Greenspan serait-il immodeste ?
Par Antoine B. le vendredi 18 février 2005, 21:17 - Lien permanent
Vous allez sans doute me dire que j'ai des conceptions un peu primaires sur la question, mais il me semblait que le rôle d'un banquier central, c'était de s'assurer que les gens aient suffisament de monnaie, pour éviter le sous-emploi, et qu'ils n'en aient pas trop, pour éviter l'inflation. Quel rapport y a-t-il entre cette fonction, à priori assez simple, et l'expression de l'opinion suivante :
Greenspan apporte un soutien de poids à Bush sur les retraites - Yahoo! Finance
Greenspan apporte un soutien de poids à Bush sur les retraites - Yahoo! Finance
?
Pourquoi faut-il toujours qu'il s'imagine que son avis sur tout est intéressant ?


Commentaires
Heu, en l'occurence, c'est le Congrès qui estime que l'avis de Greenspan sur tout (enfin, tout ce qui a rapport avec l'économie des E-U) est important, et qui lui demande de venir en discuter deux fois par an.
Ah oui, mais il pourrait répondre "j'en sais rien et je m'en fous", comme tout bon économiste quand on lui demande quelle est la différence entre l'indifférence et l'ignorance ( econo.free.fr/scripts/bla... ) ! Plus sérieusement, je ne sais pas dans quelle mesure il est libre d'aborder les sujets qu'il souhaite au congrès, et dans quelle mesure il est tenu de répondre précisément, mais je pense qu'il doit y avoir une marge de manoeuvre pour être plus discret sur les sujets qui ne relèvent pas de sa compétence.
Dans la mesure où les retraites ont une influence sur les finances publiques et où les finances publiques importent dans le policy-mix, le gouverneur de la banque centrale peut avoir une opinion sur la question, sans sortir de son domaine de compétence.
De là à dire que sa parole est d'or, c'est autre chose. On a bien vu quand Trichet donnait son avis sur tout quand il était à la tête de la BDF souveraine.
Oui, justement, il y a tellement de choses techniques à dire sur la question en tant que banquier central (sur l'incitation à épargner, sur les conséquences sur les modes de financements de la production, sur les aspects budgétaires) qu'il lui serait tout à fait possible d'en parler longtemps sans avoir à dire, je cite : "Nous devons évoluer vers un système de comptes privés". Il a peut être raison, peut être pas, mais je ne vois pas en quoi il lui est indispensable d'exprimer cet avis, qui concerne un choix social relevant du peuple américain
J'imagine qu'il a des arguments techniques "qu'il serait trop long de développer ici"... :o)