L'INSEE m'a fait une méchante blague
Par Antoine B. le mercredi 16 mars 2005, 00:01 - Lien permanent
Par Antoine Belgodere
Deux jours après que je me suis plongé dans les très indigestes comptes de la nation pour tenter de comprendre comment se portait le pouvoir d'achat des salariés, l'INSEE publie aujourd'hui une petite note de 4 pages sur le sujet. Verdict abondamment repris par les médias : le pouvoir d'achat des salariés est en baisse dans le privé. Ca valait bien la peine que je me décarcasse ! D'autant que la note en question semble prendre le contre-pieds de mon post, qui s'était pourtant appuyé sur des documents de l'INSEE. Paradoxe ? Pas du tout ! Je dis "semble" car rien, dans cette annonce, n'est en fait contradictoire avec ce que je disais ce lundi. Et ce pour la bonne raison que cette note de la vénérable institution statisticienne évoque l'évolution des salaires entre 2002 et 2003, tandis que je me suis attardé sur l'évolution entre 2003 et 2004. Oui, je sais, je suis un peu en avance sur mon temps, on me le dit souvent :-)
Plus précisément, j'expliquais que l'année 2004 faisait plutôt bonne figure, en matière de croissance, avec ses 2,3%, par rapport aux pauvres 0,5% de 2003. D'ailleurs, les documents de l'INSEE que j'ai utilisé lundi contenaient déjà les éléments permettant d'identifier la baisse du pouvoir d'achat des salariés en 2003. Le PIB réel n'a crû de 0,5%. Simultanément, la part de la masse salariale dans la VA des sociétés non-financières est passée de 64,1% à 64,8%. Ce qui fait que la masse salariale a du augmenter d'un peu plus de 0,6%. Dans le même temps, la population active passait de 26,934 millions à 27,125 millions, soit une augmentation de 0,7%. Petite précision apportée par la note de l'INSEE, le salaire horaire a stagné en 2003. La baisse du salaire réel est donc imputable à la légère baisse du temps de travail sur la même période (ceteris paribus, comme d'hab) Il faudrait affiner l'analyse, en regardant quelle a été l'évolution des charges sociales, et en tenant compte du chômage (qui a augmenté, en taux, entre 2002 et 2003). Mais l'essentiel est quand même là : la note de l'INSEE apporte une information qui, en gros, était déjà disponible, et qui ne contredit pas mon post de lundi.
Je peux donc aller dormir tranquille.
A.B.
PS :Emmanuel apporte en commentaire la précision qui manque : les côtisations chomage ont effectivement augmenté en 2003, diminuant ainsi le salaire net.


Commentaires
Ben voila ! La boucle est bouclée. Merci RTL.
Emmanuel : quand tu écris "Un facteur qui a contribué à la baisse du salaire net", tu penses à Besancenot ?
je veux plus de blaque mechante sur les brunes stp dodotte