Raté. Voici leurs taux de chômage pour les 4 trimestres de 2004 :

2004q01 2004q02 2004q03 2004q04
Estonie 10,1 10 10 8,5
Lituanie 13 11,3 10,6 10,6
Slovénie 6,8 6 5,9 6,4

(source : le site extrêmement mal fait d'Eurostat)

Au-delà de cette question, on peut se demander ce que gagneraient ces pays à franchir le pas en passant carrément à l'Euro, plutôt que de garder ce système. 

Avant tout, le défaut du MTC comme de l'Euro, c'est de les priver de politique monétaire. En cas de récession, la banque centrale ne peut pas du tout (avec l'Euro) ou pas beaucoup (avec le MTC) faire marcher la planche à billets pour alimenter le système en liquidité. De même, en cas de surchauffe, la banque centrale ne pourra pas resserrer un peu la vis, pour éviter l'inflation. Ce qui ne veut pas dire qu'ils  ne bénéficieront pas d'une politique monétaire, mais ce sera celle de la BCE, identique pour toute la zone. Encore faut-il que la conjoncture de ces pays ressemble à la conjoncture moyenne de la zone. Pour que ça soit le cas, il faudrait une forte intégration économique.

En revanche, les principaux avantages de la stabilité du taux de change, ce sont la sécurité et la baisse des coûts de transaction. Si deux monnaies s'échangent à un taux stable, il est peu risqué de faire des échanges entre ces deux monnaies. De même, les coûts de change liés aux commissions bancaires, voire même à la simple nécessité de faire des calculs de conversion, sont réduits. Dans le cas du passage à l'euro, la stabilité est, en quelques sorte, définitive, et les coûts de change nuls. La réduction de ces coûts est d'autant plus importante si les deux économies sont fortement intégrées.

Mais quitte à avoir vraiment un taux de change stable, la monnaie unique permet d'éviter un danger qui menace tout système de type SME ou MTC, la fuite spéculative des capitaux : en effet, dans un système à deux monnaies et taux de change fixe, la banque centrale doit intervenir sur le marché des devises pour soutenir sa monnaie. Le problème est que pour ce faire, elle doit disposer de réserves en devises étrangères. Si la rumeur commence à chuchoter que les réserves de la banque centrale s'épuise, ou que les taux d'intérêts qu'elle impose à son économie son trop forts, les investisseurs vont anticiper une dévaluation, et donc échanger massivement la monnaie dont ils anticipent la dévaluation contre l'autre, avant que la mesure ne soit prise, ce qui va accélérer l'épuisement des réserves étrangères. Ce risque est rendu impossible par l'adoption d'une monnaie unique. Notez bien qu'il est également rendu impossible si un système de changes flexibles est adopté. Ce qui fait dire à certains économistes que les changes fixes sont une solution intermédiaire moins satisfaisante que les deux solutions extrêmes que sont les changes flexibles d'un côté ou l'union monétaire de l'autre.