Payer pour pouvoir continuer à payer plus
Par Antoine B. le jeudi 10 mars 2005, 22:52 - Lien permanent
Par Antoine Belgodere
Chacun le sait, les français aiment payer cher ce qu'ils achètent. Et ils craignent que les forces occultes du marché ne les privent de ce privilège. C'est pourquoi Christian Jacob, notre planificateur central bienveillant, ministre des PME et du commerce, lance une grande campagne pour soutenir le petit commerce en milieu urbain. Petit rappel : le petit commerce ne produit aucune externalité. Et s'il a des difficultés, c'est parce que les gens préfèrent payer moins cher dans une grande surface que plus cher dans une petite boutique. En fait, il y a quand même une petite externalité : les petits commerçants votent plutôt UMP. A vous de voir si cette externalité est positive ou négative. Question perfide : les sommes investies dans ce plan seront-elles comptabilisées dans les frais de campagne de l'UMP pour les prochaines élections ?


Commentaires
Comme je disais récemment à Elessar, quand on cherche une externalité quelque part, on la trouve toujours. Mais là :
"On peut quand même supputer quelques externalités positives concernant la qualité de vie en milieu urbain"
C'est pas une externalité, ça. Il y a des gens qui sont effectivement prêts à payer plus cher pour faire leurs courses à côté de chez eux. Grand bien leur fasse, c'est pas moi qui vais les en empêcher. Mais c'est complètement internalisé.
"On peut aussi arguer que les bas prix dans les grandes surfaces se payent (en partie) par des externalités négatives en terme de trafic automobile"
Subventionner le petit commerce est-il vraiment le meilleur moyen de lutter contre la pollution automobile
"Ou que les consommateurs ont tendance à sous-estimer la valeur de leur temps libre (voir lien ci-dessous pour une longue et passionnante discussion)."
Merci pour le lien. Je veux bien croire que j'ai une mauvaise estimation de la valeur de mon temps, mais je doute que Christian Jacob en ait une meilleure.
Le petit commerce comme facteur de lien social, je veux bien. Mais ça se traduit par la chaleur et la convivialité des relations avec le vendeur. Si je veux bénéficier de ce type de rapports humains, j'accepte de payer mes courses un peu plus cher. C'est ce que font les gens, d'ailleurs, car le petit commerce existe encore malgré tout. Pour le côté esthétique, il ne s'agit pas de remplacer les "charmantes rangées d'échoppes" par des "hangars d'hypermarché", puisque, précisément, les hypermarché ne s'installent pas dans les rues piétonnes des centres villes. Les petits commerces peuvent très bien être recyclés en cafés, en salles de spectacles, etc., sans rien perdre de leur charme