Le syndrome Robuchon
Par Antoine B. le vendredi 25 février 2005, 13:55 - Lien permanent
Par Antoine Belgodere
Même si je n'ai jamais eu l'occasion de goûter à ses plats, je m'en remets aux opinions les plus averties : Joel Robuchon est sans doute un des meilleurs cuisiniers au monde.

Le problème, c'est qu'il fait aussi de la télé. Il est donc obligé de s'incliner devant son invité, un chef souvent bien moins prestigieux que lui, pour lui servir du "alors Stéphane, comment fais-tu cette belle béchamel ?". Il s'en cogne, de savoir comment fait Stéphane. Lui, la béchamel, il la fait 10 fois mieux. Mais c'est la télé. Il est payé pour ça, alors il fait semblant de s'y intéresser.
Quelle ne fut pas ma surprise, jeudi, d'entendre sur france culture, alors que je conduisais paisiblement, une émission intitulée "Economie pratique, économie savante", présentée par, tenez-vous bien, Daniel Cohen.

Vous allez me dire, "Bon, Cohen, c'est pas Ricardo". Certes. Mais quand même, dans un pays qui est peu porté sur la culture économique, il fait partie des quelques auteurs avec Piketty, Aglietta, Blanchard et peu d'autres qui élèvent le débat. Et que l'entends-je dire, soudain, Cohen, sur France Culture ? "Aujourd'hui, pour nous parler du déclin français, nous recevons un fin connaisseur de la question : Eric Le Boucher, journaliste au monde." s'en suit un speech convenu de ce dernier sur la mondialisation qui est une grande course dans laquelle, ce qui compte, ce n'est pas d'aller vite mais d'aller plus vite que les autres (ce qui est absurde). Puis, conclusion par Cohen "Merci monsieur Le Boucher de nous avoir apporté cet éclairage". Et là, comment vous dire...un grand sentiment de tristesse empathique m'a envahi.


Commentaires
Dans un genre un peu différent, j'ai vu en rediffusion sur "public sénat" il y a quelques jours Elie Cohen participer à un grand débat sur la mondialisation, animé par Jean Pierre Elkabach.
Tous les poncifs habituels sur la mondialisation ont été entendu, d'autant que le débat se voulait "concret et sans idéologie", c'est-à-dire qu'il consistait à faire de l'expérience de terrain de chefs d'entreprises ou syndicalistes la base d'une discussion sur la mondialisation. On a donc entre autre eu droit au thème de la guerre économique (puisqu'on vous dit que tous les jours c'est notre réalité !) ou bien à l'analyse du déclin de l'emploi industriel sous la seule responsabilité de la mondialisation.
Pourtant Elie Cohen n'a pas eu un mot pour essayer de rappeler quelques principes de base.
Bon, pour ma part, je te conseille surtout de ne pas lâcher le volant. Sur France Culture, on est souvent tenté de le faire. Soit parce que c'est franchement bien, soit comme là...
Ils ont un autre chroniqueur prestigieux sur FC, que je prendrais bien pour tête de turc sur ce blog.