Il a commencé par dire qu'il allait faire de la pédagogie; quand ça commence comme ça, en général, c'est que ça va aller mal. En effet, il annonce dans la foulée que en fait la croissance ça allait pas être possible, et que l'INSEE, l'OCDE et le FMI ne s'étaient peut-être pas tant gourés que ça dans leurs prévisions les plus pessimistes, contrairement à ce qu'il avait essayé de nous faire croire pendant six mois - mais il y a une reprise en mai et juin, précise-t-il quand même. Bon ben on est sauvés alors.
Vient ensuite le fameux sujet de la dette publique (n'oubliez pas : c'est le mal !!). On apprend alors qu'elle est le travail d'une génération, parce que il y a vingt-cinq ans, il n'y en avait pas (ou si peu, m'sieur Sabatier). Propos ambigu : la faute d'une génération de politiciens (ces saligos de socialos) ou de citoyens? Je penche plutôt pour la seconde interprétation, parce que une génération de politiciens, ça ne veut pas dire grand-chose, si on considère une période de vingt-cinq ans. Auquel cas je me sens visé, étant né en 1981. Je vous présente donc mes excuses pour avoir fait monter la dette publique française.
Et le bouquet final sur la dette : Il faut dire la vérité aux Français : l'impôt sur le revenu ne sert pas à financer des écoles ou des hôpitaux : il ne sert pratiquement qu'à payer les intérêts de la dette. Alors là je dis bravo. Premièrement, ça ne dérange pas le ministre de l'économie de violer dans son discours la loi selon laquelle les recettes publiques ne sont pas spécifiquement attribuées à des postes de dépense. Ca le dérange encore moins d'appeler ça une vérité qu'il faut dire aux Français Deuxièmement, la dette contractée a servi à quoi? A financer des écoles et des hôpitaux, par exemple. Ben oui, du coup maintenant il faut les payer, c'est embêtant, ça. Et troisièmement, puisque le discours du ministre laisse entendre que l'impôt sur le revenu ça sert pas à grand-chose, sinon à rembourser les créanciers, ben... yaka le supprimer pour toutes les personnes qui ont des bons du Trésor. Plutôt que de leur rembourser les intérêts, on s'abstient de leur prélever un impôt du même montant; ça revient au même, et ça facilite la gestion. Comme l'encours de la dette est détenu à un peu plus de 50% par des Français, ça permettra en sus au gouvernement d'atteindre sans suer la barre de la baisse de 30% de l'impôt sur le revenu. Magic Breton!
Il va falloir que ça cesse, cette manie (démagogique) de croire qu'un bon chef d'entreprise / directeur du marketing est apte à diriger une nation. Ce qui est prudence dans la conduite d'un foyer, ne peut être folie dans la conduite d'une grande nation, écrivait Adam Smith. La folie est de comparer Jacques Vabre à la France. L'expérience nous l'a malheureusement confirmé.