Ca partait bien...
Par Antoine B. le mercredi 23 mars 2005, 00:05 - Lien permanent
Martine Aubry, à l'instant chez Christine Ockrent, tenait un discours qui m'a agréablement surpris. Favorable au marché, au principe de la concurrence, à l'idée de la libéralisation des services en Europe. Avec, bien sur, les bémols sans lesquels elle ne serait pas socialiste : il faut encadrer le marché, le contrôler, etc. Je ne dis pas que c'est ma tasse de thé, mais au moins, ça sonne bien. Et là, tout à coup...c'est l'accident bête :
"C'est bien que les entreprises fassent des profits, mais les analystes montrent qu'aujourd'hui, la valeur créée va pour 1/3 seulement aux salaires, le reste, 2/3, va aux profits".
Désolé, mais non. Je re-sors mes comptes nationaux de l'insee. Sur les trois premiers trimestres de 2004 (j'ai pas le quatrième), la part de la charge salariale dans la valeur ajoutée des sociétés non-financières est 64,5%, 64%, 64,4% (page 18). Le taux de marge (EBE/VA) est 31,9%, 32,4% et 31,9%.
Oui, je sais, c'est un détail, c'est mesquin, je m'arrête sur pas grand chose, mais quand même. Martine Aubry a été ministre. Je doute qu'elle ignore les ordres de grandeur de la répartition de la valeur ajoutée.
A.B.PS: Lire cet article de Xavier Timbeau de l'OFCE sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée en France


Commentaires
Oui, si elle se réfère à des travaux de "spécialistes", c'est qu'elle doit avoir quelque chose en tête de cet ordre là. Mais soit c'est une évolution sur quelques années, que l'on n'observe pas (ces 15 dernières années en tout cas), soit c'est du très court terme, auquel cas ça n'a pas beaucoup de sens. La VA marginale n'est que de 2 ou 2,5 points
C'est pas possible.
Si la VA augmente et que 1/3 part aux salaires, on peut pas avoir stabilité de du rapport salaires/VA à hauteur de 2/3 environ. La stabilité implique nécessairement une répartition constante de la hausse de la VA.
Ensuite, et surtout, la VA est un flux mesuré sur une année, pas un stock. Donc, parler de VA marginale et de répartition moyenne constante n'a pas vraiment de sens. Ca supposerait soit qu'on mesure salaires et profits depuis des années et qu'on établit chaque année la répartition du cumul. J'ai jamais vu ça. Et même en faisant ça sur plusieurs années, pas possible de trouver une inversion aussi radicale du rapport ! De 2/3 à 1/3, ça serait quand même étonnant qu'on ne l'ait pas vu... Soit qu'on se base sur des données inférieures à l'année. Et alors, là, franchement... déjà que sur une année c'est presque anecdotique...
Ce qui est possible, c'est qu'une légère croissance s'accompagne d'une légère modification dans la répartition de la VA, mais que cette modification soit tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, si bien que la répartition est à peu près stable à plus long terme. Par contre, bien d'accord avec ta critique de la "VA marginale". Comme si le niveau de PIB de l'année passée était un acquis. Dans les pays pauvres très dépendants des termes de l'échange pour les produits agricoles, il arrive au PIB de baisser. Il y a un phénomène proche dont je parlerai un jours : on a tendance à traiter les émissions annuelles de gaz à effet de serre d'un pays comme un stock. Si, dans un pays, elles baissent, on a tendance à penser "bon, ça y est, c'est fait". Ce qui peut conduire à de mauvaises interprétations des performances de certains pays. (je dirai pourquoi quand je ferai un billet là dessus)
T'excuse pas, c'est bien comme ça qu'on l'avait compris.
Non, mais j'avais bien compris que vous faisiez du remplissage à deux balles... On les voit les mecs qui s'emmerdent grave dans la vie. Tiens, y a qu'à voir l'autre qui mate toutes les émissions à la con à des heures pas possibles... Ca, c'est le symptome du gars qui se lève pas le matin et sait pas quoi faire de ses soirées...
Simplement, moi, ça me saoûle ça. Je suis un type sérieux. On n'est pas là pour rigoler non plus ! Non, mais oh... Blogger c'est pas de la blague.