Optimum, le seul blog véritablement optimal

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réflexions ou tentatives

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mardi 23 janvier 2007

Grand narrative, little stories

The Truth about markets, de John Kay, finit sur ces mots :

"There is no grand narrative, only little stories. But the need for grand narrative is so firmly ingrained in human thinking that the fruitless search for it will never end. This book is dedicated to those for whom a partial understanding of complex reality is better than the reassurance of false universal explanations".

Les "little stories" sont de petits modèles économiques (le dilemme du prisonnier, ou le marché de la voiture d'occasion d'Akerlof, par exemple) dont le but est de simplifier la réalité afin d'en donner une représentation compréhensible et étudiable qui permette de mieux comprendre la complexité de la réalité. Je ne peux qu'abonder dans le sens de cette approche à la fois ludique (dans l'oeuvre de Kay) et éclairante de l'activité économique.

Cependant, la critique acerbe du "need for grand narrative" m'a laissé perplexe; non que cette critique me paraisse erronée, mais elle m'a posé un véritable problème de conscience que je tente d'élucider ici dans un exercice d'autothérapie intellectuelle.

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mercredi 17 janvier 2007

L’ISF n’existe pas, et il est efficace

Titre provocateur pour un débat surréaliste. A en croire le discours d’une certaine droite dite libérale et décomplexée, l’ISF serait une véritable exception française, une imbécilité économique sans nom qui ferait massivement fuir les capitaux à l’étranger, un bloc granitique symbole de l’immobilisme français. C’est tout faux, et une petite mise au point s’impose.

Déjà, vus les chiffres en jeu, le problème semble plus d’ordre psychologique qu’économique. Mais même économiquement, il n’est pas clair du tout que l’ISF soit un impôt « idéologique » économiquement absurde. Peut-être même le contraire. Il n’y pas de grandes différences entre l’ISF et un impôt sur les rendements du capital, et les différences qu’il y a pourraient bien plaider en faveur de l’ISF.

Pourquoi ?

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jeudi 11 janvier 2007

De l'interdiction du hard discount

On ne le dira jamais assez, people respond to incentives. Mettez des minimas sociaux trop hauts (entendre par là que le travail ne paie pas assez par rapport à l'inactivité), et vous risquez de créer des trappes à pauvreté et à inactivité, les chômeurs préférant leur statut à un emploi à peine plus rémunérateur, mais beaucoup plus contraigant (la désutilité du travail n'est pas compensée par le supplément de revenu). Une proposition pour combattre le chômage volontaire est donc d'inciter à travailler en rendant l'utilité du revenu d'activité plus important que la désutilité (la pénibilité) du travail. Mais un même raisonnement peut être tenu à l'égard du hard discount, autre facteur de trappe à pauvreté.

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L’histoire économique est-elle une chose trop sérieuse…

…pour être confiée aux économistes ?

A l’occasion de mon premier long billet sur optimum (au fait, merci à Antoine pour l’invitation), je voudrais prendre le prétexte d’une controverse qui a agité la blogosphère économique anglo-saxonne la semaine passée pour lancer un petit débat épistémologique ( tous en cœur : « youpiiii ! C’est fun l’épistémologie ! »).

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lundi 8 janvier 2007

Rawls et le rapport Stern

Le philosophe américain John Rawls, dont VilCoyote a déjà parlé ici récemment, considérait comme juste une société dans laquelle le bien-être des plus démunis était maximisé. C’est ce qu’on appelle le principe du maxi-min en théorie des jeux. Comme beaucoup d’hommes politiques se réclament de la philosophie rawlsienne (même Alain madelin !), je propose aux lecteurs d’optimum le petit test suivant.

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jeudi 4 janvier 2007

Quelques idées sur le marché locatif (I)

Les juristes de lieu-commun se sont déjà exprimés ici, ici et ici. Pour faire très court (en bloglangue : un shorter) : « Le droit au logement opposable, juridiquement, c’est n’importe quoi et en pratique, ce sera du pipeau ». Vous trouverez un résumé moins short chez Versac.

Que rajouter ? De l’analyse économique, pardi ! Surtout qu’éconoclaste est en vacances et qu’il n’y a rien à la télé.

Il y a économiquement trois éléments d’importance pour comprendre le marché locatif privé:

  1. les coûts de recherche (d’un appartement adéquat pour un locataire, d’un locataire adéquat pour un bailleur) et de transition, qui font dévier le marché locatif d’un marché pur et parfait tel qu’on le modélise en L1 ;
  2. les externalités positives qu’il peut y avoir à ne pas expulser tout de suite un locataire défaillant, qui font que l’équilibre issu d’un marché libre pourrait bien ne pas être Pareto optimal (pour les amateurs d’équilibre général : pas de 1er théorème du bien-être) ;
  3. un législateur qui n’a rien compris aux principes de base qui régissent le comportement de l’homo economicus, qui ne connaît pas les résultats de la science économique, et qui donc fait n’importe quoi en croyant bien faire, tant en matière de lois que d’imposition.

Je commencerai par les baux de location.

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vendredi 22 décembre 2006

MP3 et transports en commun

Quoi qu'en disent les rats de la Sacem, MPAA et autres joyeux lobbies, télécharger un MP3 et voler un CD à la Keufna, ce n'est pas pareil, comme l'ont expliqué les Rouges d'Econoclastes : le vendeur de CD a toujours son bien après qu'on ait téléchargé le MP3 - mais ma satisfaction s'en trouve améliorée, puisque je peux écouter le dernier single de Ilona. Pourquoi diable interdire une pratique qui permet d'améliorer mon bien-être sans dégrader celui du producteur ?

Pour rentrer chez moi l'autre jour, j'avais le choix entre marcher 20mns ou payer 1,10€ de ticket de bus pour rentrer en 7mns. 1,10€!? Pas moyen que je prenne le bus à ce prix-là pour faire 2kms. Je pars donc à pied. A ce moment passe le bus... vide. Quel rapport avec le MP3 ? J'étais résolu à rentrer chez moi à pied, le bus n'avait donc aucun gain à attendre de moi. Si j'avais pris le bus sans payer, il n'aurait rien PERDU, je n'aurais rien VOLE. Je n'aurais empêché personne de payer pour prendre le bus (le transport en public est un bien non-rival jusqu'à l'occupation de l'avant-dernière place).

Si un contrôleur était alors monté, j'aurais été verbalisé (le téléchargeur de MP3 aussi) alors que mon action ne faisait qu'augmenter mon bien-être sans déteriorer celui de personne. Mais la Pareto-efficience n'étant sans doute pas la préoccupation majeure de la compagnie de bus, et le contrôleur étant probablement peu réceptif à cette justification de ma présence à bord sans ticket, je dus me résoudre à finir mon trajet à pied. Et le bus à finir le sien à vide. On est bien avancés.

jeudi 21 décembre 2006

Des vrais enfoirés

Tous les ans, avec la même régularité que le Beaujolais nouveau, les défaites du PSG et la perte du pelage d'hiver du raton-laveur de Mongolie septentrionale, les Restos du Coeur et les Enfoirés reviennent pour quelques semaines sur le devant de la scène avec concerts et CD. Et tous les ans, leur cirque caritato-hypocrito-lucratif justifie leur nom : c'est vraiment des enfoirés.

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mercredi 20 décembre 2006

Prélèvement à la source, année blanche et expérience naturelle

(Après 15 réécritures et 8 réorganisations de la première sous-section de la première section de mon second chapitre de thèse, toutes plus inutiles les unes que les autres, je pense qu’il est grand temps de me changer les idées en écrivant un petit billet sur optimum. Ma contrainte : pas plus de 10 minutes pour le rédiger. Au-delà, je culpabilise.)

Thierry Breton vient d’annoncer la mise en place, dès janvier 2009, du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Il a cru bon, pour vendre sa réforme, d’expliquer que les contribuables bénéficieraient, de ce fait, d’une année fiscale blanche. Explication : en 2007, nous paieront des impôts sur nos revenus de 2006, en 2008, sur nos impôts de 2007, et dès janvier 2009, nous commenceront à payer nos impôts sur la base de nos revenus de 2009. Donc, aucun impôt ne sera prélevé sur les revenus de 2008. La dessus, tout le monde crie au coup de pub de mauvais goût. En effet, on paiera bel et bien des impôts tous les ans, il n’y aura pas une année entière sans impôt. Alors, vu que nous, à Optimum, on est réputé pour dire du mal de Thierry Breton, on devrait sauter sur l’occasion pour joindre nos sarcasmes à ceux des autres. Et ben non ! Pas moi, en tout cas. En fait, il y aura bel et bien quelque chose qui s’apparentera à une année blanche : les revenus que nous percevrons en 2008 ne seront jamais pris en compte dans le calcul de l’impôt d’aucun exercice (disclaimer : sauf si j’ai mal compris). Il est une question qui intéresse énormément les économistes, c’est celle des effets incitatifs de l’imposition marginale. L’idée est la suivante : en raison de la progressivité de l’impôt, il y a une différence entre le pourcentage d’impôts que l’on paie en tout, et le pourcentage d’impôt que l’on paie sur un euro gagné supplémentaire. Ainsi, quelqu’un qui serait dans une tranche d’imposition de 40% ne paierait pas aux impôts 40% de ses revenus. Par contre, si cette personne désire travailler un peu plus, afin de se payer un voyage au Kirghizstan (pourquoi pas ?), et que ce travail supplémentaire lui rapporte 2000 euros, il reversera bel et bien 40% de cette somme, soit 800 euros, au fisc. La question est donc la suivante : le fait de ne percevoir que 1200 euros pour ce travail supplémentaire va-t-il le pousser à renoncer à ce travail supplémentaire, jugeant qu’à ce prix là, ça ne vaut pas la peine de sacrifier du temps libre (on appelle ça l’effet substitution : le loisir est moins « cher » s’il conduit à renoncer à 1200 euros que s’il implique un sacrifice de 2000 euros. Comme il est moins cher on en consomme davantage) ? Ou, au contraire, le fait qu’il doive travailler plus longtemps pour se payer le même voyage va-t-il l’inciter à travailler davantage pour pouvoir se le payer malgré tout (on appelle ça l’effet-revenu : si ses revenus sont taxés, il est plus pauvre, et quand on est plus pauvre, on « consomme » moins de loisir.) ?

Si la transition vers le prélèvement à la source se déroule bel et bien comme annoncé par Thierry Breton, alors l’année 2008 constituera, pour les économistes, une gigantesque expérience naturelle pour mesurer cet impact des taux marginaux d’imposition. En effet, en 2008, comme la base de calcul de l’impôt seront encore les revenus de 2007, les 2000 euros supplémentaires ne seront pas taxés cette année-là. Ils n’auront également aucune influence sur les impôts de 2009, lesquels seront basés uniquement sur les revenus de 2009. Donc, en 2008, une personne gagnant 2000 euros supplémentaires gagnera bel et bien 2000 euros de plus, sans rien verser au fisc sur cette somme. Observer le rapport des français au travail cette année-là peut donc se révéler bien riche en enseignements.

(Aller, je retourne à ma sous-section de $*%^, je laisse les clés à Vil et Elessar !)

samedi 16 septembre 2006

Sur le coût des allègements de charges

(mise en garde : ce billet d’apparence modéré devient révolutionnaire vers la fin) Je voudrais ajouter un petit quelque chose à la discussion sur les baisses de charges sociales engagée par Bernard Salanie et poursuivie par Olivier Bouba-Olga. En résumé, Bernard Salanie, qui a, dans le passé, publié plusieurs études sur le sujet, les défend. Il constate qu’elles sont efficaces pour créer des emplois peu qualifiés. Olivier Bouba-Olga, pour sa part, se montre plus prudent, en montrant que les différentes études sur la question divergent fortement quant à l’ampleur des résultats sur l’emploi (bien que toutes s’accordent à reconnaître qu’un effet existe et qu’il est positif). Sa préférence va à l’étude de Gafsi, L’Horty et Mihoubi, la plus pessimiste d’entre toutes, puisqu’elle n’estime qu’à environ 100'000 les emplois créés par les réductions de 1996. Sur le principe, je suis bien d’accord avec lui quand il dit :

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