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  <title>Optimum, le seul blog véritablement optimal - réflexions ou tentatives</title>
  <link>http://www.optimum-blog.net/</link>
  <description>blog consacré à l'économie</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 07 Aug 2008 15:04:56 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Le dilemme du fumeur</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2008/06/04/Le-dilemme-du-fumeur</link>
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    <pubDate>Wed, 04 Jun 2008 15:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;La question du bien-fondé de l'interdiction de fumer dans les bars a déjà
été abordée et longuement débattue, notamment &lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/&quot;&gt;chez Jojo&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2005/11/07/232-fini-la-clope-au-cafe&quot;&gt;au
comptoir&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006/10/05/626-attention-blog-avec-tabac&quot;&gt;
en salle&lt;/a&gt;), principalement sous l'angle fonctionnement du marché /
révélation des préférences des fumeurs et des non-fumeurs. Sans vouloir rentrer
dans le débat ni prendre partie ni quoi que ce soit, comme la grosse chiffe que
je suis, je voudrais juste suggérer une autre vision de cette loi &lt;del&gt;géniale
qui empêche ces connards de fumeurs de me pourrir mes fringues, me piquer les
yeux et me faire tomber les cheveux&lt;/del&gt;, en négligeant l'existence même des
non-fumeurs. Attention, ce post est totalement dénué de données fiables et
repose sur des perceptions subjectives parfaitement
anti-scientifiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En effet, j'ai remarqué que quasiment tous les fumeurs que je connais ne
fument pas dans leur appart ou leur voiture, ou alors seulement à la
fenêtre : eux non plus ne supportent pas de traîner dans l'odeur du tabac
froid, d'avoir les canapés, les coussins, les rideaux, les fringues et les
cheveux qui empestent (et ceci indépendamment de la pression d'un concubin
&lt;del&gt;nazi&lt;/del&gt; non-fumeur). Partant de ce constat (le fumeur enfumé n'est pas
jouasse), on peut aborder la loi anti-tabac comme un moyen de coordonner les
stratégies individuelles dans un jeu type dilemme du prisonnier. On considère
alors que l'utilité accordée au non-puage (2, et -2 si on pue) est supérieure à
celle accordée au fait de s'en griller une n'importe où dans la baraque sans
aérer (1, et -1 si on doit sortir) (sinon les fumeurs ne prendraient pas la
peine d'aller fumer à la fenêtre/dehors alors qu'ils sont parfaitement libres
chez eux). On a alors un &amp;quot;jeu&amp;quot; qui ressemble à ça :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.optimum-blog.net/public/tabac.jpg&quot; alt=&quot;tabac&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si René et Les autres clients fument dans le bar, ils ont tous la satisfaction
de s'en griller une (+1), amoindrie (-2) par le fait qu'ils vont tous puer;
utilité totale de chacun : -1. Si René renonce à fumer à l'intérieur (-1)
alors que tous les autres clients fument, il va puer de toutes façons et donc
avoir une utilité totale de -3. Il a donc tout intérêt à fumer, contribuant
ainsi au pourrissage de l'atmosphère du troquet. Pourtant, si on considère
toujours que ces fumeurs préfèrent une atmosphère saine à une cigarette sur
place (telle était mon hypothèse de départ, basée sur d'innombrables
observations patiemment recueillies au fil des décennies), tout le monde aurait
intérêt à renoncer collectivement à fumer à l'intérieur : le désagrément
de devoir sortir pour fumer (-1) serait contrebalancé par la satisfaction de ne
pas avoir à laver douze fois ses habits enfumés (+2; utilité totale +1 :
c'est le calcul que fait chez lui le fumeur qui décide d'aller fumer à la
fenêtre). Mais l'intérêt individuel commande de fumer à l'intérieur, il est
donc impossible de coordonner les actions individuelles pour atteindre cet
optimum.&lt;br /&gt;
C'est ce rôle-là que joue alors la loi anti-tabac : elle oblige chacun à
adopter le comportement qu'il préfère s'il est sûr que tous les autres vont
agir de même. Bon, il est évident que ce n'était pas la préoccupation du
législateur, n'empêche : j'ai entendu pas mal de fumeurs se réjouir en
entrant dans un bar que l'atmosphère n'était pas enfumée... Si c'est pas une
preuve irréfutable, ça.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Time sure flies...</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2008/05/28/Time-sure-flies</link>
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    <pubDate>Wed, 28 May 2008 15:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Un nouvel exemple de discrimination tarifaire (oui, j'aime bien ça), cette
fois dans le transport aérien...&lt;br /&gt;
Un Paris-Johannesbourg (je prends cette exemple pour avoir fait récemment le
trajet, mais on ne devrait pas avoir de mal à en trouver d'autres) peut se
faire (entre autres) soit avec une escale à Dubai (avec Fly Emirates), soit en
direct (avec Air France).&lt;br /&gt;
En classe &lt;del&gt;prolo&lt;/del&gt; éco, le vol A/R direct coûte en ce moment dans les
1000€, le vol avec escale dans les 650€. Pourtant, le trajet direct est
beaucoup plus court et consomme donc moins de kéro, et l'escale à Dubai
(aéroport hallucinant, soit dit en passant) occasionne des taxes
supplémentaires. Le &lt;strong&gt;coût&lt;/strong&gt; du trajet direct est donc inférieur à
celui du trajet avec escale, mais son &lt;strong&gt;prix&lt;/strong&gt; est supérieur (on
supposera que les services à bord sont comparables, ce qui ne me paraît pas
irréaliste)...&lt;br /&gt;
Normal : le trajet direct s'adresse à ceux qui sont prêts à payer bien
plus cher pour voyager vite (environ 10h de vol), le trajet à escale s'adresse
aux &lt;del&gt;clodos&lt;/del&gt; modestes fonctionnaires de mon genre qui cherchent à
voyager le moins cher possible et sont prêts à accepter le désagrément d'un
trajet de 24h avec 10h d'escale si ça peut leur faire économiser 350€.&lt;br /&gt;
En classe affaire, le vol direct Air France coûte 3700€ et le vol avec escale
Fly Emirates 3500€... Pourquoi cette faible différence (5%) entre les deux par
rapport aux 35% de différence en classe &lt;del&gt;gueux&lt;/del&gt; éco ? Les
passagers qui choisissent la classe affaire ont déjà une forte disposition à
payer, leur décision serait donc peu affectée par une différence de prix plus
élevée : si la classe affaire Emirates était à 2400€ (-35%, comme en
classe &lt;del&gt;France d'en bas&lt;/del&gt; éco), peu de passagers qui avaient décidé de
voyager en classe affaire se seraient tournés vers cette compagnie, puisque
leur élasticité-prix (pardonnez l'abus de langage) est faible. Sachant que les
passagers ayant une forte disposition à payer se tourneront de toutes façons
vers le vol direct Air France, Emirates concentre la compétitivité-prix de son
offre sur les passagers de classe éco, dont on se demande d'ailleurs ce qu'ils
vont aller foutre à Johannesbourg au lieu de boire des Pastis en battant leur
femme.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Courir plus pour gagner plus</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2008/03/30/Courir-plus-pour-gagner-plus</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 13:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au cours d'une de mes trop nombreuses soirées au bistrot à refaire le
système fiscal, la composition de l'équipe de France et &lt;a href=&quot;http://www.adminet.org/jo/legumes.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la recette de la
ratatouille&lt;/a&gt; en buvant des coups et en mettant des grands coups de poing sur
la table pour ponctuer mon propos, je me vantai de courir trois fois par
semaine - ce à quoi mon compagnon de beuverie répondit entre deux
hoquets : &amp;quot;Moi j'déééééteste ça, faudrait mmmmmm'payer pour m'faire
courir!!&amp;quot; Et s'il avait raison ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&amp;quot;Pratiquer une activité physique régulière&amp;quot;, selon l'expression consacrée,
réduit le risque de maladies cardio-vasculaires; ne pas boire et ne pas fumer
réduit les risques de cancer; manger &amp;quot;au moins cinq fruits et légumes par
jour&amp;quot;, selon une autre expression consacrée, contribue également à réguler le
poids et à améliorer la santé. A l'inverse, glander devant la télé en mangeant
des chips, des pizzas, en fumant des Gitanes et en buvant du rosé au cubis,
augmente vos risques de choper moultes maladies qu'il va falloir soigner à
grands frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il paraîtrait alors logique de décourager ces pratiques malsaines, et
d'encourager les comportements vertueux - pas seulement pour le bien des
individus eux-mêmes, mais parce que leur mode de vie engendre un coût élevé
pour la société (traitement des cancers, cirrhoses, maladies cardio-vasculaires
liées au surpoids...). Outre les campagnes de
prévention/information/culpabilisation/stigmatisation à la &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=SMTz9nIUkGc&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Starship
Troopers&lt;/a&gt;, un bon moyen de modifier ces comportements est de créer des
incitations financières destinées à faire internaliser aux individus les
externalités de leur comportement (le gars qui se nourrit exclusivement de
chips-pizza n'a pas pour intention de creuser le trou de la Sécu en l'obligeant
à prendre en charge le traitement de son obésité).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie chose faite, avec les taxes spécifiques qui pèsent sur le
tabac ou sur l'alcool, et découragent la consommation de ces produits
sataniques (&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=VhvO4KZnrUw&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;sauf quand on est riche et évadé fiscal&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais premièrement, ces mesures ne concernent pas tous les comportements dont
&amp;quot;l'abus&amp;quot; est nuisible pour la santé : il n'y a pas de taxe sur les pizzas
salami-reblochon-crème fraîche-supplément gorgonzola-double cheddar, ni sur le
Coca-Cola, ni sur le fait de ne jamais faire plus d'exercice que celui d'aller
du canapé au frigo. Or à en croire &lt;a href=&quot;http://www.oecd.org/dataoecd/58/15/35625384.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les
chiffres&lt;/a&gt;, ces comportements à risque sont en passe de devenir aussi sérieux
que le tabagisme ou l'alcoolisme. Alors bien sûr, il est difficile d'identifier
tous les produits susceptibles de favoriser l'obésité, de distinguer le niveau
de risque qu'ils représentent et de les taxer en conséquence (une pizza
hypercalorique avec 20% de lipides saturés devrait être plus taxée qu'un paquet
de biscuits, puisque sa consommation est plus néfaste et doit donc être
davantage découragée). Et la sédentarité ne saurait être taxée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en arrive alors à la deuxième limite de la politique actuelle en la
matière : si certains comportements sanitairement vicieux sont découragés
(internalisation des externalités négatives), aucun comportement sanitairement
vertueux n'est encouragé financièrement . Les légumes et le poisson coûtent
cher, et c'est chiant à préparer, contrairement à un sac de frites; courir ne
vous rapporte rien, les inscriptions en salle de sport coûtent cher. Mais
imaginez que les produits réputés bénéfiques (carottes, brocoli, orange, huile
de colza et &lt;a href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2007/11/29/Va-comprendre&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Taillefine à
0%&lt;/a&gt;) soient subventionnés (nan, pas la PAC !), que le &lt;a href=&quot;http://fr.youtube.com/watch?v=oz_gm4PYnZU&amp;amp;feature=related&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Toutouyoutou&lt;/a&gt; soit déductible des impôts et que le &lt;a href=&quot;http://www.geonaute.com/FR/keymaze-300-19389541/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;GPS
Décathlon&lt;/a&gt; transmette vos parcours à Bercy, qui vous crédite d'impôts au
kilomètre couru... les externalités positives de ces comportements vertueux
seraient internalisées, ce qui pousserait les individus à développer ces
pratiques qui leur rapportent - et ce pour le bien de l'ensemble de la société,
qui verrait diminuer les dépenses de santé liées aux comportements à
risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, ce n'est pas si simple (enfin déjà que ça a l'air compliqué comme
ça...) : il y aurait un effet d'aubaine pour les individus qui ont déjà un
comportement tout ce qu'il y a de plus sanitairement vertueux, les
subventionner ne modifierait donc pas leur comportement, et ne représenterait
qu'un nouveau coût pour la société sans en supprimer aucun. Pour que le solde
de l'opération soit positif, il faudrait aussi que les subventions accordées
soient inférieures aux coûts de traitement des maladies, ce qui réduirait
d'autant le montant des incitations financières positives qu'on peut allouer,
et qui rendrait donc ces incitations d'autant moins efficaces. On peut
néanmoins penser que, au-delà du bilan financier, il est bénéfique d'avoir une
population en bonne santé (et donc un meilleur &amp;quot;capital humain&amp;quot;), même si cela
a induit une augmentation du déficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, à partir du moment où on considère que tout individu malade doit être
pris en charge par la collectivité, même s'il est responsable de sa maladie, il
faut tâcher de faire en sorte que le nombre d'individus malades diminue - on
retrouve ici le problème de l'alea moral propre à l'assurance : à partir
du moment où un individu sait que sa maladie ne lui coûtera rien
financièrement, il est incité à augmenter ses comportements à risque (boire,
fumer, manger des pizzas, vivre dans son canapé). Pour cela, il faut créer des
incitations financières efficaces (et si possible rentables), à la fois pour
décourager les comportements vicieux (le bâton, surtaxer les pizzas) et pour
encourager les comportements vertueux (la carotte, défiscaliser l'inscription
en salle de sport... on le fait bien avec les intérêts immobiliers !). Il est
évidemment bien difficile de mettre en place ce système de bonus/malus à
l'assurance maladie-causée-par-votre-comportement-alimentaire, mais certaines
pistes devraient peut-être être explorées, si l'obésité, qu'on nous présente
comme le nouveau fléau du XXIe siècle, continue à se développer et à rogner
l'espérance de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, comme je cours trois fois par semaine, j'ai pu sans hésiter me
commander une deuxième &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Maredsous_(bi%C3%A8re)&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;pinte de
Maredsous&lt;/a&gt;, sans le moindre scrupule.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>C'est arrivé près de chez vous</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2008/03/03/Cest-arrive-pres-de-chez-vous</link>
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    <pubDate>Mon, 03 Mar 2008 17:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mon Multiplexe préféré passe entre autres, en ce moment, la superproduction
«Asterix aux Jeux Olympiques» (78 millions d'euros de budget, plus de 6
millions d'entrées) et le modeste drame « Survivre avec les loups »
(7 millions d'euros de budget, 600 000 entrées). Quoi que je décide d'aller
voir, il m'en coûtera 9,40€ - ah ouais, quand même... je dénonce &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/02/29/hausse-des-prix-francois-fillon-denonce-de-reels-exces_1017516_3234.html#ens_id=882765&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le réel excès&lt;/a&gt; du prix du ticket de cinéma. Bref.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;I - Différenciation ou unicité des tarifs&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui m'interpelle, c'est que le prix du ticket de cinéma soit le même pour
tous les films projetés dans le complexe, quels que soient sa popularité, son
coût de production ou sa durée.&lt;br /&gt;
Pourtant, la tarification des autres types de spectacles est souvent
différenciée. Ainsi, &lt;a href=&quot;http://www.stadefrance.com/calendrier&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;au Stade de France&lt;/a&gt;, pour un même placement, il vous en coûtera 65€
d'aller voir le match de championnat Lille-Lyon, contre 90€ pour la finale de
la coupe de la Ligue (pourtant avec le PSG et Lens, vous devriez plutôt être
dédommagés d'aller assister à ce duel de tanches à l'intensité digne de la
parade nuptiale d'un ver de terre asthmatique). &lt;a href=&quot;http://www.bercy.fr/programme/concert/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;A Bercy&lt;/a&gt;, 50€ pour
écouter les compatriotes de Belgo brailler des polyphonies corses, 150€ pour
Elton John. Ces différences de prix ne doivent pas surprendre : elles
reflètent principalement la demande plus ou moins forte, déterminée par la
popularité de l'événement et sa rareté. Et dans une certaine mesure, les
différences de coût de production/organisation, et la capacité du public visé à
payer (un concert pour étudiants fauchés sera probablement moins cher qu'un
opéra pour salauds de bourgeois). Mais pas de ça pour le cinéma, qui cultive le
tarif unique. Pourquoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;II - Le vigile coûte trop cher&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première chose, à mon avis, une contrainte bassement technique et
matérielle : le contrôle des tickets se fait à l'entrée du
« hub » qui dessert toutes les salles, mais une fois dans ce hub,
vous pouvez aller dans n'importe quelle salle. Il serait trop coûteux de mettre
un contrôleur à l'entrée de chaque salle (j'ai déjà fait l'expérience,
profitant de mon pass illimité pour un festival art et essai pour entrer
gratuitement et aller voir &lt;a href=&quot;http://imdb.com/title/tt0108281/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;un bon vieux film de Jet Li&lt;/a&gt; à la place d'&lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/cinema/films/tiens-ton-foulard-tatiana-3507.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;un improbable film finlandais&lt;/a&gt; ). A l'inverse, quand vous achetez un
billet pour le concert Urban Peace, impossible de l'utiliser pour aller voir
André Rieu. Mais admettons que le salaire minimum soit supprimé et qu'on puisse
mettre un vigile à l'entrée de chaque salle pour 1€ par mois (ça lui apprendra,
il avait qu'à mieux travailler à l'école). Que se passerait-il ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;III - The Axe Effect ?&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tarification unique du cinéma semble supposer que le revenu que va générer
un film dépend de son coût de production : plus le film est cher, plus il
va attirer de spectateurs, ce qui permettra de le rentabiliser (le coût
marginal de la projection – ie. la projection d'une séance
&lt;em&gt;supplémentaire&lt;/em&gt; - d'un film étant très faible, alors que le coût fixe
de production est élevé). Autrement dit, la demande serait une fonction
croissante du coût de production.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
       &lt;ins&gt;A - Plus t'en mets, plus t'en as...&lt;/ins&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;D'un côté, il est vrai que les très grosses productions sont celles qui ont
fait les plus grosses entrées, que ce soit Titanic, Le Seigneur des Anneaux,
Pirates des Caraïbes ou la deuxième trilogie Star Wars (enfin la première dans
la chronologie galactique, mais la deuxième dans la chronologie réelle... enfin
les épisodes I-II-III, mais pas les trois premiers, les trois derniers. Ah et
puis merde!). Indépendamment de la qualité des films, la débauche de moyens et
les rouleaux compresseurs promotionnels ont permis de largement les
rentabiliser. Dans ce cas, si la demande augmente bien proportionnellement au
coût de production (ou plus), la tarification unique de la place de cinéma
semble justifiée, puisqu'il n'y aurait pas de risque supplémentaire lié à
l'importance du budget.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
       &lt;ins&gt;B - ... ou pas.&lt;/ins&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Mais d'un autre côté, des films à (très) petit budget peuvent avoir un grand
succès (« Le projet Blair witch » : 35 000$ de budget, 150 millions
de recettes; « Trainspotting » : 3,5 millions de dollars de budget,
24 millions de recettes; « Le Parrain » : 6 millions de dollars de
budget, 265 millions de recettes...) alors que des superproductions peuvent
faire un flop (« Alexandre » : 150 millions de dollars de budget pour
33 millions de recettes; « Pluto Nash » (rien à voir avec John,
non) : 100 millions de dollars de budget, 4 millions de recettes). Ainsi,
il paraîtrait logique qu'un risque élevé lié à un coût de production élevé soit
couvert par un prix de vente plus élevé. Et qu'à l'inverse, un petit budget
(faible risque) justifie un billet bon marché. Mais pour être honnête, ces cas
sont plutôt les exceptions qui confirment la règle de l'Axe Effect.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(sources pour ce III : &lt;a href=&quot;http://www.the-numbers.com/movies/records/worldwide.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_plus_gros_%C3%A9checs_du_box-office_am%C3%A9ricain&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2008/03/03/www.allocine.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;IV - L'élasticité-prix&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se pose alors la question de l'élasticité-prix croisée du billet de cinéma
(ie.comment réagit la demande de « film petit budget » lorsque le
prix du « film gros budget » augmente). Si le prix du billet du film
« petit budget » diminue, la demande pour ce film va-t-elle augmenter
au détriment de la demande pour un film gros budget ? Autrement dit,
va-t-on au cinéma pour aller voir un film en particulier, ou va-t-on au cinéma
pour sortir, le film étant plus ou moins un prétexte ?&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
       &lt;ins&gt;A - Faible...&lt;/ins&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, l'élasticité-prix sera faible, et la différenciation du
tarif serait efficiente (pour les offreurs, ie.
producteurs/réalisateurs/distributeurs/exploitants) puisqu'elle permettrait
d'augmenter les revenus et de mieux couvrir le risque. Si on couple cela à
l'Axe Effect présenté au paragraphe III-A, on obtient un bien dont la demande
est une fonction croissante du prix de vente (qui reflète le coût de
production). On a là un bien dont le prix élevé est un signal de la qualité
(selon les spectateurs), ce qui pousse à en consommer davantage.&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
       &lt;ins&gt;B - ...ou forte.&lt;/ins&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Dans le deuxième cas (si on veut simplement sortir), l'élasticité-prix sera
élevée, et se traduira par une substitution des « petits » films aux
« gros » films, qui n'auront donc pas intérêt à répercuter leur coût
de production sur le prix du billet. Ce cas de figure justifierait donc la
tarification unique de la place de cinéma. Mais cela voudrait dire que les
petites salles passant de petits films avec des billets à petits prix seraient
beaucoup plus fréquentées que les multiplexes. Ce qui n'est pas le cas. L'effet
de substitution provoqué par les différences de prix entre les films (approché
ici par les différences de prix entre les salles) semble donc marginal.&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
       &lt;ins&gt;C - L'unification des prix&lt;/ins&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Conséquence : si l'élasticité-prix croisée des films est faible (comme
nous le supposons), cela pousse « les gros films » à augmenter leur
prix, mais cela ne pousse pas « les petits films » à baisser les
leurs, puisque de toutes façons cela ne leur permettrait pas d'augmenter leur
fréquentation. Au sein d'un même complexe, les petits films sont donc incités à
aligner leur prix sur les gros, chacun possédant manifestement une clientèle
captive, qui ne semble pas très sensible aux variations des prix relatifs des
films, pas plus d'ailleurs qu'à leurs prix absolus (le nombre de films vus par
habitant et par an a augmenté de 50% entre 1992 et 2005, malgré un
quasi-doublement du prix moyen du ticket; sources &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9quentation_cin%C3%A9matographique#_note-0&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.alconis.com/dotclear/index.php?2006/02/16/84-quand-le-ticket-de-cinema-vaut-de-l-or&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). La tarification unique du billet pourrait donc
s'expliquer par le fait que les grosses productions font pression pour
augmenter le prix du billet (multiplié par 4 depuis 1980) et que les petites
productions peuvent sans danger s'aligner à la hausse, puisque
l'élasticité-prix est faible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;V - Une offre illimitée&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais si on voulait que le prix du billet soit réellement différencié et
déterminé par le jeu du marché (comme c'est manifestement le cas pour les
spectacles vivants, qui semblent se tarifier davantage en fonction de la
demande qu'en fonction du coût de production), il faudrait que l'offre de
places de cinéma soit rationnée. En effet, les films sont projetés dans de
nombreuses salles, plusieurs fois par jour, pendant des semaines; l'offre (ie.
le nombre de places de cinéma disponibles) est donc quasi-illimitée, au regard
de la demande (les salles de cinéma tournent souvent à presque vide, notamment
pendant les séances de l'après-midi en semaine, et davantage encore quand le
film est depuis un moment à l'affiche).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès lors, impossible d'établir une rareté de ce bien, et donc un prix
dépendant de la popularité réelle du film. Les seuls mécanismes qui permettent
d'établir la rareté d'un film sont les avant-premières, où on pourra vendre les
places (en nombre limité, du coup) d'autant plus cher que le film sera attendu;
et dans une moindre mesure, le fait que les gros films commencent par être
exploités dans les plus grosses salles d'un complexe (plus grand écran,
meilleure sonorisation), avant d'être progressivement relégués dans ses petites
salles, peut inciter les spectateurs à chercher à le voir absolument pendant
ses premiers jours de sortie – ce qui crée la rareté du bien et permettrait
(car ce n'est pas le cas) de vendre les billets plus cher pendant les premiers
jours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aurez compris tout seuls que les spectacles vivants ne connaissent pas
ce problème, puisqu'ils ont une offre très rationnée : Johnny ne va pas
faire cinq concerts par jour au SDF pendant trois semaines, et la finale de la
coupe de la Ligue n'aura lieu qu'une seule fois. Bien entendu, il n'est pas
question pour le cinéma de chercher à rationner son offre, puisque le coût fixe
de production est très élevé alors que le coût marginal de projection est très
faible, ce qui incite à faire le plus de projections possibles pour chercher à
rentabiliser le film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;Conclusion&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au final, il semble que la tarification unique du billet de cinéma, qui peut
sembler étrange au premier abord, soit justifiée. D'abord parce que les films à
gros budget (notamment promotionnel) sont la plupart du temps des films à gros
succès; le coût de production ne se répercute donc pas sur le prix de vente,
puisque la demande (et donc la possibilité de rentabiliser le film) croît avec
le coût. Par ailleurs, l'élasticité-prix croisée des petits films aux gros
films est vraisemblablement faible, ce qui incite les « petits
films » à aligner leur prix sur toute hausse du prix des « gros films
», car conserver un prix inférieur ne leur attirerait pas de spectateurs
supplémentaires. Enfin, l'offre virtuellement illimitée de places de cinéma
pour un film empêche de créer la rareté de ce bien, le prix du billet ne peut
donc pas être fixé par le jeu du marché, et il ne peut donc pas être
différencié.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2008/03/03/Cest-arrive-pres-de-chez-vous#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Science, idéologies et statistiques « ethniques »</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/12/12/Science-ideologies-et-statistiques-ethniques</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:844a6d3e93266e7c1092b38792419027</guid>
    <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 18:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Antoine B.</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le lien entre les grandes idéologies ou religions et la
science n’est pas si simple qu’on pourrait le penser de prime abord. On a en
tête les déboires de Galilée avec l’Eglise catholique au sujet de
l’héliocentrisme ou la stupéfiante distinction entre science prolétaire et
science bourgeoise chez les marxistes. La différence entre l’adhésion à une
idéologie et une démarche scientifique est que la première requiert de la foi
là où la seconde réclame la pratique du doute.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Pourtant, il arrive que les rapports entre idéologie et
science soient plus ambigus. Pour reprendre l’exemple de Galilée, les
défenseurs de l’Eglise ne manquent pas de rappeler que celui-ci est devenu le
savant que l’on sait grâce à l’éducation qu’il avait reçue des jésuites, et
grâce aux recherches qu’il a effectuées dans une université ouverte par
l’église, entouré de jésuites. Cette partie de l’histoire est également
vraie : il se trouve qu’il y avait une soif de connaissances et de
compréhension du monde dans l’église et que cette soif fut le moteur d’un
certain nombre d’avancées scientifiques. Le problème émerge dès lors que cette
soif de compréhension débouche sur des découvertes qui sont ou semblent être en
contradiction avec la foi. L’enchaînement est donc celui-ci : A- je crois
que Dieu a créé le monde, donc je cherche à découvrir les lois qui régissent ce
monde qu’il a créé, B- en cherchant, je finis par trouver des choses qui sont
contradictoire avec mes croyances initiales&lt;a style=&quot;&quot; href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2007/12/12/#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;
[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mutatis mutandis, on pourrait tenir un raisonnement
similaire avec le marxisme. Celui-ci s’inscrit incontestablement dans une
logique de progrès, naturellement favorable à la science. La foi dans l’idéal
communiste a permis à l’URSS de produire des savants de haut niveau. Mais
lorsque l’on observe que la baisse tendancielle du taux de profit ne se
manifeste pas dans les faits, les plus idéologues des marxistes s’enferment
dans une attitude que Popper dénonçait comme typiquement non scientifique,
consistant à expliquer que si une crise ne se traduit pas par l’effondrement du
capitalisme, c’est que ce n’était qu’une petite crise, annonciatrice de la
vraie grosse, qui elle, se produira… plus tard… un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Que penser de tout cela, aujourd’hui, en ces temps où les
grandes idéologies semblent ne plus être que les vestiges d’un passé
lointain ? Il faut bien entendu distinguer le regard historique d’une
part, qui conduit à une certaine indulgence relativiste vis-à-vis des errements
du passé, et d’autre part une position normative qui doit conduire à
systématiquement privilégier la raison, en cas de conflit avec la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Nul doute que c’est cette position qu’adopterait, à ce
sujet, un homme de raison tel que François Hollande, si on l’interrogeait sur
le cas de Galilée, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Pourtant, il est une idéologie bien encore vivante de nos
jours, qui est sujette à ce genre de conflit entre foi et raison. C’est une
idéologie que l’on pourrait qualifier de « jacobine » si ce n’était
donner plus de poids qu’il n’en eu à l’éphémère club des jacobins. Appelons-la
donc le « républicanisme à la Française ». Incontestablement, le
républicanisme a largement contribué à la diffusion du savoir et de l’esprit
scientifique dans le pays. On peut même dire que le savoir est sacré pour les
républicains. Pensons à ces fiers instituteurs, héros de la république, qui, à
l’instar du père de Pagnol dans &lt;em&gt;La gloire de mon père&lt;/em&gt;, se sont voué à
ces sacerdoces que sont la transmission du savoir et l’instruction des futurs
citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Pourtant, cette idéologie amoureuse de la science peut,
dans certains cas, être en position délicate avec elle. On en a vu une
illustration récemment. Des républicains, parfois pourtant modérés tels que
François Hollande, se sont fendu d’une pétition réclamant que soit interdite
toute étude statistique portant sur l’origine des individus. Les fameuses
statistiques ethniques. Un des arguments les plus entendus chez les
pétitionnaires (à qui le conseil constitutionnel a par ailleurs donné raison)
consiste à demander un peu bêtement ce qu’on veut faire de telles statistiques.
La réponse à cette question déconcertante est simplement : « des
sciences humaines ». Les sociologues, économistes, historiens,
politologues, etc, ont la fâcheuse tendance à tenter d’établir des liens de
cause à effet entre différentes variables, et aiment disposer de données
statistiques pour tester la validité empirique de leurs théories en la matière.
L’origine des individus est une de ces variables, au même titre que l’âge, le
sexe, la profession, le niveau de qualification. Parmi les questions auxquelles
la disponibilité de telles données peut contribuer à donner des réponses, c’est
évidemment à celle des discriminations que l’on pense en premier. Il ne s’agit
pas uniquement de mesurer si les minorités visibles ont un moins bon accès à
l’emploi que le reste de la population. L’économétrie permet de se demander si
ce moins bon accès à l’emploi est également observé toutes choses égales par
ailleurs (même âge, diplôme, origine sociale, …). De telles études
permettraient, au-delà des pétitions de principe, d’identifier des leviers
d’actions pour faire évoluer les choses. Si les discriminations sont observées
toutes choses égales par ailleurs, alors c’est sur les comportements
discriminants qu’il faut agir. Si, en revanche, la sous-représentation dans les
emplois bien payés des minorités visibles est imputable à une
sous-qualification, alors c’est plutôt l’accès aux diplômes qui sera le levier
pertinent. Disposer de données permet de ne pas en rester à des considérations
de façade.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais il n’y a pas que la question des discriminations qui
pourra être éclairée par la disponibilité de données sur l’origine. J’ai
toujours entendu dire qu’à Marseille, les communautés avaient tendance à se
mélanger davantage que dans d’autres grandes villes à forte population
d’origine étrangère. Est-ce vrai ? Pour un taux donné de minorités
visibles dans la population totale, est-il plus probable qu’un groupe d’amis
soit multiethnique à Marseille qu’à Paris ? Si c’est vrai, à quoi est-ce
du ? A un phénomène culturel ou à des politiques d’attribution des
logements sociaux ? Si c’est vrai, quelle est l’influence de cette mixité
sur l’intégration, la sécurité, l’emploi, le vote d’extrême droite, etc… Autant
de questions auxquelles il est difficile de répondre sans disposer de données
sur l’origine des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;On peut citer un autre exemple d’utilisation de telles
données, moins en prise avec des problématiques sociales contemporaines. Il
s’agit de &lt;a href=&quot;http://voxeu.org/index.php?q=node/779&quot;&gt;cette étude&lt;/a&gt; (via
&lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/12/09/1112-bigre&quot;&gt;Econoclaste&lt;/a&gt;),
qui mesure l’impact de l’esclavage passé sur le sous développement présent en
Afrique, en se fondant sur des données ethniques (qui permettent d’inférer les
pays d’origine des esclaves).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais, bien que les arguments favorables à l’utilisation de
ce type de données abondent, il est anormal de devoir justifier une liberté
(liberté de poser des questions à des gens qui acceptent d’y répondre) par
l’utilité retirée de son exercice. C’est, au contraire la privation d’une telle
liberté qui doit être justifiée. Or, les arguments favorables à l’interdiction
des statistiques ethniques semblent bien pauvres pour pouvoir justifier cette
interdiction. Quels sont-ils ? Il y a d’abord celui du risque de fichage
des citoyens par leur origine, qui pourrait éventuellement, un jour, profiter à
un tyran mal intentionné. Sans même évoquer la possibilité de contrôler la
collecte de ces données, pour qu’un tel fichage ne soit pas effectué, on peut
douter de l’utilité de ces informations pour un tyran, quelles que soient ses
intentions. On n’a jamais tort de penser au pire, et le pire serait sans doutes
l’arrivée au pouvoir de quelque groupuscule néo-nazi, ayant pour projet de
mettre en œuvre une entreprise d’épuration ethnique. Mais qui peut croire que
des génocidaires pourraient avoir besoin, pour savoir qui exterminer, de
données issues de tel ou tel sondage de l’insee portant sur un panel de 10'000
individus choisis selon la méthode des quotas ? Le faciès et le patronyme
des individus leur seront, à n’en point douter, largement suffisants. Croit-on
vraiment que le génocide Rwandais aurait été plus massacrant si les
génocidaires avaient disposé de statistiques ethniques sur les Tutsis ?
D’autres arguments évoquent des difficultés liées à la prise en compte
d’origines multiples ou le caractère génétiquement non pertinent du concept
d’ethnie. Là encore, on peine à être convaincu. Pour ce qui est des origines
multiples, il est tout à fait possible d’intégrer le métissage à la collecte de
ces informations. De plus, ce genre d’études concerne, en général, des
sous-ensembles flous : il est toujours possible de tomber sur des
individus qui ne correspondent vraiment à aucune des cases prévues pour
répondre à la question de leurs origines. Ce n’est évidemment pas un problème,
dès l’instant où le ce genre de difficultés ne se présentent pas pour
l’essentiel de la population sondée. Pour ce qui est de l’inconsistance
génétique du concept d’ethnie, elle passe à côté du problème, puisque le
problème est social et non génétique. Les notions de blanc, noir, asiatiques, …
font partie de l’entendement des gens et ont des répercussions sur la vie
sociale. Dès lors, la question de la pertinence génétique de la distinction ne
se pose pas au sociologue ou à l’économiste qui s’intéresse à ces répercussions
sur la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais alors, si les arguments favorables à l’interdiction
des statistiques ethniques sont si peu convainquant, comment se fait-il que
tant de gens intelligents y soient néanmoins favorables ? Il faut en
revenir aux propos initiaux de ce billet pour le comprendre, et sur la
survivance de cette idéologie que nous avons appelée le « républicanisme à
la Française ». Celui-ci existe dans des versions softs et raisonnables.
Ces versions là considèrent que les institutions et l’éducation doivent
permettre de tendre vers une situation dans laquelle l’origine des citoyens n’a
pas de répercussions sur leur vie sociale et politique. Les tenants de ces
tendances modérées n’ont aucune raison de s’opposer à la science, fût-elle
humaine, surtout si elle leur permet de mesurer l’écart à parcourir pour
atteindre l’objectif, et d’identifier des leviers d’action. Ce sont les
partisans de la version dure du républicanisme à la française qui posent
problème. La doctrine de ceux-ci peut s’exprimer de la façon suivante :
« Depuis la révolution française, et grâce à l’esprit des lumières qui,
dans son universalisme, illumine la France plus que tout autre pays au monde,
la vie sociale et politique des citoyens français ne dépend plus de leurs
origines, mais uniquement de leur mérite et de leur libre arbitre ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;C’est dans cette doctrine qu’il faut voir l’origine des
réticences exprimées vis-à-vis des statistiques ethniques : celles-ci
risqueraient de révéler, par une démarche scientifique, que la doctrine est
tout simplement fausse. Et ça, ce républicanisme, qui a par ailleurs tant fait
pour l’éducation et la science, ne saurait l’admettre. A l’issue de son procès,
il fut demandé à Galilée de ne présenter sa théorie que comme une hypothèse, au
même titre que le géocentrisme. Si François Hollande avait été pape à la place
de Paul V, peut-être lui aurait-il plus simplement interdit d’utiliser son
télescope.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;&quot;&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;
&lt;hr style=&quot;text-align: left&quot; size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; /&gt;

&lt;div style=&quot;&quot; id=&quot;ftn1&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a style=&quot;&quot; href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2007/12/12/#_ftnref1&quot; name=&quot;_ftn1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;
[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; En fait, c’est
davantage l’enseignement d’Aristote que la foi catholique qui fut ébranlé par
les découvertes de Galilée.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Bad incentive</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/12/12/Bad-incentive</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 13:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je suis allé chez Ikea. Il me fallait un catalogue, m'aperçus-je en entrant;
j'allai donc à l'accueil situé à 3 mètres de l'entrée, où on m'informa que les
catalogues étaient à retirer à l'autre bout du magasin. Je parcourai donc les
200 mètres et demandai cette fois DEUX catalogues, tout en interrogeant
l'employé de service sur les raisons de cet éloignement fort peu
pratique : &lt;em&gt;&amp;quot;C'est parce qu'en les mettant à l'entrée, les gens en
prenaient plein&amp;quot;&lt;/em&gt;. Mauvais calcul d'Ikea.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
En effet, l'idée de départ est qu'il faut instaurer un coût au retrait du
catalogue, car si on les met en libre service dans un présentoir situé à
l'entrée, tout le monde en prend un machinalement, même s'il n'en a pas besoin.
Le diagnostic est bon, mais le remède ne l'est pas : parcourir 200 mètres
pour retirer un catalogue représente en effet un coût, mais un coût fixe fort
élevé (et un peu vexant). Etant donné que le coût marginal du retrait du
catalogue est nul (une fois que j'ai parcouru ces 200 mètres, retirer 1 ou 5
catalogues ne me coûte rien de plus, si on néglige le poids du catalogue), le
consommateur a intérêt à répartir ce coût fixe sur un plus grand nombre
d'unités, même s'il n'en retire pas d'utilité directe. Je ne voulais pas qu'il
soit dit que j'avais fait 200 mètres pour UN catalogue, même si je n'avais
besoin que d'un seul : j'en pris donc DEUX, juste pour les faire
chier.&lt;br /&gt;
Si Ikea avait laissé ses catalogues à l'entrée mais les avait mis derrière le
stand d'accueil, à qui il aurait fallu s'adresser à l'employé pour les retirer,
cela aurait créé un coût suffisamment élevé pour que seuls les gens qui ont
besoin d'un catalogue en prennent un, et suffisament faible pour que le client
maximisateur (ou juste gros con, comme moi) ne se sente pas obligé d'amortir ce
coût fixe sur plusieurs catalogues.&lt;br /&gt;
Ce raisonnement est le même que celui de l'exemple de l'open bar : on a
voulu lutter contre les comas éthyliques aux open bars (Belgo, on t'a
reconnu ! C'était pas la peine de faire une thèse juste pour pouvoir
picoler à la fin...) en augmentant le prix d'entrée à la soirée. Effet
contre-productif désastreux : pour faire basiser le coût moyen de la
boisson, les étudiants ont logiquement augmenté leur consommation d'alcool,
puisque le coût marginal est nul.&lt;br /&gt;
Mal comprises et mal utilisées, les incitations se révèlent perverses :
Ikea donne sans doute plus de catalogues que nécessaire (enfin si tous les
clients sont aussi tordus que moi). Je suis prêt à leur faire un audit à 1
million d'euros pour corriger ça. Trop ? Bon, une étagère supplémentaire
gratuite pour ma bibliothèque Billy, alors.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Nos vies valent plus que leurs profits</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/05/10/Nos-vies-valent-plus-que-leurs-profits</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:973901dc7b93c2fbd696aba930731918</guid>
    <pubDate>Thu, 10 May 2007 17:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au-delà du slogan neuneu bien pensant de la LCR se cache une vraie
question : la vie a-t-elle un prix ? La réponse est (pour
l'économiste) évidemment positive, et il n'y a rien de cynique dans une telle
affirmation.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Nous passons notre temps à évaluer la valeur de notre propre vie. Quand on
renonce à s'équiper d'une alarme incendie, on estime que la probabilité de
perdre la vie dans l'incendie de sa maison est assez faible pour qu'on accepte
de prendre ce risque, réalisant ainsi une économie monétaire. Quand on pratique
un sport à risques, on met dans la balance la probabilité d'y laisser la vie et
le plaisir qu'on a à le pratiquer. Quand on fume, on sait qu'on échange
quelques mois de vie contre la jouissance du goût de la Gitane maïs. C'est donc
quotidiennement que nous nous livrons à des calculs coût/avantage où le risque
de perdre la vie représente le coût.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas est plus délicat quand la vie est celle d'autrui. Une collectivité
locale qui renonce à faire un aménagement routier qui éviterait moult accidents
(cf.les nombreux morts au Maroc, dont on a fait grand bruit il y a peu, en
raison du guet-apens permanent que représente le réseau routier local). Se pose
donc la question du coût d'opportunité de l'utilisation de toute ressource. En
achetant un écran plat, je renonce à donner 900€ à MSF et empêche ainsi des
enfants d'être traités contre le paludisme; certains vont en mourir. Ou bien je
prive Handicap International de ressources qui auraient pu leur faire enlever
quelques mines antipersonnel. Ou bien... Certes, ce choix ne nous est pas
proposé directement, mais quand bien même quelqu'un nous exposerait ces
alternatives à l'achat du téléviseur, il est probable qu'on s'en tiendrait au
plaisir de regarder Rambo III en WS 16:9 Dolby surrond 5.1 THX, et tant pis
pour le paludisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait-il de nous des êtres immoraux? L'économiste n'aime pas trop qu'on
lui parle de morale, ce n'est pas son domaine, ce n'est pas à lui de décider ce
qui l'est ou pas. On peut cependant avancer que, dans la mesure où nous ne
sommes pas responsables du paludisme, il n'est pas de notre &lt;em&gt;devoir&lt;/em&gt; d'y
remédier (malgré les campagnes de culpabilisation souvent menées par les ONG).
En revanche, ce cas pose un problème en termes d'optimalité parétienne :
soit je donne mes 900€ à MSF, mon bien-être se dégrade (on me prive de mes
ressources) et celui des enfants africains s'améliore (ils sont protégés contre
le paludisme). Soit je garde mes 900€, mon bien-être s'améliore (je vois Rambo
III sur grand écran au lieu de ma lucarne pourrie) et celui des enfants
africains se dégrade (ils chopent le palu et meurent). Quel que soit le choix
d'allocation des ressources, un des deux agents va voir sa situation se
déteriorer. La question semble insoluble, et en vérité ne se pose pas... Sinon
on pourra objecter que ces 900€ donnés à MSF auraient pu l'être à Handicap, et
qu'en évitant quelques cas de paludisme j'ai été responsable de plusieurs
amputations et de licenciements chez Philips (non, pas celui de la courbe, il a
deux &amp;quot;l&amp;quot; lui) pour n'avoir pas acheté de télé. C'est bien le principe du coût
d'opportunité : on aurait pu faire &lt;em&gt;n'importe quoi d'autre&lt;/em&gt; avec
ces 900€, et il n'appartient qu'à leur propriétaire de décider du meilleur
usage à en faire (exceptée la part des impôts, où les méchants planificateurs
croient savoir mieux que nous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie (la nôtre et celle des autres) a donc clairement un prix (ou un
coût), défini par chacun d'entre nous en fonction de sa propre échelle de
valeurs. Edward Norton dans &lt;em&gt;Fight Club&lt;/em&gt; en propose une fort jolie
estimation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'étais technicien de rappel en usine, mon métier consistait à appliquer
une formule mathématique. Une voiture neuve construite par ma société roule aux
alentours de 90km/h. Le différentiel arrière se bloque. La voiture se crash et
prend feu avec toute la famille à bord. Question : Faut-il déclencher un
rappel de ce modèle ? Prendre le nombre de véhicules concernés &amp;quot;a&amp;quot;, le
multiplier par le taux probable de défaillance &amp;quot;b&amp;quot;, puis multiplier le résultat
par la moyenne des sommes qu'on a été condamné à verser &amp;quot;c&amp;quot;. &amp;quot;a&amp;quot; multiplié par
&amp;quot;b&amp;quot; multiplié par &amp;quot;c&amp;quot; égal &amp;quot;x&amp;quot;, si cet &amp;quot;x&amp;quot; est inférieur au coût d'un rappel,
on ne fait rien.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/05/10/Nos-vies-valent-plus-que-leurs-profits#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Grève chez PSA et théorie des jeux</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/04/16/Greve-chez-PSA-et-theorie-des-jeux</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9fd1874b01cae6758e0046a5783fee71</guid>
    <pubDate>Mon, 16 Apr 2007 13:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un des cas d'école de la théorie des jeux, développé par M.Shubik, est celui
du &lt;em&gt;dollar aux enchères&lt;/em&gt;. Un billet d'un dollar est mis aux enchères à 1
cent. Le meilleur enchérisseur remporte le billet, mais le deuxième meilleur
enchérisseur doit s'acquitter de son enchère sans rien en retour. Résultat de
l'expérience : les participants enchérissent jusqu'à 99 cents, puisque
jusque là ils sont gagnants - ils ont un dollar pour moins d'un dollar.
Arrivant là, celui qui avait placé une enchère à 98 cents se résoud à enchérir
1$, sinon il perdra ses 98 cents. L'enchérisseur à 99 cents ne peut laisser
filer ainsi le billet, et enchérit 1,01$ afin de perdre 1cent plutôt que 99.
Etc... Les surenchères se poursuivent longuement, chacun ayant déjà trop
investi dans l'enchère pour abandonner, et cherchant à limiter ses pertes -
mais par là les augmentant. En moyenne, les enchères s'arrêtaient vers 3 ou 4
dollars, lorsqu'un des protagonistes finissait par réaliser l'absurdité et
l'irrationalité de la partie dans laquelle il s'était engagé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La grève engagée par les ouvriers de PSA d'Aulnay fin février, qui s'est
achevée la semaine dernière, présente une bonne illustration du cas théorique
du dollar aux enchères. En effet, la grève coûte cher aux ouvriers grévistes
(qui, soit dit en passant, réclamaient une augmentation de 300€... font pas les
choses à moitié) : ils n'ont touché en moyenne que 300 ou 400€ en mars, au
lieu des 1300€ net habituels. Le coût pour PSA était tout aussi
important : 12000 voitures de moins sortant de l'usine, des centaines de
voitures en attente d'être terminées, entreposées sur un parking, des ouvriers
spécialement dépêchés d'autres usines PSA pour assurer la production, moyennant
une indemnité hebdomadaire de 750€.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès lors, chaque jour de grève supplémentaire coûte un peu plus et aux
ouvriers, et à PSA. Le premier qui cède aura perdu tout ce qu'il aura investi
pendant la grève, sans rien en retour. Comme le résume un des grévistes :
&lt;em&gt;On est allé trop loin pour arrêter le mouvement sans rien avoir
obtenu&lt;/em&gt;. Ce seront finalement les syndicats qui mettront fin à l'escalade,
en renonçant aux prétentions salariales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que préconise la théorie des jeux dans le cas du dollar aux enchères ?
Soit de ne pas jouer, dès lors que la première enchère a été placée. Ce qui
reviendrait ici pour PSA à céder dès la première minute de grève... Soit de
placer directement une enchère élevée, de façon à décourager l'autre à suivre -
comme au poker lorsqu'on place un big bet en bluffant, sachant qu'il sera dur
pour les autres joueurs de suivre une grosse somme. Dans le cas d'une grève,
cette enchère prend une forme différente, matérialisée par la détermination des
deux parties mais aussi par leur capacité financière à résister à la montée des
enchères - pour garder l'analogie avec le poker, par la taille du tapis de
chacun. Ici, PSA venait de signer un accord salarial avec les autres syndicats,
et était vraisemblablement déterminé à ne pas céder à de nouvelles exigences.
De plus, c'était manifestement PSA qui disposait du plus gros tapis, des plus
grandes ressources pour résister au conflit (malgré la mobilisation
d'associations et de collectivités locales qui ont organisé une collecte de
fonds pour soutenir les grévistes).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ont parié, se sont fait relancer, ont surrelancé, se sont fait
de nouveau revenir dessus et ont dû jeter leurs cartes. Au vu du rapport de
forces assez évident, ils auraient dû se douter que la main était perdue
d'avance.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Contrôle des billets</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/02/21/Controle-des-billets</link>
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    <pubDate>Wed, 21 Feb 2007 18:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Sur la ligne SNCF régionale que j'emprunte très régulièrement depuis plus
d'un an, et qui est assez fréquentée, je n'ai vu que rarement un contrôleur
effectuer un contrôle des billets. Sur les TGV grandes lignes, que j'emprunte
plus rarement, il est bien rare qu'on ne me demande pas mon titre de transport.
Est-ce bien logique?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les usagers des lignes régionales sont pour la plupart des voyageurs
réguliers qui font le trajet plusieurs fois par semaine, pour aller au travail,
au lycée, &lt;del&gt;aux putes&lt;/del&gt;. Ils n'auront donc pas manqué de constater que
les probabilités de contrôle sur la ligne sont extrêmement faibles, et ils sont
donc a priori incités à frauder. Il semblerait donc logique que les contrôles
soient plus fréquents sur les lignes régionales. En revanche, les voyageurs
grandes lignes sont plus souvent des voyageurs ponctuels, qui partent en
vacances ou font un voyage d'affaires. Ils n'ont pas moyen de connaître la
probabilité de contrôle et, étant généralement peu enclins au risque, paieront
leur billet. La SNCF pourrait donc quasiment supprimer les contrôleurs sur ces
grandes lignes, comptant sur la non-répétition du jeu et sur l'incertitude du
voyageur qui en résulte pour que chacun paie sa place.&lt;br /&gt;
Mais l'organisation de la SNCF n'est peut-être pas si inefficace que ça. En
effet, le voyageur régulier de la ligne régionale sait qu'il a une probabilité
certes faible, mais réelle, d'être contrôlé. Or le prix du billet régional,
souvent de courte distance, est faible comparé aux 15€ (ou 38€ si le paiement
est différé) d'amende administrés en cas de fraude (ajoutés au prix du billet).
En raison de l'aversion au risque, il n'est pas prudent de risquer 20€ au lieu
des 5€ qu'aurait coûté le billet : la fraude fait courir le risque de voir
le prix du voyage augmenter de 300%. A l'inverse, sur une grande ligne, même si
la probabilité de contrôle est forte (bien qu'inconnue du voyageur), le voyage
passerait de 30€ à 45€ en cas de fraude, soit une augmentation de 50%.&lt;br /&gt;
Vous allez me dire qu'il est stupide de raisonner en pourcentage, et que seule
compte la valeur absolue de l'argent perdu par le voyageur. Certes... mais
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Kahneman&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;D.Kahneman&lt;/a&gt; a montré que cette attitude irrationnelle était largement
répandue. Un individu est prêt à faire 20km pour aller acheter une machine à
laver 100€ moins cher qu'à côté de chez lui, mais une voiture vendue 100€ moins
cher ne l'aurait pas fait se déplacer. Le gain absolu aurait été le même, mais
l'individu raisonne instinctivement en proportion.&lt;br /&gt;
On peut donc penser que le voyageur régional a une aversion au risque et que la
répétition du jeu le poussera à ne pas frauder, malgré l'absence de contrôle
régulier, ce qui justement permet ce faible contrôle. En revanche, le voyageur
grande ligne estime que le risque (exprimé en taux de variation du prix de son
billet) est faible, ce qui peut le pousser à frauder et force la SNCF à
contrôler fortement ces trajets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kahneman pose que les actions des individus réagissent (en partie) à des
mécanismes psychologiques qu'on peut qualifier d'irrationnels, ce qui pourrait
être le cas de nos voyageurs - et donc de la SNCF. Qu'en disent les
chiffres?&lt;br /&gt;
Premier cas : un individu voyageant sur une ligne régionale a remarqué que
le contrôleur passait en moyenne une fois sur les 10 trajets hebdomadaires
qu'il effectue (5 allers-retours). En fraudant, le coût moyen de son trajet est
donc de ((1/10)*20+(9/10)*5)=6,5€, soit +30% par rapport au coût moyen du
trajet sans frauder. Deuxième cas : un individu voyageant sur une grande
ligne, ignorant les probabilités de contrôle mais les estimant à 90%, voit son
coût moyen en fraudant s'établir à ((9/10)*45+(1/10)*30)=43,5€, soit +45% par
rapport au coût moyen sans frauder. Si les voyageurs estimaient
mathématiquement leurs risques, le voyageur grande ligne paierait plus souvent
sa place que le voyageur régional, et la SNCF devrait revoir sa stratégie de
contrôle.&lt;br /&gt;
Mais ce raisonnement est incomplet : en effet, les amendes des
récidivistes sont rapidement majorées, et les multi-récidivistes risquent de
gros ennuis. Il semble donc que ce soit bien la répétition du jeu qui provoque
la légitime et finalement rationnelle aversion au risque du voyageur régional.
La SNCF a donc raison de limiter ses contrôles sur ces lignes. Le voyageur
occasionnel grandes lignes peut être bien plus enclin à tenter un &amp;quot;coup de
poker&amp;quot;, qui a quand même une probabilité de 10% de marcher, et qui lui fera
alors économiser 30€. Il sera donc plus fraudeur, et la SNCF a raison de
renforcer ses contrôles sur ces lignes.&lt;br /&gt;
Il manque encore un denier aspect à ce raisonnement (enfin, certainement plus,
vous ne manquerez pas de me le signaler en commentaires, chers lecteurs) :
celui lié aux probabilités conditionnelles; ceci ne s'applique qu'au voyageur
régional. En effet, si le constat est toujours &amp;quot;en moyenne un contrôle sur les
10 trajets hebdomadaires&amp;quot;, la bonne stratégie consiste à payer son billet
jusqu'au trajet où le contrôleur passe. A partir de ce moment, le jeu change,
et le nouvel énoncé est &amp;quot;en moyenne un contrôle sur les 10 trajets
hebdomadaires SACHANT QUE le contrôleur est passé ce matin&amp;quot;. La probabilité de
contrôle chute alors fortement, et il devient mathématiquement rationnel de ne
plus payer son trajet. Je vous vois venir : faire passer le contrôleur
plus souvent le vendredi ne changera rien, les voyageurs en déduiront que le
risque est réduit en début de semaine et frauderont au moins jusqu'au mercredi.
La SNCF tentera alors de provoquer la plus forte incertitude possible chez le
voyageur en déterminant les jours de contrôle de façon la plus imprévisible
possible.&lt;br /&gt;
Alors, la SNCF a-t-elle raison de contrôler les grandes lignes bien plus que
les lignes régionales ? Il semble que oui, mais l'élément déterminant me
paraît être l'aggravation des sanctions prononcées à l'encontre des
multi-récidivistes, qui crée une incitation telle qu'il devient rationnel pour
le voyageur régional de ne pas s'exposer au risque croissant lié à la
répétition du jeu. Par cette organisation, la SNCF arrive probablement à
minimiser le nombre de passagers clandestins impunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EDIT - L'ensemble de ces inepties repose sur le postulat hasardeux que
l'amende SNCF est forfaitaire, information &lt;a href=&quot;http://www.egide.asso.fr/fr/guide/vivre/conseils/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;trouvée
ici&lt;/a&gt; mais que je n'ai guère pris la peine de vérifier et qui peut tout à
fait être fausse...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les ripoux pareto-optimaux</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/02/01/Les-ripoux-pareto-optimaux</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Feb 2007 12:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un surveillant de mon lycée m'a confié avoir l'intention de proposer le deal
suivant à tout élève surpris en train de fumer dans le lycée : plutôt que
de le dénoncer et de lui faire infliger une amende de 68€, il lui fait éteindre
sa cigarette et garde le silence contre une contribution de 30€ de la part de
l'élève. C'est le mode opératoire du ripou : surprendre un délit et vendre
son silence à un prix inférieur à celui de la sanction normalement prononcée à
l'encontre de ce délit.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cette situation est pareto-optimale : le ripou gagne 30€, le
contrevenant en économise 38, et la loi est appliquée (la cigarette est
éteinte). Cela ne semble cependant valable que si on prend la situation à
partir du moment où l'infraction est constatée. En effet, si on la considère à
partir du moment où la cigarette est allumée (avant l'intervention du ripou),
le chantage fait perdre 38€ au contrevenant. Mais on peut aussi considérer que,
même si l'infraction n'est pas encore constatée, elle tombe déjà sous le coup
de la loi et que le contrevenant &lt;em&gt;doit déjà&lt;/em&gt; 68€ au moment où il allume
sa cigarette dans la cour du lycée. Auquel cas la situation est pareto-optimale
quel que soit l'angle sous lequel elle est considérée, puisque de toutes façons
le contrevenant dégrade automatiquement sa situation de 68€ en allumant sa
Marlboro Light (et oui mes pauvres, la bonne vieille Gitane Maïs c'est
fini...).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci pose plus généralement le problème de l'appréciation d'une situation
pareto-optimale. Ainsi, la proposition &amp;quot;la bourse ou la vie&amp;quot; d'un méchant
voleur à un innocent passant peut être vue comme pareto-optimale &lt;em&gt;à partir
du moment du braquage&lt;/em&gt; : le passant garde la vie sauve, le voleur
repart avec le portefeuille. Mais cette situation considérée quelques secondes
avant ne l'est évidemment pas : la situation du passant est dégradée par
l'agression.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La définition de la pareto-optimalité dépend donc du problème de savoir
&lt;em&gt;à partir de quand&lt;/em&gt; on considère cette situation. Plus on va éloigner le
point de référence, plus il y a de chances que son évolution passée ait à un
moment ou à un autre dégradé le bien-être d'un des acteurs. Et si on prend
comme référence systématique la situation actuelle, il paraît néanmoins
légitime de s'interroger sur comment on en est arrivé là - n'est-ce pas en
dégradant précédemment le bien-être d'un des acteurs ? Le problème se
repose.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralité : ne fumez pas dans les lieux publics, ça donne lieu à des
posts idiots.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/02/01/Les-ripoux-pareto-optimaux#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Grand narrative, little stories</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/23/Grand-narrative-little-stories</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:bcb6aa974400cc7f75093f1e22cca82b</guid>
    <pubDate>Tue, 23 Jan 2007 16:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://econo.free.fr/scripts/notes2.php3?codenote=157&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;The Truth about markets&lt;/a&gt;, de John Kay, finit sur ces mots :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;There is no grand narrative, only little stories. But the need for
grand narrative is so firmly ingrained in human thinking that the fruitless
search for it will never end. This book is dedicated to those for whom a
partial understanding of complex reality is better than the reassurance of
false universal explanations&amp;quot;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &amp;quot;little stories&amp;quot; sont de petits modèles économiques (le dilemme du
prisonnier, ou le marché de la voiture d'occasion d'Akerlof, par exemple) dont
le but est de simplifier la réalité afin d'en donner une représentation
compréhensible et étudiable qui permette de mieux comprendre la complexité de
la réalité. Je ne peux qu'abonder dans le sens de cette approche à la fois
ludique (dans l'oeuvre de Kay) et éclairante de l'activité
économique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la critique acerbe du &lt;em&gt;&amp;quot;need for grand narrative&amp;quot;&lt;/em&gt; m'a
laissé perplexe; non que cette critique me paraisse erronée, mais elle m'a posé
un véritable problème de conscience que je tente d'élucider ici dans un
exercice d'autothérapie intellectuelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;J'ai envisagé l'expression &lt;em&gt;grand narrative&lt;/em&gt; de deux façons.&lt;br /&gt;
- Chercher à donner du monde et de son inextricable complexité une vision
d'ensemble sous forme d'un modèle unifié relève de l'impossible. Les problèmes
sont trop différents et fluctuants pour prétendre y apporter une solution
universelle et intemporelle, et les &amp;quot;y a qu'à&amp;quot; proposés par l&lt;em&gt;'american
business model&lt;/em&gt; (en gros, tout libéraliser et dérégulariser) ou le marxisme
sont aussi erronés l'un que l'autre. L'économie et la société ne suivent pas
une évolution linéaire, simple et prévisible, les réduire dans un modèle
explicatif et prescriptif global unique ne peut que mener à la
catastrophe.&lt;br /&gt;
- Cependant, l'histoire économique est marquée de quelques oeuvres présentant
de &lt;em&gt;grand narrative&lt;/em&gt;, de la &lt;em&gt;Richesse des nations&lt;/em&gt; de Smith à la
&lt;em&gt;Théorie générale&lt;/em&gt; de Keynes. Ces oeuvres demeurent des références en
économie politique, sans qu'on songe à critiquer leur vocation globale. C'est
que, tout en présentant de grandes théories explicatives, leurs auteurs
n'avaient pas l'intention d'en faire des Evangiles dont la parole se devait
d'être respectée jusqu'à la fin des temps. Malgré la largesse de leur champ
d'analyse, ces modèles ne font que répondre à un problème précis, spécifique au
contexte historique, économique, social et politique de l'époque où écrit
l'auteur (protectionnisme et corporatisme à l'époque de Smith, acharnement
déflationniste à celle de Keynes). Mais on ne peut, me semble-t-il, faire de
politique économique sans un semblant de &lt;em&gt;grand narrative&lt;/em&gt; qui fournisse
des lignes de conduite générale, des principes directeurs. Un gouvernement ne
peut mener de véritable politique macroéconomique si cette politique n'est
fondée que sur des &lt;em&gt;little stories&lt;/em&gt; décrivant chacun des problèmes qu'il
faudra résoudre. Ou du moins cette myriade de &lt;em&gt;little stories&lt;/em&gt; devront
obéir à des principes communs, si le politicien veut conserver une cohérence...
politique.&lt;br /&gt;
Et c'est là que le bât blesse et que, finalement, je pense retomber sur mes
pieds et sur ceux de Kay : la &amp;quot;cohérence politique&amp;quot; n'est finalement que
l'adhésion à une doctrine unifiée présentée aux électeurs et, en tant que
telle, nécessairement simplificatrice et partisane, voire de mauvaise foi si
cela s'avère nécessaire pour sauver la face de l'universalité des grands
principes défendus. Même s'il apparaît que l'application de ces grands
principes à une des &lt;em&gt;little stories&lt;/em&gt; est inefficace, le politicien se
voit dans l'obligation de les suivre malgré tout dans un souci de
cohérence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce que j'avais d'abord considéré comme les &lt;em&gt;grand narrative&lt;/em&gt; de Smith
est Keynes ne serait donc finalement que des &lt;em&gt;&amp;quot;big little stories&lt;/em&gt;&amp;quot;,
écrites sans mauvaise foi ou but idéologique, simplement dans le but d'apporter
des solutions adaptées aux problèmes précis de leur époque. Le risque, qui
semble inévitable, est que ces propositions soient détournées en des vérités
générales universelles et intemporelles, et soient utilisées comme des
&lt;em&gt;grand narrative&lt;/em&gt; idéologiques et peu soucieuses de l'efficacité de
leurs mesures, pourvu que les moyens employés respectent les textes sacrés du
Parti.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Economics is a science of thinking in terms of models joined to the art
of choosing models which are relevant to the contemporary world&lt;/em&gt;, écrivait
Keynes, qui aurait souhaité que les économistes soient considérés comme des
dentistes, praticiens techniques et compétents. Le dentiste utilise la
roulette, la fraise et le bistouri; aucun n'est voué à l'usage unique du
Couteau. Mais il existe de tels praticiens en économie politique.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L’ISF n’existe pas, et il est efficace</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/17/LISF-nexiste-pas-et-il-est-efficace</link>
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    <pubDate>Wed, 17 Jan 2007 10:42:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Elessar</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Titre provocateur pour un débat surréaliste. A en croire le discours d’une
certaine droite dite libérale et décomplexée, l’ISF serait une véritable
exception française, une imbécilité économique sans nom qui ferait massivement
fuir les capitaux à l’étranger, un &lt;a href=&quot;http://www.medef.fr/main/core.php?pag_id=39540&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;bloc granitique
symbole de l’immobilisme français&lt;/a&gt;. C’est tout faux, et une petite mise au
point s’impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà, vus les &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/economie/187320.FR.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;chiffres en jeu&lt;/a&gt;, le problème semble plus d’ordre psychologique
qu’économique. Mais même économiquement, il n’est pas clair du tout que l’ISF
soit un impôt « idéologique » économiquement absurde. Peut-être même
le contraire. Il n’y pas de grandes différences entre l’ISF et un impôt sur les
rendements du capital, et les différences qu’il y a pourraient bien plaider en
faveur de l’ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Petit exemple illustratif. Prenons un chanteur de rock au hasard,
Jean-Philippe S. Il a une fortune de 10M€ investie à 10% avant impôts. Le pays
S, &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/rebonds/226189.FR.php?utk=0007b864&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;horrible prédateur des impôts des autres&lt;/a&gt;, n’impose pas la
fortune mais seulement les revenus du capital, mettons à 10%. Le pays F,
&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/debats/20060616.FIG000000195_isf_l_impot_qui_ment.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;terre de jalousie&lt;/a&gt;, n’impose pas les revenus du capital, mais
le capital lui-même, à hauteur de 1%. Où vaut-il mieux &lt;del&gt;habiter&lt;/del&gt; payer
ses impôts ? Un petit calcul vous dira que c’est kif-kif : dans le
pays S , JPS payera 10M€*10%*10%=100k€ d’impôts. Dans le pays F, ce sera
pareil : 10M€*1%=100k€.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Payer un pourcentage de pourcentage (i.e. un impôt sur un rendement) ou un
pourcentage (i.e. un impôt sur une fortune), ce n’est jamais qu’une
multiplication de plus ou de moins, ça ne change rien d’un point de vue
conceptuel. D’où la première partie du titre : l’ISF n’existe pas. Plus
précisément, il n’existe pas en tant qu’impôt hautement exceptionnel et
original que seule une France marxisante et inculte en économie pourrait
inventer. L’ISF et l’imposition des rendements du capital, en moyenne, c’est le
même principe, et tous les pays imposent le capital d’une façon ou d’une autre.
Et le fait qu’il y ait les deux impôts en France ne change rien au
raisonnement. S’il y a à la fois l’impôt de 10% sur le rendement et un ISF de
1%, JPS payera (en moyenne) 200k€. d’impôts. Ce qui compte, c’est le montant de
l’impôt, pas la formule mathématique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n’est pas l’ISF en tant que tel qui pourrait faire fuir JPS. Il
songera à déménager si ailleurs, on le fait payer (en moyenne) moins que 200k€,
mais il se fiche de savoir si cet impôt moindre est calculé sur la base de sa
fortune, des rendements de celle-ci ou de l’age du capitaine. Donc si on veut
avoir un débat sur l’imposition idéale du capital en France (très bonne idée),
il faut regarder &lt;em&gt;en même temps&lt;/em&gt; tous les impôts qui frappent le
capital. Parler de l’ISF de façon isolée n’a pas de sens. Et si on veut baisser
l’imposition du capital (très bonne idée aussi) , il faut baisser l’impôt qui a
les effets les plus délétères (on dit « distorsifs » en franglais
économique). Et cet impôt pourrait bien ne pas être l’ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re-pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aurez sûrement remarqué l’expression « en moyenne » qui
traîne de façon un peu lourdaude dans les paragraphes précédents. C’était pour
être précis, car il y a une petite différence conceptuelle entre imposer le
capital et imposer les revenus du capital. On impose les revenus réalisés et
non les revenus attendus « en moyenne ». Et les revenus réalisés peuvent
très bien être de 5% ou de 15%, voire négatifs, selon la sagacité de
l’investisseur et la fidélité de son conjoint. Et là, l’impôt payé sur les
rendements n’est plus le même, bien sûr. Avec un rendement de 5%, on ne paye
plus que 50k€ d’impôts, et avec un rendement de 15%, on paye 150k€. Evidemment,
dans le cas de l’ISF, on paye 100k€ dans tous les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A première vue, cette nuance ne semble pas importante, puisque JPS prend sa
décision de déménager avant de connaître les résultats de ses investissements;
il ne sait pas s’il aura 5% ou 20% de rendement, il sait seulement qu’en
moyenne, il aura 10%, et que donc il payera en moyenne le même impôt dans les
deux pays. Il ne peut pas savoir à l’avance quel pays lui sera le plus
avantageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la nuance est de taille. Car JPS peut choisir quel type
d’investissement il va faire. S‘il est très averse au risque, il peut investir
en visant un rendement de 5%, qu’il aura quasiment à coup sur. S’il est plus
flambeur, il peut miser sur des start-ups et des investissements risqués. Il
aura peut-être 25%, peut-être –5%. En moyenne (i.e. en espérance), le rendement
sera bon, plus de 10% (un économiste dira que le marché le récompense pour sa
prise de risque), mais ça peut mal tourner. Les différentes fiscalités vont
influencer ce choix. Difficile de dire dans quel sens (je n’ai pas trouvé de
résultat théorique concluant, mais je suis preneur), surtout qu’il y a mille et
une exceptions et règles de calculs bizarres. Mais il ne me semble pas évident
du tout qu’un impôt forfaitaire sur les gains du capital (ce qu’est l’ISF, au
fond) ne soit pas un bon choix pour promouvoir la prise de risque, par
exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout que l’ISF a deux avantages majeurs. Il est assez difficile,
conceptuellement et encore plus en pratique, de définir les concepts de
« revenu » et de « rendement », surtout quand on commence à
étudier des investissements exotiques, quelquefois uniquement créés pour des
raisons d’optimisation fiscale (exemple technique : prendre les deux côtés
d’un hedge, ce qui économiquement n’est pas très utile mais peut l’être
fiscalement, si les deux côtés sont traités différemment par le fisc). Définir
un capital, c’est plus facile. Donc imposer le rendement offre bien plus de
moyens d’ « optimiser » son impôt, pour qui a les moyens de se payer
un fiscaliste, que l’ISF. De plus, en économie, on aime bien les impôts peu
distorsifs. En très court (ça mériterait une note, &lt;a href=&quot;http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Bernard
Salanié&lt;/a&gt; est &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Th%C3%A9orie-%C3%A9conomique-fiscalit%C3%A9-Bernard-Salanie/dp/2717844317/sr=1-6/qid=1168628017/ref=sr_1_6/403-7847528-3945230?ie=UTF8&amp;amp;s=books&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;expert&lt;/a&gt;), on aime les impôts qui influent peu sur le
comportement des gens (sauf pour les &lt;a href=&quot;http://gregmankiw.blogspot.com/2006/10/pigou-club-manifesto.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;taxes pigouviennes&lt;/a&gt;, mais c’est un autre sujet). Et quoi de mieux qu’un
très léger impôt (1%) à assiette bien large sur un gros truc (le capital) qui
ne bouge pas ? L’assiette est large, donc peu de comportement d’évitement,
le taux marginal (1%) sur un gain de capital est très bas, donc peu de
barrières à l’investissement, et on ne déménage pas si facilement son capital.
D’où la deuxième partie du titre : l’ISF est efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’on arrête donc avec le baratin sur l’ISF impôt « idéologique ». Les
riches et le MEDEF &lt;a href=&quot;http://www.medef.fr/site/core.php?pag_id=43&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;n’ont rien contre l’idéologie, quand elle leur sert&lt;/a&gt;. Non,
plutôt, c’est la facilité et l’ efficacité de l’ISF qui, amha, énervent tant
une partie de l’électorat de l’UMP. Un impôt difficile de gruger et difficile à
éviter, c’est sûr, ça ne plait à personne qui le paye. Mais c’est ce qu’il y a
de mieux pour la collectivité. Si seulement on pouvait le débarrasser de toutes
les niches ridicules (liste non exhaustive : les actions, les biens
professionnels, les oeuvres d'art, les droits de propriété artistique ou
industrielle etc.) pour en faire autre chose qu’un impôt sur l’immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : vive l’ISF et …. votez &lt;a href=&quot;http://www.bayrou.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Bayrou&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je suis partisan d’une réforme de l’ISF, d’une imposition sur le patrimoine
à base large, à partir de 750 000 €, sans plus aucune niche défiscalisée, sans
exemptions, mais à taux léger. (&lt;a href=&quot;http://www.udf.org/discours/bayrou_091106.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;LSR&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/17/LISF-nexiste-pas-et-il-est-efficace#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>De l'interdiction du hard discount</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/11/De-linterdiction-du-hard-discount</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:95ab590b0abbe0fb9b7b0bdc82b0f6a4</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Jan 2007 14:15:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;On ne le dira jamais assez, &lt;em&gt;people respond to incentives&lt;/em&gt;. Mettez
des minimas sociaux trop hauts (entendre par là que le travail ne paie pas
assez par rapport à l'inactivité), et vous risquez de créer des trappes à
pauvreté et à inactivité, les chômeurs préférant leur statut à un emploi à
peine plus rémunérateur, mais beaucoup plus contraigant (la désutilité du
travail n'est pas compensée par le supplément de revenu). Une proposition pour
combattre le chômage volontaire est donc d'inciter à travailler en rendant
l'utilité du revenu d'activité plus important que la désutilité (la pénibilité)
du travail. Mais un même raisonnement peut être tenu à l'égard du hard
discount, autre facteur de trappe à pauvreté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le hard discount permet de se procurer des biens de qualité correcte pour un
prix très bas - un rapport qualité/prix supérieur à ce qu'on trouve dans le
commerce honnête du traditionnel épicier poujado du coin de la rue qui fait ses
croissants roulés sous les aisselles et vend le kilo de farine 6,35€ (HT). La
prolifération de ces enseignes à bas prix permet donc à une large part des
catégories défavorisées de s'alimenter et de se vêtir normalement, malgré des
salaires nominaux tout pourris correspondant à une productivité non moins
minable qui nous flanque la honte dans les comparaisons internationales de PIB
par habitant.&lt;br /&gt;
Autrement dit, le hard discount permet à la France d'en bas de se contenter de
ses bas revenus, et il la désincite à améliorer sa condition nominale.
L'interdiction du hard discount, donc l'élévation du coût moyen de la vie des
classes laborieuses, les forcerait à augmenter leurs revenus pour conserver un
standard de vie correct. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, dans
les quartiers riches, on ne trouve pas de pauvres. La généralisation des prix
élevés (du logement, de la vie, du loisir...) incite fortement chacun à
s'enrichir, donc à améliorer sa productivité - ce qui ne peut qu'être bénéfique
à l'ensemble de la société.&lt;br /&gt;
Tant que les enseignes hard discount permettront aux gueux de se satisfaire de
leur faible revenu, il n'y aura pas d'incitation à sortir de la pauvreté et à
créer davantage de richesse. Créez de la croissance, plastiquez un Lidl.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/11/De-linterdiction-du-hard-discount#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L’histoire économique est-elle une chose trop sérieuse…</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/11/Lhistoire-economique-est-elle-une-chose-trop-serieuse</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Jan 2007 03:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Andrea Bonappeti</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;…pour être confiée aux économistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;A l’occasion de mon premier long billet sur optimum (au
fait, merci à Antoine pour l’invitation), je voudrais prendre le prétexte d’une
controverse qui a agité la blogosphère économique anglo-saxonne la semaine
passée pour lancer un petit débat épistémologique ( tous en cœur :
« youpiiii ! C’est fun l’épistémologie ! »).&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La controverse concerne un des événements économiques les
plus discutés du vingtième siècle : &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&quot;&gt;la grande dépression&lt;/a&gt;.
Passons vite sur les détails. Si vous êtes issu d’un cursus ES dans un lycée
français, vous connaissez l’histoire : à la fin des années 20, le marché
livré à lui-même montre sa grande inefficacité,causant une crise économique
majeure. Dans les années qui suivent, Franklin Roosevelt met en œuvre le New
Deal, un programme hautement interventionniste, qui permet la relance de
l’économie, démontrant ainsi les bienfaits de l’économie administrée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Cette version, sans doute la plus populaire, n’est pas la
seule. En particulier, Milton Friedman a défendu une thèse qui, sans être
opposée à tous égards à la version keynésienne énoncée ci-dessus, est nettement
moins étatiste : selon lui, l’ampleur de la crise est imputable à la
Federal Reserve (la banque centrale américaine), dont le rôle est d’ajuster la
masse monétaire aux besoins de l’économie, ce qu’elle n’a pas fait, au
contraire, puisque la monnaie en circulation a diminué lors de la crise, alors
que la situation exigeait plutôt une augmentation. Friedman approuvait le volet
monétaire du New Deal, ainsi que certaines mesures répondant à l’urgence
sociale, mais en contestait le volet « économie administrée ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le but de ce billet n’est pas de plonger les deux pieds en
avant dans ce long débat. Mais il faut savoir que la polémique n’est pas close,
puisqu’un certain nombre de recherches récentes vont même jusqu’à accuser
Franklin Roosevelt d’avoir… prolongé la crise au lieu d’aider à en sortir (voir
par exemple &lt;a href=&quot;http://minneapolisfed.org/research/qr/qr2311.pdf&quot;&gt;cet
article&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Là dessus, George Will, un éditorialiste du Washigton
Post, écrit &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/01/03/AR2007010301619.html&quot;&gt;
un article dénonçant le projet d’augmentation du salaire minimum&lt;/a&gt; aux Etats
unis, et qui commence ainsi (c’est moi qui souligne) :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;« A federal minimum wage is an idea whose time came
in 1938, when public confidence in markets was at a nadir and the federal
government's confidence in itself was at an apogee. This, in spite of the fact
that with 19 percent unemployment and the economy contracting by 6.2 percent in
1938, the New Deal's frenetic attempts had failed to end, &lt;ins&gt;and perhaps had
prolonged, the Depression&lt;/ins&gt;. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ce passage déclanche la colère de &lt;a href=&quot;http://www.danielgross.net/archives/2006/12/31-week/index.html#a001266&quot;&gt;Daniel
Gross&lt;/a&gt; (repris par &lt;a href=&quot;http://delong.typepad.com/sdj/2007/01/daniel_gross_ha.html&quot;&gt;Brad Delong&lt;/a&gt;)
qui réplique (je souligne encore) :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;« One would
be very hard-pressed to find a serious professional historian--I mean a serious
historian, not a think-tank wanker,&lt;/span&gt; &lt;ins&gt;not an
economist&lt;/ins&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;, not a journalist--who
believes that the New Deal prolonged the Depression. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le blog de The Economist &lt;a href=&quot;http://www.economist.com/debate/freeexchange/2007/01/did_democrats_prolong_americas.cfm&quot;&gt;
répond&lt;/a&gt;, en invitant ses lecteurs à se demander ce qu’ils penseraient de la
même phrase transposée de la manière suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;« The argument that King Henry VIII died of
syphillis is likewise a canard.  One would be very hard-pressed to find a
serious professional historian--I mean a serious historican, not a public
health wanker, not a doctor, not a journalist--who believes that syphillis
killed the king. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Cette réponse me
conviens tout à fait. Mais elle laisse une question en suspens : d’où
vient donc cette réputation qu’ont les économistes d’être hermétiques aux
faits, et de n’être capables que de s’adonner à d’interminables spéculations
théoriques sur des mondes hypothétiques et remplis d’équations
improbables ? Comment puisse être au point qu’on considère comme saugrenu
qu’un économiste puisse avoir quoi que ce soit d’intéressant à raconter sur un
événement historique aussi radicalement lié à l’économie que la grande
dépression ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Je vois trois éléments
de réponse :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Premier élément :
il y a peut être une part de vérité là-dedans, en tout cas de la part de
certains économistes. Pourquoi le nier ? Construire des modèles
mathématiques a tout d’un jeu, et les addictions aux jeux ne sont pas les plus
douces. Si l’on devait recenser l’ensemble des modèles théoriques bâtis par les
économistes depuis 50 ans, et évaluer le pourcentage de ces modèles qui
constituent une véritable avancée économique, on en conclurait sans doute à une
hypertrophie de la spéculation théorique. A contrario, l’opération ingrate
consistant à prendre tel qu’il est un modèle fait par un autre, et à partir en
quête de données pour tester sa pertinence et mesurer l’ampleur des effets
qu’il prédit est sans doute sous-évaluée par la profession. Il peut résulter
d’un tel biais que les économistes passent pour des individus peu soucieux de
confronter leurs théories aux faits (ce qui est tout à fait faux, au contraire,
l’arsenal statistique de l’économiste moderne est même assez impressionnant),
et donc peu fiables dès qu’il s’agit d’analyser ce qu’il se passe vraiment.
Mais il n’y a sans doute pas que cela.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Deuxième
élément : la pénibilité de l’apprentissage de l’économie. Je m’explique.
Quel économiste n’en a pas fait l’expérience, quel enseignant ne l’a pas
observé chez ses étudiants ? Le passage de l’état de bachelier qui
s’intéresse aux grandes questions économiques à l’état de diplômé d’économie
contient des phases extrêmement pénibles intellectuellement. Et c’est normal.
Un bachelier maîtrise rarement l’outil mathématique des économistes. Il n’est
pas habitué à la rigueur qui conduit à expliciter les hypothèses sur lesquelles
se fonde un raisonnement. Et il a souvent du mal à admettre les conclusions
parfois contre intuitives sur lesquelles débouchent ces raisonnements. Imaginez
la scène : un jeune de 18 ans, lisant souvent le Monde et ses pages
économiques, écoutant la radio, le journal télévisé, et de ce fait ayant des
tas d’idées sur les grandes questions économiques, se retrouve à devoir
apprendre la méthode des multiplicateurs de Khun et Tucker, afin de pouvoir
comprendre un modèle dont les hypothèses de base sont « soit un monde à 2
pays, habités par 1 habitant vivant indéfiniment chacun, et produisant 2
biens », et dont la conclusion est : la mondialisation profite à tous
les pays. On demande à ce jeune d’acquérir une technique mathématique
rébarbative, pour comprendre un modèle qui lui semble surréaliste, et qui va à
l’encontre de ce qu’il entend proférer tous les jours par des gens biens sous
tous rapports. Il y a plusieurs réactions possibles à cela : certains s’y
font vite, comprenant l’intérêt de la manoeuvre. D’autres sont suffisamment
bûcheurs pour se faire une raison et s’en sortir en faisant ce qui leur est
demandé, sans trop chercher à comprendre. D’autres abandonnent. Enfin,
nombreux sont ceux qui réagissent en tentant de convertir leur déception en
critique construite de la discipline économique. Comme ils n’ont guère de peine
à trouver des &lt;a href=&quot;http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2253147753/?id=201531117378430&amp;amp;donnee_appel=ALAPAGE&amp;amp;fulltext=%E9conomie%20triomphante&amp;amp;sv=X_L&quot;&gt;
pamphlets&lt;/a&gt;, voire des &lt;a href=&quot;http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2707136441/?id=201531117378430&amp;amp;donnee_appel=ALAPAGE&amp;amp;fulltext=guerrien&amp;amp;sv=X_L&quot;&gt;
manuels&lt;/a&gt;, qui enrobent d’érudition (ou de quelque chose qui s’y apparente)
des critiques de l’économie aux fondements souvent bien légers, ils ne tardent
pas à entrer dans les rangs de ceux qui critiquent violemment ce qu’ils n’ont
pas pris le temps de comprendre. Ainsi, je ne serais pas surpris d’apprendre
que, derrière ceux qui considèrent les économistes comme les personnes les
moins aptes à comprendre les faits économiques, se cachent un bon nombre de
gens qui se sont essayés à l’économie, et, suite à quelques blocages, ont
préféré endosser la posture valorisante de l’intellectuel subtil qui critique
les dogmes de pseudo-savants prétentieux plutôt que d’avoir l’humilité
d’accepter un effort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Troisième élément,
enfin, et sans doute le plus important : c’est une idée reçu fort répandue
que de considérer que les faits parlent d’eux même, rendant superflu tout
effort de théorisation. Et c’est là que le bât blesse. Car s’il y a une chose
que les faits ne peuvent pas faire, c’est bien parler d’eux même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Logiquement, ce que
les faits peuvent faire, c’est établir des corrélations. Par exemple, les
variables A et B ont tendance à varier dans le même sens. Imaginons que B soit
quelque chose de bien (comme le revenu par habitant, l’espérance de vie, l’idh,
que sais-je encore), et que A soit une variable sur laquelle on pense pouvoir
avoir une influence. Il peut être tentant de conclure de la corrélation entre A
et B qu’il est souhaitable d’agir sur A afin d’augmenter B.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Pourtant, les faits,
en soi, ne permettent pas de dire que c’est une bonne idée. De manière plus ou
moins explicite, il existe, derrière cette interprétation des faits, un modèle
qui est le suivant :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;A =&amp;gt;(+)
B&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;(lire : A a une
influence positive sur B)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Si ce modèle était le
seul compatible avec les faits, alors, en effet, on pourrait se passer de tout
effort théorique, et les faits parleraient d’eux même. Mais ça n’est pas le
cas. La corrélation entre A et B peut également résulter d’autres jeux
d’influence. Le plus évident est :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;B =&amp;gt;(+)
A&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;C’est peut-être B qui
a une influence sur A. Prenons le cas de l’impact de l’éducation sur le revenu
par habitant. Il est clair que ces deux variables sont corrélées. Pourtant,
est-il évident que l’éducation a une influence positive sur le revenu ?
C’est probable, mais il est également vrai que les pays riches peuvent se payer
un niveau d’éducation élevé, quelle que soit l’influence de cette éducation sur
le revenu des habitants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Autre cas de figure
possible :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;C =&amp;gt;(+/-)
A&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;C =&amp;gt;(+/-)
B&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Les deux variables
peuvent être influencées de la même manière par une troisième variable, tout en
étant indépendantes entre elles. Puisqu’on est dans l’éducation, restons-y,
mais au niveau individuel, cette fois. Il est notoire que les individus qui ont
fait le plus d’études réalisent de meilleures performances sur le marché du
travail (moins de chômage, meilleure rémunération). L’erreur, fréquemment
commise par les dirigeants, consiste à croire que les faits parlent d’eux même,
et que cette corrélation est la preuve que l’éducation fait baisser le chômage
des jeunes. Hélas, c’est faire l’impasse sur cette troisième variable, qui se
trouve être, disons, l’intelligence (ou le talent intrinsèque). C’est
l’intelligence qui fait qu’on réussi des études, c’est l’intelligence qui fait
qu’on est recherchés par les entreprises. Ce qui ne veut pas&lt;/span&gt; forcément
&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;dire que ce sont les études qui rendent
intelligent. Faire faire de longues études à tous les jeunes pour réduire le
chômage n’est donc pas&lt;/span&gt; forcément &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;une
réponse adaptée, même si elle semble dictée par les faits.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Il peut y avoir encore
plus perfide. Par exemple, prenez :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;A =&amp;gt;(-)
B&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;B =&amp;gt;(+)
A&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Les deux variables
peuvent s’influencer chacune, mais pas dans le même sens. Par exemple, dans une
économie keynésienne (type ISLM) les taux d’intérêts élevés entraînent une
faible activité économique. La relation est donc négative (pour les amateurs,
c’est le sens de la courbe IS). En revanche, une activité économique élevée
crée une pression à la hausse sur le taux d’intérêt (c’est la courbe LM).
Eventuellement, si l’un de ces effets est plus fort que l’autre, il l’emportera
dans la corrélation statistique. Pourtant, il convient de ne surtout pas
se tromper de théorie pour interpréter les faits. Le Japon, pendant les année
90, a connu une très faible croissance, et de faibles taux d’intérêt. La
logique, naturellement, était que la faible activité contraignait la banque
centrale à pratiquer de faibles taux. Pourtant, imaginez qu’on ait fait la
mauvaise interprétation : pendant 10 ans, le Japon a eu des taux faible,
et une croissance faible. Pour avoir une croissance vigoureuse, il faut donc
des taux d’intérêt élevés. Hum… souhaitons que Jean-Claude Trichet n’en arrive
pas à de telles conclusions. Il existe une variante : les gens qui ne
consomment pas de médicament sont en bonne santé. Si vous êtes malade, cesser
de consommer des médicaments, vous guérirez sans doute (Hey ! Don’t do
this at home !).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Dans le cas des
évènements historiques, les choses se compliquent encore, car l’histoire ne se
répète pas, en tout cas pas souvent et jamais à l’identique. Dans ces
conditions, on ne peut parler de corrélation au sens statistique du terme.
Simplement, des choses se produisent simultanément. Il faut donc introduire un
nouveau cas de figure aux précédents : A et B peuvent être en fait
complètement indépendants, et, par hasard, se produire en même temps. Par
exemple, le New Deal et la reprise économique se sont produits en même temps,
mais cela ne suffit pas&lt;/span&gt; en soi &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;pour
dire que le New Deal a permis cette reprise. Notez bien que mon but ici n’est
pas de me prononcer sur cette question, mais juste d’insister sur la nécessité
d’avoir un modèle pour comprendre ce qui s’est passé. Une partie du métier des
historiens consiste à établir des faits. Une autre consiste à les interpréter.
A ce titre, il leur est nécessaire d’avoir des modèles théoriques à confronter
aux faits qu’ils établissent. Et le mieux qu’ils aient à faire est sans doute
de s’intéresser aux modèles produits par les spécialistes de science sociales
qui ont des compétences dans le domaine qu’ils étudient. Et donc les
économistes dans le cas de la grande dépression.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Dans le fond, tout ce
que je viens de dire est assez trivial. Il pourrait être pertinent de se
demander pourquoi, malgré cela, l’idée que les faits parlent d’eux même est si
répandue. Je ne suis pas psychologue, mais je pense que la réponse tient au
fait qu’on peut avoir tendance à intérioriser certains modèles théoriques, au
point de ne plus se rendre compte qu’ils ne sont que des possibilités parmi
d’autres, si bien qu’ils orientent nos observations des faits de manière
insidieuse. Si ces faits corroborent ces modèles intériorisés, alors on en
conclura spontanément qu’ils parlent d’eux même. C’est ainsi que les gens qui
ont intériorisé le modèle selon lequel l’immigration provoque de la violence ne
manqueront pas de voir dans les émeutes de décembre 2005 des faits qui parlent
d’eux même. Inversement, ceux qui ont intériorisé le modèle selon lequel les
inégalités sociales provoquent de la violence considéreront que les mêmes faits
parlent d’eux même, mais pas pour dire la même chose.&lt;br style=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br style=&quot;&quot; /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/11/Lhistoire-economique-est-elle-une-chose-trop-serieuse#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Rawls et le rapport Stern</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/08/Rawls-et-le-rapport-Stern</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:481dbe731b8d6a350b7639e27a5340f2</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Jan 2007 14:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Andrea Bonappeti</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le philosophe américain &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Rawls&quot;&gt;John Rawls&lt;/a&gt;, dont VilCoyote a déjà
parlé &lt;a href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2006/12/21/Des-vrais-enfoires&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;
récemment, considérait comme juste une société dans laquelle le bien-être des
plus démunis était maximisé. C’est ce qu’on appelle le principe du maxi-min en
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_jeux&quot;&gt;théorie des
jeux&lt;/a&gt;. Comme beaucoup d’hommes politiques se réclament de la philosophie
rawlsienne (même &lt;a href=&quot;http://www.optimum-blog.net/post/2006/10/22/Piketty-et-Madelin-a-luniversite-de-tous-les-savoirs&quot;&gt;
Alain madelin &lt;/a&gt;!), je propose aux lecteurs d’optimum le petit test
suivant.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le graphique ci-dessous représente deux états du monde,
l’un résultant de la mise en œuvre de la politique A, l’autre de la politique
B. Laquelle préférez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.optimum-blog.net/public/images/stern02.png&quot; alt=&quot;stern02.png&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Si vous avez répondu « la politique A », alors
vous êtes rawlsien : il vous semble juste de diminuer les revenus du riche
pour augmenter ceux du pauvre, même si c’est au détriment de la somme de leurs
revenus. Sachez que si c’est le cas, alors vous devez être hostile aux
conclusions du fameux &lt;a href=&quot;http://www.hm-treasury.gov.uk./independent_reviews/stern_review_economics_climate_change/stern_review_report.cfm&quot;&gt;
rapport Stern&lt;/a&gt; sur le réchauffement climatique. Le graphique suivant, sur
lequel j’ai calqué le précédant, en est extrait :&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.optimum-blog.net/public/images/stern01.bmp&quot; alt=&quot;stern01.bmp&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Comme vous le voyez, les pauvres sont en fait les
générations actuelles, les riches les générations futures. La politique A, que
vous avez choisie si vous êtes rawlsien, consiste à ne rien faire pour altérer
le réchauffement climatique. La politique B, quant à elle, est celle préconisée
par Stern. L’explication est simple : l’action forte préconisée par Stern
a pour effet de diminuer nos revenus actuels, afin de préserver la croissance à
long terme, laquelle serait compromise par le changement climatique. Sans
surprise, cette politique nous est défavorable, et favorable à nos descendants.
Or, personne, et même pas Stern comme l’illustre ce graphique, ne pense que nos
descendants seront plus pauvres que nous. Donc, en bon rawlsiens, vous devriez
privilégier les générations présentes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ceci dit, rassurez-vous, si votre conscience écologiste
est heurtée par ce message, rien ne vous interdit d’être utilitariste…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/08/Rawls-et-le-rapport-Stern#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques idées sur le marché locatif (I)</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/04/Quelques-idees-sur-le-marche-locatif-I</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:15a1a3b3088515292f5a1b97c2c98f32</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Jan 2007 15:20:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Elessar</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Les juristes de &lt;a href=&quot;http://lieu-commun.org/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;lieu-commun&lt;/a&gt; se sont déjà exprimés &lt;a href=&quot;http://dinersroom.free.fr/index.php?2007/01/03/308-les-brumes-du-droit-au-logement-opposable&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/01/03/505-le-droit-au-logement-opposable-ou-de-l-art-de-prendre-l-electeur-non-juriste-pour-un-benet&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2007/01/03/le-droit-au-logement-opposable-icone-mediatique-ou-bouclier.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Pour faire très court (en bloglangue : un &lt;a href=&quot;http://ceteris-paribus.blogspot.com/2005/04/plus-court.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;shorter&lt;/a&gt;) : « Le droit au logement opposable, juridiquement, c’est
n’importe quoi et en pratique, ce sera du pipeau ». Vous trouverez un résumé
moins short chez &lt;a href=&quot;http://vanb.typepad.com/versac/2007/01/droit_au_logeme.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Versac&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que rajouter ? De l’analyse économique, pardi ! Surtout qu’&lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;éconoclaste&lt;/a&gt; est en
vacances et qu’il n’y a rien à la télé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a économiquement trois éléments d’importance pour comprendre le marché
locatif privé:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;les coûts de recherche (d’un appartement adéquat pour un locataire, d’un
locataire adéquat pour un bailleur) et de transition, qui font dévier le marché
locatif d’un marché pur et parfait tel qu’on le modélise en L1 ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les externalités positives qu’il peut y avoir à ne pas expulser tout de
suite un locataire défaillant, qui font que l’équilibre issu d’un marché libre
pourrait bien ne pas être Pareto optimal (pour les amateurs d’équilibre général
: pas de 1er théorème du bien-être) ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un législateur qui n’a rien compris aux principes de base qui régissent le
comportement de l’homo economicus, qui ne connaît pas les résultats de la
science économique, et qui donc fait n’importe quoi en croyant bien faire, tant
en matière de lois que d’imposition.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Je commencerai par les baux de location.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’idée importante du premier point est que s’il coûte cher, en temps de
recherche et en frais de déménagement, de changer d’appartement, votre bailleur
peut, si le contrat ne prévoit rien, augmenter votre loyer au-delà du prix du
marché. Plus précisément, s’il augmente votre loyer à la hauteur du prix du
marché plus un peu moins que le prix d’un déménagement, vous n’avez pas intérêt
à déménager. Donc, en un certain sens, vous vous faites avoir, puisque si vous
n’étiez pas bloqué, vous pourriez louer ailleurs au prix du marché.
Techniquement, ça s’appelle un “hold-up”.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le législateur a cru bon d’agir en imposant de façon assez drastique la
forme que peut (ou plutôt : doit) prendre le contrat de location d’un logement
non meublé, y compris les augmentations de loyer. La plupart des articles d’un
tel contrat sont d’ordre public, càd qu’on ne peut y déroger, les deux parties
fussent-elles d’accord pour le faire. Et récemment (loi SRU), beaucoup des
conditions de la loi de 1989 s’appliquent également à la location d’un
appartement meublé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là, l’économiste se pose des questions. Etait-ce bien nécessaire ? On
pourrait très bien fixer avant la signature du bail les conditions
d’augmentation, de préavis, de renouvellement etc. Tant que vous n’avez pas
déménagé, le problème de hold-up ne se pose pas et vous avez toute la liberté
de ne pas signer le bail s’il ne vous plait pas. Il faudra vous méfier un peu,
mais rien ne vous empêche de décider à l’avance sur l’index à utiliser pour les
augmentations futures du loyer, les conditions de préavis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout que le contrat de location imposé par la loi a un coût. Pourquoi
imposer d’office des conditions qui pourraient n’arranger aucune des deux
parties ? Il y a là un clair manque à gagner. Vous, bailleur, êtes prêt à
baisser votre loyer en échange d’un contrat ferme (pas de résiliation possible
avant le terme pour le locataire) ? Pas possible, même si je suis sur qu’on
pourrait trouver des locataires intéressés. Vous voulez mettre en location
votre appartement pour moins de trois ans (ou un an en meublé) ? Sauf
conditions particulières pas évidentes, pas possible encore une fois. Une des
raisons pour lesquelles le marché locatif est tendu est sûrement le manque de
flexibilité (mot tabou) des baux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Oui, mais, si on laisse les contrats libres, les locataires vont se faire
avoir et, en position de faiblesse, signer n’importe quoi. Pour les bailleurs,
ce sera la liberté du renard dans le poulailler» me retorquera-t-on. Faut voir,
et se méfier des raisonnements en équilibre partiel. Si mettre un appartement
en location devient plus intéressant, il y aura plus de bailleurs. Il y aura
donc compétition entre les bailleurs pour avoir les « bons » locataires. Si
vous avez un bon dossier, rien ne dit que vous ne serez pas en position de
force pour imposer les mêmes conditions que la loi 1989, voire de meilleures,
ou d’autres non prévues par la loi mais qui vous arrangent. Et ce n’est pas un
raisonnement purement théorique. Je l’ai vécu en personne aux Etats-Unis, où,
ayant un bon dossier dans une petite ville, je négociais mes baux de location
(qui sont plus ou moins libre) sans me sentir en position de faiblesse, et tous
les appartements que j’ai loué étaient salubres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous n’avez pas un bon dossier, ça sera probablement moins rose. Une
libéralisation des baux amènera sans doute une segmentation du marché locatif.
Les bons appartements pour les bons locataires, les moins bons apparts pour les
autres. Mais il ne faut pas idéaliser la situation présente. Certes, les
personnes en position de faiblesse sont protégés par la loi 1989 mais, dans
l’état actuel du marché locatif, ces personnes n’ont aucune chance de louer de
toute façon, les prix sont trop haut. La loi de 1989 leur fait une belle jambe.
Le législateur a décidé de négocier collectivement au nom des locataires, en
imposant des conditions de bail très avantageuses. Il a oublié la réaction
possible des bailleurs : vendre ou augmenter les loyers pour compenser la
non-flexibilité des baux. Un peu comme si le législateur imposait que seules
des voitures répondant aux critères de qualité et de sécurité de Mercedes
pourraient être vendue en France, en croyant que ceux qui roulent en Twingo
auront maintenant une Mercedes. Evidemment, non, car les prix augmenteront
aussi, et si vous ne pouviez que vous payer une Twingo, vous roulerez à vélo.
Le marché locatif s’est donc restreint pour ne servir que la demande solvable.
Tout rapport avec un certain phénomène appelé chômage est bien entendu fortuit
:-)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une catégorie de locataires potentiels, les plus faibles, qui ne
trouveront jamais dans le privé, faute de pouvoir se le payer. Pour elles,
c’est le logement social, ou le « mal-logement ». Pas dit qu’une famille
nombreuse logée dans une caravane ou dans un F2 parce qu’il n’y pas de place
dans les HLM du coin n’y gagnerait pas à signer un bail un peu moins favorable
que la loi 1989 pour se loger dans le privé. D’ailleurs, à en croire les
reportages à la télé sur les « hôtels long séjour » peu ragoûtants, elles le
font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Oui, mais c’est scandaleux, ces conditions de logement. Faut faire une
loi. » C’est scandaleux, en effet. Mais une loi n’y changera rien, on vient de
le voir, c’est un problème économique, pas tout le monde ne peut se payer un
logement décent avec un bail décent. Imposer par la loi des logements-Mercedes
à tout le monde sans solvabiliser les pauvres ni leur offrir une option de
rechange, ça ne coûte pas cher, ça peut rapporter gros aux élections, mais ça
ne sert à rien. Si vous voulez que les pauvres se logent dans un logement
au-dessus de leurs moyens - ce qui, opinion personnelle, est un but tout à fait
louable ( ;-) ! ) - il faut le leur payer ! Donc, voter pour un gouvernement
qui soit prêt à lever les impôts nécessaires, qui soit prêt à imposer un
gestion intelligente, non corrompue et à long terme du parc HLM, à y imposer
l’ordre pour que ce soit vivable, à en construire plus, etc. Et, amha, c’est
bien là que le bât blesse…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LSR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Dans cette note, j’ai voulu me concentrer sur les baux, mais il y a
beaucoup d’autres éléments intéressants, comme annoncé dans l’introduction, et
que (modestement) j’essaierai de couvrir dans de futures notes. Il y a la
protection dont bénéficient les locataires défaillants, évidemment, mais aussi
la question à qui profitent les aides (pas à qui on croit, c’est une sombre
histoire d’élasticité) et qui paye réellement les multiples impôts qui frappent
le nanti propriétaire-bailleur (bis repetitas, pas qui on croit, c’est encore
une sombre histoire d’élasticité). Donc, à suivre !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/04/Quelques-idees-sur-le-marche-locatif-I#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>MP3 et transports en commun</title>
    <link>http://www.optimum-blog.net/post/2006/12/22/MP3-et-transports-en-commun</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3a65b472c95c6ac04a63fb4a0a38b55e</guid>
    <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 15:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Quoi qu'en disent les rats de la Sacem, MPAA et autres joyeux lobbies,
télécharger un MP3 et voler un CD à la Keufna, ce n'est pas pareil, comme
&lt;a href=&quot;http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2005/12/23/334-apres-j-arrete&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l'ont expliqué les Rouges d'Econoclastes&lt;/a&gt; : le vendeur de
CD a toujours son bien après qu'on ait téléchargé le MP3 - mais ma satisfaction
s'en trouve améliorée, puisque je peux écouter le dernier single de Ilona.
Pourquoi diable interdire une pratique qui permet d'améliorer mon bien-être
sans dégrader celui du producteur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rentrer chez moi l'autre jour, j'avais le choix entre marcher 20mns ou
payer 1,10€ de ticket de bus pour rentrer en 7mns. 1,10€!? Pas moyen que je
prenne le bus à ce prix-là pour faire 2kms. Je pars donc à pied. A ce moment
passe le bus... vide. Quel rapport avec le MP3 ? J'étais résolu à rentrer
chez moi à pied, le bus n'avait donc aucun gain à attendre de moi. Si j'avais
pris le bus sans payer, il n'aurait rien PERDU, je n'aurais rien VOLE. Je
n'aurais empêché personne de payer pour prendre le bus (le transport en public
est un bien non-rival jusqu'à l'occupation de l'avant-dernière place).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si un contrôleur était alors monté, j'aurais été verbalisé (le téléchargeur de
MP3 aussi) alors que mon action ne faisait qu'augmenter mon bien-être sans
déteriorer celui de personne. Mais la Pareto-efficience n'étant sans doute pas
la préoccupation majeure de la compagnie de bus, et le contrôleur étant
probablement peu réceptif à cette justification de ma présence à bord sans
ticket, je dus me résoudre à finir mon trajet à pied. Et le bus à finir le sien
à vide. On est bien avancés.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.optimum-blog.net/post/2006/12/22/MP3-et-transports-en-commun#comment-form</comments>
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    <title>Des vrais enfoirés</title>
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    <pubDate>Thu, 21 Dec 2006 13:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>VilCoyote</dc:creator>
        <category>réflexions ou tentatives</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Tous les ans, avec la même régularité que le Beaujolais nouveau, les
défaites du PSG et la perte du pelage d'hiver du raton-laveur de Mongolie
septentrionale, les Restos du Coeur et les Enfoirés reviennent pour quelques
semaines sur le devant de la scène avec concerts et CD. Et tous les ans, leur
cirque caritato-hypocrito-lucratif justifie leur nom : c'est vraiment des
enfoirés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je n'ai fondamentalement rien contre les oeuvres de charité privée comme les
Restos du Coeur, elles ont évidemment leur utilité et leur efficacité. Ce qui
m'insupporte est l'état d'esprit dans lequel elles sont faites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle juste le principe des Enfoirés : des artistes de renom
s'unissent pour donner des concerts et produire des CD / DVD dont les profits
seront reversés aux Restos du Coeur pour acheter de la soupe &lt;del&gt;Lipietz&lt;/del&gt;
Liebig aux gueux de la France d'en bas, qui trouveraient du boulot &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-846872,0.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;si ils
se rasaient&lt;/a&gt;. Cette campagne musicale est largement médiatisée, notamment à
la radio. Normal, c'est censé rendre l'initiative plus efficace. Mais comment y
présente-t-on la chose? &amp;quot;Merci les Enfoirés&amp;quot;, &amp;quot;des artistes au coeur gros comme
ça&amp;quot;, &amp;quot;une action vraiment généreuse&amp;quot;, &amp;quot;c'est formidable ce qu'ils font&amp;quot;, &amp;quot;une
tournée complètement désintéressée&amp;quot;... Relégués au second plan, les gueux,
voire oubliés; ce qui compte ici, c'est mettre en avant la personalité des
artistes et leur faire un gros coup de promo. Si encore ce n'était que
ça...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non! Non contents de s'afficher de la façon la plus visible possible en
sauveurs du tiers-état, en bienfaiteurs de l'humanité, en héros désintéressés
qui font bouger les choses, quelques uns profitent de cette bonne conscience et
image de marque pour fuir l'impôt ou cracher dessus - suivez mon regard :
Florent &amp;quot;Libertad&amp;quot; Pagny et Johnny &amp;quot;Rien à foutre&amp;quot; Hallyday, scandalisés par le
montant exorbitant des prélèvements obligatoires en France. Et oui, contribuer
au fonctionnement de la société de façon anonyme, en remplissant sa feuille
d'imposition comme des millions de Français ordinaires, ça le fait tout de
suite beaucoup moins. Et c'est vrai que ça coûte cher. N'empêche qu'il faut
avoir les bobolles sacrément bien accrochées, et/ou être complètement con 