Serait-ce, hélas, le moment d’acheter ?
Par Antoine B. le mercredi 25 mai 2005, 00:56 - Lien permanent
Le FMI, bien connu pour son ultra-keynésianisme dogmatique, conseille à la BCE de baisser ses taux. L’OCDE la presse d’aller dans ce sens. La BCE elle-même est pessimiste sur les perspectives de croissance dans la zone Euro, et exprime son agacement concernant la sous-évaluation du Yuan. Quelque chose me dit que le taux directeur de la vénérable institution, déjà négatif (en termes réels), va encore baisser. Donc il faut acheter des obligations et des appartements, ça va monter. Au bout d’un moment, par exemple quand on approchera vertigineusement du zéro en termes nominaux, ne va-t-on pas se dire qu’on ne peut pas descendre plus bas ? Un obscur théoricien nommé Keynes, spécialiste de la spéculation, a baptisé ce phénomène « trappe à liquidité ». Les japonais, peut être plus tentés par l’empirisme, ont expérimenté.


Commentaires
Si tu commences à écrire (ou presque) qu'il ne faut pas baisser les taux car ils sont déjà très bas (sous-entendu, si ça devait aider, ça aurait déjà eu lieu), tu sais ce qu'il va t'arriver : une ATTAque cinglante contre tes vues néolibérales sacrificiellement favorables au chômage.
"sous-entendu, si ça devait aider, ça aurait déjà eu lieu"
Ben moi, c'est exactement ce que je pense. Tout ça n'a aucune influence. Ils vont descendre encore les taux, puis on constatera qu'après une légère amélioration temporaire surtout dûe à la baisse de l'euro, le soufflé retombera à nouveau. Et là on se dira peut-être enfin que les taux ne sont pas comme une pédale d'accélérateur qu'il suffit d'appuyer ou de relâcher pour aller plus vite. Et on verra peut-être aussi enfin que la BCE ne sert à rien.
Qu'on s'occupe du chômage, c'est ça qui fout la merde. Mais évidemment, c'est moins simple que d'appuyer sur une pédale...
En fait, il y a un biais. Comme vous me prenez, à la base, pour un méchant (peut-être ma ligne éditoriale y est-elle pour quelque chose), vous avez une interprétation méchante de ce petit billet. Si je dis « hélas », ce n’est pas forcément parce que je ne souhaite pas cette baisse des taux. Peut-être est-elle nécessaire. Mais la question de baisser un taux réel déjà négatif ne se poserait pas si l’Europe ne connaissait pas ces problèmes tenaces de croissance. (de ce point de vue là, je m'en prends plutôt au symptome). Est-ce qu’une baisse des taux peut aider ? Pourquoi pas. Mais il ne faudra pas venir se plaindre de la spéculation immobilière qui chasse le prolétariat des centres-villes. Par ailleurs, la question de la trappe à liquidité, c’est pas forcément une blague. Navré d’être trop keynésien. :-)
"Comme vous me prenez, à la base, pour un méchant"
Pour ma part, je suis juste venu foutre un peu le bordel... ;o)