Les jeunes en France et la politique
Par Antoine B. le lundi 13 juin 2005, 19:03 - Lien permanent
Voici un texte intéressant, qui décrit avec assez de justesse la pensée politique dominante chez beaucoup de jeunes français. (lire la suite)
« [Je me réjouis du fait qu’]il n’y a pas de libéraux dans la [France] d’aujourd’hui ; il y a de jeunes révolutionnaires, il y a de jeunes conservateurs. Mais qui veut être libéral ? Le libéralisme représente une philosophie dont la jeunesse [française] se détourne maintenant avec nausée, avec colère, avec mépris, parce que rien n’est plus éloigné de sa philosophie à elle, rien ne lui répugne davantage que cette conception de la vie. La jeunesse [française] d’aujourd’hui reconnaît dans le libéral son ennemi par excellence. »
Assez juste, n’est-ce pas ?
En fait, il y a une petite arnaque sur la marchandise. J’ai un peu modifié ce texte. Ce texte ne parle pas de la jeunesse française actuelle, mais de la jeunesse allemande après la première guerre mondiale. L’auteur, qui se réjouit de cette unanimité anti-libérale, est Moeller van den Bruck, cité par Hayek dans « La Route de la Servitude ». Moeller van den Bruck est un auteur allemand, dont l’objectif était de réconcilier le nationalisme allemand avec l’idée de justice sociale chère au courant socialiste. Il a inspiré l’idéologie nazie.


Commentaires
Ah, tiens à 17 ans, je suis donc un ennemi du peuple. Rien de bien nouveau, à l'horizon. Et dire que c'est Popper qui insistait pour que l'on ne dise pas que l'Histoire se répetait. Triste :-(.
Je pense que malheureusement il n'y a aucune culture du libéralisme en France. La vision française considère que le libéralisme rime avec "chacun pour soi", ce qui pour certains libéraux n'est pas inexact.
En revanche, il existe aussi une version du libéralisme qui met en avant "l'initiative individuelle" mais elle n'est que trop rarement associée avec le terme "libéralisme". Pourtant, c'est cette vision du libéralisme qui promeut les structures à but non lucratif (mutuelles, associations, coopératives,...). Il est d'ailleurs amusant de voir Attac et les plus purs des libertariens défendrent des mesures communes comme la tontine, par exemple.
Cette seconde vision du libéralisme est pourtant celle qui est appréciée par les Français, puisqu'elle laisse la place à l'économie sociale. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez écouté "Rue des Entrepreneurs" samedi matin, mais les questions posées reflétaient bien la méconnaissance du libéralisme qu'on a en France.
Pour ma part, je suis pour "la libre initiative individuelle" et contre "le chacun pour soi".
Le seul point sur lequel je ne parviens pas à m'accorder avec les libéraux est la place de l'Etat. Pour tous les libéraux, l'intervention de l'Etat et les réglementations qu'il produit sont néfastes. Pour ma part, je pense qu'il faut la bonne dose...
Pour les vieux du net, les bons vieux invariants :).
Laurent
www.faqs.org/faqs/usenet/...
Godwin's Law FAQ
-or-
"How to post about Nazis and get away with it"
One of the most famous pieces of Usenet trivia out there is "if you mention Hitler or Nazis in a post, you've automatically ended whatever discussion you were taking part in". [...]
Si le libéralisme a mauvaise presse en France, c'est peut-être aussi parce que ceux qui s'en réclament ouvertement sont plutôt des adeptes du corporate welfare, de l'atlantisme aveugle et de la droiture catholique. En Américain, on parlerait de Conservatives!
Rocard a expliqué qu'il fallait que la gauche comprenne qu'elle aussi était libérale sous certains de ses aspects. Bien évidemment, il ne faudrait plus employer le terme "libéral", trop connoté. Il avait proposé "libertarien", mais je pense que c'était une erreur.
Guerby : on est très loin de la Godwin’s law. Je n’ai traité aucun de mes interlocuteurs de nazi. D’ailleurs, Moeller van den Bruck n’était pas nazi. Ni non plus les jeunes conservateurs et révolutionnaires dont il parle. Simplement, le nazisme s’est développé dans ce contexte intellectuel favorable. Je trouve que le contexte intellectuel français actuel a un air de famille avec celui décrit ici. Il est évident que ni Besancenot ni Villier ne sont nazis. En revanche, je trouve des points de convergences en France entre l’extrême gauche (au sens large) et la droite conservatrice, light (Villier) ou extrême (Le Pen), dont le rejet du libéralisme anglo-saxon n’est pas le moindre.
Romain : « il avait proposé "libertarien", mais je pense que c'était une erreur. »
Oui, il y a de bonnes chances pour que ce soit une erreur. Il voulait peut être dire « libertaire »
Antoine, tu cherches la m**** ... :o)
Comme Etienne , je suis donc un ennemi du peuple. Sad.
Je pense que comme aux USA le mots liberal a ete "capturé" par ses opposants ( gauchistes en tête ) et est devenu une sorte d'insulte. Extrait d'une conversation avec un ex-pote " tain cte konstituion elle pu a moins d'être un taille de libéralisme!!" ... Oui bon ok j'ai dit ex pote. Mais on voit bien que c'est mal connoté.Et c'est vrai qu'avec Madelin seule vitrine officielle du libéralisme , on est dans la merde: Atlantiste et plutôt néoconservteur ... C'est pas gagné.
( Il faut egalement dire que dans les programmes d'eco de ES le liberalisme est toujours et systématiques presenté sous son MAUVAIS coté , de meme que la mondialisation... Mais je dit ça , je dit rien... ):)
Je dirai que le libéralisme souffre en France d'un certain nombre de maux assez significatifs :
- l'absence totale de connaissance du libéralisme, en soi, la dissertation et les contresens les plus éhontés sur ce courant de pensée, et une absence de cadrage clair de ce qu'il est.
- des facteurs conjonctuels, qui tiennent à ceux à qui le libéralisme est attaché : vision plutôt droitier, atlantiste, plus ou moins poujadiste dans le discours, etc. Le fait que le seul politicien que l'on pourrait vraiment qualifier et sans grand doute, de libéral, à savoir Madelin, soit passé par Occident n'arrange pas franchement les choses. Que ce soit les Anglo-Saxons qui promeuvent une voie plus libérale, ne fait peut-être pas franchement bon ménage avec une certaine défiance, pour ne pas dire plus, vis-à-vis de ces pays.
- des facteurs d'informations biaisées, que l'on peut entendre assez souvent : la pauvreté endémique aux USA, la crise de l'electricité en Californie, et celles des trains en Grande-Bretagne ; où les infos tronquées font qu'on prend pour crise de "marché", ce à quoi l'Etat a une responsabilité au moins partagée.
Et je finirai peut-être en disant le plus important, même si c'est probablement ce qu'il y a de plus spéculatif :
- des facteurs historiques, et une certaine confiance dans l'Etat, un peu version nanny-State. Je ne crois pas que les Français (leur majorité) aient été dans leur Histoire résolument des libéraux "de coeur", et que finalement, ils ont toujours bien versés, depuis la révolution de 1789 dans une grande tendance étatisante : Robespierre, et le jacobinisme ; 1848 et le socialisme ; 1945, et les nationalisations/étatisations ; la tendance gaulliste dans son ensemble. J'ai trouvé un certain texte de Tocqueville absolument magnifique, le problème est peut-être qu'il est criant de vérité (sur le nouveau despotisme, que peut engendrer la démocratie).
@Vil Coyote.
Ok ça depend du prof , mais j'ai un pas si vieux manuel d'eco de ES sous la main , c'est quand même pas reluisant.
Les 3/4 des articles sortent de AlterEco , qui est pas reputé pour son côté pro liberal ou pro mondialisation. M'enfin ça a peut-être changé depuis. Tu pourrai peut être faire une note a ce sujet, du genre le programme officiel et ce qu'on vous demande.
M'enfin je t'aime quand même ;)
l'histoire est une boucle sans fin.......tt ce repete
Le centralisme étatique n'est pas apparu avec la Révolution. Il est antérieur au Colbertisme et apparaît dés la génèse de la royauté qui a mis fin aux féodalités.