’aides, auraient peut être un taux de chômage plus élevé que la moyenne britanique, mais là non plus, pas 100%. Aider les handicapés, c’est de la solidarité, pas un artifice statistique. Le problème d’emploi, en France, c’est bête et méchant, mais ça s’évalue par le fait que sur 100 hommes de 25 à 55 ans qui souhaitent et peuvent légalement travailler, 7,4 ne le peuvent pas, faute de trouver un emploi. Ailleurs, c’est moins.
Ensuite, les principales victimes du chômage en France sont exclues du tableau de Laurent, puisqu’il s’agit des vieux et des jeunes-sans-qualification-qui-cassent-des-voitures. On peut ajouter également à cela le fait que les femmes ont un taux de chômage supérieur à celui des hommes, mais je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres pays (chiffres faciles à trouver au demeurant). Pour les vieux, leur problème de chômage tient au fait que quand ils sont au chômage, ils ont une probabilité très faible de retrouver un emploi. Par ailleurs, comme le remarque un lecteur de Laurent, ils ont un taux d’activité très faible, par rapport aux autres pays cités. On me rétorquera à juste titre qu’à l’instar des taulards américains et des handicapés britanniques et néerlandais, les préretraités français n’ont pas de problème d’emploi, puisqu’ils n’en cherchent pas. Seulement l’abus de préretraites est un gros gâchis économique, dont le poids se fera certainement sentir à mesure que la part des retraites dans le PIB augmentera dans les décennies à venir. Mais c’est un autre sujet. Quant aux jeunes-sans-qualification-qui-cassent-des-voitures, est-il bien nécessaire que j’épilogue sur l’effet sociologiquement (et psychologiquement) désastreux de leur taux de chômage astronomique ?
Dois-je en conclure que, contrairement à Laurent, je considère que les manifestants français sont mauvais en économie ? Pas forcément. Car s’il existe, effectivement, un problème d’emploi en France, il est en revanche des catégories sociales qui ne sont pas concernées par ce problème d’emploi. C’est le cas, en particulier, des jeunes diplômés des classes moyennes, des salariés titulaires de CDI dans le privé et des fonctionnaires. L’UNEF et la CGT. Il est donc bien légitime de considérer qu’il y a un argument économique rationnel derrière les manifestations, mais il faut préciser qu’il s’agit d’une rationalité vouée à la défense d’intérêts catégoriels. J’en veux pour preuve que chacun d’entre eux considère l’issue de cette crise comme une grande victoire. Or, à l’issue de cette crise, le marché du travail est dans le même état qu’il y a 6 mois. La victoire ne réside donc pas dans une avancée dans la lutte contre le chômage, mais dans le statu quo : du boulot pour nous, du chômage pour les autres.
NB : Est-il besoin de préciser une nouvelle fois que le CPE n’aurait pas eu d’effet significatif sur l’emploi ? Cela ne change rien à mon propos, puisqu’une réforme plus générale du contrat de travail et mieux ficelée, elle, en aurait vraisemblablement, et qu’elle sera sans doute envisagée tôt ou tard dans la mesure où elle est sans coût pour les finances publiques. Il est difficile de concevoir que les mêmes qui furent hostiles au CPE ne le soient pas encore plus à une réforme de plus grande ampleur, et pour les mêmes raisons.


Commentaires
Antoine , en forme, et ca fait plaisir a lire!
Et si on prend les hommes blancs de 40 à 43 ans, habitant Neuilly et disposant d'un bac + 5, on doit pouvoir avoir un taux d'emploi proche de 100% et un taux de chômage proche de 0%.
Il n'y a effectivement pas de quoi s'affoler.
Et ça me fait penser que sur une durée assez longue, l'espérance de vie de chacun retombe à zéro(Fight Club).
Antoine, le tableau n'est pas la source de l'affirmation sur les qualités supposées des manifestants, c'est juste le papier que je cite qui s'amuse avec cette expression :). De manière générale comme nos amis éconoclastes et toi le rappellent régulièrement, il y a un gros déficit sur la simple connaissance (je ne parle pas de compréhension et d'application pertinente) des quelques notions de base et idées fortes du domaine.
Le tableau est la comme tu l'analyses justement pour mettre en avant que les chiffres globaux du chomage ne doivent pas masquer le fait que s'il y a un "chomage", il est concentré (en différence internationales) dans des catégories bien précises, donc par exemple "remettre la France au travail" pourrait s'interpréter comme "mettre papi au travail" ce qui ne donne pas vraiment la même impression de l'état de la France et de "tous les français paresseux".
Pour "éluder", je suis un amateur et j'ai du mal à trouver des données qui permettrait d'aller plus loin dans l'analyse et j'en suis le premier désolé mais ça ne m'empêche pas de continuer à chercher. Et je préfère de loin les données chiffrées aux raisonnements "dans le vide" qui sont utiles pour mettre en avant des phénomènes, mais ne permettent pas de les classer.
En population male la partie 25-54 représente grosso modo 65% des 15-64, les moins de 25 20%, les plus de 54 15%, donc clairement la tranche est loin d'être la totalité mais cette tranche à l'avantage de moins subir des biais psychologiques sur la question "suis-je en recherche d'emploi ou pas", car la pression sociale est la plus grande dans cette catégorie, et bien sur on compte toute la population de la tranche.
Pour la prison chaque prisonnier US coute de l'ordre de 20000$ par an à la société USA durant sont incarcération (hors cout avant) ce qui ressemble quand même beaucoup à creuser des trous et les reboucher, ou à des minimas sociaux vraiment pervertis.
Je sais par exemple qu'une certaine parties des handicapés français ont un emploi (ma soeur travaille dans ce domaine), comme ça dépends beaucoups de l'état et de la loi, je suppose que la situation va différer beaucoups d'un pays à l'autre. Quel est l'impact statistique ? Je ne sais pas.
J'ai beaucoups de question et peu de réponses :).
@SM : je ne suis pas d'accord avec toi, il y a du chômage à Neuilly. Il y a un type là bas qui est visiblement sous-employé, car il n'est que maire et désire que ses compétences soient utilisées pour des fonctions plus haut placées dans la hiérarchie.
Seconde remarque : Tout le monde fait beaucoup de cas de la phrase de Solow, "la prison, c'est la version américaine de l'assurance chômage". Il y a un corollaire auquel on pourrait penser : l'assurance-chômage, c'est la version française de la prison".
Sinon, effectivement, tout cela n'est guère surprenant. Le tableau donné par LG ne fait que rappeler que la France est une société d'insiders et d'outsiders, dans laquelle les insiders, et ceux qui ont des chances en attendant un peu de le devenir, sont majoritaires (c'est d'ailleurs le cas aussi en Allemagne, ou en Italie). On a dit qu'il y avait préférence nationale pour le chômage, c'est entièrement vrai dans ce sens précis : Il n'y a pas de majorité modifier l'équilibre actuel avec des mesures pénalisant les insiders au bénéfice des outsiders, parce qu'à terme, une majorité peut devenir insider. C'est exactement le même mécanisme qui empêche une plus forte fiscalité des hauts revenus aux USA : l'idée selon laquelle chacun peut devenir riche grâce à la mobilité sociale fait qu'une majorité se dégage contre la fiscalité des hauts revenus.
Je ne sais pas si les étudiants français sont bons en économie, en tout cas, une chose est sûre : ils se sont comportés en l'affaire en bons homo economicus, bien égocentriques, et bien rationnels.
J'avoue que je suis encore perplexe devant l'usage de l'expression "insider vs outsider", qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ? Est-ce une bonne chose, une mauvaise chose ?
"l'assurance-chômage, c'est la version française de la prison" de la concurrence pour être dictateur a la place d'Antoine ?
Ah la la :).
Laurent : "Pour la prison chaque prisonnier US coute de l'ordre de 20000$ par an à la société USA durant sont incarcération (hors cout avant) ce qui ressemble quand même beaucoup à creuser des trous et les reboucher, ou à des minimas sociaux vraiment pervertis."
Je ne vois pas en quoi ça peut être comparé à creuser des trous et les reboucher. C'est le résultat à la fois de la violence aux USA, du caractère sévère de leur système judiciaire, et peut être de leur mauvaise gestion des finances carcérales. Mais ça n'a rien à voir avec l'emploi. Si, demain, tu libères la moitié des prisonniers US, ça entraînera une hausse de la population active, au même titre que le rappatriment des pieds noirs, que la féminisation de l'emploi ou que toute vague migratoire de grande ampleur. Une hausse de la population active entraîne toujours une hausse de l'emploi.
AD :"Je ne sais pas si les étudiants français sont bons en économie, en tout cas, une chose est sûre : ils se sont comportés en l'affaire en bons homo economicus, bien égocentriques, et bien rationnels."
A ceci près qu'à la lecture du billet d'eolas sur le sujet ( http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/03/25/309-faisons-le-point-sur-le-cpe ), je me demande si l'effet précarisant du CPE n'aurait pas été très proche de son impact sur l'emploi : nul !
re Laurent : "J'avoue que je suis encore perplexe devant l'usage de l'expression "insider vs outsider", qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ? Est-ce une bonne chose, une mauvaise chose ?"
Dans un marché du travail hypothétiquement pas du tout dualisé, et avec 10% de chômage, chaque mois, chaque actif aurait une probabilité 0.9 de travailler et 0.1 d'être au chômage. En France, il y a des insiders qui commencent chaque mois avec une probabilité 0.9999 d'avoir un emploi, d'autres commencent chaque mois avec une probabilité de 0.9 d'être au chômage. C'est une bonne chose pour les insiders, une mauvaise chose pour les outsiders, et si on fait la somme des utilités, c'est sans doute une mauvaise chose globalement. ( cf la notion de charge morte)
""l'assurance-chômage, c'est la version française de la prison" de la concurrence pour être dictateur a la place d'Antoine ?"
Pas dictateur, tyran ! C'est pire...
Antoine, le systeme penal est la pour diminuer la violence, si augmenter le taux d'incarceration ne fait pas baisser le taux de violence, c'est une depense inutile, comme creuser puis reboucher des trous ou casser des vitres puis les reparer.
Pour les taux de chomage avant l'entrée en prison, j'ai trouvé pas mal de papiers autour, mais une seule statistique claire ici dans un document de l'administration :
www.ojp.usdoj.gov/bjs/pub...
"Of all inmates, 16.7% were unemployed at admission. From 1990 to 1997 when most inmates entered prison, national unemployment ranged from 7.5% in 1992 to 4.9% in 1997."
Laurent : "le systeme penal est la pour diminuer la violence, si augmenter le taux d'incarceration ne fait pas baisser le taux de violence, c'est une depense inutile, comme creuser puis reboucher des trous ou casser des vitres puis les reparer."
1) la violence baisse aux USA (bien qu'il y ait d'autres raisons) 2) Et ? Je ne sais pas quel serait l'effet d'une baisse du taux d'incarcération sur la violence aux USA, mais en admettant qu'elle soit nulle, comme tu le suggères, alors oui, c'est un peu boucher des trous pour les re-boucher, mais quel rapport avec l'emploi ?
"Of all inmates, 16.7% were unemployed at admission."
CQFD. Divise par 4 le nombre de prisonniers aux USA. En admettant que les 3/4 que tu libères deviendront tous des actifs, ajoute-les à la population active américaine. Puis ajoute 16.7% de ces gens que tu as libérés au nombre de chômeurs... non, prends en même 25%, la prison ça détruit, et communique-nous ton nouveau taux de chômage.
"From 1990 to 1997 when most inmates entered prison, national unemployment ranged from 7.5% in 1992 to 4.9% in 1997"
Non seguitur. Ces deux choses se sont produites en même temps, mais n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
"Ces deux choses se sont produites en même temps, mais n'ont rien à voir l'une avec l'autre."
Euh, c'etait pour donner l'ordre moyen du chomage de la population pendant la période pour pouvoir comparer au 16.7%, pas pour donner l'évolution. Je sais c'est mal au café de commerce d'essayer de donner des chiffres pour mettre en perspective mais quand même :).
L'hypothese du peu ou pas d'effet du taux d'incarcération sur les crimes à l'air d'être considérée comme avérée dans quelques papiers.
Le taux de chomage en sortie à l'air un peu moindre ou égal, donc il n'y a pas d'effet direct de "destruction" aux USA.
A noter que je ne sais pas quel était le taux d'emploi des prisonniers avant incarcération, pour les femmes j'ai trouvé un papier qui disait que seules 25% avaient un emploi, donc je ne suis pas trop sur en fait ce que veux dire ce 16.7% de chomage dans le document administratif (et je n'ai rien trouvé de mieux dans mes recherches rapides), donc il manque des données pour faire les calculs, même si ça va pas faire fois deux de manière évidente.
Et je ne considère pas comme mesure la plus pertinente de "l'emploi" le taux de chomage contrairement a toi (visiblement), par exemple tous ceux qui ont décidé de ne plus croire à la société et vivent de larcins & cie jouent positivement sur le chomage et pour moi ce n'est pas vraiment un effet positif sur l'emploi (entre autres problemes avec le chomage tel que defini).
Pour le 1), si tu divise par 4 le nombre de prisonnier que deviennent les gardiens ?
Embaucher des fonctionnaires pour ne rien faire d'utile, ça a un effet sur le chomage. Il suffit de décreter que tous ceux qui recoivent des allocations chomages ont en fait un emploi de surveillant de leur voisin pour faire baisser le taux de chomage (voir ex-URSS).
"quel rapport avec l'emploi" tu repetes cela, j'ai du rater quelque chose d'évident ?
"Je sais c'est mal au café de commerce d'essayer de donner des chiffres pour mettre en perspective mais quand même :)."
Au contraire, tu as bien fait, d'ailleurs on est proche des 15% que j'avais donné à la louche. D'où mon "CQFD"
"donc il manque des données pour faire les calculs, même si ça va pas faire fois deux de manière évidente."
A mon avis, de façon évidente, ça va pas faire fois deux ;-)
"Et je ne considère pas comme mesure la plus pertinente de "l'emploi" le taux de chomage contrairement a toi (visiblement), par exemple tous ceux qui ont décidé de ne plus croire à la société et vivent de larcins & cie jouent positivement sur le chomage et pour moi ce n'est pas vraiment un effet positif sur l'emploi (entre autres problemes avec le chomage tel que defini)."
D'une, comme je le dis dans le billet, je m'intéresse aussi au taux d'emploi, mais pour d'autres raisons. De deux, comme je le dis dans le billet, je suis d'accord pour tenir compte des chômeurs découragés, et je pense qu'ils doivent être nombreux en France.
" Pour le 1), si tu divise par 4 le nombre de prisonnier que deviennent les gardiens ? Embaucher des fonctionnaires pour ne rien faire d'utile, ça a un effet sur le chomage. Il suffit de décreter que tous ceux qui recoivent des allocations chomages ont en fait un emploi de surveillant de leur voisin pour faire baisser le taux de chomage (voir ex-URSS)"
100% d'accord avec toi, (sauf que l'effet sur le chômage n'est qu'à court terme). Si tu divises par 4 le nombre de prisonniers, tu peux, sans dépenser un copec, convertir des postes de gardiens de prisons en postes d'assistantes maternelles ou d'infirmières.
"je suis d'accord pour tenir compte des chômeurs découragés, et je pense qu'ils doivent être nombreux en France."
Probablement (encore que dans la catégorie sur laquelle je me suis concentré elle sera mécaniquement plus faible qu'ailleurs), j'ai encore du mal a trouver des stats au niveau national, quelques données partielles locales :
www.plainecommune.fr/page...
La catégorie longue est bien remplie.
Comme un membre de ma famille a fait plus de cinq ans de RMI et a maintenant un emploi stable on en sort aussi, reste à voir globalement.
"je suis d'accord pour tenir compte des chômeurs découragés, et je pense qu'ils doivent être nombreux en France."
Je me souviens avoir entendu des travailleurs sociaux évoquer l'existence de chômeurs découragés de père en fils sur trois générations, par exemple, dans les anciens grands bassins industriels. Autant considérer, par exemple, que cela implique l'existence de jeunes n'ayant jamais eu l'exemple de parents ayant ou ayant eu "un travail".
Remarque-a-la-con : les paragraphes longs comme ca, c'est un peu difficile a suivre.
Sur les competences en economie, je propose de juger le pays (ou au moins ses dignes representants) a l'aune du vainqueur du Meilleur Artefact Economique 2005, le plombier polonais.
Le CPE est en bonne voie de gagner le M.A.E. 2006, la plupart des discours laissant effectivement penser que sitot le CPE applique, un gouffre beant s'ouvrirait sous les pieds des travailleurs et engloutirait avec lui des siecles de "benefits" sedimentes grace a l'action courageuse des syndicats (les memes qui defendent aujourd'hui la securite sociale professionnelle, dans la droite lignee de l'Internationale : "l'oisif ira voir ailleurs").
A propos de la distinction insiders/outsiders et des explications sous jacentes du chômage, entre autres....
J'ai l'impression que la plupart des économistes d'ici et d'ailleurs (econoclastes, salanié, etc) appliquent un grille d'analyse universelle quelques soient les problèmes analysés. Relisez tous vos posts !
D'un côté, il y a de bonnes incitations économiques(volontaires ou involontaires) qui amènent dans "le droit chemin" une partie de la population.
De l'autre, il y a de mauvaises incitations (volontaires ou involontaires, souvent d'origine "politique"...oh, le gros mot)qui amènent une partie de la population à profiter de "rentes" et en découragent une autre.
Plus encore, d'un côté il y a les scientifiques qui savent vraiment comment fonctionne l'animal humain (vous), de l'autre des pauvres rêveurs qui font de la politique electoraliste (cf Public Choice)ou pire défendent des intêrets inavoués.
"On sait bien" que l'etre humain est un machine à maximiser son interêt et qu'il n'y a pas de repas gratuits....
Eh, oh ? Vous avez pas l'impression d'être un peu courts et réducteurs ? C'est pas une vision un peu simpliste tout cela, du style "Pravda-et-lutte-des-classes-qui-explique-tout" ?
Votre principe explicatif unique à vous c'est la lutte des classes entre possesseurs de rentes et les autres.
Au 19ème siècle ce type de raisonnement, tenu de manière beaucoup plus cohérente par Gustave de Molinari était, tout de même qualifié d'extrémiste.
Cordialement
L'autre Laurent (de retour)
Attention, mesdames et messieurs! M. Laurent (l'autre) va maintenant, devant vos yeux ébahis, expliquer ce que sont les causes du chômage. Nous rappelons à l'assistance que les réponses comme "c'est parce que les patrons sont méchants", "c'est passque ya pas de boulot" et autres "pfffff les économistes y comprennent rien, il faut regarder la philosophie, l'ethnologie, la sociologie, la sophrologie et la poterie et remettre l'homme au coeur de l'économie pour comprendre" ne sont pas admises.
Soyez indulgents et offrez lui des applaudissements nourris, il débute visiblement dans le métier.
J’adore la réponse sur le fond : amalgames, procès d'intention, ironie condescendante...
Très représentatif de l'esprit sectaire qui vous caractérise.
Allez, allez...Un peu d'introspection (psychologie, psychanalyse...cela manquait à votre liste) ne fait jamais de mal.
J'insiste, relisez vos posts :
-le chômage, pfff mauvaises incitations,
-la crise du logement, pfff mauvaises incitations,
-le commerce équitable, de bons sentiments mais de mauvaises incitations,
-l'aide aux pauvres, de mauvaises incitations bureaucratiques
etc.
Cordialement
Laurent(l'autre)
PS :
Ceci dit je ne remet pas en cause l'interêt de vos blogs et discussions. Au contraire ! Mais la discussion doit d'abord être un moyen de faire évoluer ses représentations...
laurent l'autre : "Ceci dit je ne remet pas en cause l'interêt de vos blogs et discussions. Au contraire ! Mais la discussion doit d'abord être un moyen de faire évoluer ses représentations..."
Les causes du chômage expliquées par la psychanalyse ? Non, ça va... Je préfère avoir vaguement raison que précisément tort.
Quand avez vous révisé vos croyances sur l'économie pour la dernière fois ? Probablement jamais. Ce n'est pas notre cas.
antoine : ton captcha est vachement plus compliqué que le nôtre. la capitale de la belgique, c'est plus costaud que combien font 6 - 3.
Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !
La psychanalyse c'est pour vous, pas pour les causes du chômage.
Quand à mes représentations, ca va merci : en lisant, vos divers blogs j'ai beaucoup appris aussi !
Contrairement à vous, je ne prétend pas avoir toujours raison (même vaguement). Je vous reproche aussi de tourner en rond parfois et de vous enfermer dans un système de pensée.
C'est tout !
Cordialement, quand même...
Laurent(l'autre)
PS : Y a moyen d'avoir une réponse sur le fond, un jour ?
François : Impie ! C'est "l'oisif ira LOGER ailleurs". Sinon, le M.A.E est une idée intéressante. Le polo chinois n'est pas mal non plus, dans le genre "course à la technologie" qu'on est sûr de perdre faute d'être "compétitif"
Laurent l'autre : en économie, le paradigme qui s'est imposé, c'est l'individualisme méthodologique. On ne croit pas en notre for intérieur que tous les hommes soient des machines à calculer équipées d'algorithmes pour optimiser sous contraintes. On pense juste que c'est une bonne approximation qui nous permet de mieux comprendre un tas de problèmes sociaux, et on ne se contente pas de le penser, on s'appuie sur les outils de l'inférence statistique pour voir dans quelle mesure nos modèles sont pertinents. Pour avoir une réponse sur le fond, il faudrait poser une question plus précise, comme par exemple "ne pensez-vous pas que le complexe d'oeudipe conduise les entreprises à investir davantage quand les taux d'intérêt sont élevés que lorsqu'ils sont bas ?". Ca n'est pas une réponse ironique ! D'une manière générale, on assume assez bien le fait de faire tourner tout un tas de trucs autour des concepts de rareté, d'incitation et d'équilibre. Il ne faut pas s'étonner qu'on ne parle que de ça. Par contre, perso, je ne demande qu'à abandonner ce schéma si vous nous en montrez un autre plus efficace et/ou convainquant. Il ne suffit par de crier au simplisme.
SM " ton captcha est vachement plus compliqué que le nôtre. la capitale de la belgique, c'est plus costaud que combien font 6 - 3."
Ah mais... j'ai des lecteurs super intelligents moi ;-) En fait, je ne maîtrise pas ça, c'est automatisé par tooblog. Comme tooblog va changer de main dans un mois, je verrai si j'ai plus de souplesse pour gérer ces trucs là. D'ici là, apprends ta géographie européenne...
Je renvendique la sélection supérieure du Captcha de chez moi :). En plus les trackbacks ne sont même plus modérées.
Sinon, après réflexion, "Dans un marché du travail hypothétiquement pas du tout dualisé, et avec 10% de chômage, chaque mois, chaque actif aurait une probabilité 0.9 de travailler et 0.1 d'être au chômage" Hum ça veut dire que tous les actifs changent de job tous les ans avec un mois de chomage, est-ce vraiment "optimal" ? Il doit y avoir une autre définition de la "dualité" non ?
Laurent : je n'ai pas dit qu'un marché non dual était optimal. D'ailleurs, pour l'exemple, un marché avec un taux de chômage de 10% n'a pas une tête très optimale. Cela dit, pour un taux de chômage donné, il me semble en effet préférable que le chômage soit réparti et donc de faible durée moyenne plutôt que concentré sur une minorité de désespérés.
"La psychanalyse c'est pour vous"
PLONK.
@Antoine Belgodère
Merci de me répondre enfin sur le fond.
D'accord pour l'individualisme méthodologique qui peut être une bonne approximation de la réalité sociale. Je n'ai évidemment pas de schéma de rechange mais juste une suggestion.
A partir du moment où l'analyse sur la base d'un modèle réduit, débouche sur des recommandations pratiques universelles, n'est il pas judicieux d'être prudent dans ses conclusions (surtout si des facteurs cachés n'apparraissent qu'ensuite) ?
On peut envisager des motivations de l'acte qui ne soient pas uniquement fondées sur l'interêt, sans pour autant tomber dans l'irrationnel. Une sorte de pluralisme explicatif qui nous permet par exemple d'affirmer que de mauvaises incitations économiques se révèlent finalement positives globalement....Il suffit juste d'élargir le champ des finalités.
C'est pourquoi à partir d'un post sur le chômage, question complexe, il me parait judicieux d'aborder ces questions méthodologiques.
@Econoclaste-SM
L'excommunication est définitive ?
Cordialement
LB
Antoine, la durée moyenne entre deux emplois me semble en effet plus pertinente que les probas :). Je n'ai pas encore trouvé de statistiques par classe d'age.
Je ne vois pas très bien en quoi le fait que la situation sociale d'un individu donné dépende de son âge puisse constituer une forme de discrimination ou d'injustice, puisqu'en théorie, sauf malheur personnel, toute personne passe successivement par tous les âges de la vie.
Que peut donc avoir d'injuste ou d'innefficace une société ayant un taux de chômage constant quel que soit l'âge des chômeurs ou un taux variable selon l'âge, mais comparable en moyenne au précédent ?
(à condition bien entendu de ne pas changer les règles du jeu tous les qautre matins, ce qui est précisément l'objectif des "réformes" et autres "modernisations" des règles du marché du travail qui d'ailleurs n'existe pas).
Corrollaire : dès lors que le taux de chômage dépend trop nettement de l'âge, un économiste devrait refuser tout changement des règles ayant mené à cet état de fait.
Damned, c'est effectivement "l'oisif ira loger ailleurs".
Le polo chinois est un excellent candidat, qui donne raison au projet d'immigration choisie actuellement dans les tuyaux : il ne faudrait importer que les produits asiatiques de luxe et hautement diplômés, comme les sumotoris (par spécialisation ricardienne, ça permettrait d'orienter notre économie vers la production de karaokés de Joe Dassin destinés à l'export).
Il faut cependant regagner confiance, nous diposerons bientôt d'un MIT français (prononcer "mite", façon Barnier/Douste).
Je devrais arrêter de poster le même jour que la sortie du Canard.
L'Autrichien
"puisqu'en théorie, sauf malheur personnel, toute personne passe successivement par tous les âges de la vie."
Certains rentrent sur le marché du travail à 15ans, d'autres à 30.
Cela dépend du milieu social avant tout.
NB: on ne meurt pas non plus tous au meme age.
Eric Lauriac: objection recevable : ceci dit, puisqu'en théorie et en gros, l'âge d'entrée sur le marché du travail ou l'âge de décès est en théorie très difficilement prévisible à la naissance d'un individu, un mécanisme d'assurance accordé à la naissance de l'individu pourrait compenser cette inégalité de l'imprévisible à supposer que ce soit ce qu'on souhaite (et ce n'est guère que la première solution qui me bient à l'esprit, sans même parler de la possibilité d'harmoniser les âges d'entrée sur le marché de travail... ou de décès (je rigole, hein..))
@ L'autre laurent :
Vous dites suivre les blogs d'econo, optimum, ceteris, leconomiste peut-être ?
Vous dites aussi avoir beaucoup appris et fait évoluer vos représentations.
Dès lors, je forme l'hypothèse que vous y avez passé un certain temps, et que vous n'avez pas pu ne pas tomber sur un débat oiseux sur la scientificité de l'économie (vous n'avez pas vu vulgos ?). Donc c'est en parfaite connaissance de cause et par pure provocation que vous avez lâché votre billet de remise de l'homme au centre de l'économie. Vous saviez très bien que vous faisiez perdre son temps à chacun de nous, que vous alliez déclencher l'ire d'un des bloggers. Une attitude de questionnement aurait pu être adoptée, ça n'a pas été votre choix. Vous préférez crier des insultes vers les tours d'ivoire. Alors arrêtez de jouer le pacifiste.
(indépendamment de la question du chômage)
Cahuc et son pot' Zylberberg, dans son Repères La micro du marché du travail, font un paragraphe "micro-trottoir et culture scientifique", rappellent l'ineptie des débats sur les hypothèses et posent la question : pour simplifier les choix d'offre de travail, faut-il privilégier les facteurs monétaires ou se focaliser sur les rapports amoureux du couple ? (de mémoire).
Je crois que certains devraient jeter un oeil...
Blasphème pro-centralisation :
Quelqu'un a-t-il déjà proposé une page réservée aux "débats" sur la scientificité, les maths en éco et tout le bazar On y rassemblerait toutes les contributions de vulgos et les réponses, l'article imbécillité économique de blanchard, le tract de autisme économie... et vous mettriez un grand panneau sur vos blogs : avant de poster, allez voir si ce que vous allez dire n'est pas sur http/poterieeconomique...
Ce serait envisageable ?