Objectif Afrique
Par Antoine B. le jeudi 24 mars 2005, 02:18 - Lien permanent
Par Antoine Belgodere
Tony Blair s'entend déjà bien avec GW Bush. Il y a de bonnes chances pour qu'il s'entende bien avec Paul Wolfowitz, le futur président de la Banque Mondiale, qui est un proche de Bush. D'autant qu'ils ont un nouveau point commun, l'Afrique. Tony Blair a révélé il y a quelques jours son plan Marshall pour l'Afrique. C'est sûrement un effet d'annonce, pour lequel il convient de ne pas s'emballer. Mais il y a dans le discours de Blair, 3 éléments mis en avant qui semblent valables. (lire la suite)
1) La lutte contre le protectionnisme commercial des pays riches
2) La lutte contre la corruption
3) Un appel à l'accroissement des aides financières internationales
Le 3ème point n'a rien de très nouveau, mais il est incontestablement utile. Les 2 premiers sont des évidences, mais ça ne peut faire que du bien qu'ils soient énoncés par un responsable politique de premier plan. Les média africains sont néanmoins sceptiques.
Wolfowitz, outre qu'il a déclaré qu'il était "généralement gentil", a également indiqué que l'Afrique était sa "préoccupation principale". Econoclaste cite cet article de Fareed Zakaria, qui suggère que cette nomination pourrait avoir l'effet bénéfique suivant : si ce néo-conservateur se convertit à l'idée qu'il faut aider les pays pauvres, il pourrait en retour convertir les autres néo-conservateurs. Ca se défend.
Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut que leur donner raison de faire du développement de l'Afrique une priorité, que leurs engagements soient sincères ou pas. En 2003, selon la base de données en ligne de la Banque Mondiale, le revenu par habitant était de 5500$ dans le monde, contre 490$ en Afrique Subsaharienne. Ce qui est désespérant, c'est qu'il ne semble pas y avoir en Afrique un pays en phase de décollage, qui pourrait faire école ou tout au moins tirer la croissance chez ses voisins, comme ailleurs le Brésil, la Chine ou l'Inde. Peut être l'Afrique du Sud est-elle le meilleur candidat pour jouer ce rôle ?
Un petit point de désaccord entre les deux hommes sera peut être l'accent mis par Blair sur le réchauffement climatique, thème qu'il veut placer au cœur des débats du G8 de cet été. Jeffrey D. Sachs remarque non sans raison que les deux problèmes ne sont pas sans lien. L'Afrique pourrait bien être une des zones les plus touchées par le changement climatique. Petit bémol, toutefois, aux propos de Sachs : une accélération coûteuse de la baisse des émissions de gaz à effet de serre n'est sans doute pas la meilleure façon de consacrer de l'argent à l'aide internationale. La sécheresse peut se combattre en luttant contre le réchauffement climatique, mais elle peut aussi se combattre par la construction d'aqueducs par exemple.
A.B.


Commentaires
Si on veut chercher des modèles de développement en Afrique, on peut penser au Botswana et à Maurice. Il est peut-être cependant un peu tôt pour que cela fasse école. On l'oublie souvent, mais l'Afrique est un continent immense (à la fois géographiquement et culturellement) et les exemples ne se diffusent pas forcément facilement d'un pays à l'autre.
On peut d'ailleurs se demander si ça n'est pas un peu à côté de la plaque l'histoire du pays qui donne l'exemple à ses voisins. Après tout, les dirigeants du Mali sont tout à fait capables, s'ils le souhaitent, de s'inspirer de l'exemple Sud-Coréen. Pas besoin que le pays exemple soit Voisin.