Martine Aubry, à l'instant chez Christine Ockrent, tenait un discours qui m'a agréablement surpris. Favorable au marché, au principe de la concurrence, à l'idée de la libéralisation des services en Europe. Avec, bien sur, les bémols sans lesquels elle ne serait pas socialiste : il faut encadrer le marché, le contrôler, etc. Je ne dis pas que c'est ma tasse de thé, mais au moins, ça sonne bien. Et là, tout à coup...c'est l'accident bête :

"C'est bien que les entreprises fassent des profits, mais les analystes montrent qu'aujourd'hui, la valeur créée va pour 1/3 seulement aux salaires, le reste, 2/3, va aux profits".

Désolé, mais non. Je re-sors mes comptes nationaux de l'insee. Sur les trois premiers trimestres de 2004 (j'ai pas le quatrième), la part de la charge salariale dans la valeur ajoutée des sociétés non-financières est 64,5%, 64%, 64,4% (page 18). Le taux de marge (EBE/VA) est 31,9%, 32,4% et 31,9%.

Oui, je sais, c'est un détail, c'est mesquin, je m'arrête sur pas grand chose, mais quand même. Martine Aubry a été ministre. Je doute qu'elle ignore les ordres de grandeur de la répartition de la valeur ajoutée.

A.B.

PS: Lire cet article de Xavier Timbeau de l'OFCE sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée en France