Par Antoine Belgodere

La bonne réponse est chez Elessar, malgré une petite erreur de distraction, et chez SM. Il y a une grande différence entre les actions d'un côté et le pétrole ou l'immobilier de l'autre. Quand le prix du pétrole augmente, ça signifie qu'il faut payer plus cher pour la même chose. Idem pour l'immobilier (modulo l'amélioration du confort des habitations les plus récentes). Dans cette situation, la hausse des prix reflète juste l'augmentation de la rareté. Soit l'offre baisse, soit la demande augmente, mais en tout cas, il y en a moins pour chacun. En revanche, la valeur d'une action varie en fonction des perspectives de profits futurs de l'entreprise. Le prix est censé refléter la Valeur Actuelle... Brute des revenus futurs (la VAN, c'est la VAB - le prix de l'action). Donc, en effet, dans une optique fondamentaliste (c'est à dire en supposant que le prix d'un titre reflette vraiment sa valeur), une hausse des cours ne fait que traduire une amélioration des perspectives d'avenir des sociétés émettrices des actions. En extrapolant comme le fait SM, on peut même penser que, si les perspectives de profits s'améliorent pour toutes les entreprises et que le partage de la VA n'est pas modifié, ça peut traduire une hausse future également des salaires.

Toutefois, il est des situations dans lesquelles on n'a pas forcément raison de se réjouir d'une monté des cours boursiers. La valeur actuelle dépend non seulement des perspectives de résultats, mais également des taux d'intérêt. Si la Banque Centrale maintient des taux artificiellement bas, et qu'une hausse des titres financiers s'en suit, on serait en droit de traiter cette hausse avec les même égards que les cours du pétrole (mutatis mutandis). Car dans ce cas, une même action, qui ne rapporte pas plus que précédemment, coûte plus cher. Autre cas de figure semblable : si les ménages sont pris d'une brusque envie d'épargner, sans que cela se traduise par une envie équivalente d'investir de la part des entreprises, il peut en résulter une hausse des cours qui ne correspond à aucune évolution des perspectives de profits.

A.B.