Pourquoi la BCE est indépendante expliqué aux enfants
Par Elessar le jeudi 20 octobre 2005, 06:46 - Lien permanent
Résumé de l’épisode précédent pour ceux qui ont la flemme de tout relire: on remarque qu’il y a une relation statistique inverse entre l’inflation et le chômage, appelée la courbe de Phillips. Il suffirait donc de faire un peu monter l’inflation pour faire baisser le chômage. Fort de cette théorie, un certain Henri E. se fait élire Président de la République, sort de l’Euro, se réapproprie le pouvoir de battre monnaie et annonce à tout le monde qu’il va faire monter l’inflation de 2 points et que par conséquent le chômage baissera de 4,4 points (chiffres fictifs d’Antoine mais +- réalistes). Peu de temps après, l’inflation augmente bel et bien mais, patatras !, le chômage lui aussi !
Que s’est–il passé ? Ce n’est pas une erreur de mesure, statistiquement, la courbe de Phillips existe vraiment. Difficile d’accuser les libéraux, depuis l’élection, ils sont tous en camp de rééducation volontaire (oui, tous, y compris l’équipe d’Optimum et probablement toi aussi cher lecteur, d’ailleurs ton IP est 245.889.59.22). Le tort d’Henri E. aura été de ne pas lire Optimum où il aurait trouvé les sages critiques du très libéral Robert Lucas: il ne faut pas faire de politique économique basée sur des relations statistiques qu’on observe dans l’économie, car ces relations ne restent vraies dans le futur que si les anticipations des agents demeurent les mêmes. En clair, le coup de l’inflation qui fait baisser le chômage, ça ne marche que quand c’est imprévu. Ce ne sont que les chocs imprévus qui font baisser (ou monter) le chômage, car chaque employeur interprète l’abondance de monnaie comme une indication que sa boîte va mieux que prévue, et agit en conséquence (embauches, investissements, soirées privées au Palace, etc.). Si tout le monde sait qu’il y aura de l’inflation, il n’y aura pas « plus » de monnaie que prévu dans l’économie. Si vous ne comprenez pas, relisez la note d’Antoine ( ça doit faire la troisième fois que je mets le lien !) Et si vous ne comprenez toujours pas, je vous conseille l’excellente explication du maître lui-même.
Et c’est là qu’intervient la remarque de Vulgos : Henri E. n’aurait jamais du annoncer qu’il allait faire monter l’inflation. Il suffit de ne rien dire (donc de laisser les anticipations des agents comme elles sont) et de laisser filer l’inflation, et bonjour le plein emploi.
Hélas, ça non plus, ça ne marche pas. La raison, en une seule phrase ? Il ne faut pas prendre les gens pour des c***.
Les agents ont intérêt à deviner au plus juste l’inflation future. S’ils se plantent, ça leur en coûte : sur- ou sous-investissements, prix fixés trop bas ou trop haut, négociation salariale trop serrée ou trop généreuse etc. Même si une inflation plus haute que prévue peut avoir certains effets macroéconomiques bénéfiques, comme expliqué plus haut, personne n’a personnellement envie de se planter. De plus, chacun est capable de se dire que l’autorité politique qui décide (plus ou moins) de l’inflation a tout intérêt à les tromper. Donc quand Henri E, sur les bons conseils de Vulgos, annonce haut et fort qu’il n’est pas question de laisser filer l’inflation, chacun au bar PMU se dit « c’est ça Henri, prend moi pour un c**. Moi, je sais très bien qu’en vrai, elle sera à 4% l’inflation, je lis Optimum moi Monsieur ». Et là, Henri E. et ses promesses électorales font pshiiit. Car il est coincé. Soit il laisse effectivement filer l’inflation à 4%, sans aucun effet car ça a été anticipé, soit il maintient l’inflation à 2% comme annoncé, avec effet catastrophique sur le chômage (l’effet inverse que décrit au début, car ces 2% sont plus bas que prévu), soit il laisse l’inflation exploser, à disons 8%, pour quand même gratter un peu sur le taux de chômage. « Mézalors » se dit notre client du bar PMU, qui derrière ses airs bourrus est un anticipateur rationnel, « ce n’est pas à 4% que je dois anticiper l’inflation, mais à 8% ». Et comme chacun fait ça, même à 8% d’inflation, Henri E. n’obtient rien sur le « front du chômage ». Et c’est la fuite en avant … Sachant que l’inflation a aussi un coût, chacun anticipera le niveau y de l’inflation de telle façon qu’Henri E. n’aura aucun intérêt à les surprendre avec un niveau y+epsilon car les bénéfices (moins de chômage) ne compenserons plus les coûts. Et voilà donc, après la disco, le retour d’un deuxième cauchemar des années 70, la stagflation.
Il faut bien voir que le problème vient de la discrétion dont dispose Henri E. Il a trop de pouvoir. Henri E. a beau promettre que promis juré craché il ne touchera pas à l’inflation, tous savent que dès qu’ils le croient et anticipent une inflation à 2%, Henri E. à tout intérêt à ne pas tenir sa promesse et à les surprendre avec une inflation plus haute pour faire baisser le chômage. Ils n’ont donc pas d’autre choix que d’anticiper une inflation haute, et Henri E. n’a pas d’autre choix que de réaliser celle-ci. Les spécialistes auront reconnu un équilibre de Nash (subgame perfect, pour être précis). Le drame, c’est que tout le monde, c’est à dire les agents tout comme l’autorité monétaire, est d’accord qu’il vaut mieux être à 2% d’inflation correctement anticipé qu’à 10% correctement anticipé. C’est la toute-puissance du Président qui empêche un deal du style « vous anticipez 2% d’inflation, et je vous promets de m’y tenir », car rien ne le force de le faire, et tout le monde le sait.
Henri E. doit trouver un moyen pour prouver qu’il ne cèdera pas à la tentation de faire monter l’inflation par surprise, seule façon de convaincre les agents d’anticiper une inflation basse. Et comme Ulysse et les sirènes (z’avez vous comment que ça vole haut dans ce post ?), la meilleure façon, c’est de se laisser attacher au mât. En clair, il doit renoncer au pouvoir monétaire et rendre la banque centrale indépendante, avec pour principale mission de combattre l’inflation. Seule une banque centrale dont l’objectif est réellement une inflation à 2% et qui n’a pas de soucis de réélection ou de promesses électorales à tenir saura convaincre les agents qu’ils ne se feront pas b**** s’ils anticipent une inflation basse.
Et le chômage dans tout ça ? Ben pour le faire baisser, il faut … créer des emplois ! Et comment on crée des emplois ? J’en sais pas beaucoup plus que la moyenne (mais d’autres oui), mais il ne faut pas croire qu’on en créera durablement en faisant mumuse avec la monnaie.
LSR
Petite remarque pour les spécialistes qui aiment bien l’exhaustivité : j’ai éludé tout le courant de « jeu répété avec réputation » de Barro-Gordon (1983). C’est déjà assez compliqué comme ça et de toute façon, les équilibres ne sont pas aussi bons qu’avec une autorité indépendante, entre autre au cause des cycles d’élections.


Commentaires
« Ceux qui préfèrent une hausse continue des prix plutôt qu'un niveau stationnaire me rappellent toujours ces gens qui règlent leur montre intentionnellement en avance de façon à être plus sûrs d'attraper leur train. Bien entendu, pour réaliser leur dessein ils ne doivent pas être conscients que leur montre est en avance car sinon ils prennent l'habitude de tenir compte des quelques minutes supplémentaires et, après tout, malgré leur ingéniosité, ils arrivent trop tard. »
Knut Wicksell ('Intérêt et Prix', 1898)
Notez cependant que s'attacher au mât présente quelques risques : en cas de tempête terrible, les matelots coulent avec leur navire (cas de l'Argentine en décembre 2001)...
Aloysius : « Notez cependant que s'attacher au mât présente quelques risques : en cas de tempête terrible, les matelots coulent avec leur navire (cas de l'Argentine en décembre 2001)... »
Pas faux, mais notez que la caisse d’émission n’est pas la façon la plus radicale de s’attacher au mât. La plus radicale est la dollarisation (ou l’euroisation), qui, elle, est nettement moins risquée que la caisse d’émission.
juste une question de candide : si il vaut mieux être "à 2% d’inflation correctement anticipé qu’à 10% correctement anticipé", pourquoi ne pas fixer un nouvel objectif à la BCE : être à 0% d'inflation correctement anticipé ?
En réponse à SharkFin, l'inflation à 0% n'existe pas. Vu les innombrables difficultés dans la construction d'un index représentatif de l'évolution des prix à la consommation, il vaut mieux se donner une légère marge, d'où le choix communément admis d'un objectif d'environ 2% comme étant équivalent à la « stabilité des prix ».
A Antoine Belgodere, bien d'accord à ceci près que l'euroisation n'est pas une option dans la zone euro !
Que donnerait la stratégie consistant à donner tout pouvoir sur la banque à un homme omniscient disposant de revenus indexés sur la courbe du chômage ? Celui-ci ne chercherait alors certainement plus un équilibre de Nash.
Gus: amusant, mais cela n'empechera pas la corruption du superman au prix public conseillé :).
Dans le même genre, si tous les états n'emettent que des obligations indexées sur l'inflation il me semble qu'il est totalement inutile d'avoir une banque centrale indépendante pour juguler l'inflation.
Laurent
Déjà, merci pour vos commentaires ! C’était mon premier billet « à contenu » (on va oublier mes prédictions de prix Nobel …)
all : Le billet tentait d’expliquer les raisons de l’indépendance de la BCE. Je n’ai pas dit que la BCE avait aujourd’hui la meilleure définition d’objectifs possible, ni qu’elle employait les meilleurs moyens pour les atteindre. Ceci dit, je vois mal comment promouvoir l’investissement et la consommation en même temps (j’ai un bête réflexe épargne=investissement). Que l’investissement puisse favoriser l’emploi, pourquoi pas.
Aloysius : La crise en Argentine est, pour ce que j’en sais, due à leur surendettement (et donc à leur classe politique irresponsable) qui rendait la parité dollar/peso intenable, pas à l’indépendance de leur Banque Centrale. Celle-ci a d’ailleurs vue la crise arriver et n’a pas arrêter de pester contre l’endettement continu des régions.
Antoine : C’est vrai. A noter que la dollarisation a ses désavantages aussi, en particulier des fluctuations qui n’ont rien a voir avec l’économie du pays concerné.
SharkFin : Certains diront même (« règle de Friedman ») qu’il vaut encore mieux avoir une inflation négative ! Pus sérieusement, Aloysius a bien répondu amha. A noter que je n’ai jamais dit que les objectifs actuels de la BCE étaient parfaits.
Gus : C’est la partie que j’ai évitée, les « jeux avec réputation » de Barro et Gordon. Encore un fois: l’inflation ne créé pas (à mon avis, mais je ne suis pas seul) d’emplois à long terme. Donc grosso modo, tout dépend des arbitrages intertemporels de ce dictateur. S’il préfère de beaucoup aujourd’hui à demain, il essayera de tromper les agents sur l’inflation, car ça fera baisser le chômage aujourd’hui (mais il y aura des coûts demain, ce dont il se moque). S’il ne fait pas beaucoup de différence entre aujourd’hui et demain, il ne trompera pas beaucoup les agents. Barro et Gordon montre que moins le dictateur est impatient, plus la solution tend vers celle d’une banque indépendante. Conclusion : autant avoir une banque centrale indépendante.
A noter que tous ces équilibres sont Nash (ce sont les seuls possibles).
Guerby : amha et à vue de nez (il se fait tard), ça dépend des raisons de l’Etat de faire monter l’inflation. Si c’est pour se débarrasser d’une dette nominale, alors émettre une dette indexée sur l’inflation est une solution parfaite. Si c’est pour faire baisser le chômage ou relancer l’économie à court terme (veille d’élection …), une dette indexée peut être un frein à ce genre de comportement, mais pas l’empêcher entièrement.
A noter qu’Israël a une dette en grande partie indexée sur l’inflation, et est le seul pays (à ma connaissance) à avoir fait ça. Certains pays occidentaux ont émis récemment de la dette LT en petite quantité (France et USA notamment), mais plus à titre d’expérience. Les US étaient déçus, les français plutôt contents, leur dette c’est bien vendu.
Elessar: Tout à fait d'accord avec vous : après tout, la fortune de Georges Soros vient précisément du fait qu'il s'est torché le cul avec les spécialistes chargés de l'intimidation des marchés. J'avoue simplement m'étonner que le rôle de l'inflation comme régulateur des inégalités sociales ne semble plus enseigné en sciences économiques.
guerby: Certes : c'est la raison pour laquelle les économies plannifiées se prétendant démocratiques sont en pratiques obligées de tracer les échanges, ce qui introduit un gros coût de transaction diminuant la compétitivité de l'économie dans une compétition internationale (ceci expliquant que mondialisation et anti-communisme allèrent historiquement de pair, d'où l'obligation pour la gauche internationaliste d'imaginer un autre usage de la mondialisation et le jargon qui allait avec). En économie capitaliste européenne continentale classique, on s'imagine que lorsque les banquiers, les entrepreneurs et le gouvernement ont des intérêts suffisamment convergents ("conspiration des élites") on s'en sort (les uns prennent les places d'avenir dans la société pour leurs enfants, les autres le profit financier immédiat, les derniers prennent l'AGB[*]), éventuellement avec l'aide des classes moyennes (celles qu'on ne nomme plus les "petits bourgeois"). C'est précisément pour sortir de ce modèle qu'on a imaginé Maastricht. Et la raison pour laquelle Maastricht ne peut pas marcher..... je sens qu'Elessar nous l'expliquera bientôt.
l'AGB : jargon perso pour "amour, gloire, beauté" : on dira, le respect, l'admiration et l'envie des autres (surtout du sexe opposé).
Elessar: "Hélas, ça non plus, ça ne marche pas. La raison, en une seule phrase ? Il ne faut pas prendre les gens pour des c***. "
Pour la théorie, vu le niveau que j'affiche, je discute pas, mais ce que je sais c'est que la politique et les médias fonctionnent très bien en prenant les gens pour des cons. M'étonnerait fortement que ça marche pas en économie... :)
Et puis, mis à part les pros, qui passe son temps à anticiper l'inflation? La plupart savent même pas ce que c'est...
Mon avis c'est qu'une banque centrale indépendante ne change rien à l'inflation si ce n'est dans la tête des économistes. Vu que je suis le Candide, je vous laisse la charge de la preuve (un petit graphique reprenant les pays avec banque centrale indépendante et ceux qui n'en ont pas, corrélé avec le taux d'inflation; ça sera pas une preuve de causalité mais ce sera un bon début). Je demande qu'à croire...
J'ajoute qu'à mon avis les banque centrales indépendantes ne sont pas réellement indépendantes, ce qui est encore un autre débat.
Je mets quand même un petit lien qui vaut ce qu'il vaut: www.lexpansion.com/art/6....
Vulgos:
"Mon avis c'est qu'une banque centrale indépendante ne change rien à l'inflation si ce n'est dans la tête des économistes. Vu que je suis le Candide, je vous laisse la charge de la preuve (un petit graphique reprenant les pays avec banque centrale indépendante et ceux qui n'en ont pas, corrélé avec le taux d'inflation; ça sera pas une preuve de causalité mais ce sera un bon début). Je demande qu'à croire.."
:lol:
c'est simple (je simplifie), plus la banque centrale imprime de billet, plus la valeur du billet descend, moins ton argent a de valeur, plus les prix montent.
en.wikipedia.org/wiki/Mon...
pour faire plus compliqué: plus les taux d'interets sont bas, moins l'emprunt coute cher, plus les gens empruntent plus les gens depensent, plus les gens depensent, plus les prix montent... il y a des exceptions evidemment, mais le gros principe est la, c'est la Demand Pull Inflation
la Cost Push Inflation, c'est quand les prix montent pour une raisons ou pour une autre, par exemple, si le cour du petrole augmente (dans le cas present diverses raisons*), on a de l'inflation des prix a la pompe , qui ensuite se repercute sur l'economie.
pour finir, et bien les banques independentes ont eu une meilleure reputation historiquement (on me contredira peut etre) que les non-independentes.
la Bank of England n'etait pas independentes -> mauvaise performance, la Federal reserve->meilleur performance, la Deutsche en son temps etait plus independentes que la fed et avait une excellent reputation.
*les diverses raisons etant: la demande de la Chine et de l'Inde en carburant, la guerre en Irak, l'OPEC est un consortium de dictateur, le cour du dollar tres bas....
Zilch: prends moi pour un con... :-)
Je sais très bien ce que font les banques centrales. Enfin, pas si bien, mais peu importe, mon propos était ailleurs: savoir si une banque centrale indépendante est plus performante ou pas (sur la question de l'inflation puisque c'est le critère principal) qu'une banque centrale qui ne l'est pas. Et sur cette question tu me parles de la réputation, ce que j'avais déjà dit ("si ce n'est dans la tête des économistes") et par contre aucun chiffre mis à part à nouveau ce qu'il y a dans la tête des économistes ("la Bank of England n'etait pas independentes -> mauvaise performance, la Federal reserve->meilleur performance").
Donc, bien que j'aie dit le contraire et que ce ne soit pas à moi de le faire, je vais donner du concret: www2.unil.ch/cwp/bci_2004...
Pour ceux qui sont pressés, allez à la page 5, vous y verrez que les études ayant cherché à démontrer une corrélation entre indépendance de la banque centrale et contrôle de l'inflation se sont cassées les dents.
Sans oublier, mais c'est un autre débat, que je continue à soutenir qu'il n'existe pas de banques centrales réellement indépendantes (les critères utilisés dans les études pour déterminer l'indépendance des banques centrales ne me convainquent pas).
Vulgos,ok, je ne te prenait pas pour plus bete, simplement la facon dont la question etait posé pretait a confusion.
ce n'etait que dans ma tete. :-)
Zilch: et maintenant t'insinues que je pose mal les questions, c'est ça?
PS: je charrie... :-)
Emmanuel: oui. Le petit lien vers le travail que je trouve bien foutu disait en gros la même chose (et plus, par exemple en rapport avec Lucas).
Enfin, c'est pas tout ça qui va me faire applaudir la BCE, quoi...
svp je veux comprendre le probléme "politique monétaire et indépendance des banque centrales" merci.
"En clair, le coup de l’inflation qui fait baisser le chômage, ça ne marche que quand c’est imprévu"
Parfait puisque c'est ben la situation actuelle. Les marchés n'anticipent pas d'inflation, ils seront surpris.
M. E veut relancer l'inflation, que va t-il se passer ?
La première question a se poser, c'est celle de son éventuel succes.
Je connais un pays, de l'autre coté de l'océan, qui a relancé la dépense publique, poussé les gens a s'endetter au dela du raisonable, vu ses salaires augmenter (santé et retraites avant tout) sans réussir pour autant à relancer l'inflation de manière significative.
Cela nous amène à la deuxième question, celle de sa crédibilité. Si M. E décide de relancer l'inflation, les agents économiques vont t'ils le croire ?
Cela suppose que les gens croient a l'influence de l'Etat sur l'économie et j'ai de fortes raisons d'en douter.
S'ils font une anticipation rationnelle, et je n'en doute pas, ils vont se fonder sur l'inflation passée. C'est à dire non sur la politique économique d'un gouvernement dans les années 70, mais sur l'inflation passée. J'entend par la celle des 2/3 années écoulées, a tout casser sur celle de la décénie.
J'en profite pour répondre à Emmanuel sur un autre post: "Reste une question essentielle : pourquoi était-il possible de "tromper" les agents dans les années 1950 et 1960 et plus à partir des années 1970? Qu'est-ce qui a changé?"
La question est mal posée. Je pense que rien n'a changé sur ce sujet. Ce qui a changé, c'est: le trend de productivité, la concurrence et l'ouverture des économies, la rentabilité de l'investissement etc ... Bref tout ce que tu voudras sauf l'intelligence des agents. J'ai une préfference pour le premier facteur.
Le principal mérite de l'inflation serait d'effacer les dettes. Cela aussi a changé.
L'objectif de la Banque centrale lorsqu'elle modifie son taux directeur est d'agir sur l'économie réelle pour atteindre l'inflation.Comme elle n'intervient que par quart ou demi point,elle n'a aucune chance d' y parvenir;le surcout pour les banques commerciales est négligeable par rapport aux opportunités de profits des que la croissance est positive.D'ailleurs la masse monétaire globale M3 augmente régulièrement de 5 à 7% par an!
Par contre, grace à la spéculation monétaire qui anticipe sur les variations de taux avec une ampleur imprévisible,l'effet sur l'inflation est indubitable:
--Par les prix des produits importés payés en dollar
--Contradictoirement par le ralentissement du à la cherté des exportations.
La BCE est donc condamnée à jouer les apprentis sorciers.Elle préfere bien sur laisser les vrais initiatives a la FED américaine, qui n'a pas de compte a rendre à 25 gouvernements.
Bonsoir. Je suis étudiant en économie et je m'interesse beaucoup à la politique monétaire de la BCE toutefois je ne comprend pas les phénomènes du à une hausse du taux directeur de la banque centrale.Je m'explique,depuis la derniere hausse du taux directeur voulu par monsieur Trichet on assiste à une appéciation de l'Euro par rapport au dollar.Cela signifie que sur le marché on recherche à acheté de l'Euro et on vend du dollar?Si oui quel est l'intéret de faire cela sachant que la fed à un taux directeur de 5,25%? En outre concrètement plus le taux directeur est élevé et plus le crédit coute cher pour tous les agents économiques donc les créanciers(les banques?)feront plus ''bénéfices''? Mais comme les taux augmentent les entreprises ou les particuiers auront moins intéret à emprunter donc il y aura une deminution de la demande de Fbcf et de biens de consommations donc par conséquent on assistera à une baisse de l'inflation? Il y a beaucoup d'autres questions que je me pose sur les effets,phénomènes qu'engendre une politique monétaire(Et en général sur la macro-économie) mais je ne veux pas vous importunez davantage.Merci d'avance pour d'éventuelles réponses,bonne soirée.Aurevoir.
Bonjour à vous tous, si je peux me permettre, il me me semble que vous parlez beaucoup d'inflation mais n'est il pas envisageable qu'une augmentation de la masse monétaire puisse augmenter la production plutôt que l'inflation ?
si l'on en croit une certaine équation équation lue dans un livre d'initiation : M*V=P*Q
avec
M : masse monétaire
V : vitesse de rotation de la monnaie
P : indice des prix
Q : Quantité de production.
Dans une société comme la notre ou nous avons de nombreux chômeurs qui ne demandent qu'à travailler et ou nous avons toute possibilité de produire d'avantage, aussi bien en bien manufacturés qu'en services, et ou nous avons dans de nombreux secteurs une concurrence abondante, pourquoi augmenter la masse monétaire ne se répercuterait elle pas sur la production plutôt que sur les prix !
Les politiques ont toujours pour leitmotiv de conserver la confiance de la population pour maintenir l'économie. Or jouer sur la confiance c'est inciter les gens à dépenser ce qu'il gagnent, c'est à dire à augmenter la circulation de l'argent...
Pourquoi ceci influerait sur la production tandis que la masse monétaire influerait sur l'inflation ?