Pas de repas gratuits, vraiment ?
Par Antoine B. le jeudi 28 avril 2005, 01:03 - Lien permanent
"There ain't no such thing as a free lunch !" se plaisent à
répéter inlassablement les économistes. Pourtant, ils ont tordt (Coyote one point) ! Imaginez
qu'un type passe sa vie à jeter par la fenêtre des entrecôtes sauce au poivre
et des crèmes brûlées. Il suffirait de lui dire d'arrêter de les jeter par
la fenêtre, et on aurait pleins de repas gratuits. Mais, me direz-vous,
personne ne fait ce genre de choses ! Détrompez-vous. (lire la suite)
S'il n'y avait pas de repas gratuits, le métier d'économiste serait parfaitement inutile. Leur rôle est, précisément, de découvrir des gisements de repas gratuits. Au dix-neuvième siècle, l'économiste français Frédéric Bastiat en a découvert un, et je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager son "Immense Découverte !!!"
"Au moment où tous les esprits sont occupés à chercher des économies sur les moyens de transport;
Au moment où, pour réaliser ces économies, on nivelle les routes, on canalise les rivières, on perfectionne les bateaux à vapeur, on relie à Paris toutes nos frontières par une étoile de fer, par des systèmes de traction atmosphériques, hydrauliques, pneumatiques, électriques, etc.;
Au moment enfin où je dois croire que chacun cherche avec ardeur et sincérité la solution de ce problème:
« Faire que le prix des choses, au lieu de consommation, se rapproche autant que possible du prix qu'elles ont aux lieux de production. »
Je me croirais coupable envers mon pays, envers mon siècle et envers moi-même, si je tenais plus longtemps secrète la découverte merveilleuse que je viens de faire.
Car les illusions de l'inventeur ont beau être proverbiales, j'ai la certitude la plus complète d'avoir trouvé un moyen infaillible pour que les produits du monde entier arrivent en France, et réciproquement, avec une réduction de prix considérable.
Infaillible! et ce n'est encore qu'un des avantages de mon étonnante invention.
Elle n'exige ni plans, ni devis, ni études préparatoires, ni ingénieurs, ni machinistes, ni entrepreneurs, ni capitaux, ni actionnaires, ni secours du gouvernement!
Elle ne présente aucun danger de naufrages, d'explosions, de chocs, d'incendie, de déraillement!
Elle peut être mise en pratique du jour au lendemain!
Enfin, et ceci la recommandera sans doute au public, elle ne grèvera pas d'un centime le budget; au contraire. Elle n'augmentera pas le cadre des fonctionnaires et les exigences de la bureaucratie; au contraire. Elle ne coûtera à personne sa liberté; au contraire.
Ce n'est pas le hasard qui m'a mis en possession de ma découverte, c'est l'observation. Je dois dire ici comment j'y ai été conduit.
J'avais donc cette question à résoudre:
« Pourquoi une chose faite à Bruxelles, par exemple, coûte-t-elle plus cher quand elle est arrivée à Paris? »
Or, je n'ai pas tardé à m'apercevoir que cela provient de ce qu'il existe entre Paris et Bruxelles des obstacles de plusieurs sortes. C'est d'abord la distance; on ne peut la franchir sans peine, sans perte de temps; et il faut bien s'y soumettre soi-même ou payer pour qu'un autre s'y soumette. Viennent ensuite des rivières, des marais, des accidents de terrain, de la boue: ce sont autant de difficultés à surmonter. On y parvient en construisant des chaussées, en bâtissant des ponts, en perçant des routes, en diminuant leur résistance par des pavés, des bandes de fer, etc. Mais tout cela coûte, et il faut que l'objet transporté supporte sa part des frais. Il y a encore des voleurs sur les routes, ce qui exige une gendarmerie, une police, etc.
Or, parmi ces obstacles, il en est un que nous avons jeté nous-mêmes, et à grands frais, entre Bruxelles et Paris. Ce sont des hommes embusqués le long de la frontière, armés jusqu'aux dents et chargés d'opposer des difficultés au transport des marchandises d'un pays à l'autre. On les appelle douaniers. Ils agissent exactement dans le même sens que la boue et les ornières. Ils retardent, ils entravent, ils contribuent à cette différence que nous avons remarquée entre le prix de production et le prix de consommation, différence que notre problème est de réduire le plus possible.
Et voilà le problème résolu. Diminuez le tarif.
- Vous aurez fait le chemin de fer du Nord sans qu'il vous en ait rien coûté. Loin de là, vous épargnerez de gros traitements, et vous commencerez dès le premier jour par mettre un capital dans votre poche.
Vraiment, je me demande comment il a pu entrer assez de bizarrerie dans nos cervelles pour nous déterminer à payer beaucoup de millions dans l'objet de détruire les obstacles naturels qui s'interposent entre la France et l'étranger, et en même temps à payer beaucoup d'autres millions pour y substituer des obstacles artificiels qui ont exactement les mêmes effets, en sorte que, l'obstacle créé et l'obstacle détruit se neutralisant, les choses vont comme devant, et le résidu de l'opération est une double dépense.
Un produit belge vaut à Bruxelles 20 F, et, rendu à Paris, 30, à cause des frais de transport. Le produit similaire d'industrie parisienne vaut 40 F. Que faisons-nous?
D'abord nous mettons un droit d'au moins 10 F sur le produit belge, afin d'élever son prix de revient à Paris à 40 F, et nous payons de nombreux surveillants pour qu'il n'échappe pas à ce droit, en sorte que dans le trajet il est chargé de 10 F pour le transport et 10 F pour la taxe.
Cela fait, nous raisonnons ainsi: ce transport de Bruxelles à Paris, qui coûte 10 F, est bien cher. Dépensons deux ou trois cents millions en rail-ways, et nous le réduirons de moitié. Évidemment, tout ce que nous aurons obtenu, c'est que le produit belge se vendra à Paris 35 F, savoir:
20 F son prix de Bruxelles
10 F droit
5 F port réduit par le chemin de fer
35 F total, ou prix de revient à Paris
Eh! n'aurions-nous pas atteint le même résultat en abaissant le tarif à 5 F? Nous aurions alors:
20 F son prix de Bruxelles
5 F droit réduit
10 F port par les routes ordinaires
35 F total, ou prix de revient à Paris
Et ce procédé nous eût épargné 200 millions que coûte le chemin de fer, plus les frais de surveillance douanière, car ils doivent diminuer à mesure que diminue l'encouragement à la contrebande.
Mais, dit-on, le droit est nécessaire pour protéger l'industrie parisienne. Soit; mais alors n'en détruisez pas l'effet par votre chemin de fer.
Car, si vous persistez à vouloir que le produit belge revienne, comme celui de Paris, à 40 F, il vous faudra porter le droit à 15 F pour avoir:
20 F son prix de Bruxelles
15 F droit protecteur
5 F port par le chemin de fer
40 F total à prix égalisés
Alors je demande quelle est, sous ce rapport, l'utilité du chemin de fer.
Franchement, n'y a-t-il pas quelque chose d'humiliant pour le dix-neuvième siècle d'apprêter aux âges futurs le spectacle de pareilles puérilités pratiquées avec un sérieux imperturbable? Être dupe d'autrui n'est pas déjà très plaisant; mais employer le vaste appareil représentatif à se duper soi-même, à se duper doublement, et dans une affaire de numération, voilà qui est bien propre à rabattre un peu l'orgueil du siècle des lumières."
Bon, gageons que de nos jours, ce genre de découvertes doit être plus difficile à faire. Hum...


Commentaires
Antoine, je n'ai jamais lu Bastiat dans le texte (je sais c'est mal). L'extrait cité est-il à vos yeux représentatif du style de l'auteur? Si oui, je trouve que cela me donne envie de le lire!
Question annexe alors: par laquelle de ses oeuvres faut-il mieux commencer??
ps: merci pour la régression supplémentaire sur la croissance et encore une fois bravo pour ton blog!!!!!
Un passage souvent cité de Bastiat est bastiat.org/fr/cqovecqonv... "la vitre cassée". Mais je pense que son raisonnement oublie l'épargne, si les six francs qu'on couté la réparation de la vitre étaient destiné a être épargnés alors oui la vitre cassée a augmenté la richesse telle que la mesure 100% des économistes actuellement c'est à dire le PNB. Non ?
loulou : oui cet extrait est assez representatif de Bastiat, qui est vraiment un bon ecrivain.
Si tu dois commencer par quelquechose , commence par les sophismes economiques , puis La loi.
Il existe un editions de ses pamphlets economiques ,
ISBN :2-87894-088-1 en petit format , avec biographie en plus , tres agréable. On peut ne pas toujours être d'accord avec sa philosophie politique , il a le merite d'ecrire tres bien et avec force convictions.
Vil animal poilu :) d'accord, donc la vrai mesure de la "richesse" annuelle est PNB + epargne.
Y-a-t'il des comparaisons internationales avec ce benchmark ? Tous les blogs économiques que je suis ne s'occupent que du PNB seul, même notre blog optimal favori (voir précedant sujet ou "growth" est je suppose PNB pur et non PNB + epargne), pour quelle raison alors ? Ca ne me parait pas cohérent de dire d'un coté que la vitre cassée ne change rien a la richesse et de l'autre mesurer et discuter une richesse "bis" qui elle augmente quand on casse et répare des vitres ...
Laurent
L'épargne est, à la thésaurisation près, utilisée pour financer l'investissement. La contribution de l'épargne à la richesse nationale apparaît donc dans les dépenses d'investissement. Or celles-ci sont incluses dans le calcul du PIB/PNB, puisque ces aggrégats additionnent sans distinction la valeur ajoutée des entreprises de biens de consommation et de biens d'équipement (ces biens d'équipements sont, grosso modo, ce que finance l'investissement des entreprises). [je zappe les subtilités sur l'investissement des ménages]
Et comme l'indiquait le Vil animal, pour Bastiat, I=S, c'est-à-dire que l'épargne n'est pas thésaurisée (ou encore que toute l'épargne est utilisée pour financer l'investissement).
Ultime précision : dire que l'épargne finance l'investissement, çà ne veut pas dire que l'épargne d'un agent finance son propre investissement (sinon ce n'est plus de l'épargne), mais que l'épargne d'un agent finance l'investissement d'un autre agent (par exemple parce qu'elle est confiée à une banque ou bien vendue sur les marchés financiers)
Loulou : du coup j'ai un peu honte, car je ne connais pas très bien Bastiat. Je lis de temps en temps ses "Sophismes Économiques", et le sentiment que j'ai pour ces écrits peuvent s'énoncer de la façon suivante : Bastiat est un bon débatteur, qui a un style décapant et agréable à lire. Il défend des positions auxquelles je suis favorable, notamment le libre échange et l'opposition aux gros entrepreneurs quand ceux-ci cherchent à "détourner" l'argent public sous forme d'aides. Il s'inquiète du pouvoir pris par les entrepreneurs au parlement. Au-delà, il me ne semble pas qu'il soit un théoricien aussi bon ou utile que Ricardo ou Mill. Aujourd'hui, je suis tombé sur cet article, mais je n'ai pas eu le temps de le lire. Il semble que Bryan Caplan (un ultra-libéral, si je puis dire) y compare Bastiat à Von Mises. Je ne cautionne pas cet article, puisque je ne l'ai pas lu.
Guerby : d'accord avec les réponses de Coyote et d'Alexis. Par ailleurs, il n'y a aucune raison de penser que les 6 francs n'auraient pas été consommés autrement (ce qui n'a pas d'importance, puisque I=S)
Coyote : "ne pas avoir raison..." Avoir l'esprit torDu ?
Alexis: merci pour ces precisions. Aurais-tu une URL avec une explication plus detaillee des calculs PNB se basant par example sur ce que fait typiquement un consomateur ou une entreprise et pour chaque action comment c'est mesuré dans le PNB et pour quelle annee ? Exemples en vrac de situations ou j'aimerai bien savoir ce qui est compté :
- Je mets 10 euros sur mon Livret A
- J'achete une action
- J'achete une obligation d'entreprise
- J'achete une obligation d'etat
- J'achete un ordinateur
- J'achete une maison
- Je paie mon loyer
- Je recois un dividende
- Je recois des interets d'un compte remunere
- Je cotise a une assurance habitation
- Une entreprise achete une machine outil
- Je recois des royalties pour une oeuvre dont je suis l'auteur ou un brevet dont je suis l'inventeur ou une marque dont je suis le depositaire
- Je paie un avocat pour avoir un conseil
- Je vends d'occasion mon vieil ordinateur
- Je recois des dommages et interets en plus du remboursement de la vitre lors d'un proces de quelqu'un qui a casse ma vitre
- Je vends une tomate que j'ai fait pousser dans mon jardin
- Je paie une amende pour exces de vitesse
- Je paie mes impots sur le revenu, ma taxe d'habitation
- J'aide un week-end benevolement aux restos du coeur
- Je fais un don en nature ou en argent a une association
- Je mange une tomate que j'ai fait pousser dans mon jardin
- mon assurance me rembourse ma voiture sur laquelle un arbre est tombé
- une banque me prete de l'argent, je rembourse mensuellement
- je change des euros en dollars
- une entreprise paye un consultant en informatique pour enlever des virus
C'est un peu long, mais je pense qu'en partant de la on peut comprendre le calcul PNB (qui est plutot presente theoriquement partout ou j'ai pu trouver quelque chose).
Laurent
J'ai oublié :
- je laisse 10 euros sur mon compte courant
- je garde un billet de 10 euros sous mon oreiller
- je prends un bout de tolle tordu dans une poubelle et je le vends un million d'euro comme oeuvre d'art
- j'achete une tomate 1 euro et je la revends 10 euros en tant que particulier, puis en temps qu'entreprise
- je paie un salaire a un employé.
L'exemple de Bastiat me semble idiot. Le chemin de fer et les routes, il fallait les construire de toutes façons (pas pour importer!, pour les voyageurs intra et extra-muros et pour diffuser les produits nationaux sur tout le territoire et exporter). Alors, autant que l'Etat les fasse en partie payer par les fabricants étrangers qui en profiteront et par les consommateurs nationaux de ces produits étranger qui en profitent aussi et nuisent ce faisant aux industries nationales (qui elles en profitent aussi mais ont payé à travers l'impôt pour la construction de ces voies de communication).
Si on enlève les droits de douane, l'Etat aura payé la construction des routes et des chemins de fer et des fabricants étrangers en profiteront suivant le principe du passager clandestin. Si en plus, les autres nous mettent des droits de douane à nos exportations, on est cocu sur toute la ligne.
Bastiat c'est toujours des solutions de sophiste. Et en plus il prend les autres pour des cons, vous pensez bien que si les droits de douane étaient aussi nuisibles à ceux qui les instaurent, ça fait belle lurette qu'ils n'existeraient plus nulle part. Je l'aime pas et Schumpeter a eu raison de dire de lui que c'était un clown.
"There ain't no such thing as a free lunch !"
Mais oui Vulgos , et puis tant qu'a faire on va pas se laisser envahir par ces sales produits etranger , on met des droits de douanes pour tout , attend ils nous volents nos emplois ces salauds!
Notre grande industrie nationale doit être protégée ( si elle est si grande que ça pourquoi elle a besoin d'être protégé? ... hu?.. bref ) Ici les routes produisent surtout des externalités positives.
Bastiat n'est pas une theoricien , il n'a pas inventé de super model ( comme ricardo ) , mais il ecrit bien , explique simplement et rend abordable a tout le monde les theories qu'il defend.
Vulgos :
Et en plus il prend les autres pour des cons, vous pensez bien que si les droits de douane étaient aussi nuisibles à ceux qui les instaurent, ça fait belle lurette qu'ils n'existeraient plus nulle part.
Ceux qui les instaurent, c'est les legislateur non? Pourquoi ça leur nuirait? il gagne de l'electorat ( le groupe de pression de l'industrie concerné ) et les gens ne se rendent pas compte que eux , ils y perdent en achetant leurs produits plus chers. Mais les consomateur sont moins bien organisé que les lobbies.
Morrisson : Que les choses soient claires, je suis un libéral (au sens classique du terme, pas grand chose à voir avec le libertarianisme que vous me semblez défendre).
La question ici n'est pas de juger les droits de douane en soi et la question des externalités positives puisque nous ne savons rien du produit sur lequel porte ces droits de douane, des relations commerciales avec le pays étranger, etc. Si dans l'ensemble un marché ouvert est plus souhaitable qu'un marché protectionniste, il n'est pas automatique qu'un produit étranger vendu moins cher que le produit national soit un bienfait pour l'économie nationale, pas même pour le consommateur. Il y a nombre d'exemples de pays ruinés par des frontières commerciales trop poreuses, surtout si ce pays n'a rien d'autre à offrir que les mêmes produits importés.
La question est de savoir si un producteur étranger peut utiliser à son bénéfice le réseau routier national gratuitement alors que le producteur national paye à travers l'impôt pour la même utilisation. Et moi je soutiens que non, sans quoi on serait bonne poire.
Si ce sont les droits de douane qui vous gênent, faites en sorte de rendre le réseau routier payant aux étrangers (les nationaux y contribuant déjà par l'impôt). Cela reviendra au même et n'éveillera pas votre haine des douaniers.
vulgos :
"Si ce sont les droits de douane qui vous gênent, faites en sorte de rendre le réseau routier payant aux étrangers (les nationaux y contribuant déjà par l'impôt). Cela reviendra au même et n'éveillera pas votre haine des douaniers."
Ce sont moins les droits de douane en eux-mêmes - donc la gêne et le surcoût infligés aux producteurs étrangers - qui sont gênants, que la gêne et le surcoût infligés aux consommateurs.
Que des producteurs locaux soient "ruinés par des frontières trop poreuses", c'est certain. J'aimerais bien par contre que vous nous citiez ne serait-ce qu'un seul pays qui l'a été, un parmi "nombre d'exemples"... ?
galahad:
1) il n'y a pas surcoût infligé aux producteurs étrangers dans l'exemple de Bastiat, ils payent pour les routes, tout comme les producteurs locaux.
2) un exemple parmi d'autres, la Zambie.
Petit communiqué de l'OMC montrant à quel point la Zambie fait des efforts de libéralisation (depuis environ deux décennies): www.wto.org/french/tratop...
Maintenant, les effets de la-dite libéralisation (en fait, ouverture de ses frontières aux produits étrangers):
www.un.org/french/ecosocd...
hdr.undp.org/reports/glob... (page 187, la Zambie a une croissance annuelle du PIB par habitant de -2,1% sur la période 1975-2002, de -1,2% sur la période 1990-2002, j'en déduis qu'il y a décélération de la décroissance comme dirait Raffarin).
En fait, si vous n'avez rien à échanger qui puisse compenser l'ouverture de votre marché intérieur à la concurrence, que pouvez-vous gagner à "l'échange"? Je répète aussi que je ne suis pas altermondialiste, juste que les faits semblent montrer qu'une libéralisation non-préparée peut être mauvaise. Pour exemples, les dragons asiatiques (Japon y compris) qui ont subtilement profité d'un protectionnisme de leur marché intérieur tout en se libéralisant progressivement et prudemment.