The Truth about markets, de John Kay, finit sur ces mots :
"There is no grand narrative, only little stories. But the need for
grand narrative is so firmly ingrained in human thinking that the fruitless
search for it will never end. This book is dedicated to those for whom a
partial understanding of complex reality is better than the reassurance of
false universal explanations".
Les "little stories" sont de petits modèles économiques (le dilemme du
prisonnier, ou le marché de la voiture d'occasion d'Akerlof, par exemple) dont
le but est de simplifier la réalité afin d'en donner une représentation
compréhensible et étudiable qui permette de mieux comprendre la complexité de
la réalité. Je ne peux qu'abonder dans le sens de cette approche à la fois
ludique (dans l'oeuvre de Kay) et éclairante de l'activité
économique.
Cependant, la critique acerbe du "need for grand narrative" m'a
laissé perplexe; non que cette critique me paraisse erronée, mais elle m'a posé
un véritable problème de conscience que je tente d'élucider ici dans un
exercice d'autothérapie intellectuelle.