L'INSEE, pédagogue démagogue
Par Antoine B. le jeudi 23 mars 2006, 08:57 - Lien permanent
Billet écrit par VilCoyote
L'INSEE est censé exercer un rôle d'information du citoyen, non de désinformation. Les personnes qui y travaillent sont supposées avoir davantage de culture économique que les gros nazes du (des) gouvernement(s) et que les journaleux.
Quelle force occulte a donc bien pu les pousser à écrire que "le commerce extérieur continuera à peser de façon "nettement négative" sur la croissance française"? (exportations insuffisantes, importations trop importantes... la bonne vieille rengaine mercantiliste, quoi).
Quelqu'un a-t-il lu Ricardo dans ce pays de débiles ?!
Source : Le Monde
L'INSEE est censé exercer un rôle d'information du citoyen, non de désinformation. Les personnes qui y travaillent sont supposées avoir davantage de culture économique que les gros nazes du (des) gouvernement(s) et que les journaleux.
Quelle force occulte a donc bien pu les pousser à écrire que "le commerce extérieur continuera à peser de façon "nettement négative" sur la croissance française"? (exportations insuffisantes, importations trop importantes... la bonne vieille rengaine mercantiliste, quoi).
Quelqu'un a-t-il lu Ricardo dans ce pays de débiles ?!
Source : Le Monde


Commentaires
Bonjour
Ça avance ta thèse ? Pense à te détendre.
He he, relis l'auteur du billet... C'est pas Belgo, c'est Coyote (squatter assermenté, pilier du Café du Commerce).
Moi je thèse pas, je fais grève contre le CPE à plein temps (enfin moi non mais les élèves oui, donc ça revient au même. Sauf que je suis payé. A rien foutre. Free rider power!)
Ca vous énerve encore ce genre de choses :-). A force de répétition, on finit par ne plus y prêter attention. Je ne lis pas un journal par jour sans y trouver "l'épouvantable déficit commercial" et autres joyeusetés sur la "compétitivité".
Je vais encore me faire lyncher mais la théorie des avantages comparatifs ne présuppose-t-elle pas une concurrence parfaite? Si j'ai bien compris ce que je lis un peu partout, et écrit par des gens qui ont l'air d'avoir un certain bagage en économie, les gains à l'échange ne sont pas démontrés en situation de concurrence imparfaite (donc dans la réalité).
Voir par exemple: "L’avantage comparatif, notion fondamentale et controversée" (Bernard Lassudrie-Duchêne et Deniz Ünal-Kesenci) in "L'économie mondiale 2002". Le chapitre: "L’avantage comparatif est-il compatible avec l’imperfection de la concurrence ?"
www.cepii.fr/francgraph/p...
J'y lis aussi ceci: "On peut conclure que, si les gains liés au libre-échange sont, comme l’écrit Keynes,
« réels et substantiels », ils ne suffisent pas en eux-mêmes à garantir la croissance à long terme du niveau de vie d’un pays. Le libre-échange n’est donc pas dans tous les cas la meilleure des politiques possibles." (p. VI)
notez d'un pur point de vue comptable, c'est vrai...
Règle numéro 1 de la discussion en matière économique : l'avantage comparatif est incompréhensible.
Règle numéro 2 : Comme l'avantage comparatif est incompréhensible, les amateurs de DIY-economie adorent parler de l'avantage comparatif.
Règle numéro 3 : ne jamais participer à une discussion cumulant DIY-économie et avantage comparatif.
Règle numéro 4 : l'application de la règle numéro 3 conduit les pratiquants de DIY-économie à un mélange d'énervement - parce qu'on ne veut pas lire leurs conneries - et de fierté -si on ne veut pas discuter avec moi, c'est que je détiens, comme Musclor, la force toute-puissante et le pouvoir du crâne ancestral.
econoclaste-alexandre: je ne prétends pas détenir le crâne de votre aïeul ou connaître quoique ce soit d'intelligent à l'avantage comparatif. J'essaye juste de comprendre pourquoi certains économistes disent autre chose que vous (du moins si j'arrive à comprendre ce qu'ils ont dit) et pourquoi pour eux les choses ne sont pas aussi simples, voire dogmatiques. Et sur ce, je ne reçois comme réponse que des moqueries sur les profanes, etc.
J'ai beau essayer, je ne peux pas me contenter de ce genre de réponses et en tant que citoyen imaginer que de tels experts puissent conseiller nos dirigeants et décider de notre sort me fait flipper à mort.
Même si je dis des conneries, cette réaction d'expert, méprisante et élitiste vis-à-vis des non-initiés, va à l'encontre de mes valeurs.
Je suis fatigué, vous m'avez bien casser le moral. Vais aller me coucher tôt ce soir.
T'ain ils ont la rage aux corps les jeunes économistes.
Bon : sauf erreur de ma part, l'INSEE établit ses prévisions de croissance en téléphonant à Jacques Calvet et ses potes de golf, lequel explique qu'il ne peut pas prédire une croissance de plus de pouillème pourcents s'il ne parvient pas à exporter massivement ses poëles à mazout roulants : CQFD. Généraliser le raisonnement avec Lauvergnon, etc. et tout s'explique : exportations = croâssance[*]
[*] croâssance : cri de l'économiste gouvernemental lorsque celui-ci a trouvé une bonne excuse pour que son ministre puisse dire que la croissance revient.
C'est rassurant de voir qu'à l'évidence, il sera bientôt possible de se monter une véritable task force d'économistes teigneux pour se farcir les officines apppointées de son choix pour quasiment pas un balle de charges, et probablement déductible à 66% des impôts. En se démerdant pour leur refiler en plus une carte de presse et un statut d'intermittent, ça va optimiser méchant dans la masse salariale.
D'un autre point de vue , le libre-echange est moral. Ca me suffit a dire qu'il faut le mettre en place.
Que ca soit des fois plus ou moins biens pour " la croaassance" je m'en fout.
Sinon Vulgos essayer de trouver un papier de MacDougall (1951) , ca devrait vous interesser.
Ps: le captcha m'a fait mourir de rire.
Nade: la réflexion a, fort heureusement, dépassé la réflexion de Ricardo. Mébon : vu le nombre de vrais économistes dans le secteur, je vais éviter de la ramener sur le sujet, y zont pas l'air top-jouasses.
Alors, pour en rester sur le simple plan de la morale, le libre-échange, c'est ptet moral, mais ça le serait encore plus associé à une véritable liberté de circulation des personnes à l'échelle du globe ...
(Nade : " le captcha m'a fait mourir de rire."
Je précise que suite à une récente vague de Spams sur les commentaires, mon hébergeur a mis d'office ce système de filtrage sur tous ses blogs. Je n'y suis pour rien, mais peut être que je le laisserai quand j'en aurai le choix)@Gus : jamais dit le contraire. Libre echange et liberte de circulation.
@Antoine ( je peux vous appeler Antoine?) : et bien ils ont de l'humour chez toolblog!
Nade : quelle était la question ?
1 heure de wikipedia par jour obligatoire pour les gens de l'INSEE ? :)
fr.wikipedia.org/wiki/Ava...
Ceci dit une question : quel est le lien entre ce que raconte Ricardo et l'amplitude signée du déficit commercial ? Est-ce que ca ne s'applique pas uniquement a la somme de la valeur absolue des échanges : plus on échange (à bon escient), plus on est augmente la production totale à "cout" constant, mais cela peut très bien se faire à déficit commercial nul non ?
Laurent, mon cher Laurent, ...hummm, alors, tu vois cette bouteille de lait ?
Bon : ok : alors voilà : la croissance, tu comprends, ça dépend sous quel angle tu te places. Toi, je le sais, tu es un bon citoyen : tu ne confonds pas l'intérêt du gouvernement, qui est l'intérêt de la Nation, avec l'intérêt du pays, c'est à dire des habitants. Toi, je le pressens, tu es un patriote, un vrai, comme on en fait plus.
Alors donc, en ce qui concerne la croissane, certes, d'un côté, il y a les théories altermondialistes de Ricard-machin, là, mais aussi les théories plus conformes à l'intérêt de la nation, à savoir, le théorème de Pernaud.
Selon le théorème de Pernaud, la croissance, c'est comme le cholesterol : il y a le bon cholesterol, mais aussi, le mauvais cholesterol.
Le bon cholestérol, ce sont les exportations de produits faits en France avec du bon acier français dans des usines françaises avec des ouvriers basa^Wfrançais. C'est bon parce que tout ça, ça fait beaucoup de bons impôts avec lesquels on peut s'acheter des gros missiles qui font boum et loin, des porte-avions et du bon miam-miam pour les pioupious en afrique. Et en plus, ça rapporte plein de belles cotisations aux caisses sociales imposées après-guerre en lieu et place des solidarités existantes mais dont le gouvernement fixe les règles de bon usage (par exemple, pour leur refourguer les bons citoyens qui ont bien servi la France ou la politique culturelle par le versement de généreuses allocations aux intermittents). Et tout ça, c'est que du bon, parce que, en plus, si ça s'exporte, aucun risque que ces produits donnent des idées séditieuses au peuple. Et puis, après tout, il n'est pas toujours si simple de refourguer même aux ouvriers des usines tout ce qu'on parvient à fabriquer, alors même qu'on attend bien d'eux de bien réinjecter salaires et pensions dans l'économie... nationale de sorte à ce que l'argent soit efficacement recylé et en vase clos pour qu'on puisse garantir qu'il tournera toujours malgré les prélèvements qu'on effectue à chaque étape.
Après, il y a le mauvais cholestérol : les importations.
Tout le monde sait qu'à l'étranger, des méchants même pas blancs conspirent pour ruiner la France et inventent des produits dont on a pas besoin et les vendent en France : ordinateurs, motos, électronique grand public en général, etc. . Trente ans de chienlite crypto-communisme ont fait en sorte que l'école laïque et républicaine n'a pas sû inspirer les valeurs démocrates par lesquelles les citoyens auraient dû refuser ces produits étrangers si séducteurs de par leur technologie clignotante, leur espèce de machinerie électronique inutile, là (l'homme honnête a-t-il besoin d'une machine pour savir compter ?), et désormais, des générations de français ont pris l'habitude de ces produits étrangers. C'est pour ces raisons, par exemple, que nous aurions dû essayer un peu plus fort de bloquer l'arrivée des magnétoscopes en France à Poitiers en 1984. Ces produits font certes de la croissance, mais c'est de la mauvaise croissance car bien que leur qualité et leur bas prix enrichisse dans l'immédiat les citoyens, il les appauvrit à terme en afaiblissant l'état en portant atteinte à sa capacité à maintenir au niveau jugé adéquat à chaque instant les prélèvements sur l'économie ne fonctionnant plus en vase clos.
Or, et nul bon citoyen n'en doute, ce qui est mauvais pour l'état est mauvais pour tous.
Donc, ne confonds jamais le mauvais cholestérol avec le bon : achète français, et chois Pernaud Jean-Pierre plutôt que ce... Rocardo, là. Et qu'on ne vienne pas me parler d'Europe : pour l'instant, les gros missiles, les avions, et les gros bateaux, c'est que-la-France qui se paye parce que bon, faut pas croire, on a bien compris : l'avenir, c'est léconomie des services, et en matière de service d'emmerdement du monde à distance, on a une avance stratégique indéniable qu'il convient d'entretenir.
(Les producteurs de cette émission déclarent espérer sincèrement qu'aucun économiste n'aura été blessé dans la réalisation de ce message).
Les Yes Men en VF ?
Antoine, pour te remonter le moral :
www.debat2007.fr/blog/ind...
(je m'en vais en courant)
Avant de critiquer les gens de l'insee, vous pourriez aller sur leur site et reflechir un peu :
www.insee.fr/fr/indicateu...
Les propos sont par ailleurs très mal raportés pat Le Monde.
Il faut comprendre : d'un point de vue COMPTABLE, les importations ont augmenté plus vite que les exportations, donc lorsqu'on décompose la croissance du PIB entre différents facteurs (variation des stocks,..), la contribution du commerce extérieur apparaît avec un signe négatif.
Mais le département de la conjoncture à l'insee n'est pas du tout mercantiliste. Il présente juste les chiffres de manière comptable, sans opinion.
PS : je n'y travaille pas.
Lorsque le libre-échange s'exerce dans un espace dans un espace ou les capacités en travail qualifié et en technologie sont comparables,les couts de production tendent à s'égaliser.Ex:l'Europe avant l'élargissement à l'Est.
Une spécialisation par branches productives et par crénaux a pu s'établir en fonction d'avantages comparatifs aléatoires de départ.Certes certains pays se sont retrouvés avec des déficits commerciaux structurel, mais sans que celà nuise à leur croissance (Cf.l'Espagne).
Mais Ricardo comme Marx souhaitaient l'avènement d'une économie-monde, ou le cout unitaire de production dépendrait (en supposant les productivités égales) des besoins pour survivre du prolétaire marginal le moins
exigeant.
A terme ,si la planète peut le supporter, chaque chinois aura sa voiture ,les plus luxueuses produites en Europe et y assurant des emplois.Mais le système ne sera équilibré que dans 30 ou 50 ans en èspérant que le probleme du déficit commercial américain ne soit pas réglé par une guerre.
D'ici là, une ou deux générations européenes écocomiquement sacrifiées.