Imaginons les résultats de la filière bois d'un pays fictif. Dans un premier temps, les 3 entreprises de la filière (la coupe, la scierie et l'assemblage) sont indépendantes juridiquement. 

L'entreprise de coupe n'a pas de consommation intermédiaire, elle vend ses arbres à la scierie pour 100 euros. Donc Chiffre d'affaire : 100 euros, Valeur ajoutée : 100 euros, Bénéfice : 5 euros, salaires : 95 euros. Ratio "Marseille" 5/100 = 5%

La scierie achète, donc, le bois pour 100. Elle vend ses planches à l'usine d'assemblage pour 200 euros. Chiffre d'affaire : 200, valeur ajoutée : 100, Salaire : 95, profit : 5. Ratio "Marseille" : 5/200 = 2,5%

L'usine achète les planches, donc, pour 200 euros, et vend ses tables pour 500 euros. Chiffre d'affaire : 500, valeur ajoutée : 300, salaires 200, profit 100. Ratio "Marseille" : 100/500 = 20%.

Dans un second temps, strictement rien ne change au plan économique, mais, juridiquement, les 3 entreprises fusionnent.

Consommation intermédiaire : 0 (puisque tout est en interne), chiffre d'affaire 500, valeur ajoutée 500, salaires : 390, profits : 110, ratio "Marseille" : 110/500 = 22%

Et oui ! ça n'est même pas la moyenne des taux précédents. Cet exemple illustre le fait que le chiffre d'affaire n'est pas une base pertinente pour estimer l'importance du profit, car le chiffre d'affaire dépend du niveau d'intégration vertical de la filière. Quand la filière était peu intégrée, la somme des chiffres d'affaires était 100+200+500 = 800. Mais ce 800 ne représente rien, car le chiffre d'affaire des firmes en amont sont les consommations intermédiaires des firmes en aval. C'est pour ça qu'on a inventé la valeur ajoutée. Quand la filière s'intègre, la somme des chiffres d'affaire diminue mécaniquement.

Ce qui compte, ce n'est pas le rapport du profit au chiffre d'affaire, mais le rapport du profit aux fonds propres, ou celui de l'EBE au capital utilisé.

A.B.