Cette manie qu'ont les employeurs (et leurs syndicats) de parler de
"collaborateurs" à propos de leurs salariés est d'une hypocrisie peu commune.
Ce sont les communiqués des restaurateurs sur la baisse de la TVA qui m'ont mis
la puce au poteau rose (sic) : et qu'on va
"recruter des collaborateurs", et que
"les collaborateurs bénéficient de hausses de salaires", et gnagnagna. Faut
arrêter de se foutre de la gueule du monde.
Collaborer, étymologiquement, ça veut dire travailler
avec, oeuvrer ensemble à un but commun. Quiconque a
regardé un peu comment fonctionne une entreprise (et particulièrement la
restauration) voit bien que les salariés travaillent
pour leur patron, et non pas avec. Ah oui et la
collaboration, c'est par définition à double sens, donc le salarié doit vous
dire que son patron est en fait son collaborateur, lui aussi. Ben voyons.
Attention, ne voyez rien de gaucho dans mes propos : c'est parfaitement
normal qu'un salarié soit subordonné à son employeur - c'est même à ça
qu'on le reconnaît. Mais pourquoi cette hypocrite négation du lien de
subordination à travers cette appellation pseudo-méliorative de
collaborateur ? Que veut-on nous faire croire ? Ca ressemble
fort à un avatar du management Bisounours, tout le monde travaille main dans la
main, d'égal à égal, à cette magnifique aventure humaine qu'est l'Entreprise
moderne.
Ah et, Jean-René, mon cher collaborateur, vous penserez à passer à la compta,
je me vois dans la douloureuse obligation de mettre fin à notre
collaboration.