Petite réponse stupide avant d'attaquer la semaine
Par Antoine B. le lundi 4 avril 2005, 00:16 - Lien permanent
Par Antoine Belgodere
La bonne réponse est chez Elessar, malgré une petite erreur de distraction, et chez SM. Il y a une grande différence entre les actions d'un côté et le pétrole ou l'immobilier de l'autre. Quand le prix du pétrole augmente, ça signifie qu'il faut payer plus cher pour la même chose. Idem pour l'immobilier (modulo l'amélioration du confort des habitations les plus récentes). Dans cette situation, la hausse des prix reflète juste l'augmentation de la rareté. Soit l'offre baisse, soit la demande augmente, mais en tout cas, il y en a moins pour chacun. En revanche, la valeur d'une action varie en fonction des perspectives de profits futurs de l'entreprise. Le prix est censé refléter la Valeur Actuelle... Brute des revenus futurs (la VAN, c'est la VAB - le prix de l'action). Donc, en effet, dans une optique fondamentaliste (c'est à dire en supposant que le prix d'un titre reflette vraiment sa valeur), une hausse des cours ne fait que traduire une amélioration des perspectives d'avenir des sociétés émettrices des actions. En extrapolant comme le fait SM, on peut même penser que, si les perspectives de profits s'améliorent pour toutes les entreprises et que le partage de la VA n'est pas modifié, ça peut traduire une hausse future également des salaires.
Toutefois, il est des situations dans lesquelles on n'a pas forcément raison de se réjouir d'une monté des cours boursiers. La valeur actuelle dépend non seulement des perspectives de résultats, mais également des taux d'intérêt. Si la Banque Centrale maintient des taux artificiellement bas, et qu'une hausse des titres financiers s'en suit, on serait en droit de traiter cette hausse avec les même égards que les cours du pétrole (mutatis mutandis). Car dans ce cas, une même action, qui ne rapporte pas plus que précédemment, coûte plus cher. Autre cas de figure semblable : si les ménages sont pris d'une brusque envie d'épargner, sans que cela se traduise par une envie équivalente d'investir de la part des entreprises, il peut en résulter une hausse des cours qui ne correspond à aucune évolution des perspectives de profits.
A.B.


Commentaires
Ok pour l'analyse mais sur le petrole il y a la question du stockage: la rareté perçue est alors une rareté intertemporelle comme actuellement où sur un marché convenablement approvisionné, des inquiétudes portant sur des alea climatique ou politiques, et sur les effets saisonniers du quatrième trimestre à venir, ont installé une "prime de risque" éagle à trois fois le coût marginal. De même et en sens inverse (ce que tu dis dans ton dernier pargraphe), tu peux imaginer des mouvements de fonds sur l'offre et la demande d'actifs financiers (liés aux évolutions démographiques, à l'institutionnalisation de la gestion...) qui rompent avec la logique des bénéfices à venir.
Enfin, il y a quand même une certaine substitution entre ces différents marchés: si il y a plus de liquidités, elles vont une peu partout (bourse, matières premières, immobilier) avec des clefs d'allocations parfois bizarres!!
Vu que c'est mon premier post chez toi (je t'ai decouvert via ceteris paribus), un grand bravo: ton blog est vachement bien!
Merci :-) Et d'accord avec tes précisions.
Eh eh eh... Comme quoi quand on rabache un catéchisme sans trop savoir si on a bien lu ce dont il était question, on peut parfois tomber à peu près juste ;o)
C'est une variante du "La réponse est 'oui'. Mais quelle était la question ?"
Fastoche, de faire le mariole. Mais tu crois qu'on t'a pas vu te replonger pendant des heures dans tes bouquins de finance pour te remémorer les théories du Medaf et de Markovitz à la recherche désepérée de la réponse à ma colle ? Assume-le, ton petit côté faillot. Ca te va pas si mal ;-)
"une hausse des cours ne fait que traduire une amélioration des perspectives d'avenir des sociétés émettrices des actions"
certainement pas...
Euh, au début de la phrase quotée, il y avait quand même "dans une optique fondamentaliste"
ca ne change rien...
Ha... (avec des points de supension clôturant des phrases de 4 mots maximum, on va avoir du mal à avancer ! C'est quoi, le truc ? Que j'oublie la prime de risque ?)
tout d'abord on actualise les dividendes [au sens large incluant les rachats d'actions qui sont equivalents a des dividendes] et non les profits..et les fluctuations du taux d'actualisation pesent tres lourd sur des actifs long terme comme les actions...la hausse des actions ca peut vouloir dire beaucoup de choses hors "hausse des profits" par exemple que les rendements [du point de vue des actionnaires] baissent du a une baisse du taux d'actualisation...sur la periode 1981/2000 aux usa,la hausse des profits a peu varie des normes historiques en % du pib ce qui n'a pas empeche le prix des actions us a etre multiplie par plus de 10 soit 5 fois plus que justifie par la hausse des profits,le reste [80%] vient de l'evolution du taux d'actualisation...
Sur le fait que ce sont les dividendes et non les bénéfices qui comptent, je ne suis pas vraiment d'accord. Que fait une société de la part des bénéfices qu'elle n'a pas distribué ? Elle l'investit. Donc la même action donne un droit sur une société dont les actifs ont augmenté, ce qui fait monter l'action. Il existe un théorème selon lequel il est équivalent, en principe, de distribuer des dividendes ou d'investir les profits. Certes, ce théorème ne représente pas la réalité en raison d'asymétries informationnelles et de distorsions fiscales. Mais si une entreprise décide de modifier sa politique de dividendes en se mettant à distribuer, par exemple, 100% de ses profits contre 50% au départ, ça ne va pas changer fondamentalement la valeur de son action, pour un niveau de profit donné. En revanche, une société dont les profits doublent, mais qui va distribuer un dividende inchangé va quand même voir son action monter, car ses actifs vont augmenter.
Sur le rôle du taux d'actualisation, je suis parfaitement d'accord, comme en atteste cette phrase extraite du second paragraphe de mon billet :
"La valeur actuelle dépend non seulement des perspectives de résultats, mais également des taux d'intérêt"
Certes, j'ai mis "taux d'intérêt" au lieu de "taux d'actualisation". Mais enfin, il y a quand même un gros lien entre les deux.
Oups, j'ai failli oublier les points de suspension : "..." ;-)
"Sur le fait que ce sont les dividendes et non les bénéfices qui comptent, je ne suis pas vraiment d'accord."
dommage...c'est une affaire entendue depuis longtemps et la meilleure facon de le constater c'est de voir ce qui arrive quand une action paie un dividende,il y a une decote immediate egale au montant du dividende [ceteris paribus]....tu peux aussi voir les "futures" cac40 ,le mai et juin sont fortement decotes contre cash [a cause des dividendes]...
"Mais si une entreprise décide de modifier sa politique de dividendes en se mettant à distribuer, par exemple, 100% de ses profits contre 50% au départ, ça ne va pas changer fondamentalement la valeur de son action, pour un niveau de profit donné."
bien sur que si,ce qui ne change pas c'est la valeur de l'entreprise,valeur qui comprend d'autres classes de passif que les actions [m&m],la valeur de l'action change,elle baisse de l'equivalent du dividende et donc d'autant plus que le dividende est augmente....
"bien sur que si(...)"
Ce que j'aime, avec toi, c'est que tes réponses me donnent toujours l'impression d'être un gros débile à qui un grand théoricien de la finance fait la leçon sur un ton agacé. Sauf que les remarques cassantes tombent un peu à plat. Dans un cadre à la Modigliani-Miller, l'équivalence entre flux de dividendes, de bénéfices ou de revenus nets d'exploitation est reconnu par tout le monde depuis plus de 40 ans. Ce cadre, irréaliste en pratique, convient parfaitement pour ce que j'avais à dire dans cette note. Maintenant, si tu voulais chipoter là dessus, plutôt que de donner du "certainement pas..." et du "ça change rien...", un petit "il vaut mieux parler de flux de dividendes que de profits" aurait permis de gagner du temps. Cela dit, pour un niveau donné du taux d'actualisation, j'imagine mal une hausse des cours qui n'ai pas pour origine une hausse des perspectives de profit, sauf à sortir du point de vue fondamentaliste ou à dire des choses dont je parle déjà dans le second paragraphe de ma note.
Aller, pour la route, petite histoire quand même : on va fermer dans un an une boite déficitaire. La dernière année, elle fait des pertes, donc ne distribue pas de dividendes. Est-il équivalent, toutefois, pour le cours de l'action, que son profit soit de -10 ou -10000 ? Dans les deux cas, le dividende est de 0, pourtant le profit a une importance, car les actionnaires vont se partager ce qui reste de l'actif après paiement des créanciers prioritaires.
"Dans un cadre à la Modigliani-Miller, l'équivalence entre flux de dividendes, de bénéfices ou de revenus nets d'exploitation est reconnu par tout le monde depuis plus de 40 ans."
oui et ce theoreme ne dit nulle part que le prix de l'action ne change pas...example de m&m,si une entreprise fait x euros en profits et va reinvestir les x euros,ce qui n'a pas d'importance c'est qu'elle garde x euros et reinvestit, ou paie x euros en dividendes et emprunte x pour reinvestir , ou paie x euros en dividendes et emet x euros d'actions pour lever du cash et reinvestir etc...et dans tous ces cas la valeur de l'entreprise ne change pas et le cours de l'action change..
pour ton example,la methode d'evaluation tient compte du paiement final [en cas de liquidation de l'entreprise] simplement pour une entreprise normale ,la valeur presente de ce paiement final est 0 ou proche de
La valeur des droits de propriété sur une société différente de la valeur de la société... hum, pas très fondamental, tout ça ! :-)
"Modigliani and Miller define the value of a firm as the sum of the market value of the equity stock and the market value of its debts."
Bon. Reprenons doucement, plus décontractés qu'hier. Ceteris Paribus, donc sans changer la politique d'endettement ni l'investissement, pour un résultat net donné, si la société baisse ses dividendes, elle rachète ses actions, ce qui, du point de vue des actionnaires, est identique. OK. Ce que j'aimerai comprendre, c'est en quoi une augmentation du profit par rapport à ce qui était prévu peut, pour un taux d'actualisation donné, ne pas entraîner une hausse de l'action.
* Soit l'entreprise distribue intégralement le "rab" sous forme de dividendes, ce qui fait monter l'action.
* Soit elle l'utilise pour racheter des actions ce qui, on est d'accord, revient au même.
* Soit elle l'investit. Dans ce cas, c'est un accroissement de ses actifs qui ne résulte ni d'un accroissement d'endettement, ni d'émission de nouvelles actions. Et là, deux possibilités :
- Soit ces investissements sont plus productifs (ou sont des placements rentables), et permettront de distribuer plus de dividendes que prévus plus tard. Donc l'action monte
- Soit ces investissements ne rapportent rien, ou plus généralement, n'ont pas d'impact sur les dividendes futurs. Dans ce cas, si l'action ne monte pas, il y a une possibilité d'arbitrage : acheter les actions dont le prix n'a pas monté, dissoudre la société, se partager le fruit des investissements qui ne rapportent rien, créer une autre société qui rachète le reste et qui reprend l'activité de l'ancienne, avec la même politique de dividendes, mais débarrassée des investissements qui ne rapportent rien.
Je sais bien que cet exemple est un peu tiré par les cheveux, mais le droit des actionnaires de dissoudre (on est dans une optique fondamentaliste depuis hier) et de se partager l'actif (après les dettes) devrait faire que le prix des actions reflète la valeur de cet actif net.
suis decontracte,desole si c'est percu differemment,pas d'intention d'offusquer...
pour "Ce que j'aimerai comprendre, c'est en quoi une augmentation du profit par rapport à ce qui était prévu peut, pour un taux d'actualisation donné, ne pas entraîner une hausse de l'action."
parce que la hausse plus que prevue n'est peut-etre pas soutenable ou due a des facteurs qui augmentent le risque [et donc le taux d'actualisation]par example augmentation des ventes du a un certain laxisme dans la politique credit-clients.
pour les dividendes cas simple,l'entreprise gagne 100,reinvestit 50 et distribue 50 en dividendes..2 choix:1] cash,l'action baisse du montant du dividende le jour du paiement,2] par rachat d'actions,le prix de l'action est inchange..
pour m&m,V [valeur de l'entreprise]= A [avoir des actionnaires] + D [valeur des dettes]
V ne depend pas de la structure du capital ,par contre l'avoir des actionnaires et le prix des actions dependent de la structure du capital...si V est constant et D augmente [par example pour payer un dividende] A baisse mecaniquement
pour ton example "un peu tiré par les cheveux",le probleme c'est qu'un investissement valant la valeur presente de ses dividendes futures [+valeur liquidative si il y en a],si il ne rapporte rien,il ne vaut rien..en general question profit/dividendes ce n'est pas logique pour une entreprise de garder des profits si elle ne peut pas battre 1/per sur la periode d'investissement