Loulou m'a tout pété ! (suite du message précédent)
Par Antoine B. le mercredi 27 avril 2005, 16:29 - Lien permanent
Suite à ma petite régression d'hier soir, Loulou me suggère d'intégrer la croissance pour voir ce que ça change. Je m'exécute, toujours avec les chiffres de 2003 (lire la suite)
| growth | |
| Australia | 3,3 |
| Austria | 0,8 |
| Belgium | 1,3 |
| Canada | 2 |
| Czech Republic | 3,1 |
| Denmark | 0,5 |
| Finland | 2,1 |
| France | 0,5 |
| Germany | -0,1 |
| Greece | 4,5 |
| Hungary | 2,9 |
| Ireland | 3,6 |
| Italy | 0,4 |
| Japan | 2,5 |
| Korea | 3,1 |
| Luxembourg | 2,9 |
| Netherlands | -0,9 |
| New Zealand | 3,2 |
| Norway | 0,4 |
| Poland | 3,8 |
| Portugal | -1,2 |
| Slovak Republic | 4,2 |
| Spain | 2,5 |
| Sweden | 1,7 |
| Switzerland | -0,4 |
| United Kingdom | 2,2 |
| United States | 3 |
C'est malin ! Y a plus rien qui marche ! La seule P-value un peu basse, celle associée au taux d'intérêt, dépasse maintenant les 15%. Je me retrouve avec un pauvre R2 de 21,7%, et un F de Fisher 1,16, associé à une P-value de 35,9%.
Comment je vais faire, avec ces idées foireuses, pour pousser Trichet à la démission ?


Commentaires
désolé je le referai plus...
Loulou, je ne crois pas que ce soit une très bonne idée d'introduire le taux de croissance comme variable explicative du taux de chômage ... car c'est une variable complètement endogène (le taux de croissance a un effet sur le taux de chômage mais l'inverse est vrai aussi).
On peut raisonnablement faire l'hypothèse que le taux de chômage n'influence pas le taux d'inflation (puisque c'est justement ce qui est souvent reproché à la BCE) et donc introduire cette dernière variable dans la régression, mais on ne peut pas raisonnablement faire l'hypothèse que le taux de chômage n'a pas d'effet sur le taux de croissance.
Solution : Il faudrait utiliser à un modèle à équations simultanées ... sinon, je pense que le première version du modèle d'Antoine est plus juste que la seconde.
Certes, VC. C'est d'ailleurs pour cela que le modèle de l'économie française de l'INSEE ne comporte pas une équation, ni même deux, mais plusieurs centaines (et le modèle "simplifié" une quarantaine, je crois).
Mais, lorsqu'il s'agit de faire de grandes simplifications, certaines sont "moins fausses" que d'autres. C'est ce que je voulais signifier avec le terme "raisonnablement" (... mais j'aurais peut-être dû l'éviter).
Mon idée était donc la suivante :
Il me semble moins faux (= plus juste en première approximation) de faire seulement la "grosse" hypothèse que les variables monétaires (taux d'intérêt réel, taux d'inflation, euro) ou directement liées à la politique monétaire (déficit commercial) sont exogènes (car déterminées par la BCE indépendante)
... que d'ajouter aussi l'hypothèse encore plus "grosse" que le taux de chômage n'a pas d'effet sur le taux de croissance (alors que ces deux variables sont directement liées l'une à l'autre par une double causalité).
Vous avez raison Milan. En fait je crois que je n'aime pas les regressions en coupe sur plusieurs pays. Il y a toujours tellement de facteurs explicatifs qu'on risque facilement en ajoutant une mauvaise variable (ou en en oubliant une justifiee) de fausser les resultats , voire de les inverser. Cela saute aux yeux quand on regarde les tests empiriques de croissance dans la lignee de barro et autres (a ce sujet, super article de la semaine chez econoclate sur ces tests). J'avoue que sur l'inflation je ne sais pas: la solution comme vous le dites est sans doute le (helas souvent gros) modele macro.
Milan : en gros d'accord avec la critique, à ceci près que c'est plutôt l'évolution du chômage qui influe sur la croissance que le niveau du chômage. Sinon, logiquement, la méthode des variables instrumentales est sensée regler ce problème. Je veux dire que ces endogéneité des exogènes n'est pas un problème insurmontable qui doit conduire au rejet de l'économétrie
Le PIB (donc, par extension, le taux de croissance) - somme des valeurs ajoutées - dépend directement du taux d'emploi (et donc du taux de chômage). Dit autrement, ceteris paribus, moins il y de gens au chômage, plus la production, donc le PIB, donc la croissance, sont élevés. C'est une relation mécanique, comptable (mais qui n'exclut pas bien sûr l'existence d'autres relations, économiques, entre croissance et chômage).
Sinon, loin de moi l'idée de rejeter l'économétrie. Au contraire. J'ai écrit que ton premier petit modèle est une approximation, certes très simplificatrice, mais acceptable, "raisonnable", et dont les résultats me paraissent plus valables que ceux du second modèle, intrinsèquement biaisé. Je voulais justement "sauver" tes premiers résultats.
Enfin, les VI peuvent effectivement permettre de résoudre les problèmes d'endogénéité. Mais, en l'occurence, c'est plutôt un modèle à équations simultanées qui permettrait d'améliorer ton modèle (il est vrai que, du point de vue de la théorie économétrique, VI et équations simultanées se ressemblent pas mal).
Milan : 100% d'accord avec l'idée que l'emploi a une influence sur le PIB. D'ailleurs, l'expression "la croissance crée des emplois", qu'on entend souvent, m'agace un peu, car je lui préfère la suivante : "Le travail crée des richesses, donc plus de travail crée plus de richesse". Mais ça ne remet pas en cause ce que je dis. Prends un pays qui a 15% de chômage, et qui reste tout le temps avec ses 15% de chômage. Que t'apprend cette stabilité du chômage à un taux élevé sur la croissance ? Rien ! Dans un tel contexte, la croissance dépend de l'évolution de la productivité des 85% d'actifs qui travaillent. Le fait que 15% d'entre eux soient en permanence au chômage ne préjuge en rien de la capacité des autres à voir leur productivité augmenter. En revanche, si ce pays passe de 15 à 5%, alors là, oui, ça va faire de la croissance ceteris paribus. C'est donc bien l'évolution du chômage qui est négativement corrélée à la croissance, et pas son niveau.
Antoine :
Ton raisonnement est parfaitement correct ... pour des données longitudinales (différentes années d'un même pays). Mais tu as utilisé des données en coupe (différents pays une même année) ... et c'est donc, sauf erreur de ma part, la relation comptable qui s'applique.
Enfin, je crois qu'au final nous sommes tous assez d'accord.