Shorter (sympathique et amical) Olivier Bouba-Olga
Par Antoine B. le samedi 15 avril 2006, 15:52 - Lien permanent
Comme les minima sociaux, dont dépend fortement le taux de pauvreté, n'ont rien à voir avec les performances en matière d'emploi, n'imitons pas la politique de l'emploi du Royaume Uni, car nous hériterions en sus de leur taux de pauvreté.


Commentaires
Shorter un chouilla malhonnête à mon avis. Je n'ai pas lu que les minima sociaux n'avaient rien à voir avec l'emploi mais que c'était une solution parmi d'autres (et pas forcément la meilleure): "je crois que l'on peut tirer deux enseignements essentiels de cette étude. D'abord que pour arriver à un résultat donné, il y a souvent plusieurs façons de faire. Il n'existe pas de modèle optimal vers lequel on devrait nécessairement tendre, pas de déterminisme économique, mais une diversité de réponses possible à un même problème."
Au secours ! vous êtes tous trop intelligents pour moi. Je ne suis QUE Professeur des Universités (PU), ça doit être pour ça que je ne vous comprends pas.
Pourriez-vous poser les pieds par terre un moment ? Parce que, là, vous devenez ridicules.
Ma tasse de thé actuelle est plus satirique, c'est le Blog du Chi blogduchi.canalblog.com et je m'y amuse bien. Essayez, vous aussi, ça donne de l'humilité
La bise à tous
Philippe : "Je ne suis QUE Professeur des Universités"
Ne serait-ce que pour ça, ma nature bassement servile me pousse à vous dire à quel point je suis flatté que vous ayez perdu 10 secondes pour passer le test du catchpa pour poster ce commentaire en ces lieux, malgré la vacherie du commentaire en question :-)
Vulgos : "Shorter un chouilla malhonnête à mon avis."
Ben... c'est toujours malhonnête un shorter ! Condenser un long discours en une phrase, c'est en soit un peu bête, et faire en sorte que cette phrase soit paradoxale ou dénuée de sens, c'est en plus méchant. Bête, méchant, malhonnête... Cela dit, il y a quand même, je crois un fond de vérité là-dedans : les phénomènes qui provoquent des inégalités au RU et les phénomènes qui expliquent le succès britanique en matière d'emploi ne sont pas les mêmes. L'efficacité d'une économie est indépendante de la distribution de ses revenus. On appelle ça le second théorème du bien être, et mon instinct me dit que c'est le Philippe du commentaire d'avant qui me l'a appris, s'il a une moustache.
Antoine Belgodere : je crois que c'est moi le plus con ici parce que je comprends rien à vos private jokes (et parfois même au reste). :)
"L'efficacité d'une économie est indépendante de la distribution de ses revenus."
Je n'aurais pas autant de confiance en cette affirmation (au point d'en faire un théorème du moins). Hier soir, je lisais Von Mises (je sais...) et il disait justement le contraire et ça avait l'air très convaincant. D'autres ont aussi dit que la croissance des 30 glorieuses s'explique justement par un fort mouvement redistributif (dopant la consommation, etc). Je sais pas, je suis pas économiste, mais il me semble que les avis sont partagés entre économistes... Je sais pas non plus ce qu'en penserait Olivier Bouba-Olga mais je n'ai pas lu ça sur ce lien précis (j'ai même crû percevoir le contraire, qu'il y a bien un lien entre distribution et efficacité).
vulgos: si je puis me permettre une observation, ne pas hésiter à aller un peu plus loin que Von Mises : un garçon sympathique, mais dont l'essentiel mérite est d'avoir été au bon endroit au bon moment, AMHA. Si vous avez accès à une bibliothèque dans votre quadran, vous devriez pouvoir y trouver par exemple "L'innovation pour le meilleur et pour le pire" de Danièle Blondel : je ne sais pas ce que les vrais économistes avec palmes en pensent, mais moi, j'ai trouvé ça lisible, pas prise de tête, bien quoi.
Philippe : "Au secours ! vous êtes tous trop intelligents pour moi. Je ne suis QUE Professeur des Universités (PU), ça doit être pour ça que je ne vous comprends pas."
Ouvrez un blog, ça nous aidera. Enfin... si vous faites de l'économie. Sinon, je ne sais pas si votre discipline est demandeuse. Demande sérieuse.
En prenant bonne note de l'apport de l'économie académique , et notamment, de la théorie de l'avantage comparatif à la réflexion raisonnée d'une part, en postulant par ailleurs qu'internet est une place de marché, je me demande si les économistes ne devraient pas envisager de se concentrer sur leurs points forts (production de textes ?) et laisser les informaticiens libertaires assurer la diffusion de leur production, par exemple, en livrant leurs écrits sous une licence d'exploitation libérale, la forme important alors peu.
Ici encore, la production espère qu'aucun économiste n'aura été blessé durant la réalisation de ce message. Merci de votre coppération, repos, vous pouvez fumer.
Le Schtroumpf autrichien à lunettes: j'en ai pris note, ça a l'air intéressant, merci (mais j'arrive pas à trouver un résumé sur le net, je le déduis de ce que j'ai trouvé sur blondel, si donc vous en avez un...).
Antoine Belgodere: gaffe avec tes captcha, je commence à dépasser les 5 secondes pour répondre à la question. :)
S'il me fallait résumer le livre cité sans me référer directement à l'école que ses détracteurs baptisent de "néo-schumpeterienne" ou à Bergson (l'évolution créatrice), je dirais que le livre se propose de réfléchir sur les conséquences sur l'activité et les stratégies des acteurs économiques de l'expansion de places de marché au sein desquelles sévit une concurrence de plus en plus intense sous l'effet du perfectionnement continu des techniques et canaux de communication, ainsi que des techniques d'analyse de l'information. L'un des éléments de réflexion est d'observer que "l'innovation est une provocation permanente aux yeux d'acteurs de plus en plus nombreux à constater son existence : toute décision, y compris d'attendre, devient risquée : être flexible ne suffit plus".
Une de ses conférences est dispo par là :
www.lemonde.fr/web/articl...
Un extrait de la conclusion :
"Pour chaque jeune, quel que soit le type d'enseignement qu'il reçoit, l'enjeu est finalement le même : il s'agit de developper l'ensemble de ses facultés et de construire les armes de son autonomie, de son sens critique, de sa responsabilité" .
Hope it helps
"Je n'aurais pas autant de confiance en cette affirmation (au point d'en faire un théorème du moins). Hier soir, je lisais Von Mises (je sais...) et il disait justement le contraire et ça avait l'air très convaincant."
Oui mais, Mises c'est... heu... comment dire... tout pourri ? Bon, en fait, pour être honnête, mise à part une certaine sympathie que j'ai pour Hayek (en tout cas pour une partie de son oeuvre, qui n'inclut qu'à la marge ses sorties sur le thème : "oui ! ça commence par du socialisme tout gentil, et puis on sait comment ça finit : par des nazis"), je connais assez mal les autrichiens (L'autrichien à lunette m'aidera peut être à corriger cette lacune), et c'est pour ça, sans doute, que j'ai de Mises une opinion pas très haute. C'est quelqu'un qui t'explique que quand tu vois quelqu'un fou de rage se cogner la tête contre les murs au point de s'ouvrir les arcanes sourcilliaires, tu n'as pas à te demander s'il a tort ou raison, s'il est rationel ou pas : seul lui sait ce qui est bon pour lui, et si il se fracasse la tête, c'est qu'au moment où il se la fracasse, il pense que c'est ce qu'il a de mieux à faire. Sur le fond, j'y consacrerai sans doute un billet plus long un jour, mais je suis assez convaincu qu'efficacité et répartition sont indépendantes l'une de l'autre, sauf situations extrêmes en matière de répartition, et à condition que la redistribution soit faite sans distortion.Antoine Belgodere : ta position m'étonne un peu. La répartition n'a donc pas d'influence sur les incitations? Ces dernières n'ont pas d'influence sur l'efficacité?
Dans le sens inverse, le libre-échange (ou le protectionnisme, ou la flexibilité du travail, ou toute autre mesure supposée être efficace) n'a pas d'influence sur la répartition des revenus?
Peut-être que ce passage "sauf situations extrêmes en matière de répartition, et à condition que la redistribution soit faite sans distortion" répond à mes questions, mais j'avoue ne pas avoir bien compris à quoi tu faisais allusion.
Vulgos : comment te répondre sans te dévoiler le contenu de ce futur billet ? Pour faire bref : il est possible d'être généreux dans les allocations chômages et les minima sociaux tou en étant efficace, à condition que les bénéficiaires gardent un intérêt à retrouver du travail. C'est possible avec un système de sanctions appliquées en cas de refus d'un emploi et avec un impôt négatif, voire un revenu universel.
Le libre échange a une influence sur les revenus de facteurs (travail, capital), mais la fiscalité d'un pays modifie ensuite cette répartition primaire, et c'est donc bien ça qui compte.
"je connais assez mal les autrichiens (L'autrichien à lunette m'aidera peut être à corriger cette lacune)"
Hélas, je suis franchement trop amateur pour ça.
Ceci dit, je trouve que ce qu'en dit Galbraith dans "l'argent" est très juste (relation entre hyperinflation et école autrichienne classique, dont l'objectif premier était de créer une économie politique dans une période troublée). D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment compris en quoi ce que disait Galbraith et ce qu'on peut attribuer soit à Hayek, soit à l'école autrichienne se contredisait réellement. Par contre, je reste étonné de ne voir personne s'emparer des thèses néo-schumpéteriennes pour quelque fin politique parmi les nombreuses imaginables s'accomodant d'un tel moyen.